Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : Quand l'écriture devient art de vivre
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  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Lundi 27 avril 2009

Ruth, 

J'ai appris il y a quelques jours la mort de Samuel. 
Je me souviens et me souviendrai de lui comme d'un homme fort, brutal et doux à la fois. Je lui, je te suis reconnaissante pour les très belles choses que vous avec apportées dans ma vie d'enfant. La famille n'est pas forcément dans le sang, vous avez ensemble été le modèle des grands-parents que j'aurais aimé avoir, que j'ai eu en quelques sortes finalement. 
Je me souviens toujours avec émotion de ce cadeau d'anniversaire plein d'attention qu'il m'avait fait : un morceau de musique. Ecrit par lui. Pour moi. Un morceau que je ne saurais vraiment jouer que bien plus tard, mais qu'il voulait déjà que je termine de composer. Un morceau à finir. Je me souviens des heures passées à imaginer cette fin, alors qu'il ne manquait que quelques portées. Je ne voulais pas gâcher la magie, je voulais faire aussi bien. Ce cadeau avait profondément touché mon coeur d'enfant. Ca touche aujourd'hui encore mon coeur d'adulte : lorsque je suis rentrée à Marseille, la dernière fois que je vous ai vus, quand il était si faible, j'ai emporté avec moi mes flûtes et mes partitions. J'ai rejoué. Il y avait des années que ça ne m'était pas arrivé. J'ai joué son morceau écrit pour moi et les jolis souvenirs sont revenus. 
J'ai eu une belle, une très belle enfance. J'ai eu cette chance. Vous y avez contribué, Samuel y a contribué.

C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris qu'il s'était en allé d'une manière qu'il n'avait pas voulue. Avec des tubes partout dans le corps... C'est avec des larmes dans les yeux et la gorge serrée que j'ai pensé que cet homme ne serait plus là que dans nos mémoires.
Mais je souris maintenant. Je souris car les jolis souvenirs restent. Je souris parce que j'ai eu l'honneur de le connaître. Je souris parce que toi, tu es encore là. 
Je pense fort à toi, je t'envoie des pensées de soutien et un grand merci. 

Dans quelques jours, je vais prendre l'avion pour partir à la découverte de l'Asie. La vie continue. Je penserai à vous deux... Je te raconterai. 

Andromède 
Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Mardi 10 mars 2009


Je sèche.
Ni au soleil, ni à l'air, juste sur le papier. Je sèche.

Ecrire, oui, mais comment, à qui, à quoi ?
"Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit", dit Marguerite Duras. J'en ai fait la citation emblématique de mon blog. Le problème, c'est que je ne me sens pas encore capable d'écrire le bonheur. Quand j'ai eu besoin de hurler, de pleurer, de frapper... J'ai écrit. J'ai écrit pour ne pas : ne pas rester enfermée dans ma douleur, ne pas faire de mal autour de moi, ne pas rester sans rien faire, impuissante. J'ai écrit pour comprendre : comprendre mes attitudes, comprendre ses réactions, comprendre ce besoin d'écrire pour comprendre. J'ai écrit pour vivre, pour respirer, pour tenir.

Aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, je suis heureuse. Simplement, entièrement, passionnément. Heureuse. J'ai tout ce que j'ai pu vouloir pour moi, ou du moins la possibilité en devenir de toutes ces choses. Je suis jeune. Tout à construire, tout à espérer et toutes les clés en main pour aller vers quelque chose de magnifique. Je m'épanouis, dans la tendresse et la délicatesse. Le temps s'est comme suspendu un instant, puis il est reparti et toutes ces belles choses sont pourtant restées en place.
Alors il faut comprendre : je murmure et touche les choses du bout des doigts.
Je sens une nécessité de ménager ce bonheur. Un peu comme pour ne pas lui faire peur, ne pas le faire fuir en l'étalant aux yeux de tous, sans pudeur ni retenue. Faire attention, prendre soin de lui, l'enrouler au creux de mon cou, au creux d'un nous, le laisser libre pour qu'il ait envie de rester.

Je suis juste là. Sur la pointe des pieds (-:
Et même la plus mignonne des capricieuses, tapant du pied en exigeant des posts plus fréquents, n'y changera rien ;-)
Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Dimanche 18 mai 2008

J'ai besoin d'optimisme. Besoin d'air, d'espoir, d'une lueur. Besoin d'y croire. Alors je me suis posée cette question : pourquoi est ce que j'aime la vie ? Parce que cette question, c'est l'une de celles que je me pose rarement. Tout simplement parce que c'est une évidence.
Je me suis donc posée cette question, et les réponses qui me sont venues étaient des détails, le genre de jeu auquel on se livre souvent sur les fiches de présentation : j'aime (courir dans l'herbe mouillée, plonger un croissant chaud dans une tasse de chocolat fumante, déposer des baisers doux dans ce cou, mais...) / j'aime pas (ne plus pouvoir embrasser ce cou, les cons, les imbéciles, les célibataires qui haient les couples et les couples qui ignorent les célibataires...). Mais ceci, ce n'était pas vraiment répondre à pourquoi j'aimais la vie. Ca ne faisait que dire ce que j'aimais vivre ou non.Version bateau, qui plus est. Alors je me suis posée la question un peu plus sérieusement. Oh, pas trop tout de même hein... :)

J'aime la vie parce que j'aime les parents qui me l'ont donnée. Je profite de cette vie, parce que je veux leur donner raison de m'avoir donné le jour. J'aime la vie parce que j'ai la chance inouïe d'avoir tous les atouts pour en faire quelque chose d'heureux. J'aime la vie parce que j'aime ressentir les choses, par tous mes sens, par la pensée, par le vécu. Et lorsque j'arrive à écrire la vie, toutes ces choses qui affluent et que je ressens à fleur de peau, je me sens en phase avec tout ça. J'aime regarder la vie, les gens vivre, chacun son rythme. Par dessus tout, j'aime l'idée d'aimer la vie.

Voilà. Il y a tous ces gens qui aiment vivre sans jamais se dire qu'ils aiment la vie. Il y a les autres qui l'aiment et le crient sans cesse, à tel point qu'ils ne la vivent plus que pour l'aimer à défaut de l'aimer parce qu'ils la vivent. Et puis il y a ceux qui, de petits bonheurs en immenses sourires, regardent droit dans les yeux ce qu'il y a de beau autour d'eux, comme ce qu'il y a de moins beau. Il y a ces gens optimistes, certains n'ont rien et d'autres ont tout, mais il ont un point commun : d'un tout petit rien font un ruisseau de joie, une rivière où jouer, un fleuve de jouissance, un océan d'amour. Il y a aussi ceux qui passent leur vie à ronchonner, à se perdre en digressions critiques, à oublier l'essentiel, sans comprendre la chance qu'ils ont. Pour finir, il y a ceux qui ne veulent pas, ne peuvent pas l'aimer cette vie.

Et vous ?

Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Samedi 5 avril 2008

Un soir, dans Paris... Un soir, dans ma vie.
Des souvenirs qui me reviennent par bribes, avec elle. Ici. Et là. Ce soir-là une phrase m'enlace sans cesse : "Paris te respire mon amour". Je ne supporte plus cette ville et son métro, tous ces lieux arpentés, découverts, redécouverts avec elle. Avant. Mais j'adore cette ville et ses vies qui s'entrecroisent, se bousculent et parfois se sourient.

Ce soir-là j'ai fait une rencontre. Une rencontre artistique.
J'étais dans le métro, et je partais rejoindre l'une de ces soirées parisiennes sans âme, ni à l'heure ni exagérément en retard, plongée dans un Courrier International. A la station trocadéro, la porte du métro s'est ouverte, laissant s'engouffrer quelques notes d'un saxo. Des notes qui m'ont transportée, en quelques secondes à peine. Je savais que c'était lui, sans l'avoir vu. La question ne s'est même pas posée : avant que les portes ne se referment, je suis descendue sur le quai, et j'ai cherché le musicien. Je l'ai tout de suite reconnu, avec son chapeau, sa barbe bien taillée et son âme au bout des lèvres. Il y a quelques semaines, je ne sais plus quand exactement, un matin en rentrant de chez elle, je l'avais déjà trouvé sur le quai du métro, à Etoile cette fois ci. Dès que je l'avais entendu, je m'étais sentie happée. Le saxo... un instrument aux sonorités touchant mon coeur sans passer par d'autres cases. Jamais aucun saxophoniste ne m'avait touchée comme lui. Il y a quelques semaines donc, pour la première fois de ma vie, je m'étais retrouvée comme hypnotisée sur le quai du métro, j'avais passé près d'1/2h à l'écouter jouer, regardant défiler les rames les unes après les autres sans jamais en prendre aucune. Il m'avait même fait pleurer d'émotion musicale le filou... c'est rare. A la fin, j'étais allée le voir, un grand sourire sur les lèvres et une petite pièce dans la main, et je lui avais juste dit : "vous m'avez touchée comme jamais". Il m'avait souri, avait paru troublé puis m'avait chaleureusement remerciée. Il avait repris un morceau juste pour moi. J'étais repartie, et dans les jours qui avaient suivi j'avais regretté de ne pas avoir pensé à lui demander son nom.
Bref, je l'ai recroisé ce soir-là. Et j'ai été presque surprise qu'il parvienne à me toucher une fois encore, aussi fort... Je m'étais dit que la première fois était certainement liée au moment, à l'instant. Unique. Pourtant... non, c'est cet homme-là et sa manière de jouer qui m'avaient parlé, simplement. Dès la fin de son premier morceau, je suis allée le voir. Il m'a reconnue. et nous avons parlé, alors que de nouveau les rames défilaient. Je lui ai demandé son nom, et il me l'a écrit sur un bout de papier. Je lui ai dit merci pour le sourire qu'il venait d'inscrire sur mes lèvres. Je lui ai demandé ce qu'il faisait de sa musique. Il m'a demandé si je connaissais le Cirque Romanès. Bien sûr... Il m'a dit qu'il travaillait avec eux lorsqu'ils étaient à Paris, comme clarinettiste, qu'il gagnait bien sa vie, mais qu'il n'arrivait pas à trouver un logement, même une petite chambre. Il m'a demandé si je jouais du saxophone. Il m'a dit, il m'a dit, il m'a dit... Avec un fort accent de l'est, je ne saurais pas dire d'où. Il m'a dit, et puis, au moment de se quitter, il m'a dit que je devais recommencer à jouer du saxophone, si je le ressentais aussi fort en l'écoutant. J'ai souri, je lui ai dit que je n'avais plus de saxo, que je n'avais plus l'envie, plus le temps, plus l'argent...  Que si lui jouait, c'était bien assez, alors il a souri et a recommencé à jouer.
Je suis partie, un sourire vissé sur mes lèvres.

Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Lundi 30 avril 2007

Voici une parenthèse dans mon récit, pour vous faire part d'un texte qui m'a touchée. Je m'aperçois que M... a pris une place considérable ici, et qu'elle semble être ma seule préoccupation. Pourtant, bien au-delà, ma vie en ce moment est le lieu de grandes remises en question. Je suis jeune, et je me questionne. Sur mon avenir, sur mon présent, sur cette vie que j'ai créée, à laquelle je me suis pieds et poings liée, mais dans laquelle à présent je suffoque. Je suis en ce moment à la croisée des chemins, avec des choix à faire et la peur au ventre. La peur de me tromper, la peur de m'enterrer, la peur de regretter un jour. La peur qui paralyse, la peur où je m'enlise ...


Aujourd'hui donc, je me suis présentée dans les bureaux de l'administration de mon université, avec dans la tête toujours ces pensées à resssasser, mes hésitations et mes doutes, mes incertitudes, mes passions, mes projets, mes craintes. Et je me suis assise. Pendant la saisie de mon dossier, mon regard, à l'unisson de mon esprit, s'est perdu dans le flou du monde qui m'entourait. Perdu jusqu'à un certain point : jusqu'à ce texte au mur, que la femme qui effectuait la saisie de mon dossier avait soigneusement fixé. J'ai essayé ici d'en reproduire les mots comme la typographie, mais celle-ci n'est pas tout à fait fidèle à l'original. Sans vraiment y penser, je commençai à le lire "j'ai décidé que ...". Je basculai dans un autre univers, je frissonnais, je palis, je n'arrivais pas à détacher mes yeux du texte. Pourtant j'entendais qu'on me parlait, mais j'étais déconnectée, ailleurs. Je lisais le texte. Et, de manière un peu incompréhensible, et surtout très rare pour moi, je fus simplement bouleversée par ces quelques mots. Au bon endroit, au bon moment. Je ressentais une sensation étrange : comme de l'ivresse, je me sentais vacillante.
Finalement, je suis sortie de cette torpeur, j'ai regardé la femme assise face à moi qui me dévisageait et je lui ai dit "c'est un très beau texte". Je lui ai demandé de me le prêter quelques minutes pour en faire une photocopie. Flattée, mon interlocutrice s'en est chargée elle-même.

Alors voilà ... Je vous fais partager ce texte, bien consciente toutefois que s'il ma touchée dans l'état d'exprit où j'étais à ce moment là, vous resterez peut être complètement extérieurs à celui-ci. Tant pis, je crois tout de même qu'objectivement, c'est un très beau texte.


j'ai décidé que ...

enfin, je n'ai pas vraiment décidé, j'ai eu le sentiment comme ça sur
un bord de trottoir, de vivre à côté de ma vie. Je me demandais pourquoi
je restais attachée à des choses, à des gens qui n'avaient plus
d'importance. Mes mots, mes gestes ne m'appartenaient

plus et je suivais ma vie comme un chien

obéit à son maître. Je la tenais, cette

vie, bien serrée de peur

que s'en échappe ce

que je croyais

être l'es-

sen-

ti-

el.

-

-

-


Mes bras se sont ouverts et c'est le superflu que j'ai vu s'envoler.

maintenant je me sens vide et légère.


Elisabeth Carpentier
Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Lundi 15 janvier 2007

Nous voici arrivées à la porte de ton atelier. Je me fais timide, tu m'en as tellement parlé, je n'ose presque plus respirer. Tu sens mon hésitation, palpable, et tu me prends par la main, m'invitant  à te suivre. Tu ouvres la porte, et je te suis. Je pénètre dans ton jardin secret.
Un sol jonché de papiers furieusement marqués par ta main, des murs sur lesquels sont accrochés des croquis, des tentatives manquées ou non : ainsi, voici ton monde.

Monde de délires au résonances créatrices,
Monde d'anxiétés trop rarement salvatrices :
Mon amour, laisse moi ici la place d'exister,
Apprends moi à me laisser aimer et désirer.

Je suis anxieuse, je me dévêtis et me sens plus nue que jamais sous ton regard exercé. Il fait chaud, j'ai chaud. Je te vois hésiter, me scruter, comme à la recherche d'un indice, puis choisir ton matériel finalement. Tes gestes, d'abord appliqués, voire hésitants, se font progressivement plus rapides et, au fur et à mesure que je deviens tienne sur le papier, je me sens pénétrer en toi plus loin encore.

Dans tes mains agiles, le crayon frissonne,
Dans ma tête voici les mots que je te donne :
Pour un court instant, laissons nous aller comme
Si le temps ici s'était arrêté, loin des hommes.

Je suis gênée, peu habituée à m'exposer ainsi, même avec toi. Je te sens me déshabiller du crayon, alors même que tous mes vêtements déjà ont été retirés. Cette sensation est étrange, inconnue, délicieuse, pourtant je ne parviens pas encore à m'y abandonner.

Mon désir pour toi n'a d'égale que ma retenue,
Je baisse les yeux tout d'abord, car je suis nue :
Puis je pense à tes mains effleurant mon corps,
A ce corps qui pour l'instant sous tes traits se tord.

Les battements de mon coeur sont rapides, ma respiration courte, tout mon être frissonnant malgré la chaleur étouffante qui rend ma peau moite. Je tente de reprendre contenance, je plonge mon regard dans le tien et en ressors plus déstabilisée encore.
Ne plus penser, me laisser simplement aller à cette émotion grandissante qui m'envahit. Je sais que je ne pourrai pas la bloquer par la pensée plus longtemps, que ma raison cédera la place à mes sens avant même que j'aie compris comment.

Les choses de la vie doivent toujours trouver un sens,
Cette pensée est mienne et cette fois encore j'y pense :
Pourtant, ici et maintenant, oui, au delà des apparences,
Je serai tienne, sans hésitation je t'accorde cette danse.

Je saisis à nouveau ton regard, un bref instant, en passant, je m'en saisis et je l'arrache, je le garde en moi, sur moi, sous moi, en nous, je me délecte de toi, de cette image d'amour posée sur moi.
Je me sens renaître, ou plutôt naître alors que tes doigts courent sur le papier et que les miens frémissent de ne pas pouvoir te toucher tout de suite.
Je te regarde fixement et, un a un, j'enlève mentalement chacun de tes vêtements, jusqu'à te dévêtir de ta pudeur même. J'entends ton souffle s'accélérer lui aussi, est ce de désir ou de frénésie créatrice ? Qu'importe après tout, la passion te va si bien.

La passion fait de toi, mon amour, un être de braise et de flammes,
La passion se joue de moi, ton amour, et m'ensorcelle corps et âme :
Prends moi maintenant et laisse ta tendresse m'emmener par la main,
Aimons nous sans lendemain, mais dis moi que tu me veux demain.

Une mèche de cheveux glisse devant tes yeux, tu la rejettes négligemment, d'un geste furtif dans lequel toute l'intensité de ta féminité s'impose, en cet instant unique, ce mouvement, cette attitude, cette atmosphère. Le désir de toi devient insupportable, j'en oublie jusqu'à mon corps, mon corps avec lequel tu joues, c'est une histoire entre lui et ton crayon. Je m'enfouis au hasard, en moi, je me tends, me détends, la tête rejetée en arrière, j'attends qu'enfin tu poses ton crayon pour t'abandonner à moi. Je sens tout mon être déborder, s'enfuir pour tendre vers toi, entièrement, je ferme les yeux pour le retenir.

Voici venir cette expérience unique, cette sensation subtile,
L'accord de deux êtres pacifiques, étouffés d'attente fébrile :
Mais je te laisserai finir, car entièrement tu dois me saisir;
Provocante, je me tends vers toi pour te faire enfin sourire.

(Suite)

Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Mercredi 8 novembre 2006

Dans le métro, les gens sont absents.
Tu parles de visages. Moi, je vois aussi le reste, un ensemble.
Ils sont ici, mais pas tout à fait, ailleurs aussi, dans une sorte de dimension parallèle, de l'instant. Souvent ils luttent et buttent contre leurs démons intérieurs. C'est ce qui te fait mal, non ?
Tu parles de violence, pour moi cette lutte c'est la conscience de la limite humaine.
Pourquoi dire non alors qu'il est si facile de dire oui ? Oui à la vie, oui aux envies. Non à ce et ceux qu'on aime.

La peur qui nous attrape tous, nous tord le ventre un jour ou l'autre, de n'être qu'un parmi tant d'autres, étincelants, en sursis permanent.

Tu te sens seule, et je suis ivre de vivre sans le regretter, ivre de ne pas m'attarder sur un lendemain sans conséquence, ivre de ne pas jouer sur les inconsciences.

Quand face à moi un regard s'illumine, mes doigts sans y penser glissent sur mes lèvres et chatouillent mon imaginaire. Je sais ce qu'est l'angoisse de n'être pas regardée alors que leurs regards transparents me transpercent, lorsque le vide qui est en moi se tord parce qu'il est découvert, lorsqu'à travers le néant que je lis dans leurs regards je ressens la vie qui s'enfouit au hasard.

Comment expliquer ? Que quand je croise des vies au détour d'une rame, le fardeau de l'existence pèse sur mon coeur en flammes. Qu'il n'est rien d'insupportable dans l'approche que j'ai des êtres qui m'entourent, mais que pourtant parfois je les en blâme. Je ne me rends pas toujours compte de la manière dont je m'expose, de la force avec laquelle les choses du quotidien m'atteignent. Mais, exploratrice, je recherche la joie des passions humaines, j'accepte donc le poids conscient de leurs haines. Ma pire souffrance, c'est l'ignorance.

Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Samedi 21 octobre 2006

Je te regarde.


Tournoyer, tenter de me séduire, hors du temps.
Virevolter, m'arracher un sourire, comme avant.
Pleurer, essayer de m'attendrir, finalement.

Mais tu te noies dans des paroles insipides. À nouveau tu t'effaces à force de trop te regarder.

Je ne t'aime plus.

Plus de passion, pour toi je n'éprouve plus que compassion. Tu as voulu me revoir après ces deux années sans nouvelles. Je n'ai pas dit non, parce que je ne sais pas me dire non.

...
Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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