J'ai appris il y a quelques jours la mort de Samuel.
Je me souviens et me souviendrai de lui comme d'un homme fort, brutal et doux à la fois. Je lui, je te suis
reconnaissante pour les très belles choses que vous avec apportées dans ma vie d'enfant. La famille n'est pas forcément dans le sang, vous avez ensemble été le modèle des grands-parents que
j'aurais aimé avoir, que j'ai eu en quelques sortes finalement.
Je me souviens toujours avec émotion de ce cadeau d'anniversaire plein d'attention qu'il m'avait fait : un
morceau de musique. Ecrit par lui. Pour moi. Un morceau que je ne saurais vraiment jouer que bien plus tard, mais qu'il voulait déjà que je termine de composer. Un morceau à finir. Je me souviens
des heures passées à imaginer cette fin, alors qu'il ne manquait que quelques portées. Je ne voulais pas gâcher la magie, je voulais faire aussi bien. Ce cadeau avait profondément touché mon
coeur d'enfant. Ca touche aujourd'hui encore mon coeur d'adulte : lorsque je suis rentrée à Marseille, la dernière fois que je vous ai vus, quand il était si faible, j'ai emporté avec moi mes
flûtes et mes partitions. J'ai rejoué. Il y avait des années que ça ne m'était pas arrivé. J'ai joué son morceau écrit pour moi et les jolis souvenirs sont revenus.
J'ai eu une belle, une très belle enfance. J'ai eu cette chance. Vous y avez contribué, Samuel y a
contribué.
C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris qu'il s'était en allé d'une manière qu'il n'avait pas voulue.
Avec des tubes partout dans le corps... C'est avec des larmes dans les yeux et la gorge serrée que j'ai pensé que cet homme ne serait plus là que dans nos mémoires.
Mais je souris maintenant. Je souris car les jolis souvenirs restent. Je souris parce que j'ai eu l'honneur de
le connaître. Je souris parce que toi, tu es encore là.
Je pense fort à toi, je t'envoie des pensées de soutien et un grand merci.
Dans quelques jours, je vais prendre l'avion pour partir à la découverte de l'Asie. La vie continue. Je
penserai à vous deux... Je te raconterai.
Andromède
Par * Andromède *
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Je sèche.
Ni au soleil, ni à l'air, juste sur le papier. Je sèche.
Ecrire, oui, mais comment, à qui, à quoi ?
"Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit", dit Marguerite Duras. J'en ai fait la citation emblématique de mon blog. Le problème, c'est que je ne me sens pas
encore capable d'écrire le bonheur. Quand j'ai eu besoin de hurler, de pleurer, de frapper... J'ai écrit. J'ai écrit pour ne pas : ne pas rester enfermée dans ma douleur, ne pas faire de mal autour
de moi, ne pas rester sans rien faire, impuissante. J'ai écrit pour comprendre : comprendre mes attitudes, comprendre ses réactions, comprendre ce besoin d'écrire pour comprendre. J'ai écrit pour
vivre, pour respirer, pour tenir.
Aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, je suis heureuse. Simplement, entièrement, passionnément. Heureuse. J'ai tout ce que j'ai pu vouloir pour moi, ou du moins la possibilité en
devenir de toutes ces choses. Je suis jeune. Tout à construire, tout à espérer et toutes les clés en main pour aller vers quelque chose de magnifique. Je m'épanouis, dans la tendresse et la
délicatesse. Le temps s'est comme suspendu un instant, puis il est reparti et toutes ces belles choses sont pourtant restées en place.
Alors il faut comprendre : je murmure et touche les choses du bout des doigts.
Je sens une nécessité de ménager ce bonheur. Un peu comme pour ne pas lui faire peur, ne pas le faire fuir en l'étalant aux yeux de tous, sans pudeur ni retenue. Faire attention, prendre soin de
lui, l'enrouler au creux de mon cou, au creux d'un nous, le laisser libre pour qu'il ait envie de rester.
Je suis juste là. Sur la pointe des pieds (-:
Et même la plus mignonne des capricieuses, tapant du pied en exigeant des posts plus fréquents, n'y changera rien ;-)
Par * Andromède *
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Dans le métro, les gens sont absents.
Tu parles de visages. Moi, je vois aussi le reste, un ensemble.
Ils sont ici, mais pas tout à fait, ailleurs aussi, dans une sorte de dimension parallèle, de l'instant. Souvent ils luttent et buttent contre leurs démons intérieurs. C'est ce qui te fait mal, non ?
Tu parles de violence, pour moi cette lutte c'est la conscience de la limite humaine.
Pourquoi dire non alors qu'il est si facile de dire oui ? Oui à la vie, oui aux envies. Non à ce et ceux qu'on aime.
La peur qui nous attrape tous, nous tord le ventre un jour ou l'autre, de n'être qu'un parmi tant d'autres, étincelants, en sursis permanent.
Tu te sens seule, et je suis ivre de vivre sans le regretter, ivre de ne pas m'attarder sur un lendemain sans conséquence, ivre de ne pas jouer sur les inconsciences.
Quand face à moi un regard s'illumine, mes doigts sans y penser glissent sur mes lèvres et chatouillent mon imaginaire. Je sais ce qu'est l'angoisse de n'être pas regardée alors que leurs regards transparents me transpercent, lorsque le vide qui est en moi se tord parce qu'il est découvert, lorsqu'à travers le néant que je lis dans leurs regards je ressens la vie qui s'enfouit au hasard.
Comment expliquer ? Que quand je croise des vies au détour d'une rame, le fardeau de l'existence pèse sur mon coeur en flammes. Qu'il n'est rien d'insupportable dans l'approche que j'ai des êtres qui m'entourent, mais que pourtant parfois je les en blâme. Je ne me rends pas toujours compte de la manière dont je m'expose, de la force avec laquelle les choses du quotidien m'atteignent. Mais, exploratrice, je recherche la joie des passions humaines, j'accepte donc le poids conscient de leurs haines. Ma pire souffrance, c'est l'ignorance.
Par * Andromède *
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Je te regarde.
Tournoyer, tenter de me séduire, hors du temps.
Virevolter, m'arracher un sourire, comme avant.
Pleurer, essayer de m'attendrir, finalement.
Mais tu te noies dans des paroles insipides. À nouveau tu t'effaces à force de trop te regarder.
Je ne t'aime plus.
Plus de passion, pour toi je n'éprouve plus que compassion. Tu as voulu me revoir après ces deux années sans nouvelles. Je n'ai pas dit non, parce que je ne sais pas me dire non.
...
Par * Andromède *
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