Lundi 28 septembre 2009
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Un TGV, m'a dit Zoé...
Let's go.
J'y suis, dans le TGV. Pour la verveine, on repassera. Roulant à vive allure, ça prend tournure.
J'ai du mal à reprendre le cours, à écrire un peu, pour le plaisir, dans un délire. Je voudrais, j'y pense tout le temps, mais un sentiment indéterminé m'en empêche, m'étreint puis me relâche
sans cesse.
Pourtant quelque chose d'apaisé s'est levé en moi : je commence à bien me connaître. Et plus je me connais,
mieux j'arrive à vivre avec mes petites lâchetés et mes grandes qualités. Sans prétention.
Pendant tout ce temps, tout ce silence, il y a eu tellement de belles choses... Pas seulement bien sûr. Mais
aujourd'hui, dans ma vie, je me sens portée par un élan d'optimisme immense.
Je lâche le mot qui fait peur, j'ose enfin parce que ça dure depuis trop longtemps pour que je continue de
l'ignorer : je suis heureuse. Epanouie, curieuse, amoureuse, comblée, ouverte sur le monde.
A un ami, un très bon ami qui me demanderait comment je vais, je répondrais dans un grand sourire : bien. A toi
mon blog, que j'ai délaissé longuement, je te prie de me pardonner : je vais bien.
Il y a peu j'ai passé du temps avec une amie que je n'avais pas vue depuis six mois. Elle est l'une de ces
rares personnes avec lesquelles j'ai noué depuis l'enfance une amitié solide et profonde, une de celles qui font de moi un être humain. Je lui ai demandé comment elle allait et j'ai entendu
dans sa réponse en demie teinte qu'elle n'était pas en forme. Nous avons parlé longuement et au détour d'une phrase elle a lâché cette phrase baignée de mélancolie : "je me sens devenir pastel".
J'ai repensé à nos cours de dessin lorsque nous étions enfants, j'ai repensé à toutes ces couleurs vives et franches qui meublaient sa vie, ses oeuvres et, indirectement, sa personnalité toute
entière. Et je me suis sentie incroyablement affectée par ces quelques mots...
Je suis rentrée du Québec il y a deux semaines. Je m'y suis sentie bien, incroyablement bien. Lorsque j'en suis
partie, j'étais déchirée entre deux sentiments : la tristesse de partir, la joie de rentrer dans le pays où j'ai grandi, de retrouver ma famille, mes amis.
Le retour a été difficile. C'est étrange comme on pense parfois que, parce que nous ne sommes pas là, la vie ne
continue pas vraiment. Et pourtant, en six mois, qu'on soit là ou pas, les relations évoluent, les gouvernements sont remaniés, la vie ne s'arrête pas.
Je suis rentrée, je suis retournée faire mes courses au supermarché du coin, j'ai retrouvé le creux le plus
confortable de mon canapé, j'ai récupéré mes plantes vertes, j'ai redonné vie à mon appartement, en bref : je me suis redéployée dans mon existence ici. Et j'ai failli croire que rien n'était
arrivé pendant que j'étais ailleurs.
Mais j'ai vite compris que la seule chose que je savais vraiment sur ce qui avait pu se passer en mon absence,
c'est que je n'y avais pas assisté.
J'ai pris conscience, à mon retour, que j'avais une vraie place dans ma vie ici. Que ma présence avait une
influence sur certaines choses, un impact sur certaines personnes, une raison d'être.
Ce n'est pas vraiment que j'en doutais avant. Simplement, je ne m'en rendais pas compte.
Je reviens vite...
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