Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

Présentation

Recherche

En vrac

Lundi 11 septembre 2006


Montagne, lorsque je te regarde j’oublie la fureur qui gronde en moi, je m’oublie en toi. A l’ombre de nous même, je partage l’issue d’une histoire sans lendemain. Dans l’obscurité d’un horizon lointain, je tente vainement de discerner la lueur d’espoir, celle-là même qui hier encore te faisait défaut.
Dans la brume de mes songes engourdis, soudain l’innocence tente une incursion : j’ai peur. Peur qu’elle n’éclate, ballotée par la mer tourmentée, contre les récifs de ton inconscient submergé. Besoin d’oublier, désir d’ignorer, je cours toujours.

Des visages m’entourent. Je veux les voir pour mieux les dessiner, mais ils se confondent tous dans un rideau de pluie : insouciance d’une jeunesse épurée, chatoyance d’un amour désiré, impatience d’une attente maîtrisée. Je lis dans leurs yeux les attentes, les envies, les oublis d’une humanité désenchantée. Et tout se confond : le nain de jardin avec le jeune à jeun, le vieil homme impatient qui hume les senteurs de son passé desséché, la femme en mal d’amour qui feint la faim d’une histoire sans fin …

Je me détourne et, au dessus de la cheminée, je distingue une croix de bois. Que fait-elle ici ? Et si, oubliée par un être venu d’une autre planète, elle n’était finalement que le reflet miséreux d’une civilisation en déclin ? Peu m’importent les préoccupations de ce peuple au devenir improbable, au passé ponctué de pics et de promesses mal tenues. Mon cœur en flammes s’en détourne, attiré par la route.
Un enfant court, il se jette sous la voiture qui roule à tombeau ouvert. Couleur de pneu ? Tourne, retourne et tourne encore. Elle a changé. Rouge sang. Rouge vie. Rouge de rires et de déceptions. Rouge de passion. J’oublie ce petit corps sans vie comme j’oublierai tout le reste au réveil, quand le monde de ma nuit, peuplé de souvenirs improbables et sans pitié, retirera son voile de mes yeux horrifiés ou émerveillés, selon.

Je vis la vie d’un songe, endormie, je prends ce qu’il me donne, je me défends contre ses griffes acérées ou j’accepte ses témoignages éphémères de tendresse. Tout va trop vite. Le monde entier s’évite, se
détourne, baisse les yeux, oublie bien vite qu’ici l’engagement est anodin, les promesses toujours sans lendemain.
Devant mes yeux ébahis, le mirage d’une vie sans virage me montre son visage. Depuis mon petit nuage, j’envisage un saut en parachute jusqu’à cette terre dont j’ai rêvé tant d’images. Appréhension du saut sans filet …
Un …
Deux …
Trois !
Le vent fouette mon visage. Sensation étrange d’un univers à jamais perdu, d’une vie nouvelle pleine de promesses mais dissolue. J’oublie, j’espère, j’envie, et enfin j’atterris. Et tout me paraît plus beau, plus grand. C’en est fini de ma vie mini, de ce monde pourri !

Sur la ligne de cet horizon nouveau, un point aux allures étranges se dessine. Une peu comme une lune : pâle … mais unique ! Je la fixe obstinément, et elle m’ouvre les yeux. Je reviens à moi.
Traîtrise du réveil après la sieste !
Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 13 septembre 2006

Je ferme les fenêtres. J’éteins le chauffe-eau. Je coupe l’eau. Je coupe l’électricité. Mes sacs sont dans l’entrée. Prête à partir, à m’envoler pour deux semaines de vacances non méritées. Je me vois déjà sur une plage de sable chaud, sirotant un cocktail aux mille saveurs. Zut, où sont mes clés ? Pas sur la commode dans l’entrée, pas dans ma poche, pas dans mon sac. Je les cherche pendant dix bonnes minutes. Eh oui, avec la guerre de tranchées que je laisse dans l’appartement, pas évident de retrouver des petites clés de rien du tout. Finalement, elles étaient sur la commode de l’entrée, sous un tas de papiers. EDF, GDF, Internet, … Les factures attendront mon retour, il ne sont pas à quinze jours près tout de même !
Bon, cette fois, c’est parti, je visse mes lunettes de soleil sur ma tête, et le sourire niais qui va avec tout ce que cette action représente apparaît. Hop, en vacances ! Je ferme la porte. Je hisse le sac à dos sur mes épaules, attrape mon sac en bandoulière, prends le gros sac de voyage de ma main droite et … Mais ! Pourquoi n’y a-t-il rien dans ma main gauche ? Hum hum, j’ai oublié les poubelles.
Marche arrière, j’ouvre la porte, attrape les poubelles, referme la porte, un sac, deux sacs, trois sacs, et les poubelles. Bon, c’est parti ! Heu … Je titube là, c’est normal ? Mais qu’est-ce que j’ai bien pu mettre dans ces sacs ? Je me persuade une dernière fois que tout m’est in-dis-pen-sa-ble. Allez, je ne vais pas me laisser abattre pour si peu.

En avant pour quatre étages d’escaliers recouverts de moquette glissante. Je manque de peu la chute au deuxième étage, mais me rattrape in extremis à la rambarde. La bandoulière du sac de voyage est rompue, il valse dans l’escalier, et finit au premier. Positivisme avant tout : ce sera toujours un étage de moins pour moi. La voisine du premier, un balai à la main sur son palier, me regarde passer d’un drôle d’œil. Je ramasse mon sac à ses pied. Bonjour madame. Belle journée, n’est-il pas ? Au plaisir. Zou, me voilà en bas de l’immeuble.
Bon, j’ai déjà vérifié trois fois là-haut, mais une de plus ou une de moins, j’ouvre mon sac et fais l’état des lieux des indispensables au départ : billet de train, ok, portefeuille et papiers d’identité, ok, téléphone portable, ok, clés de l’appartement, o… où sont mes clés ? Pas dans la petite poche habituelle de mon sac ! Décidément. Je vide trois fois le sac, alors que je sais pertinemment que je ne les mets JAMAIS ailleurs. Les minutes passent. Tic. Tac. L’angoisse m’étreint. Je lâche tous mes sacs, remonte les marches quatre à quatre jusqu’au quatrième. Elles sont là mes adorées, mes indispensables, mes vénérées clés. Restées sur la porte, dans la serrure. Hem. Bon, je redescends en trombe, pas question de louper mon train !

La rue est hostile, les gens tracent sans s’apercevoir de ma présence, droit devant eux, et tant pis si je ne m’écarte pas. Heure de pointe à Paris. Je me précipite vers ma propre perte et pénètre dans la bouche de métro. À ce stade de l’aventure, je ne suis déjà plus du tout présentable. Les cheveux en bataille, le visage rouge pivoine, dégoulinante de sueur, je dois faire un petit peu peur. D’ailleurs, je m’étonne que personne n’ait encore appelé les pompiers. Enfin, pour une fois, notre société individualiste a du bon, une intervention des pompiers m’aurait probablement fait rater mon train.

Dans le métro, la foule me regarde de manière étrange … À moins que ce ne soit moi qui me sente étrange ? Je fais tout mon possible pour calmer les battements de mon cœur. La chaleur est étouffante, les regards absents. Dans le métro, il y a peu de gens présents. Leur regard est ailleurs. Je me nourris de ces autres, flamboyants ou pitoyables, peu m’importe. Je les sens et le vent m’apporte les odeurs de leurs vies, lointaines ou mortellement proches. Certains me ressemblent, d’autres pas du tout. Oh, oui, j’ai envie de te parler du métro, de ces gens, de tous ces Parisiens que je croise chaque jour et que j’oublie chaque nuit. « Format disk ». Pour repartir chaque matin, l’esprit un peu plus sain. Je ne les oublie que pour mieux les regarder chaque jour. Et j’imagine. A quoi pense-t-il ? Est-elle heureuse ? Pourquoi pleure-t-elle ? Comment peut-il dormir dans un lieu pareil ? Je ne peux pas les regarder sans penser une seule fois à toi. Lequel, laquelle, aurait le plus touché ton imaginaire débordant ? J’imagine, je m’enracine, et, comme à mon habitude je me perds dans mes rêves. Je suis maladroite. Avec les mots, avec les objets, avec les gens. L’hésitation mène à la maladresse.

Une voix grésillante dans les haut-parleurs me tire de ma rêverie « Nation … Nation ». Quoi ? Comment ça, Nation ? Ah mais non, non, et non ! Je ne suis pas du tout d’accord là ! Ohhh … Zut de zut, j’ai loupé ma station. Po-si-ti-ver. De toutes manières, quand on est en avance, l’attente est insupportable dans les gares. Descente, changement de quai, demi-tour, et voilà « Gare de Lyon … Gare de Lyon ». Tout rentre dans l’ordre ; un coup d’œil à ma montre. Horreur et stupéfaction, il ne reste que quatre minutes avant le départ de mon train. Ah, mais je proteste, ça ne va pas se passer comme ça !

Aux grands maux, les grands remèdes : j’attrape tous mes sacs et je cours. J’arrive sur le quai, le train est encore là. Je saute dans la première voiture qui apparaît, et les portes se ferment sur moi. Ouf. Mes poumons sont en feu, mon corps en flaque, mon dos frissonne de tant de mauvais traitements, et moi, je suis heureuse.
Je suis en vacances, tralalalala.
Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 16 septembre 2006


Je tremble d’impatience et frémis d’incertitude. Je veux te retrouver, toi ma plume, et avec toi refaire le monde. Plaquer mes émotions, les prendre en suspens, les amener sur notre papier, les oublier une fois couchées, les revivre chaque fois plus intensément. J’ai besoin de sentiments que je pourrais saisir en équilibre, tendres et fragiles, doux et poétiques.


- « File ma plume au gré de mes pérégrinations. Sois fidèle à ma pensée et ne te laisse pas trop aller. Déçois ceux qui t’ont trahie et encense tes amis. Sur ces mots d’encouragement, je te laisse et te livre à tes envies. Je t’autorise tout ce que tu te permettras, mais me dédouane des pensées les plus osées. Je m’engage à te soutenir quoiqu’il advienne, mais ne prétends pas alors répondre de tous mes actes ».

- « Je laisse filer les mots, comme tu me l’as appris. Je libère ton esprit, en un terrain conquis : celui de ta pensée. Je te parle mais tu n’es déjà plus là. Tu m’as laissée te représenter, je saurai m’en montrer digne, je te le promets ».
Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 16 septembre 2006


Sommeil enchanteur ! Dans les moments de dur labeur, j’en appelle à ta rigueur de triste sire qui toujours sur les hauteurs de ta douceur m’attire.
J’aimerais plonger mes yeux dans ton âme, dans les vagues de la vie mener une barque chahutante, aux souvenirs endoloris, au regard maladroit mais au cœur sincère.
Dans mes songes, je vois en toi la raison d’un lendemain chatoyant. Mais je m’essouffle, je perds mon souffle. Une fois. Deux fois. Trois fois. Et si je m’étouffe ? Mon cœur repart, et je rêve de te l’ouvrir, alors même que
tu n’en veux pas la clé.
Sur le bord, à la lueur d’une torche qui ne s’éteint jamais, quelqu’un nous observe, spectateur dans l’instant, mais je le sais acteur, voire auteur. Je me débats, horrifiée par les mailles du filet qui se resserrent.
Je me réveille.
Le monde de ma nuit lui même n’est plus un refuge. Plus tourmenté que mes journées, tu le hantes, tu y habites, mais toujours m’échappes, inatteignable, insaisissable ou floue. En sueur, presque en pleurs, un sursaut me ramène à la réalité : le rythme effréné des battements de mon cœur remonte dans mes tempes. La nuit, j’ai peur du jour, le jour j’ai peur toujours. D’un non-retour, d’un manque d’amour, de lassitude autour, que revienne mon tour.
Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 29 septembre 2006

C’est un endroit où l’ultime danse d’un esprit abasourdi n’est pas l’emblème sans consistance d’une société déclinante. Où le fléau, bien que porteur de renouveau, est un but inatteignable.
C’est un lieu de non-sens, un univers de non dits, un monde d’inconscience.

J’y ai rencontré autrefois un être, ni homme ni femme, ni réel ni imaginaire, ni bon ni mauvais, atteignable mais jamais atteint.
Je l’ai appelé le vagabond de l’abondance.

Ondoyant dans les méandres des esprits les plus tortueux, il s’y fixe un moment, tant qu’il y croit, pour s’échapper, l’instant d’après, libre de tout, porteur de rien. Insouciant, scrutateur, il est notre reflet, évolutif.

Je l’ai d’abord détesté : je n’aimais pas l’image qu’il me renvoyait, je haïssais le peu qu’il me prenait, et me souciais de tout ce qu’il me laissait. Après son départ, je me sentais creuse, vidée d’une partie de ma substance. Une partie vraiment infime, certes : celle des rêves usés, des espoirs blessés, parfois seulement des amours oubliées. Pour cela, je l’ai mal jugé.

Puis, j’ai découvert ce qu’il faisait de ces menus larcins. Conscient, dans le peu de chair qu’il avait, de la nécessité d’uns souvenir global, il contribuait chaque jour un peu plus à la sauvegarde de la mémoire collective d’une humanité déchaînée. D’innocence en médisances, il avait repiqué, ensemencé, cultivé, pour finalement récolter.
Déçu par ce qu’il avait obtenu (rêves utilisés, peines asséchées, joies consumées), il avait décidé de chercher les sentiments à la source. Ainsi, il volait, il pillait les esprits des gens, ne sachant pas ce qu’il cherchait, mais certain de le comprendre lorsqu’il l’aurait trouvé. Sans culpabilité, aujourd’hui encore il vous guette et m’attend au tournant.

Mais après l’avoir détesté, je l’ai encensé. Butinant d’esprit obscurci en esprit fleuri, il touche à l’essence même de nos destinées, et est utile autant qu’indispensable. Car il est le passé intemporel de nos sentiments.

Il est le vagabond.

Il prend le mal pour nous montrer ce que nous avons de meilleur, il ouvre discrètement les protes de nos pensées et se charge de les trier. Dans tout ce qu’elles ont de regrettables et d’irrémédiables, il les apprivoise. Quand, émerveillé, il en découvre une perdue, noble, belle, poétique, il la nourrit puis la relâche, libre de toute attache. Il cultive un avenir incertain, riche en sentiments purs, chatoyants, évidents.

Nous avons cette chance : il est le vagabond de l’abondance.

Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 3 octobre 2006





Longtemps tu as vécu.
Longtemps tu as cru.
Longtemps tu as voulu.




Changer le monde, et que dans ton sens chacun abonde. Punir les criminels, les irresponsables, les violents. Soumettre les dictateurs, les exploiteurs, les trafiquants.

Je te revois, du haut de tes barricades, hurlant à qui devait l’entendre que jamais tu ne porterais la laisse du chien dressé ; loup solitaire, loup libertaire.
Ton poing, que tu brandissais haut par-dessus ta tête, tremblait, frémissait d’indignation. Tes yeux scrutaient l’horizon blessé, prêts à se porter sur la moindre parcelle d’espoir.
Sans y voir, le cœur tâtonnant dans l’obscurité, tu ne voulais cesser d’y croire.

J’ai voulu retrouver le vieux loup libertaire. Je n’ai trouvé que de la poussière, noyée dans la bière et la misère. Te bercer d’illusions retrouvées : voici aujourd’hui ton plus tendre souhait.
Chimères.
Regarde ce que tu es devenu : tu as tout perdu, tes illusions comme tes déceptions.
La vie t’a usé, les femmes t’ont ruiné, ton métier t’a achevé.
Ces résolutions, ces illusions dont tu étais pétri ont fondé ton existence toute entière. Lorsqu’elles ont cessé d’exister, tu t’es effondré et, lassé de prétendre forger un monde plus juste pour tous ces autres qui eux aussi te jugeaient, tu as abandonné. Tu t’es ancré dans une routine assassine, tu as fait l’éloge de pratiques sans éthique.

En somme, tu es redevenu un homme, dans tout ce que nous sommes, prêt à subsister dans le cabaret des illusions perdues.
Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 9 octobre 2006

L'orage est passé. Violent, assourdissant, il aurait pu me laisser déchirée. Mais il m'a rendue plus forte. Je peux enfin m'épanouir, m'ouvrir au monde qui m'entoure. Les quelques gouttes d'eau qui perlent sur ma robe, rappels d'un passé encore trop proche, me rappellent combien j'ai souffert. Mais bientôt, elles ne seront plus qu'un souvenir, lointain, malheureux, sans importance. Je vois déjà poindre le soleil qui me sèchera délicatement, qui me fera profiter de ses bienfaits. Je sais que des jours meillleurs m'attendent. Alors j'oublie. Que pour l'instant je frémis.
Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 2 novembre 2006

Je n'ai pas envie d'écrire.
Pas envie de te lire.
Pas envie d'en finir.
Pas envie de me fuir.

Alors pourquoi j'ai mal ? Pourquoi je souffre de ne plus pouvoir te regarder ? Pour qui je pense à ne plus me laisser aller ? Par où j'en arrive à le laisser me désirer ?

Quelques mots en passant, quelques mots perdus pourtant, quelques mots que je te laisse mais  qui me blessent, quelques mots que je te donne et qui t'étonnent, que je te dédie et qui me lient.
Toi qui me lis mais ne me comprends pas, toi qui t'ennuies lorsque je te parle tout bas. Mes poèmes ne seront plus pour toi, et tes bras ne seront plus à moi. L'ont-ils jamais été après tout ? Je me plais à penser qu'il en aurait été autrement si tu avais su comment m'écouter, si j'avais compris que tu ne le saurais jamais, si nos murmures s'étaient perdus innocemment dans l'erreur quotidienne de nos nuits blanches.

Alors que mes paupières s'abaissent sur mon petit monde trop visité, les souvenirs qui me hantent refont surface. Je les balaie d'un clignement d'oeil, je n'en veux pas ce soir, je n'en veux pas tout court.
Mes doigts courent songeurs dans le soyeux pelage de mon chaton. Il est joueur, il est farceur, un rien moqueur. Enjôleur à ses heures, il sait se faire doux et câlin lorsque j'en ressens le besoin. J'ai hâte qu'il grandisse et se roule dans mon cou lorsque je m'endors.Il le fait déjà, mais alors je n'ose plus bouger, il est tellement petit, semble si fragile. Je l'aime déjà, il y a longtemps que je n'ai pas été amoureuse. Attentif, patient, il m'écoute toujours, traverse l'appartement en glissades incontrôlées pour parvenir à la porte d'entrée le plus rapidement possible lorsque je rentre et exige un câlin. Un accueil joyeux et constant, ... Il m'offre plus que n'importe qui. Que demander de plus ?

Je ne lui mentirai pas.
Je ne le trahirai pas.
Je ne l'oublierai pas.


Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 3 novembre 2006

Je n'ai jamais su mentir. Pourtant, j'en ai pris des cours, oh oui. Parce que ça m'aurait bien arrangée parfois de savoir mentir, ou plutôt de vouloir mentir.

Mais je n'ai jamais su.

J'ai vécu pendant plusieurs années avec un menteur invétéré. Parce que forcément, ma franchise, ça les attire les menteurs. Et moi il semble que je les aime. Je les admire, en quelques sortes, de pouvoir, sans remords, tromper tout le monde, jusqu'à eux-mêmes, tricher, truquer, tronquer. Si la découverte du mensonge m'a beaucoup fait souffrir, la vérité parfois fait mal à en mourir.

Moi, poussée par un idéal d'honnêteté, de franchise, de sincérité, entière et naïve, je ne mens jamais.
Sauf quand je mens.
Mais c'est si rare. Et jamais quand je devrais, finalement.

Il m'a dit aujourd'hui que cette sincérité était le reflet de mon égoïsme. Parce qu'en ne déguisant pas, parce qu'en n'ommettant pas, je fais souffrir inutilement les gens qui m'accompagnent, parce que je me déleste ainsi de tout poids sur ma conscience en oubliant que je ne fais que le transférer sur celle des autres. Il dit que cet idéal que je porte en moi depuis toujours me porte atteinte dans mes relations, amicales, familiales, amoureuses, professionnelles. Il en sait quelque chose, dit-il.

Je ne dis rien, j'encaisse. Je fais mine de laisser glisser. Mais ça m'atteint, je me questionne. Il aura fallu attendre tout ce temps, toute cette haine dépensée, pour qu'enfin il me livre le fond de sa pensée.
Je l'écoute, ne tente pas de l'arrêter. Il parlait si peu d'ordinaire. Tant de conflits larvés, tant de disputes esquivées, tant de mots qui font mal mis de côté, tant d'espoirs malmenés, et moi la gorge nouée, n'osant plus lui demander comment nous en sommes arrivés là ... et tout cela pour quoi, pour qui ? Le refus du dialogue, ce n'est pas comme le mensonge "pieux". Tout est fini aujourd'hui, et je ne regrette rien. Plus maintenant.

J'entends, j'accepte ce qu'il me dit. Il n'est pas le premier, ne sera pas le dernier. Mais je m'aime un peu telle que je suis, malgré tout. Je ne veux pas changer. Même si je le voulais, le pourrais je seulement ?
Il me regarde dans les yeux, séduisant, charmeur, attirant ... Le voici déguisé à nouveau, il joue comme je respire, il manipule comme je souris. Je le connais trop désormais, j'ai été faible plusieurs fois, j'ai pleuré plus d'une fois, aujourd'hui je lui dis plus jamais.

Mentir ou souffrir ?
Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 6 novembre 2006
Voici ce à quoi j'aspire : l'envie de prendre le risque de me brûler les ailes, la sensation de la flamme qui lèche ma peau, le désir d'une aventure plus grande encore, une épopée, une chevauchée qui m'emmène loin de moi et de mon corps, qui me permet ce détachement, ce contentement, cette illusion parfois seulement.

Le feu, toujours présent, dans tout et de tout temps, brûle en moi, et dans vos regards. Son reflet dans vos pupilles danse et se balance, je sais que tout cela trouve un sens. La passion qui nous dévore n'est rien comparée à la rigueur d'une retenue plus grande encore.

Lorsque les sentiments qui m'envahissent une fois de plus hantent ton regard mon amour, je ne sais plus écrire, je ne peux plus parler. Je baisse les yeux, rattrapée par mes démons refoulés.

La peur de ne pas être ce que, pour moi, d'autres avaient rêvé. La crainte de ne pas approuver ce que, pour moi, tu as sacrifié. La hantise de ne pas savoir ce que, moi, j'ai toujours négligé.

Tu danses, tu danses et tu te noies, sous mes bâtons enflammés, sous mes bâtons qui s'abattent inlassablement sur notre estime en miettes. Je veux croire encore pourtant, je veux voir en toi ma vie, je veux souffler sans attiser les braises, dis moi que c'est possible, dis moi que s'il le faut nous défierons la science, dis moi que le monde autour de nous n'aura pas d'importance.

Mais dans ce cercle vicieux nous nous enfermons,
Dans un projet ambitieux nous nous oublions,
Sans l'espoir curieux jamais nous ne survivrons.

Je crève de ne plus pouvoir poser mes lèvres sur les tiennes,
Je meurs de ne pas savoir t'aimer pour qu'elles restent miennes.
Je reste impuissante devant le temps qui file et l'amour qui s'enfuit.
Sur la fleur de notre ennui, ma flamme suffoque, finalement voici la nuit.

Par * Andromède *
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés