Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

Présentation

Recherche

Rencontres

Mardi 12 septembre 2006 2 12 09 2006 03:24



Au hasard d’un trottoir, je prends une photo. Les bateaux-moches filent et les reflets de mon passé défilent sur la Seine. Je me promène, le corps léger mais le cœur en larmes. Quand cesseras-tu de me hanter ?

Une journée magnifique, des Parisiens souriants, un jeune homme charmant : ce n’est pas courant. Mais tout cela, je l’ai obtenu trop facilement. L’être humain est ainsi fait qu’il ne désire ardemment que l’inatteignable. Tu m’as enchaînée, entraînée, dans les illusions d’une passion à laquelle tu ne cèderas pas. Tu aimes plaire, ne sais pas dire non. Mais notre histoire s’arrête là. Rien de plus à espérer, aucune place à usurper dans ton intimité déchaînée. Je ne voulais pas céder à la colère devant toi. J’ai intériorisé, repris mon souffle, fait rattraper à mon cœur les battements qu’il avait sautés.
Inspire. Expire.

Maintenant, je marche, furieuse. J’en veux à la terre entière, je fulmine de ne savoir partager ma peine, de ne comprendre que la tienne. Je t’en veux de m’avoir laissée croire, et te supplie de ne jamais m’enlever l’espoir.
Je ne sais pas ce qui a ramené mes pas jusqu’ici ? Assise sur un parapet, les pieds dans le vide, et un peu plus loin l’eau qui s’enfuit. A mes pieds, les gens qui passent. Dans mon dos, le panneau des bateaux-moches, trop chaud d’avoir passé l’après midi au soleil. Le métal brûle mes omoplates, mais je m’en moque, car mes pensées suffoquent.
Je ferme les yeux, et soudain j’entends tout. Les peines partagées, les envies négligées. Je m’ouvre à cette humanité torturée. J’oublie mes chagrins, anodins face au poids des lamentations de ce monde. Je saisis les pensées, elles s’entremêlent dans ma tête, puis se séparent et reprennent leur chemin.
Une femme anéantie d’avoir perdu son enfant, encore une fois trop tôt. Un homme, soucieux de ne pas perdre l’amour de sa vie pour une stupidité sans lendemain. Un vieillard anxieux, qui s’apprête, sur le seuil de la maison de retraite, à renoncer au lendemain. Un enfant larmoyant sur la tombe de sa maman. Un poète cherchant ses mots, se laissant envahir par la rage de ne plus les trouver. Une gardienne de prison recroquevillée dans la cellule où on l’a tabassée. Une diseuse de bonne aventure terrassée par une fin sordide qu’elle avait vue venir. Un officier de la police judiciaire qui vient de retrouver, découpé, le corps de la jeune femme sur laquelle il enquêtait depuis des mois.

STOP !

Je n’ai pas les épaules assez solides pour porter le malheur du monde. Je ne prétends pas au bonheur, je veux simplement ne plus avoir peur. Peur de m’engager, peur de sombrer, peur d’oublier.
Mais j’ai compris, et je m’en vais le cœur plus léger. Je ne suis pas la plus malheureuse dans ce monde.
Je sors de cette torpeur salvatrice, je m’étire. A trop lézarder au soleil, le bout de mon nez est devenu rouge. Je frotte mon visage, comme pour chasser les dernières images du mirage des ruines de mon âme. Je souris. Je saute sur le trottoir, et affiche une mine ravie à la face de ce monde que j’ai côtoyé l’espace d’un instant. Je croise un regard, séducteur. Mes oreilles sentent mon sourire qui s’élargit. Me voilà repartie.
Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 12 octobre 2006 4 12 10 2006 02:19

Les idées se diffusent et les pensées déplacées fusent. Peu à peu naissent en moi des sentiments contradictoires. Je joue avec moi-même, mais je refuse de céder à mes caprices. Pourtant mon inconscience l’emporte. Je me jette à corps perdu dans les bras d’une inconnue.
Explosion de sensations.
Bouquet fleuri de jouissances.
J’effleure sa peau.
Une sonatine de Satie trotte dans ma tête. Tous mes sens frémissent, tandis que mes vices l’encensent.
Je vois des couleurs, de la lumière, son visage, ses mains, sa nuque sur laquelle mes lèvres se posent en un soyeux baiser charnu comme une orange, ses lèvres, que cherchent mes doigts, avides de douceur.
Je me suis perdue dans son corps.
Il est trop tard déjà.
Je pense aux autres, je pense à mes échecs, à mes faiblesses, à mes bassesses.

Je lui dis : « Tu m’aimes ? ».
Elle me demande comment je m’appelle.

Je lui dis « Aime moi avant de me connaître. »
Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 26 octobre 2006 4 26 10 2006 00:34

" Tournez vous vers l'avenir et arrêtez de regarder en arrière, cela vous coupe du monde qui vous entoure. Une rencontre inattendue vous attend aujourd'hui, si seulement vous arrivez à en saisir l'opportunité".


Qu'est ce qu'on peut lire (et écrire) comme bêtises quand même !

...


Et si, pour une fois, j'accordais une importance à ces prédictions futiles ? Imaginons un instant que j'agisse simplement comme si tout cela allait immanquablement se produire. Est ce que le simple fait d'y croire ne suffit pas parfois à provoquer certains évènements ?

Voici le cours de mes pensées lorsque je pousse la porte du bureau de poste. Je suis ailleurs encore, quelque part perdue dans mes pensées, je tends distraitement le recommandé au guichetier qui part chercher le colis. Je me donne une contenance dans l'attente, je regarde droit devant moi, je joue avec mes mains, je lis ce qui est devant mes yeux, je regarde l'heure ... Les secondes, les minutes s'en vont, je reste plantée là, j'attends mais il ne revient pas. Pas encore, il me laisse le temps sûrement.
Le temps suffisant pour que mon regard dévie vers le guichet d'à côté et qu'enfin je la voie. Voilà, je l'ai vue et je ne peux plus la quitter des yeux. Pourtant il faudra bien si je ne veux pas que cela devienne gênant.

En fait, je ne sais même plus dire comment elle était ... C'est étrange, comme si les sensations qu'elle a imprimées en moi avaient du même coup effacé la vision. Elle est là, simplement, comme si
à aucun moment il n'eut été question qu'elle soit ailleurs. Elle parle, je crois, mais je n'entends rien, il y a trop de bruit. Puis elle doit attendre, elle aussi. C'est à ce moment qu'elle lève les yeux vers moi. Elle me regarde comme si elle lisait en moi, et peut être est-ce le cas. Elle est très belle, elle a un côté fragile et déterminé en même temps. Tout simplement touchante ... en tous cas elle me touche, en plein coeur. Je rougis, sans rien pouvoir y faire, elle le voit c'est sûr, mais elle laisse ses yeux ancrés dans les miens, et j'aime qu'elle reste ainsi. Elle esquisse un sourire timide, une moitié de sourire, comme pour s'excuser de m'avoir fait rougir et de n'avoir pas baissé les yeux.

Le guichetier revient; il ne sait pas où est mon colis, ils vont faire lancer une recherche et m'appelleront quand ils l'auront retrouvé.

Je m'en vais, j'ai des courses à faire. Je rentre dans le magasin, je remplis mon panier. Alors que je suis occupée par la recherche d'un produit que je ne trouve pas, je sens un regard par dessus mon épaule. Je me retourne et elle est là, juste derrière moi, elle détourne le regard mais je suis presque sûre qu'elle m'observait. Je m'absorbe dans la contemplation intense des prix auxquels bien sûr je ne comprends rien. Je me compose une attitude, celle qui dit "je fais mes courses et c'est tout, je suis décontractée et ça se voit, non ?" ... Je crois que je donne assez mal le change dans ce genre de situation.

Elle s'approche de moi, juste à côté, hésite, semble chercher ses mots, finalement me demande, tâtonnante, bafouillante :
"Excusez moi, je ... enfin, vous savez si ... est ce qu'ils ont des ... (elle cherche du regard quelque chose dans le rayon, voit les stylos bille juste devant nous), des ... oui c'est ça, des recharges pour les stylos billes ?".

Des dizaines de pensées me traversent l'esprit. Oui ? Non ? Non, mais j'en ai chez moi ... ? Est-ce que je sais ? Pourquoi me demande-t-elle ça, là, maintenant, avec ce regard insistant, comme si j'étais censée comprendre autre chose ? Que suis je supposée faire ? Quelle doit être ma réaction ? Vite, trouver quelque chose de brillant à dire, la faire rire, la faire pleurer, tant pis, la faire réagir. Non, je n'y arrive pas, pourtant je dois dire quelque chose, elle attend. Alors je parle, ou plutôt je m'emmêle, comme mes pensées.
"
Je ... je n'en sais rien. En fait, ...". Puis un temps de réflexion long, long, long, ... pendant lequel je me maudis de n'avoir rien su dire d'autre, pendant lequel elle est suspendue à mes lèvres parce que je semble vouloir dire autre chose ... Je finis par "En fait ... non ... enfin, je veux dire ... vraiment aucune idée. Je ... je suis désolée".

Elle laisse son panier là, par terre, et elle part, elle sort du magasin, elle s'en va, ne reviendra pas, pas aujourd'hui.
Pourtant ... Pourtant j'avais lu mon horoscope ...


"Je suis désolée". Oui, désolée de n'avoir rien trouvé de mieux, désolée d'être timide, désolée d'être incapable d'assumer cette sensibilité qui m'a permis de t'entendre par un simple regard, désolée de ne pas avoir su te parler quand j'aurais eu tant de choses à te dire, désolée de rester sur la défensive face à l'inconnue, désolée de craindre pour mon coeur en morceaux, désolée de ne pas avoir essayé de te rattraper. Désolée d'espérer ce soir que je te recroiserai.

Si tu savais, toi qui me comprends presque mais ne me connais pas, combien je rêve des instants comme celui-ci ... Mais tu le sens, je le sais.
Dans un espace oublié de mes illusions, je vois des femmes comme toi parvenir à me toucher par-delà les faux semblants d'une vie, d'une ville d'inconnus. Vivre ou rêver sa vie, faut-il vraiment choisir ?




Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 12 novembre 2006 7 12 11 2006 16:19
J'ai peur.
C'est en train de m'arriver, je ne veux pas.

Plus qu'une seule envie : me noyer dans la profondeur de tes yeux d'encre, me réveiller à tes côtés et laisser ma main courir sur ton dos dénudé. Mes sens s'affolent, en ton absence le manque déjà se fait sentir.

Je ne veux pas !

D'un air amusé, tu me regardes, mais tu me laisses sombrer dans les affres de l'amour, sans me secourir, pourquoi le ferais-tu ? Je suis prise au piège, j'en ai conscience, mais la sensation est délicieuse.
Une petite voix pourtant me met en garde, m'ordonne méfiance et distance, m'intime d'être raisonnable cette fois.
Comment écouter la raison lorsque tu es devant moi, patiente, séduisante, confiante ? Lorsque tu laisses courir, sans y penser, tes doigts dans mes cheveux, que tu m'attires contre toi, effleurant mes épaules, attisant mon désir, comment te dire non ?
Je doute aujourd'hui, et je douterai toujours, tu le sais. Si peu de temps dans ma vie, et déjà tu sais tout de mes angoisses, de mes aspirations, de mes blessures. Attentionnée, tolérante, tu les apprivoises, alors que j'arme mon coeur pour ne pas être touchée. Mais je n'y parviens pas. J'ai peur de t'aimer, tu comprends ?
Il est trop tard déjà, j'en ai conscience.

Combien de nuits blanches, parenthèses d'émerveillement, enflammées par nos discussions épuisantes, exaltées, qui irrésistiblement me mènent au creux de tes bras ? Tes bras dans lesquels je m'oublie, le temps d'une nuit, le temps d'une vie ... ? Si peu et tant à la fois, et si tu étais celle que j'attendais ? Si je n'avais plus peur de t'aimer ?

"Non, tu le sais bien, l'amour pour toi ça finit toujours mal". Tais toi, stupide petite voix, je ne veux plus t'écouter. Quand bien même je le voudrais, je ne le pourrais plus. Il est trop tard, je te l'ai déjà dit, je suis amoureuse.
Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 21 novembre 2006 2 21 11 2006 20:11

Après quelques mots échangés, j'ai rapidement voulu la rencontrer. Je craignais de la découvrir trop froidement, trop facilement si nous tardions, si nous donnions trop de nous même dans le monde virtuel. Oui, ce trop qui caractérise immanquablement les relations qui s'enlisent dans ce monde non réel. Alors j'ai pris le risque, et je lui ai proposé d'aller boire un verre, dans la semaine. Elle ne m'a pas dit non, et elle a même fini par me dire oui. Nous nous sommes retrouvées, pour nous découvrir.

Dans un petit bar enfumé, confortable sans en avoir l'air, avec de la musique un peu forte mais pas trop. Tout était dans la mesure, dans ce petit équilibre précaire qui caractérise les nuits sans fin et les discussions de fond, celles qui font que j'ai eu envie de la prendre dans mes bras alors que je la connaissais à peine, simplement parce que je savais que ce serait bien, que c'était exactement, en cet instant, ce à quoi j'aspirais. Je n'avais pas bu, je n'étais pas désespérée, je ne cherchais pas spécialement, mais celle là je savais que je ne la laisserais pas passer.
J'aime tout en elle.
Sa voix qui ne camoufle pas sa personnalité.
Ses mains, fortes et fémines à la fois.
Ses yeux verts, mais je ne le lui dirai pas, parce qu'on le lui a déjà trop dit.
Elle me plaît. Beaucoup trop.
Tout va très vite, nos pas se perdent sur les ponts de Paris, nos pensées se rejoignent pour s'entrelacer, et nos mains s'unissent pour avancer.
Je suis émerveillée et terrifiée.
Je le sens déjà : je vais souffrir.


Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Samedi 25 novembre 2006 6 25 11 2006 13:35

Alors qu'hier mes lèvres couraient tendrement dans ses cheveux, mes doigts s'accrochaient à sa peau si douce, mes yeux s'enlisaient dans les siens longtemps, alors que je n'ai pas eu encore le temps de la saisir tout à fait mais que j'ai su pourtant la désirer entièrement, en deux mots bien placés, en trois caresses non situées, elle cesse de m'enlacer, et commence d'insuffler. Le doute, l'incompréhension, le tourment de nuits blanches passées à ressasser.


Dans ses non dits je pressens la rupture, alors même que les mots restent couverts pour le moment. Dans l'attente d'une attention, dans l'oubli de ces quelques heures où le doute n'était pas permis, commence le questionnement. Au détour d'un mail, dans le ton neutre de sa voix au téléphone, je vois grandir et s'annoncer quelque chose qui me fait trembler. Je lui dis que je veux la voir.
Elle me dit oui, mais pas tout de suite, je ne peux pas dans les jours qui viennent. Je viendrai mercredi, il faut que nous parlions.
Deux jours passés à ressasser, à basculer d'un extrême à l'autre, dans l'attente de sa venue. Je suis dans un état de fatigue, d'épuisement et de lassitude déjà avancés lorsqu'elle arrive finalement. Elle me dit qu'elle ne restera pas longtemps, elle me le chuchote pourtant, comme si elle voulait garder encore une chance de ne pas l'entendre.
Elle me dit que je suis quelqu'un de bien. Qu'elle est incapable de m'aimer comme j'en ai besoin, incapable de me rendre cette entièreté que je suis prête à lui donner, à lui sacrifier même. Elle me dit ça et je la crois,  parce que je la connais un peu, et je sais qu'elle est comme ça, estropiée de la vie, amputée de cette facilité que j'ai à aimer, à cause d'un passé douloureux que je vois fugacement traverser son regard quand elle me dit qu'elle veut me protéger. Elle croit qu'en me quittant maintenant, le mal sera moins grand, elle croit qu'aujourd'hui je ne souffre qu'à peine, que j'imagine souffrir mais que ces sentiments sont du vent. Elle croit tout savoir, et ses certitudes m'achèvent. Je suis quelqu'un de bien. Elle se répète. Ce ton emprunté, cette manière lâche de me dire qu'elle pourra pas m'aimer en me disant que je suis quelqu'un de bien.

J'avais prévu son arrivée cent fois dans ma tête, me disant que peu m'importeraient ses refus, que peu m'importerait ce pour quoi elle était venue, que je ferais semblant d'oublier qu'elle était là pour me quitter. J'avais prévu de l'embrasser sans laisser le temps aux mots de franchir ses lèvres, j'avais prévu de ne pas lui laisser une seule seconde pour m'asséner ses vérités, j'avais prévu de ne pas la laisser faire de moi ce qu'elle voulait, j'avais prévu de la mater, elle, pour une fois, une seule fois, la dernière fois, et je sais qu'elle se serait laissée faire, car c'est ce qu'elle veut. Mais je n'ai pas su, je n'ai pas pu, car je ne suis pas cette personne qu'elle cherche, et je le sais, même si je lutte contre cette idée, même si je butte contre cette vérité. Je n'ai pas pu car je suis sage, je suis raisonnable, je n'ai pas pu car je suis gentille, fondamentalement respectueuse de l'Autre et que ce qu'elle me demande c'est de ne pas la respecter, ce qu'elle veut c'est ne pas se sentir aimée. Car quand elle se sent aimée, elle est incapable, elle, d'aimer.


Je cherche en vain dans ses yeux une trace d'hésitation, mais elle sait ce qu'elle veut et ce n'est pas moi, finalement.

Elle part, je claque la porte derrière elle, sans un mot, sans un regard pour la retenir. Je m'assois à mon bureau, l'esprit vide, le coeur plein. Par la fenêtre je la vois partir. Il pleut sur la ville, il pleuvra longtemps encore. La trotteuse de ma montre égrène lentement les secondes, et je me demande si j'irai nager demain matin. Les lampadaires se perdent dans la brume tandis que les passants courent sous la pluie, filent vers un destin incertain.

Depuis l'appartement de la vieille d'en face, un air déjà entendu grésille sur une platine qui a fait son temps.

Les larmes métouffent. Je les laisse couler, en silence.

 

(Suite)

Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Dimanche 3 décembre 2006 7 03 12 2006 03:24

Je me laisse porter par des sonorités, par des mots éprouvés, par toutes ces choses auxquelles je ne veux plus penser. J'aime la vie, par moments je la sens vraiment en moi, je suis vivante, car je ressens, j'éprouve, j'aime. Je pleure parfois.


J'ai fini de pleurer, pour cette fois.
Je vois l'espoir au loin, je le retiens, je l'aggripe de mes deux mains, il ne s'enfuira pas cette fois-ci, ma vie est à sa merci. L'espoir est en toi, car tu as plongé tes yeux dans les miens, à plusieurs reprises.

La première fois, je m'en souviens, c'est avec toi que j'ai fait mon baptême de plongée. Tu as su trouver les mots, tu as su me guider dans cette initiation, me donner le goût, l'envie d'aller plus loin. Je suis revenue, chaque semaine depuis bientôt un mois et demi. Au début, ce n'était pas pour tes beaux yeux, après tout ils n'avaient rien d'exceptionnel tes yeux. Non, je revenais simplement parce que la première fois avait été agréable, parce que je m'étais immédiatement sentie en confiance avec toi, parce que j'aimais la sensation que l'on éprouve lorsqu'on se retrouve sous l'eau. Non, je ne me posais pas de question. Avec toi, au fond de l'eau, j'étais bien, peu importait le reste, ce qui faisait que j'étais bien. Était-ce ton charme, ton assurance, cette proximité de nos deux corps, ou simplement l'activité, l'apprentissage, la découverte de nouvelles sensations ? Je me laissais aller aux circonstances, à tes paroles, à cette situation plaisante.

La deuxième fois, j'ai plongé avec toi à nouveau, mais cette fois ci nous n'étions que toutes les deux. Pour la première fois j'ai pris conscience de mon trouble, de l'attirance que j'avais pour toi, lorsque l'apprentissage du jour t'a amenée tout près de moi, au point de sentir ta peau, que tu as passé ta main dans ma nuque pour me montrer le geste, que tu m'as attirée fermement à toi pour m'illustrer la théorie. J'ai senti le désir naître en moi, j'en ai été surprise.

La troisième fois, tu faisais des photos, j'ai plongé avec quelqu'un d'autre. Je t'ai croisée pourtant, tu m'as prise en photo d'ailleurs. Ces quelques fois où ton regard sur moi m'a surprise, ces courts moments où j'ai eu l'impression que tes yeux m'attiraient en toi, j'ai pourtant détourné le regard, gênée par les pensées qui s'insinuaient en moi sur une seule de tes attentions à mon égard.

Tu comprends, je ne sais pas, je ne sais plus. Tu m'intimides, en me donnant cette force, cette envie d'avancer. J'ai peur, peur de la chute avant même l'envol. Quand bien même, peur de toucher terre trop vite, peur de ne pas prendre assez le temps, peur de mon empressement, peur de tes angoisses que je ne vois pas, peur de te laisser passer sans rien oser te dire, peur ... Peur même de t'appeler par ton prénom, Marine.


Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 9 décembre 2006 6 09 12 2006 02:41

Les journées passées à ressasser, à regretter, à espérer même.
Les nuits tourmentées, celles où je me réveille la gorge sèche. Ces nuits passées à trop rêver, ces nuits entrecoupées de réveils en sueur, de sursauts de douleur.

J'oublie le monde autour de moi, il n'existe plus assez. Seule subsiste ma douleur, le monde est moche, le monde est triste. Pourtant, oui, pourtant je me rappelle ces instants dans ses bras, où ces mêmes petites choses quotidiennes étaient de simples merveilles.

J'examine cliniquement mon cas : je m'en remettrai, ses caresses à elle s'estomperont comme celles des autres, le souvenir de sa voix se fera plus flou, les formes de son corps se perdront dans mes souvenirs d'autres contours, d'autres encore. 
En cet instant pourtant j'ai mal, et je ne peux qu'attendre.

Que la douleur s'efface,
Que le temps passe,
Que la rancoeur trépasse.
Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 11 décembre 2006 1 11 12 2006 01:52
 
Alors qu'à peine s'insinuent en moi le souvenir de ta voix, la pensée chavirante des courbes de ton corps, la douceur de ta présence rassurante, je caresse du bout des doigts ces souvenirs que j'ai de toi, Marine. Je les capture, je m'y accroche, ils sont mon oxygène, ma force d'avancer, ils m'aident à me lever le matin, prête pour entamer cet éternel combat, prête à affronter cette vie que j'ai choisie.

J'en suis bien consciente pourtant, je m'aggripe à cette idée, à cet idéal de toi. Peu importe.
La vérité, celle que suis incapable de t'avouer lorsque tes yeux d'eau croisent les miens, c'est que ma maladresse réputée, mes oublis répétés, mes absences renouvelées de ces dernières semaines ne sont pas de simples hasards. Ils tiennent au fait que ne suis plus de ce monde, plus de cet univers où les tirs abondent, plus sur la même longueur d'onde.

Je ne veux plus de cet amour foudroyant, qui fait parler d'amour à la folie, qui fait tourner les coeurs à l'aigre doux, qui, comme à d'autres, m'a fait sacrifier bien des envies, qui, dans les pires moment de tourment, inévitables, sait comment porter ses coups. Pas de cet amour transcendant, auquel on ne peut croire, qui donne la sensation, mais pas toujours la capacité, de pouvoir déplacer des montagnes.
Je ne veux pas non plus d'un amour fragile, précaire, éphémère, charnel.
Je veux un sentiment étrange, inconnu et délicieux. Un subtil mélange de tendresse, de douceur et de confiance. Le tout mêlé d'une très grande attirance. Je veux juste un espoir auquel je veux croire, celui d'avancer un jour ma main dans une autre.
J'ai envie, j'ai besoin de prendre le temps, pourtant je crains de ne pas en avoir la capacité.

Ce peu d'indices que tu me laisses, ces regards appuyés pourtant, cette attention de tous les instants, est-ce un jeu pour toi ?

J'ai peur, car je sais peu de choses de toi, et encore moins de choses qui me laissent envisager la possibilité d'un "nous".
Je lance un appel à l'aide : laisse moi simplement te faire sourire.




Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 25 décembre 2006 1 25 12 2006 13:52

Epilogue ...


Jeudi dernier, je suis allée plonger. Dernier cours avant 3 semaines, ensuite les vacances. Marine n'était pas là. Mais Marine est en couple. Je l'ai appris jeudi, au détour d'une conversation avec d'autres plongeuses.
Voilà, jolie fin pour cette saga, non ? ;-)

Mais jeudi déjà, j'ai pris la nouvelle avec une neutralité affichée et ressentie.
Le récit de mon tourbillon, ce sera pour un autre post ...

J'oubliais : JOYEUX NOËL à tous !!! :-)
Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés