Elle est passée, sur ce blog comme dans ma vie, une étoile filante qui, l'espace d'un instant, illumine le ciel, le temps de faire un voeu. Le temps de faire un voeu, oui ...
Ainsi va la vie. Tu es là, tu sais que ce que tu fais ne te rendra pas heureux. Pourtant, tu le fais, parce que ton but ce n'est pas le bonheur, mais simplement de passer, le temps d'une danse, le temps d'une vie, d'une envie, toi aussi ...
Tu sais que l'amour ne suffit pas, tu sais que les incompréhensions, les barrières humaines que l'on sait ériger, les différences trop grandes qui nous font suffoquer, oui tu sais que tout cela suffit à le tuer.
Elle n'a fait que passer.
Je lui dirai : la fatigue t'épuise, mon amour. Laisse moi t'emmener avec moi, vers des rêves plus cléments, vers des tourments moins rêveurs, et laissons nous porter, emporter, par ces mots passionnés qui s'insinuent en nous.
Oublieuse du temps et des réalités de ce monde que je déserte.
Je sens en moi le rythme de ton souffle qui effleure ma peau,
Cette envie d'être en vie, ce désir intense de toi, si beau
Car il est toi,
Car il est moi,
Car il est nous.
Je frémis d'ignorance, je trépigne et meurs d'impatience,
Pourtant je veux savourer cet instant de douce insouciance.
Alors que j'écoute les battements effrénés de ton coeur,
La tête sur ta poitrine, j'oublie que j'ai connu la douleur
Intense et cruelle,
Insupportable mais belle,
Le monde est fou.
Dans nos doutes et nos craintes, nous nous somme appelées,
La nuit est tombée : encore et encore nous nous sommes aimées.
Tu es mon refuge, mon oasis de fraîcheur dans cette vie;
Tout le reste s'effondrait, mais je t'ai trouvée, je t'ai ressentie
Ma folle inconscience
Ma poète du silence,
Au sourire si doux.
Dans les méandres de mes émotions j'ai recueilli pour toi l'amour,
Lancées à corps perdu dans cette aventure, ne pensons pas au retour.
Je t'ai aimée avant de te connaître, désirée avant de t'effleurer,
J'ai vu notre avenir sans plus avoir à me retourner sur mon passé
Car tu es celle
Car tu es belle
Car tu es tout.
(Suite)
Une muse est entrée dans ma vie, sans frapper à la porte de mon intimité, sans même me demander si j'en avais envie. Elle est entrée et s'est assise là, simplement, en ce lieu protégé et insondable de mon coeur, où seul opère le mélange subtil entre désir et tendresse, délire et maladresses. Elle s'est installée et a attendu que je vienne à elle.
Était-elle certaine de son charme, ou consciente de mes faiblesses ?
J'ai résisté par habitude, par principe, par peur de ce tourbillon que je parvenais à entrevoir, par prudence face à ce déferlement de sensations, incompréhensible. J'ai tenté de me réfugier dans du concret; frénétiquement je me suis rattachée à ma réalité.
Mais elle a saisi ma main, tendrement et, avec une patience qui la caractérise mal, a su m'apprivoiser assez pour qu'enfin je me laisse emporter.
Cet amour de fusion, cette passion à laquelle je m'étais promis de ne plus jamais céder car elle était jumelle dans mon expérience de violence, de souffrance, cette passion oui, c'est ce qu'elle voulait.
L'amour est un oiseau rebelle, l'amour est enfant de Bohême : insaisissable, imprévisible, du vent dans les branches des coeurs lacérés. Je n'étais pas prête, et je me plaisais à le répéter.
Ces derniers jours ont été une tempête intérieure effrayante, saisissante.
Epilogue ...
Jeudi dernier, je suis allée plonger. Dernier cours avant 3 semaines, ensuite les vacances. Marine n'était pas là. Mais Marine est en couple. Je l'ai appris jeudi, au détour d'une conversation avec d'autres plongeuses.
Voilà, jolie fin pour cette saga, non ? ;-)
Mais jeudi déjà, j'ai pris la nouvelle avec une neutralité affichée et ressentie.
Le récit de mon tourbillon, ce sera pour un autre post ...
J'oubliais : JOYEUX NOËL à tous !!! :-)
J'en suis bien consciente pourtant, je m'aggripe à cette idée, à cet idéal de toi. Peu importe.
La vérité, celle que suis incapable de t'avouer lorsque tes yeux d'eau croisent les miens, c'est que ma maladresse réputée, mes oublis répétés, mes absences renouvelées de ces dernières semaines ne sont pas de simples hasards. Ils tiennent au fait que ne suis plus de ce monde, plus de cet univers où les tirs abondent, plus sur la même longueur d'onde.
Je ne veux plus de cet amour foudroyant, qui fait parler d'amour à la folie, qui fait tourner les coeurs à l'aigre doux, qui, comme à d'autres, m'a fait sacrifier bien des envies, qui, dans les pires moment de tourment, inévitables, sait comment porter ses coups. Pas de cet amour transcendant, auquel on ne peut croire, qui donne la sensation, mais pas toujours la capacité, de pouvoir déplacer des montagnes.
Je ne veux pas non plus d'un amour fragile, précaire, éphémère, charnel.
Je veux un sentiment étrange, inconnu et délicieux. Un subtil mélange de tendresse, de douceur et de confiance. Le tout mêlé d'une très grande attirance. Je veux juste un espoir auquel je veux croire, celui d'avancer un jour ma main dans une autre.
J'ai envie, j'ai besoin de prendre le temps, pourtant je crains de ne pas en avoir la capacité.
Ce peu d'indices que tu me laisses, ces regards appuyés pourtant, cette attention de tous les instants, est-ce un jeu pour toi ?
J'ai peur, car je sais peu de choses de toi, et encore moins de choses qui me laissent envisager la possibilité d'un "nous".
Je lance un appel à l'aide : laisse moi simplement te faire sourire.
Les journées passées à ressasser, à regretter, à espérer même.
Les nuits tourmentées, celles où je me réveille la gorge sèche. Ces nuits passées à trop rêver, ces nuits entrecoupées de réveils en sueur, de sursauts de douleur.
J'oublie le monde autour de moi, il n'existe plus assez. Seule subsiste ma douleur, le monde est moche, le monde est triste. Pourtant, oui, pourtant je me rappelle ces instants dans ses bras, où ces mêmes petites choses quotidiennes étaient de simples merveilles.
J'examine cliniquement mon cas : je m'en remettrai, ses caresses à elle s'estomperont comme celles des autres, le souvenir de sa voix se fera plus flou, les formes de son corps se perdront dans mes souvenirs d'autres contours, d'autres encore. En cet instant pourtant j'ai mal, et je ne peux qu'attendre.
Que la douleur s'efface,
Que le temps passe,
Que la rancoeur trépasse.
Je me laisse porter par des sonorités, par des mots éprouvés, par toutes ces choses auxquelles je ne veux plus penser. J'aime la vie, par moments je la sens vraiment en moi, je suis vivante, car je ressens, j'éprouve, j'aime. Je pleure parfois.
J'ai fini de pleurer, pour cette fois.
Je vois l'espoir au loin, je le retiens, je l'aggripe de mes deux mains, il ne s'enfuira pas cette fois-ci, ma vie est à sa merci. L'espoir est en toi, car tu as plongé tes yeux dans les miens, à plusieurs reprises.
La première fois, je m'en souviens, c'est avec toi que j'ai fait mon baptême de plongée. Tu as su trouver les mots, tu as su me guider dans cette initiation, me donner le goût, l'envie d'aller plus loin. Je suis revenue, chaque semaine depuis bientôt un mois et demi. Au début, ce n'était pas pour tes beaux yeux, après tout ils n'avaient rien d'exceptionnel tes yeux. Non, je revenais simplement parce que la première fois avait été agréable, parce que je m'étais immédiatement sentie en confiance avec toi, parce que j'aimais la sensation que l'on éprouve lorsqu'on se retrouve sous l'eau. Non, je ne me posais pas de question. Avec toi, au fond de l'eau, j'étais bien, peu importait le reste, ce qui faisait que j'étais bien. Était-ce ton charme, ton assurance, cette proximité de nos deux corps, ou simplement l'activité, l'apprentissage, la découverte de nouvelles sensations ? Je me laissais aller aux circonstances, à tes paroles, à cette situation plaisante.
La deuxième fois, j'ai plongé avec toi à nouveau, mais cette fois ci nous n'étions que toutes les deux. Pour la première fois j'ai pris conscience de mon trouble, de l'attirance que j'avais pour toi, lorsque l'apprentissage du jour t'a amenée tout près de moi, au point de sentir ta peau, que tu as passé ta main dans ma nuque pour me montrer le geste, que tu m'as attirée fermement à toi pour m'illustrer la théorie. J'ai senti le désir naître en moi, j'en ai été surprise.
La troisième fois, tu faisais des photos, j'ai plongé avec quelqu'un d'autre. Je t'ai croisée pourtant, tu m'as prise en photo d'ailleurs. Ces quelques fois où ton regard sur moi m'a surprise, ces courts moments où j'ai eu l'impression que tes yeux m'attiraient en toi, j'ai pourtant détourné le regard, gênée par les pensées qui s'insinuaient en moi sur une seule de tes attentions à mon égard.
Tu comprends, je ne sais pas, je ne sais plus. Tu m'intimides, en me donnant cette force, cette envie d'avancer. J'ai peur, peur de la chute avant même l'envol. Quand bien même, peur de toucher terre trop vite, peur de ne pas prendre assez le temps, peur de mon empressement, peur de tes angoisses que je ne vois pas, peur de te laisser passer sans rien oser te dire, peur ... Peur même de t'appeler par ton prénom, Marine.
Alors qu'hier mes lèvres couraient tendrement dans ses cheveux, mes doigts s'accrochaient à sa peau si douce, mes yeux s'enlisaient dans les siens longtemps, alors que je n'ai pas eu encore le temps de la saisir tout à fait mais que j'ai su pourtant la désirer entièrement, en deux mots bien placés, en trois caresses non situées, elle cesse de m'enlacer, et commence d'insuffler. Le doute, l'incompréhension, le tourment de nuits blanches passées à ressasser.
Dans ses non dits je pressens la rupture, alors même que les mots restent couverts pour le moment. Dans l'attente d'une attention, dans l'oubli de ces quelques heures où le doute n'était pas permis, commence le questionnement. Au détour d'un mail, dans le ton neutre de sa voix au téléphone, je vois grandir et s'annoncer quelque chose qui me fait trembler. Je lui dis que je veux la voir.
Elle me dit oui, mais pas tout de suite, je ne peux pas dans les jours qui viennent. Je viendrai mercredi, il faut que nous parlions.
Deux jours passés à ressasser, à basculer d'un extrême à l'autre, dans l'attente de sa venue. Je suis dans un état de fatigue, d'épuisement et de lassitude déjà avancés lorsqu'elle arrive finalement. Elle me dit qu'elle ne restera pas longtemps, elle me le chuchote pourtant, comme si elle voulait garder encore une chance de ne pas l'entendre.
Elle me dit que je suis quelqu'un de bien. Qu'elle est incapable de m'aimer comme j'en ai besoin, incapable de me rendre cette entièreté que je suis prête à lui donner, à lui sacrifier même. Elle me dit ça et je la crois, parce que je la connais un peu, et je sais qu'elle est comme ça, estropiée de la vie, amputée de cette facilité que j'ai à aimer, à cause d'un passé douloureux que je vois fugacement traverser son regard quand elle me dit qu'elle veut me protéger. Elle croit qu'en me quittant maintenant, le mal sera moins grand, elle croit qu'aujourd'hui je ne souffre qu'à peine, que j'imagine souffrir mais que ces sentiments sont du vent. Elle croit tout savoir, et ses certitudes m'achèvent. Je suis quelqu'un de bien. Elle se répète. Ce ton emprunté, cette manière lâche de me dire qu'elle pourra pas m'aimer en me disant que je suis quelqu'un de bien.
J'avais prévu son arrivée cent fois dans ma tête, me disant que peu m'importeraient ses refus, que peu m'importerait ce pour quoi elle était venue, que je ferais semblant d'oublier qu'elle était là pour me quitter. J'avais prévu de l'embrasser sans laisser le temps aux mots de franchir ses lèvres, j'avais prévu de ne pas lui laisser une seule seconde pour m'asséner ses vérités, j'avais prévu de ne pas la laisser faire de moi ce qu'elle voulait, j'avais prévu de la mater, elle, pour une fois, une seule fois, la dernière fois, et je sais qu'elle se serait laissée faire, car c'est ce qu'elle veut. Mais je n'ai pas su, je n'ai pas pu, car je ne suis pas cette personne qu'elle cherche, et je le sais, même si je lutte contre cette idée, même si je butte contre cette vérité. Je n'ai pas pu car je suis sage, je suis raisonnable, je n'ai pas pu car je suis gentille, fondamentalement respectueuse de l'Autre et que ce qu'elle me demande c'est de ne pas la respecter, ce qu'elle veut c'est ne pas se sentir aimée. Car quand elle se sent aimée, elle est incapable, elle, d'aimer.
Je cherche en vain dans ses yeux une trace d'hésitation, mais elle sait ce qu'elle veut et ce n'est pas moi, finalement.
Elle part, je claque la porte derrière elle, sans un mot, sans un regard pour la retenir. Je m'assois à mon bureau, l'esprit vide, le coeur plein. Par la fenêtre je la vois partir. Il pleut sur la ville, il pleuvra longtemps encore. La trotteuse de ma montre égrène lentement les secondes, et je me demande si j'irai nager demain matin. Les lampadaires se perdent dans la brume tandis que les passants courent sous la pluie, filent vers un destin incertain.
Depuis l'appartement de la vieille d'en face, un air déjà entendu grésille sur une platine qui a fait son temps.
Les larmes métouffent. Je les laisse couler, en silence.
Après quelques mots échangés, j'ai rapidement voulu la rencontrer. Je craignais de la découvrir trop froidement, trop facilement si nous tardions, si nous donnions trop de nous même dans le monde virtuel. Oui, ce trop qui caractérise immanquablement les relations qui s'enlisent dans ce monde non réel. Alors j'ai pris le risque, et je lui ai proposé d'aller boire un verre, dans la semaine. Elle ne m'a pas dit non, et elle a même fini par me dire oui. Nous nous sommes retrouvées, pour nous découvrir.
Dans un petit bar enfumé, confortable sans en avoir l'air, avec de la musique un peu forte mais pas trop. Tout était dans la mesure, dans ce petit équilibre précaire qui caractérise les nuits sans fin et les discussions de fond, celles qui font que j'ai eu envie de la prendre dans mes bras alors que je la connaissais à peine, simplement parce que je savais que ce serait bien, que c'était exactement, en cet instant, ce à quoi j'aspirais. Je n'avais pas bu, je n'étais pas désespérée, je ne cherchais pas spécialement, mais celle là je savais que je ne la laisserais pas passer.
J'aime tout en elle.
Sa voix qui ne camoufle pas sa personnalité.
Ses mains, fortes et fémines à la fois.
Ses yeux verts, mais je ne le lui dirai pas, parce qu'on le lui a déjà trop dit.
Elle me plaît. Beaucoup trop.
Tout va très vite, nos pas se perdent sur les ponts de Paris, nos pensées se rejoignent pour s'entrelacer, et nos mains s'unissent pour avancer.
Je suis émerveillée et terrifiée.
Je le sens déjà : je vais souffrir.
C'est en train de m'arriver, je ne veux pas.
Plus qu'une seule envie : me noyer dans la profondeur de tes yeux d'encre, me réveiller à tes côtés et laisser ma main courir sur ton dos dénudé. Mes sens s'affolent, en ton absence le manque déjà se fait sentir.
Je ne veux pas !
D'un air amusé, tu me regardes, mais tu me laisses sombrer dans les affres de l'amour, sans me secourir, pourquoi le ferais-tu ? Je suis prise au piège, j'en ai conscience, mais la sensation est délicieuse.
Une petite voix pourtant me met en garde, m'ordonne méfiance et distance, m'intime d'être raisonnable cette fois.
Comment écouter la raison lorsque tu es devant moi, patiente, séduisante, confiante ? Lorsque tu laisses courir, sans y penser, tes doigts dans mes cheveux, que tu m'attires contre toi, effleurant mes épaules, attisant mon désir, comment te dire non ?
Je doute aujourd'hui, et je douterai toujours, tu le sais. Si peu de temps dans ma vie, et déjà tu sais tout de mes angoisses, de mes aspirations, de mes blessures. Attentionnée, tolérante, tu les apprivoises, alors que j'arme mon coeur pour ne pas être touchée. Mais je n'y parviens pas. J'ai peur de t'aimer, tu comprends ?
Il est trop tard déjà, j'en ai conscience.
Combien de nuits blanches, parenthèses d'émerveillement, enflammées par nos discussions épuisantes, exaltées, qui irrésistiblement me mènent au creux de tes bras ? Tes bras dans lesquels je m'oublie, le temps d'une nuit, le temps d'une vie ... ? Si peu et tant à la fois, et si tu étais celle que j'attendais ? Si je n'avais plus peur de t'aimer ?
"Non, tu le sais bien, l'amour pour toi ça finit toujours mal". Tais toi, stupide petite voix, je ne veux plus t'écouter. Quand bien même je le voudrais, je ne le pourrais plus. Il est trop tard, je te l'ai déjà dit, je suis amoureuse.