"ECRIRE, C'EST AUSSI NE PAS PARLER. C'EST SE TAIRE. C'EST HURLER SANS BRUIT." [Marguerite Duras]


Voici mes pensées : certaines sont de purs fruits de mon imaginaire, tandis que d'autres ont soufflé sur mon vécu.
La frontière est parfois ténue, ... et alors ?

 

Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

Présentation

  • : Quand l'écriture devient art de vivre
  • ecrirelavie
  • : Journal Intime
  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recherche

 
Jeudi 26 juin 2008

                                                          

                                                             (PRECEDENT)

Nous avons passé quelques semaines de pur bonheur ensemble. Mi-septembre, j'avais décidé de prendre (enfin) des vacances. Nous avons passé un WE ensemble avant que je parte, un WE désastreux. Je ne me souviens plus précisément des raisons. J'imagine qu'il y avait un mélange de ces incessants questionnements de ton côté, et de rancoeur du mien. Tu te demandais une fois de plus à quoi bon ? Et je me révoltais que tu ne t'engages pas avec moi. J'en devenais désagréable, susceptible, jalouse à l'excès, étouffante. Tu remettais d'autant plus en cause notre relation...
Je suis partie en vacances avec ma soeur sans certitude de te retrouver à mon retour. Nous sommes allées une semaine à Marseille, Cassis, La Ciotat, ton pays. Tu étais présente dans chaque rayon de soleil. Ma soeur était là, et elle m'a apporté un grand souffle de fraîcheur, de joie, malgré tout. Nous avons beaucoup ri, comme toujours. Pourtant j'avais toujours ce pincement au coeur : je pensais à toi, à nous, à cette partie perdue d'avance mais pour laquelle je me battais depuis plus de 6 mois tout de même. Malgré les peines, les déceptions, les trahisons, j'y croyais encore. Un filet d'espoir coulait toujours, suffisant pour alimenter le cours de mon amour pour toi. Pourtant tu étais extrêment distante, au téléphone, par tes messages. Un soir tu m'as appelée, et tu m'as dit que tu ne viendrais pas me chercher au train à mon retour. Que c'était vain, inutile. Que notre histoire n'avait aucun sens. Que tu te sentais étouffée, et que tu avais besoin d'un homme. J'ai pleuré un peu, je crois. J'ai tâché de te convaincre du contraire, je t'ai dit que je t'aimais, et tu m'as répondu par un long silence. J'aurais voulu voir ton visage, ton regard, mais je n'entendais que ce silence pesant. Alors j'ai répété :

- Je t'aime
- ...
- Tu ne dis rien ?
- ... Je ne sais plus...
- Tu ne sais plus quoi ?
- Si... Si vraiment on s'aime, pourquoi on se dispute tellement ?
- Parce que tu compliques tout. Parce que je n'ai pas ce que je veux, et que tu n'as pas non plus ce que tu veux.
- Tu vois... Alors à quoi bon ?
- Je n'en peux plus de me battre seule pour nous. Je suis épuisée de cette lutte. J'ai dans ma gorge tous ces mots que je pourrais te dire pour te retenir, mais ils m'étranglent. Pourtant je t'aime, oh oui tellement. Mais même ça tu n'es plus capable de me le dire.
- ...
- Je suis en colère contre toi. Pourquoi être venue me rechercher ? Pour en arriver là de nouveau un mois plus tard ? Je ne t'ai demandé aucune promesse, mais... Ca fait mal.
- Je suis revenue parce que je t'aime. Je ne peux plus continuer parce que je ne l'assume pas. Vraiment pas.
- ...
- Donne nous un dernier WE ensemble. Je ne veux pas garder ce souvenir de nous. Viens me chercher au train vendredi. Viens, s'il te plaît. Tu m'avais promis... Je t'attendrai.
- Je ne sais pas...

Je n'ai pas réussi à obtenir plus que ce "je ne sais pas", une fois de plus. "Ta" phrase. Je me sentais lasse, triste, fatiguée. J'ai attrapé ma soeur, la bouteille de Rhum et nous sommes descendues jusqu'à la Plage en riant. Pourtant l'amertume hantait mon corps, et la rancune gagnait mes pensées. J'essayais de te mettre de côté, je ne voulais pas gâcher cette semaine de vacances avec ma soeur, il y avait si longtemps qu eç ane nous était pas arrivées, et nous étions vraiment heureuses de nous retrouver là toutes les deux. Difficile malgré tout d'oublier temporairement ce chagrin que tu me causais. Lorsque nous sommes rentrées, vacillantes, nous coucher, ma soeur s'est vite endormie et j'ai cherché le sommeil longtemps encore. Une pensée insistante battait mes tempes, une aspiration par dessus toute autre : j'espérais que tu serais là, au train, deux jours plus tard. Mais l'incertitude la plus totale accompagnait cet espoir sans lendemain...

                                                                 (SUIVANT)

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Samedi 23 février 2008

 


L'attente a été de courte durée. À peine rentrée, en réponse à mon mail tu m'as invitée à dîner, "pour discuter" m'as-tu dit. La suite, tu la connais... Nous étions réunies, de nouveau. Tu as vécu les mêmes choses que moi, certainement pas de la même manière. Une pensée m'effleure  : comme j'aimerais connaître ton point de vue.
Je n'étais pas disponible samedi soir, mais discuter avec toi, oh oui, j'en avais envie. Alors nous sommes allées prendre un verre en fin d'après-midi. 

Je ne t'ai pas vue arriver, tu es arrivée par derrière. Tu m'as touché l'épaule, et je me suis sentie électrisée. Je me suis retournée, et je t'ai vue... Plus belle encore que dans mes souvenirs. Le teint halé par ce voyage qui t'avait éloignée de moi de manière si dure, tu me souriais. Je t'ai embrassée, maladroitement, sur les deux joues. Je t'ai fait des remarques sur ta nouvelle coupe de cheveux, sur ton allure, sur ta taille qui me paraissait avoir diminué. Des remarques sans importance par rapport aux vives émotions qui me traversaient. J'étais touchée en plein coeur par ta présence, si proche, si douce, si désirable...

Je m'attendais à une telle réaction lorsque je te reverrais. Pour autant, je me suis tout de même sentie complètement bouleversée. Mais j'ai réussi à sourire, je suis parvenue à reprendre contenance, et j'ai fini par me sentir presque décontractée. Presque oui, tu l'as remarqué je crois, lorsque nous sommes allées nous asseoir en terrasse d'un café, mes mains tremblaient encore, et pendant tout le temps que nous avons passé ensemble attablées, j'ai tenté vainement de les occuper à vaincre ma tension. Nous avons un petit peu parlé de mon séjour en Ardèche, de ma saison de fruits, rapidement, puis nous avons parlé de ton voyage. Le temps passait à vive allure, j'avais des invités pour la soirée et donc une contrainte. Tu m'as offert un tableau ramené du vietnam, un foulard aussi, en soie, et... 3 pièces trouées. C'est ce dernier cadeau seul que tu avais prévu de m'offrir au départ, je l'ai appris ensuite, mais tu n'as pas osé, te disant que je risquais de le prendre mal, car c'est un cadeau qui peut me faire penser à toi en permanence. En effet... C'est pour cela qu'il me touche tellement. Plus tard dans la soirée, j'ai choisi l'une des trois pièces, et je l'ai passée à mon cou, l'enfilant sur cette chaîne que tu m'as toujours vue porter, mais qui est nue depuis plus d'un an, depuis que j'ai enlevé le pendentif qu'O... m'avait offert, après avoir rompu avec lui. Oui, passer cette pièce autour de mon cou a été un symbole lourd de sens, pourtant... C'est le coeur léger que je l'ai fait. J'ai tellement aimé celle que tu portais, presque autant que le grain de beauté adoré qui se glisse au creux de ton cou, celui que j'aime effleurer, caresser du bout des lèvres, dévorer du regard. En ce moment même je porte encore cette pièce. Je crois que, quoiqu'il arrive désormais, je vais la porter longtemps... Je crois oui.

Pour te remercier de ces cadeaux, je t'ai embrassée à nouveau, sur les deux joues, mais cette fois ci de manière plus contrôlée, caressant du bout des doigts ton bras. À contrecoeur, j'ai retiré ma main lorsque je me suis éloignée de ton visage.

J'ai fini par te demander pourquoi tu voulais me voir, de quoi tu voulais me parler. Nous avons parlé de cette dernière discussion par textos, de ce dernier message qui t'avait affectée, de mon amour pour toi, du discours que je te tenais sur la raison, sur les incompatibilités, sur la phrase blessante que je t'avais adressée en te disant : "tu ne m'aimes pas assez". Je ne sais plus exactement ce que nous nous sommes dit à ce moment-là. Tout ce que je sais, c'est que tu m'as dit combien je t'avais manqué pendant ton voyage. Ce que je sais, c'est que j'ai été terriblement troublée par ta main si proche de la mienne sur la table. Ce que je sais, c'est que... Je n'ai pas pu m'empêcher de la saisir, de la prendre dans la mienne pour la caresser. Je ne sais plus quand tu l'as retirée, mais tu l'as fait. Quelques minutes plus tard, c'est toi qui t'es emparée de la mienne. Tu m'as fait rougir. Je ne sais plus vraiment de quoi nous parlions. De nous, c'est certain, mais précisément je ne sais plus. Je ne sais plus, parce que mon attention était entièrement focalisée sur ta main, parce que je n'avais qu'une envie, celle de t'embrasser tendrement, fougueusement, les deux à la fois. Je ne l'ai pas fait, parce qu'il y avait du monde autour, et que je savais que cela te gênerait.

Pour finir, je t'ai demandé pour la troisième fois si tu voulais te joindre à nous pour la soirée. Pour finir, tu as accepté. Pour finir, je t'ai embrassée dans la cage d'escalier menant à mon appartement. J'ai cru te découvrir en te retrouvant, j'ai reconnu ta douceur en décelant ta force. J'ai savouré cet instant de pur plaisir, celui où je t'embrassais, t'enlaçais, alors que 100 fois j'avais cru ne plus jamais poser mes lèvres sur les tiennes, alors que 100 fois j'en avais pleuré de manque, de douleur et d'absence. L'absence... Je t'ai embrassée, et ensuite... Ensuite, tout est allé vite, trop vite. Nous avons passé les deux jours qui ont suivi ensemble. Je suis venue chez toi. J'ai retrouvé ce lieu auquel j'avais dit adieu en même temps qu'à toi.

Nous voilà ici désormais. Ces derniers jours ont été merveilleux, magiques, mais... hors du temps, en quelque sorte, comme une parenthèse. Que trouverons nous lorsque cette parenthèse sera fermée ? La même histoire dans une longue phrase ? Ou bien... J'attends ta décision, tu dois faire, à nouveau, ce même choix que tu as déjà  fait par entre X... et moi.

Il passe d'abord, et j'en suis désespérée. Mais c'est ainsi, à prendre ou à laisser, et je prends. Je t'aime. Et puis, ce matin, dans le mot que tu m'as laissé, tu m'as appelée "mon amour". Ca m'a touchée... J'ai gardé le petit bout de papier sur lequel tu avais inscrit, à la va vite, ces quelques mots, avant de partir pour l'aéroport : "bonne journée mon amour, je t'aime".

 

J'attends... Je t'ai demandé de me donner des nouvelles dans la journée. Il est 23h, je n'en ai toujours pas. Ce n'est pas encore ton heure, alors j'espère. Mais, je crois que tu le comprendras, si tu ne m'appelles pas, si tu ne m'envoies pas de message, je ne ferai rien pour t'y inciter.


(SUIVANT)

 

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Vendredi 22 février 2008

VNN.jpg

Un jour parmi tant d'autres. Mais ce jour est celui de ton départ, de ton retour. En ce moment tu dois être dans l'avion. Penses tu à moi ?
Hier soir je t'ai finalement envoyé un texto, pour te demander la raison de ton silence. Tu m'as répondu que mon dernier message t'avait affectée et que tu ne savais pas comment te positionner par rapport à tout ce que je te disais... je ne trouve rien à répondre.
Après ces dernières semaines à communiquer sur des choses importantes (du moins je l'estime), mais de manière très contraignante (des textos), je n'ai qu'une envie : parler vraiment avec toi. De quoi ? Je ne sais pas vraiment, mais parler, avoir un réel échange, un retour, un ressenti sur la manière dont tu réagis par exemple. J'espère que nous ne serons pas amenées à nous revoir perdues au milieu d'une multitude d'autres personnes. Je sais que c'est ce qui a le plus de chances d'arriver, mais j'espère qu'avant cela, nous nous serons revues seules à seules.
Pourtant, je vais essayer de ne pas te contacter. Tout en croisant les doigts pour que tu le fasses. Que tu m'appelles. Que tu me proposes de dîner avec toi, un soir...
Je viens de t'envoyer un mail. Ca ne compte pas, hein,  ça ne compte pas ?

"Nous y voici donc : tu es de retour.
Le temps s'envole, l'amour reste.
Voilà, un court message, juste de l'ordre de : je suis là, j'existe encore ... et pourtant.
Un message pour te dire à quel point je ne me suis toujours pas retrouvée sans toi.
Comment te le crier sans utiliser des mots maintes fois répétés ?

Je t'aime, mais ça ne te suffit pas. Je t'aime, et ça ne me suffit pas non plus, car sans toi cet amour fait trop mal.
J'aurais aimé te réitérer ma déclaration d'amour. J'aurais utilisé le langage du feu, celui des sens, celui du toucher pour te dire combien ton contact physique me manque. J'aurais utilisé les termes de ma solitude pour mettre en évidence ta présence dans ma vie. Avant. J'aurais utilisé toutes ces images chères à l'amour. Mais il n'est plus temps, tu n'as plus le temps pour ces enfantillages. Je me sens amère, tu te sens attaquée et acculée par moi. Tu ne sais pas comment réagir. Alors tu ne réagis pas. Une réaction comme je les aime, tu sais... Mais peu importe.
J'ai espéré, je t'ai aimée, je t'ai arraché ton amour. Je t'aime, de tout mon souffle, de toute la vie qui afflue dans mon sang. J'aurais pu user de ces mots beaucoup mieux, certainement. Les faire chanter, les faire danser, les laisser vivre indépendamment de moi en les chargeant de te charmer. J'aurais pu, et ça n'aurait servi à rien.
Je t'attends encore un peu pourtant...

Je t'embrasse."

(SUIVANT)
par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 13 février 2008
LLL.jpg

Je me demande ce que tu auras retenu de toutes les choses que j'ai pu te dire. Je me demande ce que tu auras retenu de moi, ce que tu auras retenu de nous, ce que tu auras retenu de tout cela. De mon côté je crois que persistera toujours une pointe d'amertume, saupoudrant l'amour immense que je t'ai porté, que je te porte.
Mais peu importe...

La chose la plus difficile dans la vie, c'est de ne pas trop se retourner sur son passé, tout en ne l'oubliant pas. Avancer fort d'une expérience acquise, mais sans le poids du passé sur les épaules. C'est difficile, très difficile. J'ai souvent pensé, en pensant à toi et à nos discussions, que tu te retournais sans cesse sur sur les décisions de ta vie. Comme il est difficile de construire dans les regrets. Par certains aspects je suis comme toi, je crois... Je ne sais pas. Je me sens tellement fatiguée ces derniers temps. Cette course de fond pour t'oublier m'épuise et est parfaitement inefficace.

Toujours pas de nouvelles de toi. Jour après jour je vois se profiler cette décision de ta part que je crains plus que tout : une prise de distance totale de ta part lorsque tu seras rentrée à Paris. Tu vas rentrer, et tu vas retrouver X... J'en doute, mais peut-être parviendras tu à construire avec lui. Tu cherches le bonheur. T'ai je déjà dit que plus on le cherche, moins on le trouve ? Que sa quête incessante nous empêche parfois de voir qu'il est là, juste sous nos yeux ? T'ai je déjà dit à quel point l'humain est prétentieux lorsqu'il fait de sa vie une quête du bonheur ?
Peut être pas...
J'aimerais tellement te voir heureuse dans mes bras.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 13 février 2008


Pas de nouvelles de toi depuis presque deux jours... Tu me manques, ne pas avoir de tes nouvelles me manque. Essaies tu de mettre des distances entre nous avant ton retour à Paris ?

Est ce que je me rappelle vraiment comment étaient nos baisers ? Il me semble, dans un sentiment désagréable, que leur souvenir sensoriel s'efface peu à peu. Me retrouves tu encore dans tes rêves ? Tu as déserté les miens depuis que je suis rentrée à Paris. Je fais des rêves très étranges, que j'oublie quelques heures après le réveil si je ne les note pas tout de suite. Mais tu n'y es pas, je le sais.

M
a main est presque redevenue normale. Je passe ma journée à jouer aux Legos avec les filles.

J'ai reçu un texto d'O... ce matin, qui disait :
"Bientôt dans le Vercors. De retour après quelques années. Que de souvenirs ... On va repartir, pour Sisteron cette fois-ci. Je te raconterai :-)".
Il est parti avec sa copine en randonnée à VTT dans les Alpes, terminer cette grande traversée que nous n'avons jamais terminée ensemble. Il y a eu la rupture... C'est étrange ce sentiment de le savoir avec une autre, de le savoir reparti sur des sentiers défrichés avec moi, de le savoir dormir sous la même tente qu'elle, cette tente précisément que nous avions achetée tous les deux ensemble. C'est étrange oui, je me demande si il compare...

Ma chérie, sais tu qu'aujourd'hui encore, si je pense trop à toi, si je pense que je ne te serrerai plus dans mes bras, que nos lèvres ne s'aimeront plus, sais tu que ma vue se brouille et que mon coeur s'emballe ? Sais tu que ma gorge se noue, que mes poings se ferment, que ma mâchoire se serre ?
Tu le sais oui ... Et moi, je ne sais plus quoi faire pour t'oublier. Je n'accepte pas. Je me vois, je me sens, je me sais tourner en rond.

15/08/2007 - HANOI - RETOUR A PARIS

 

 

A l'image de l'évolution en Asie, c'est à vélo que nous avons découvert la première fois Hanoi, c'est en moto cette fois que nous arpentons la capitale. Au final, T... n'aura pas la rage.

 
 

Je ne veux pas garder comme souvenir du Vietnam ce que j'ai vu à Sapa. Je regrette que beaucoup de gens parlent de Sapa comme leur plus belle expérience au Vietnam.

 

Je veux garder comme souvenir ces journées passées dans le coeur du Vietnam pour moi, dans le delta du Mekong, auprès de la population, à partager avec rires jusqu'aux larmes et moments exceptionnels pour nous. Pour eux pas grand-chose, mais tellement pour nous.

 

Je voudrais que tout le monde puisse vivre ce que nous avons vécu là, mais restons réalistes, et égoïstes aussi. Ce que nous avons vécu là, nous l'avons vécu justement parce que ces endroits sont encore préservés de la folie touristique qui s'empare de l'Asie. Parce que la plupart des touristes du monde s'entassent dans les mêmes endroits, sur un même coin de plage ou de montagne. Nous avons partagé autant avec les gens parce que nous les avons rencontrés le sourire de notre bonheur d'être là dessiné sur notre visage, l'ouverture pour leur vie peinte dans nos regards, le respect pour eux dans le moindre de nos gestes.

 

Je veux garder en moi le bonheur des premiers pas dans ce pays qui est à moitié le mien, la joie d'être reconnue par certains comme telle, la fierté d'arborer mon premier prénom auprès d'eux, la timidité de tenter de le prononcer car au final, j'en suis bien incapable.

 

De la culture vietnamienne, je n'en ai que peu. Cependant, elle est ancrée en moi, que je le veuille ou pas. Et après ce mois vécu ici, c'est sûr : j'en veux, et j'en suis fière.

 

Je reviendrai.


(SUIVANT)

 
par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 13 février 2008


La date de ton retour approche.
Je me demande ce que tu feras lorsque tu rentreras. Vas tu m'appeler ? Me contacter de quelque manière que ce soit ? J'essaierai de n'en rien faire de mon côté, et pourtant j'espère que toi, tu le feras. Je ne sais pas vraiment ce que je veux. C'est certainement toi qui décideras.
Je suis fatiguée, fatiguée... Comme si la fatigue de ce mois de travail physique s'amassait d'un coup. Je vais dormir.
Je t'embrasse. Tendrement, j'aimerais bien.



12/08/2007 – 13/08/2007 – 14/08/2007 - SAPA
 
Quelle ville touristique. Sapas se trouve dans la partie montagneuse du Vietnam, connue pour les nombreuses différentes ethnies qui y habitent. Costumes traditionnels, artisanat traditionnel, culture traditionnelle.
Hélas, ces peuples s’orientent beaucoup vers le tourisme, forts du succès touristique de leur région. Il est vrai que les paysages ici sont si beaux : montagnes, rizières, cascades…
Il n’empêche que le succès touristique de la région s’en ressent sur la relation que l’on a avec les gens. J’ai l’impression d’être un portefeuille sur pattes. Cette image d’autant plus réaliste quand nous faisons une rando de 15 kilomètres suivis par 4 Hmongs dans le seul but à la fin de nous vendre des choses plus moches les unes que les autres. « I followed you, so you buy me something »... --> Did I ever ask you to or even make you think that I wanted you to follow me? 

Cependant certains touristes se plaisent dans cet élément. Ils se sentent proches des Vietnamiens ici. Moi je me crois à Eurodisney, mais il manque Mickey.
Pas une image terrible pour moi donc, Sapa. De belles randos certes, de magnifiques paysages, déjà vus pour ma part en Chine les années précédentes.
T... se fait mordre par un chien, il craint d’avoir la rage, nous rentrons à Hanoi.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mardi 12 février 2008


J'ai envie de te dire beaucoup de choses, mais je suis très fatiguée, et surtout, de plus en plus je me dis que vraiment, ce "journal" ne rime à rien.

Ce matin au réveil, j'avais un texto de toi qui me disait, concernant ton amour pour moi, que quelqu'un que tu aimais plus que tout au monde t'avait dit un jour que l'amour ne suffisait pas, qu'il y avait aussi la compatibilité, et qu'elle primait sur l'amour, aussi fort soit-il. Tu me dis qu'à l'époque tu n'étais pas d'accord. Cela sous entend qu'aujourd'hui tu l'es. Pourquoi ?
Je t'ai répondu que tu ne m'aimais pas assez. Je t'ai répondu que lorsque la raison parvient à l'emporter sur l'amour c'est que cet amour n'est pas, ou plus, assez fort. Pour celui que tu me portes, je pense simplement qu'il n'est pas assez fort. Il ne l'a jamais été, le temps n'est pas un problème pour nous, notre amour n'a pas eu le temps de s'effriter.
J'ai dit à O... en le quittant que oui je l'aimais, mais que l'amour ne suffisait pas, parce que nous n'étions pas faits pour vivre ensemble, parce que nous n'y arrivions pas, parce que ça nous a menés à des extrêmes qu'on ne doit pas tolérer dans un couple. Je lui ai même peut être parlé d'incompatibilité. Mais le quitter, tant que mon amour pour lui a été très fort, je n'y suis jamais parvenue. Je n'y suis arrivée que le jour où cet amour avait faibli, par les 4 années passées ensemble, par le mal que nous nous étions fait, par tout un tas de choses qui faisaient que je ne l'aimais plus autant qu'aux premiers jours. Pourtant, la raison aurait du m'amener à rompre définitivement bien avant. Mais "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point" disait Pascal ...
Ce qui m'amène, oui, à te dire que tu ne m'aimes pas assez. Tu me dis que je suis sévère vis à vis de toi, et envers moi-même aussi. Possible. Probable.
N'est ce pas, par certains côtés, plus facile de simplement me dire que tu ne m'aimes pas assez ? Au moins cela me donne une bonne raison de ne plus m'accrocher, de te laisser filer... C'est plus facile. Plus lâche aussi sûrement de ma part.

J'ai gardé les petites aujourd'hui, de même que je les garderai pendant les 3 semaines à venir. C'était très agréable, rien à voir avec l'ambiance aux pêches, ni avec la fatigue. Je n'ai plus mal au dos. Et les deux filles étaient ravies de me voir.
Je me souviens de l'époque où j'avais cherché du travail ici pour fin août. Je me souviens que ma démarche était motivée par toi, par nous. J'espérais que nous serions encore ensemble à ce moment-là, et j'imaginais déjà que les 5 semaines de ton voyage où je n'allais pas te voir allaient être peuplées d'un manque immense (je n'imaginais alors pas à quel point), et je voulais donc être là lorsque tu rentrerais.

Bref... Ma main est toujours très enflée, même si ça va un peu mieux, et ça me démange terriblement.
Rien de très intéressant. Bon sang, je m'endors, et je me prends encore à t'imaginer t'assoupissant dans mes bras. Je t'aime tellement ...

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Dimanche 10 février 2008

Me voilà dans le train, je rentre à Paris et je n'en ai aucune envie. Une sourde angoisse m'étreint : que vais-je faire lorsque, toi aussi, tu seras rentrée ? Je n'aurai alors qu'une envie, je le sais : t'appeler, te voir, t'embrasser, te serrer fort contre moi. Mais même si tu me laissais faire tout cela, même si tu cédais parce que je te manque trop, parce que tu m'aimes, parce que tu en as terriblement envie toi aussi, finalement ... à quoi bon ? Ces quelques mots que tu m'as si souvent répétés "à quoi bon". Je veux que tu m'aimes, et que tu veuilles plus que quelques jours, quelques semaines, quelques mois avec moi. Je veux que tu m'aimes et que tu ne penses plus aux hommes avec lesquels tu n'es pas lorsque c'est avec moi que tu es. Alors raisonnablement, je ne devrais même pas penser à te revoir, parce que j'en souffrirai, d'une manière ou d'une autre, dans un moment immédiat ou un peu plus lointain. Et pourtant ... La même folie qui revient sans cesse : peu m'importe, du moment que tu es dans mes bras. Est ce que je peux souffrir à l'infini juste pour te sentir contre moi, pour me réveiller à tes côtés, pour m'endormir après t'avoir écoutée me dire n'importe quoi parce que toi, tu dormais déjà ? Je ne sais pas.

J'ai pensé à O... aujourd'hui. J'étais allée prendre un verre avec des amis avant mon départ. La chanson "unintended" de Muse est passée, "notre" chanson. Je lui ai envoyé un texto "Rien à faire, je m'envole toujours vers nos souvenirs quand j'entends Muse chanter Unintended". J'ai repensé à toutes ces choses que j'avais vécues avec lui, bonnes ou moins bonnes, et j'en ai ressenti une grande nostalgie. J'ai pensé à la manière dont il m'aimait : passionnément. J'ai pensé qu'il était prêt à tout pour moi, qu'il m'aimait inconditionnellement, déraisonnablement, durablement, qu'il voulait passer sa vie avec moi. J'ai pensé, comme dans un souvenir très lointain, à la sensation que cela procurait de se sentir aimée en sachant que la personne sera encore là le lendemain. J'ai pensé combien je l'avais aimé, et j'ai pensé à tout ce mal aussi. Pourtant il me manque parfois. Mais notre histoire est usée, nous avons raté notre chance. Il était trop tôt, et maintenant il est trop tard, la vie nous a séparés durablement.
Il m'a simplement répondu : "oui, je connais cette sensation ... content de voir que j'ai quand même laissé une petite trace dans ta mémoire".

Je suis allée voir ma grand-mère à l'hôpital aujourd'hui, avant de prendre le train. Je ne l'avais pas vue depuis son hospitalisation, les visites la fatiguent et fière comme elle est, elle ne voulait pas que je la voie dans son état. Mais je partais, et je ne savais pas quand je la reverrais. Alors j'y suis allée. Ma mère me décrivait son état jour après jour, me disant les progrès, les améliorations... Pourtant, aujourd'hui en la voyant j'ai eu un choc. Je me suis sentie très mal à l'aise, pas à ma place. Et pourtant. Elle était très contente de me voir. Mais ses mots ont été rares, elle semblait épuisée, elle a perdu 10kgs en 2 semaines. Plus que l'ombre d'elle-même. C'est une femme très forte, avec un caractère impossible, très dynamique, qui supporte très mal d'avoir tort et qui n'admet pas que son corps puisse avoir des limites. Elle que j'ai toujours vue si pleine de vitalité, j'ai eu aujourd'hui l'impression qu'elle était en train de lâcher prise et de se laisser aller. Elle parle sans cesse de mon grand-père qui n'est plus là. Elle dit que depuis sa mort, sa vie ce n'est qu'un vide qu'elle essaie de remplir. Elle pleure. Ca a été très difficile de la voir ainsi. Vraiment. Si fragile...

Pour finir, j'ai dit au revoir à mes parents, tristes de me voir partir, comme toujours... Je n'aime pas dire au revoir à ma mère lorsque je pars, parce que je la sens trop triste. Anormalement triste.
Je vais essayer de revenir très bientôt, parce que je n'ai pas eu le temps de voir mon frère aîné. Enfant,
je voyais mes parents qui ne voyaient pas leurs frères et soeurs très souvent, et je ne comprenais pas comment c'était possible, alors qu'ils avaient habité ensemble si longtemps... Je me souviens d'une fois, lorsque nous habitions encore tous chez mes parents, j'avais dit à mon frère, alors que je devais avoir 8 ou 9 ans : "Dis, ça ne nous arrivera jamais de nous voir qu'une fois par an quand on sera grands, on s'aime trop, hein ? Parce que moi, si on se voit pas plus souvent tu me manqueras quand on n'habitera plus ensemble. Et comme on peut pas habiter toute sa vie avec ses frères et soeurs ...". Il m'avait pris dans ses bras et il m'avait dit que je pourrais venir chez lui quand je voudrais.
Je n'ai pas vu mon frère depuis Noël... 8 mois !

Aujourd'hui tu m'as envoyé un texto disant : "Hmm. 2 ou 3 jours sans nouvelle de ta part. C'est rare. Bon retour à Paris.". Je t'ai répondu par un long texto, que je n'allais pas très bien, que ce retour à Paris m'angoissait, que je n'étais pas prête, etc... 
Je ne veux pas rentrer à Paris ... Vraiment pas.

J'ai, comme d'habitude, rêvé de toi cette nuit. Nous étions dans une sorte de camping, il pleuvait beaucoup, et je cherchais ma soeur parce que nous avions été expulsées de notre emplacement dans le camping, mais je ne savais pas dans quelle tente elle était. Je ne me rappelle plus très bien de cette partie du rêve. Je sais qu'ensuite, nous nous retrouvions dans un autre endroit, il y avait ton frère et une autre personne, mais je ne sais pas si c'était un homme ou une femme. En tous cas, il pleuvait toujours, nous étions devant une buvette qui servait des frites et des pizzas, dans une sorte de centre de vacances, et nous attendions pour manger, tout en discutant. Je sais que nous n'étions pas ensemble, mais ce n'était pas très clair pour moi en tous cas. Nous parlions de tout et de rien, et tu me lançais sans cesse de petites piques désagréables, sous forme de blagues. A chaque fois, ton frère me regardait, comme si il attendait une réaction de ma part. Petit à petit, cette situation m'énervait de plus en plus. Finalement, après une énième pique, je réagissais, et je disais que si tu ne voulais pas me voir et si ma présence ici n'était pas souhaitée, ce n'était pas la peine de me proposer de venir. Je concluais en jetant mon sac par terre et en disant que de toutes manières je n'avais plus envie d'être là, que tu étais trop désagréable, et que je m'en allais. Je partais, mais je voyais autour de moi des choses étranges, comme annonciatrices d'un danger. Je croisais un personne masquée avec un poignard très long dans la main. Cette personne s'approchait de toi. Elle te voulait du mal, du moins c'est ce que je ressentais. Et toi, tu la provoquais, tu l'insultais. Elle levait son poignard vers toi, et tu ne réagissais pas. Alors je lui sautais dessus et je lui prenais son poignard, je la menaçais, mon poignard dans sa nuque, et toi tu t'approchais de moi, dans mon cou, tu me murmurais à l'oreille de tuer cette personne. Tu me demandais de le faire pour toi, pour te venger. J'hésitais, ma main tremblait. D'un côté, je sentais que je devais le faire. D'un autre côté, je n'étais pas vraiment moi même, et je savais que tu te trompais. Je ressentais une pression énorme, et une angoisse oppressante. Finalement, je lâchais le couteau, la personne se retournait et te souriait, et moi je te disais, mais enfin, je ne vais pas la tuer, c'est une blague, elle ne te menaçait pas vraiment. Tu ne disais rien, je ne te voyais pas, tu étais derrière moi, il pleuvait toujours beaucoup, nous étions trempées, et je ne voyais plus grand chose, mais je sentais tes mains qui remontaient le long de mon corps alors je me retournais, tu me souriais, et tu me caressais tout le corps, je te touchais aussi, puis tu m'embrassais, longuement, c'était très doux, et tendre. Ton frère était toujours là, il nous regardait, sans surprise. C'est là que je me suis réveillée.

Mon train entre en gare, me voici à Paris. Quelle tristesse...
Rien ni personne ne parvient à me changer les idées assez pour que je ne pense plus à toi. Je me couche, et je pense à toi. Je suis dans mon lit, et je revois des tas d'instants ici qui me ramènent à toi. Des nuits sans toi, mais durant lesquelles je savais que je te retrouverais. Des heures au téléphone avec toi. Des heures de vide, de creux, à attendre un texto de toi.

La boucle est boucléee, me voici de retour et je n'ai pas avancé d'un pouce durant ce séjour sur lequel je misais pour prendre mes distances, pour passer à autre chose. Mais je n'ai rien fait pour... Je t'attends.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Jeudi 7 février 2008



Ma soeur est là ce soir. Nous avons passé la soirée avec mon amie d'enfance. Dans la journée, nous sommes montées jusqu'au château de Crussol. Le temps était dégagé, le ciel magnifique. J'ai ouvert les yeux, un peu à travers mon appareil photo. Il y avait très longtemps que je n'étais pas retournée là-haut, depuis le collège et les entraînements de course à pied dans ces collines aux pentes ardues. Je repense au message dans lequel tu me disais : "les moments durant lesquels je te manque le moins sont sûrement ceux où tu passes de bons moments, avec des gens que tu apprécies, jusqu'à tomber amoureuse de nouveau, un jour".
Une chose est certaine : ce jour n'est pas encore venu.
Plus je me sens entourée, et plus je pense à toi. Je tente de t'oublier, de ne pas te contacter, quelque part je veux te donner une chance. Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que tu te souviennes de moi simplement parce que sans cesse je me rappelle à ton souvenir. Si tu te rappelles de moi je veux que ce soit parce que tu ne parviens pas à m'oublier. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que ce soit le cas. Sans nouvelle de toi, je me pose des questions, des questions et des questions.

Je t'aime. J'ai envie de te l'écrire, de te le dessiner, de te le dire, mais je lutte pour ne pas le faire. Pour bien faire, je suis montée me coucher en éteignant mon téléphone et en le laissant dans le salon. Pour ne pas l'avoir à mes côtés, sans cesse tentée par ce message que je crève de t'envoyer : "je t'aime".

J'ai pleuré ce soir, longtemps. Je pleure tout le temps, dans mes rêves, dans ma vie. J'ai pleuré mes échecs, dans lesquels tu tiens une grande part. Je me suis sentie profondément malheureuse devant mon impuissance à te retenir comme je l'aimerais. Aujourd'hui, je te veux engagée.


Je t'embrasse. Je lutte, le perçois tu, à l'autre bout du monde ? Te poses tu les mêmes questions que moi ? Je lutte oui, pour ne pas sans cesse te crier mon amour, puisque cela n'a plus lieu d'être.


11/08/2007 – TRAIN HANOI à SAPA
 
Arf.
10 heures de train dans un train sale et non climatisé… Je me bats avec mon voisin d’en face sur la position de la fenêtre. Il me fume cigarettes sur cigarettes à la face.
Arf.


par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 6 février 2008


Voici mon dernier jour de travail au ramassage des fruits qui s'achève. Ainsi, le jour de mon retour à Paris se fait de plus en plus proche, entraînant par la même une angoisse grandissante en moi. Que faire ? Je te sens très proche, et en même temps très loin, je ne sais pas vraiment où tu en es dans tes réflexions. J'aimerais tellement te parler, mais après tout, à quoi bon ? J'ai en tous cas la certitude que mon séjour ici ne m'aura pas permis de couper les ponts.


La journée a été dure, une fois de plus. J'ai eu très froid, surtout ce matin, il faisait 7°C lorsque je suis partie de chez moi. Terrible pour un mois d'août. Il a encore plu. Pour ne rien arranger, je me suis fait piquer hier par je ne sais quel animal, et ce matin ma main avait doublé de volume.
Enfin, en rentrant j'ai pris un très long bain, je m'y suis endormie. Il y avait longtemps... Des années. La dernière fois, je m'en souviens très bien, j'habitais encore avec O... Il me semble aujourd'hui que c'était une autre vie. Et pourtant ! Deux années à peine.
J'ai pensé à toi, j'ai pensé qu'aujourd'hui encore, quelqu'un t'avait touchée sur tout le corps pour te masser, et je n'ai pu m'empêcher d'éprouver un pincement au coeur, de jalousie peut être, de frustration surtout, car je ne peux plus te toucher, moi !

Le jeune Tunisien qui travaille avec moi est venu me trouver à midi. Il m'a dit qu'il m'aimait. Je n'ai rien répondu. Il m'a dit que je pouvais venir le voir quand je voulais en Tunisie, et que si je lui donnais mon adresse à Paris, il viendrait me voir quand je voudrais. Qu'il pourrait même chercher du travail en France. Je ne savais pas vraiment quoi lui dire. J'étais étonnée. Je ne comprenais pas qu'il puisse imaginer quelque chose avec moi, après la vision de la femme qu'il m'avait très bien expliquée avoir : les femmes ne font pas d'études, elles doivent servir leur mari à la maison, etc ... schéma traditionnel classique. Il a compris mon silence, j'imagine...


J'ai encore rêvé de toi la nuit dernière. Au début, nous étions dans une sorte de très grand fleuve, avec des montagnes autour, très verdoyantes, et nous nagions, en remontant le courant. Finalement, nous arrivions à l'endroit où nous voulions aller, et nous sortions de l'eau. Là, un peu comme dans le métro, il y avait des tourniquets pour sortir. Tu passais d'abord, et moi ensuite, mais un homme me barrait le passage, m'empêchant de te rejoindre, en fait il voulait passer en même temps que moi, et il m'écrasait le pied. Tu me regardais et m'attendais puis, impatiente, tu le bousculais un peu et je parvenais ainsi à passer. Nous n'étions pas ensemble, nous avions rompu, et c'était la première fois que nous nous revoyions après la rupture.
Ensuite, nous marchions dans la rue. Tu étais à ma gauche, je te regardais. Je te trouvais très belle, et je me très attirée par toi. Tu avais quelques mèches de cheveux dans les yeux, alors j'en profitais, je te caressais le visage pour les écarter, puis le cou, tendrement. Tu continuais de regarder droit devant toi, et tu me disais : "s'il te plaît". Et je ne savais pas si cela signifiait s'il te plaît arrête ou s'il te plaît continue. A ce moment là tu te tournais vers moi, attirante comme jamais, et je déposais un baiser sur tes lèvres. A partir de là, tout basculait. Ton visage irradiait de bonheur, tu m'embrassais, encore, encore... Tu me disais que je t'avais manqué. Moi, je me sentais bien, tellement bien ... Il y avait beaucoup de monde autour de nous, dans la rue, mais tu ne semblais pas t'en préoccuper, jusqu'au moment où tu en prenais conscience et où tu avais l'air un peu gênée, mais ça ne t'empêchait pas de continuer à m'embrasser. Finalement, tu me regardais, et tu me disais : "Comment c'est l'expression déjà ? "Il faut le faire pour le croire"... C'est ça ? Non, ce n'est pas ça. C'est quoi alors ?". Moi, je savais que c'était "il faut le voir pour le croire", mais je n'arrivais pas à le dire, les mots restaient bloqués. Finalement, tu souriais, et puis tu me disais, que peu importait, tu avais envie de me raconter ton voyage (au Vietnam), et de me montrer tes photos. Tu ajoutais que tu avais aussi envie, pour être sûre de m'avoir bien retrouvée, que nous allions chez toi. Ensuite nous nous retrouvions chez toi, sur ton lit, allongées à regarder les étoiles (et pas seulement celles de ta lampe, les vraies étoiles, ne me demande pas comment !). Le moment était très tendre, très doux, fait de désir, de caresses, de sensualité. Finalement, nous faisions l'amour. C'était bon, très bon, et je pensais combien tu m'avais manqué, je pensais au nombre de fois où je m'étais dit, le coeur serré, que je ne te tiendrais plus jamais dans mes bras. Enfin, ensuite tu étais allongée dans mes bras, sur le point de t'endormir, et tu essayais d'articuler une phrase que je comprenais difficilement : "je me suis trompée, je ne peux pas vivre sans toi". C'est à ce moment là que je me suis réveillée. J'ai pleuré.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
 
 
Blog : Enfants sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus