Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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3) M ... Elle

Dimanche 5 novembre 2006 7 05 11 2006 05:56
Je la regarde danser comme elle m'écoute penser : avec avidité. Elle se joue de moi, me parle de l'homme qui l'a demandée en mariage et qu'elle va probablement épouser, tout en me frôlant. Elle me rattrappe quand je l'évite, elle m'évite quand je l'admire. Sans aucune concession possible, elle m'explique, de manière détournée, ce que je peux prendre et ce que je dois laisser. Je ne suis pas sûre que cette situation me plaise. Mais je ne peux pas m'enfuir juste comme ça. D'abord parce que je suis prise au piège par ma politesse : par respect par l'ami qui m'a invitée, la bienséance m'invite à rester un peu à cette soirée qui déjà s'annonce intense et étouffante. Mais au-delà de cela, il y a cette attirance presque palpable que je sens entre nous, une sorte de réaction de nos corps, voire même de nos esprits, car indéniablement elle en a. Je tombe dans le piège.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 01 2007 20:52

J'ai parlé, parlé, parlé avec toi jusqu'à ne plus savoir ce que je pensais.
J'ai pleuré, pleuré, pleuré contre toi de ne pas savoir ce que tu voulais.

Puis je suis partie, car tu me le demandais.
Sans me rendre compte dans l'instant de ce que tout cela signifiait.
Sans prendre le temps de te dire que je t'aimais.
Je ne te l'aurais pas dit de toutes manières, le temps n'y est pour rien. Je ne t'aurais pas dit que je t'aimais. Trop de doutes, trop d'engagement, trop de tourments, trop de trop ...

Puis je me suis retrouvée, à moins que je ne me sois simplement trouvée, dans cette lente agonie des jours passés, dans laquelle mon corps s'exprime et me dit que j'en ai trop fait, m'explique qu'il faut que je lève le pied, que tu dois t'en aller aussi. T'en aller pour me revenir, partir pour réfléchir, t'éloigner pour accepter. Seule sous ma couette, prise d'une folie fiévreuse, d'une fièvre de grande malade, j'ai passé les deux derniers jours dans un délire de toi, sans toi. Deux nuits, deux jours sans vraiment arriver à me lever, et je ne sais plus ce qui vraiment m'en empêche : la fièvre et la migraine qui m'assomment ou la crainte de perdre le peu de toi que j'ai gardé dans le creux de notre nuit blanche. Instant hors du temps, qui m'a laissé un goût d'inachevé, juste assez pour te retenir, trop peu pour nous construire. Une nuit, le partage complexe de deux personnes qui se sont déjà cherchées mais se trouvent pour la première fois.

J'en ai trop fait, je dois laisser aller, laisser passer ce sentiment d'amertume, laisser gagner la vie une fois de plus, enfin laisser se poser sous ma plume ce que toi même tu n'entendras jamais. Te laisser filer dans les bras d'un homme, car c'est ce que tu sais. Te savoir m'aimer pourtant dans ces bras là. Autant de contradictions, car tu es femme ... Car tu me reviendras.


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 01 2007 01:04



Je me tiens juste là, entre ta peau qui frémit et ton coeur qui dit oui, alors même que tes mots me disent non. Dis moi pourquoi ? Pourquoi es tu si froide soudain, alors que l'instant d'avant tu m'attirais à toi ? Je te cherche du regard et je me noie dans tes yeux d'encre, dans la douceur apaisante de tes paupières.

Où sommes nous ? Comment ? Pourquoi ?

Nous sommes ici et ailleurs, maintenant et toujours, perdues dans notre semi-monde, le seul dans lequel tu te laisses m'aimer.
Plusieurs fois nous nous y sommes mutuellement entraînées. Je sais que la nuit doit se terminer et le jour sans nous commencer pour que nous arrivions à nous toucher. Je sais qu'avant que nous en arrivions là l'approche est longue : toute une nuit, tu dois m'avoir épiée, frôlée négligemment, provoquée en présence des autres, autour d'un verre, d'une table de billard ou d'une partie de Poker.
Je sais comment jouer à cela avec toi, je sais aussi que je dois toujours faire le premier pas.

Tu me demanderas de me mettre à côté de toi parce que tu as besoin de mon aide. Tu me diras "on parie" à tout bout de champ avec cet air de défi que j'aime tant. Je te répondrai avec douceur et patience. Tu me diras que je dois faire mieux que toi si je veux sauver l'honneur, et je te dirai que je ferai moins bien pour sauver ton honneur. Et je ferai moins bien, exprès ou non. Tu me fixeras mais détourneras le regard quand tu attireras le mien. Pendant la partie de billard, tu passeras ta main dans ma nuque juste quand je jouerai, pour me déconcentrer, et tu diras que mon col était de travers.

Puis, nous finirons tous chez toi pour un dernier verre. Pendant la partie de Poker, tu proposeras de jouer de l'argent, je refuserai et tu miseras pour moi. Puis tu te glisseras contre moi, juste pour m'expliquer comment faire pour ne pas perdre TON argent. Car au Poker, je suis vraiment mauvaise. Tu m'apprendras à bluffer, mais avec toi je n'y arriverai pas, car avec toi je ne joue pas. Je me tournerai vers toi pour voir ce que tu caches derrière l'esbroufe et je trouverai ton sourire sincère et ouvert. Alors je me sentirai forte, je me sentirai belle, et je te taquinerai sur les éléphants et les rhinocéros. Personne d'autre ne comprendra, mais je te ferai rire et ce sera l'essentiel. Si jamais tu gagnes trop, je te parlerai de verres de terre, et tu me lanceras un regard noir.

Pour finir, ils s'en iront tous, et je resterai. Nous, nous resterons encore quelques heures à discuter, jusqu'à ce que le jour se lève sans nous demander notre avis, sans même demander que nous le remarquions. D'ailleurs, nous ne le remarquerons pas. Tu t'endormiras contre moi, au milieu d'une phrase, et moi je ne pourrai pas fermer l'oeil avant de t'avoir déposé un baiser sur le front.
Tu me réveilleras peu après en me caressant les cheveux et en me disant simplement "on va se coucher ?", comme si cela était tout naturel que nous allions nous coucher ensemble ... Je me réveillerai à tes côtés, avec au creux du ventre l'angoisse de ce qui finira par arriver. Nous passerons plusieurs heures à nous caresser, à caresser chacune le désir de l'autre, presque palpable, à nous parler, à nous aimer dans les mots et la peau. Tu t'émerveilleras de ma douceur envers toi, tu te blottiras dans mon amour, tu me donneras ton regard entier, celui qui est aussi faiblesse, tendresse et caresse, celui qui n'est pas uniquement ce que tu veux paraître : force, volonté, provocation.

Mais nous en reviendrons immanquablement à ce moment, celui où tu reprendras conscience du monde qui nous entoure, celui où tu n'assumeras pas d'être contre moi, celui où tes yeux se feront distants, celui où ton corps se fera fuyant, celui où tu t'excuseras, celui où tu me diras, au cas où je ne le saurais pas, que je suis une femme ...

Dis moi, en sera-t-il vraiment toujours ainsi ?



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 1 février 2007 4 01 02 2007 02:16

Je suis assise à mon bureau, je suis supposée me concentrer sur tout autre chose, mais je pense à elle.

Je n'y arrive pas. J'ai du travail, mais je n'y arrive pas. Je chiffonne cette feuille encore : en une heure je ne suis parvenue qu'à griffonner des dessins tordus, à l'image de ma pensée, là où j'aurais dû poser des mots sérieux et ordonnés.
La corbeille à papier déborde, elle est sur ma gauche, à 4 mètres environ. Pour la énième fois, je jette la feuille en prenant soin de bien viser, une pensée l'accompagne : si j'atteins le but du 1er coup, je l'appelle. Si je ne l'atteins pas, je prends sur moi, et je travaille. Je manque l'objectif, évidemment. Je me lève, la ramasse, et me dis que je me donne une deuxième chance. Encore raté. Oh, et puis un petit "jamais deux sans trois" idiot trotte dans ma tête. Un dernier jet, et ... yeap, cette fois ci c'est la bonne. Bon, je l'appelle ou je ne l'appelle pas ? Oui, parce que j'ai un peu triché finalement, je n'ai réussi qu'à la 3ème fois, est ce que ça compte étant donné que je ne m'étais à l'origine donné qu'un coup ? Je me perds dans ce raisonnement stérile. Du moment que ça occupe mon esprit, tout est bon à prendre.
J'ai passé ma journée à jouer avec moi-même à ce genre de petit jeu parfaitement stupide.

Et à quoi tout cela m'a-t-il menée finalement ? À un texto, envoyé lâchement en fin de soirée, et qui lui dit quelque chose comme "J'espère encore, égoïstement sans doute, te faire revenir sur ta décision. Je sais à quel point c'est dur pour toi, mais bon sang je ne vais pas te laisser filer, parce que je t'aime".
Lamentable déclaration, je sais qu'elle sait que je l'aime, elle sait que je sais que ça la terrifie (si si, c'est très simple au fond ...). Je sais surtout que je devrais me montrer moins impatiente et la laisser revenir à moi sans la brusquer. Je sais qu'elle a un bout de chemin à faire seule. Et pourtant ...

La réponse ne s'est pas fait attendre : "Je ne sais pas quoi te dire. Ce n'est pas que je ne veux pas te voir, bien au contraire, mais quand je me retrouve face à toi je n'arrive pas à respecter mes décisions, et je n'aime pas ça. Ne dis pas des mots comme ça stp".

À quoi m'attendais je ? Rien d'autre que ce qui m'arrive, et je me dis qu'une fois de plus, j'aurais sans doute mieux fait de me taire ...



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Vendredi 2 février 2007 5 02 02 2007 03:17


Je t'ai dit que tu me faisais souffrir. Je t'ai dit que je n'aimais pas cette situation. Je t'ai dit que je t'aimais. Je t'ai dit tellement de choses déjà. Que me reste-t-il à te dire ?
Mon bonheur, ces joies quotidiennes, ces joies de la vie, ces sensations fortes, bénéfiques, positives, que la vie me procure.
En y réfléchissant, tu es là aussi, finalement. Evidemment : je n'aime pas souffrir au point de m'attacher tellement à quelqu'un qui ne me procure aucun bonheur.

Alors voici, je me lance.
Je garde à l'esprit la sinusoïde, je crois que j'en ai saisi la dynamique sans en saisir l'utilité scientifique.

Chaque jour je croque la vie. Chaque instant qui se retire lentement sur le temps qu'il me reste, qu'il nous reste, m'apporte une chose nouvelle, une sensation connue en même temps que découverte. Toujours le paradoxe. Je suis une personne fondamentalement positive, quoiqu'on puisse en penser. Confiante en l'humanité, confiante en la vie et ce qu'elle peut apporter, malgré ses injustices, malgré ses temps morts, ses morts tout court. Une certaine naïveté se dégage en moi, pourtant personne ne me croit lorsque je dis quelque chose comme cela : je suis naïve.

Voici mes bonheurs quotidiens, voici mes bonheurs extraordinaires, voici ce que je veux fixer sur un écran, sur un papier, peu importe, fixer pour me souvenir, pour garder près de moi, contre moi, ce qui finalement me donne la force d'avancer.
Quelques sensations, des instants hors du temps.  Je pense à toi à ce moment là, je pense à toi tout le temps. Mais il y a tellement d'autres choses.

Je sais profiter de bonheurs simples.

L'été est doux, une brise délicate se pose, s'impose sur mon ventre exposé au soleil , qui réchauffe mon coeur et mon corps. Je suis couchée dans l'herbe, au pied des montagnes du Vercors. Je suis seule, allongée dans l'herbe haute, et dans la bouche une brindille que ma langue fait passer d'un bout à l'autre de mes lèvres, dont le goût amer se dégage lentement. Mes pensées s'échappent, ma main gauche s'attarde dans mes cheveux. Je note mentalement cet instant hors du temps : je suis bien. Aucune contrainte de temps, d'heure, de confort. Simplement une sensation indescriptible : je suis seule, ici, avec moi même, et je suis heureuse. Une chose que je connais mal en moi me dit de me rappeler de cet instant, toujours, c'est cette part qui veut me faire aimer et jouir de la vie.

L'automne est monotone. C'est banal, je sais. Pourtant, c'est ainsi, l'automne, oui, est monotone, souvent. Chaque matin, inlassablement, je me réveille, je m'assoupis à nouveau, jusqu'à ce que mon chaton vienne se frotter contre ma joue, jusqu'à ce que je m'émerveille de sa douceur et de cette attention qu'il me porte. Ces instants où je me réveille et sens sa chaleur juste contre moi, sa présence simple et douce. Alors l'automne est moins monotone, la vie m'étourdit, mes envies sont un grand tournis. Je pense à la journée qui s'annonce, à la semaine, au mois, je ne pense pas plus loin, et je suis bien. Je sens son poil soyeux contre ma peau, ses ronronnements qui résonnent en moi comme autant de compliments, et j'aime cet instant, sans rien d'autre, juste pour le plaisir qu'il me procure et le plaisir plus grand encore que j'ai à lui dire bonjour, jour après jour, en le câlinant pour ne jamais assez le remercier d'être là toujours.

L'hiver est rude, la chaleur dans le métro suffocante. Le métro, c'est un lieu de contradictions pour moi : cet endroit où je croise les gens. Je me sens dans l'obligation souvent de porter les regards. Pourtant, certains jours je parviens à tout ignorer. Aujourd'hui, je porte, parce que je me sens forte. Assez pour affronter tout ce qui s'exprimera dans les yeux de ces gens que je ne connais pas et ne connaîtrai jamais. Je me sens plus que jamais vivante au contact de cette humanité débordante. La tête haute, je plonge mon regard dans ceux que je croise, sans prétention, simplement dans l'espoir de transmettre toute cette énergie positive que je sens affluer en moi. Je me rappelle : en cet instant précis, je croise le regard de cette femme. Elle est beaucoup plus âgée que moi, et elle porte sur elle les marques du temps, les marques d'avant. Avant cet instant où elle se retrouve ici, maintenant, dans mes yeux. Je sens qu'elle trouve en moi ce qu'elle cherche, car son sourire, se posant sur moi, s'élargit, s'agrandit jusqu'à ne plus former qu'une grande invitation à aimer la vie. Alors je l'aime, cette vie, assez en tous cas pour partager, dans mon bonheur, cet instant avec elle.

Le printemps, le renouveau, l'espoir, l'amour, c'est toi. C'est ici que l'exercice devient périlleux. Au printemps. La fraîcheur de la saison, c'est lorsque je pose mes lèvres sur les tiennes. Les promesses du printemps pourtant, que sont elles ? La réponse à cette question la voici : mes espoirs, mes attentes, mes illusions, ce sont tes frémissements contre ma peau. Lorsque je sens monter le désir en toi en même temps qu'en moi. Ce désir accompagné de retenue. Quoique, le mot est faible : plus que de la retenue, c'est un véritable reniement de ta part. Je te sens contre moi, hésitante, je guette cet instant où tu te laisseras aller, pourtant il n'est pas là et sous tes regards mon coeur se tord. Je laisse mes doigts courir sur ton corps, mais tu as besoin de temps encore. J'ordonne à mes mots de franchir les barrières qui nous séparent, mais de ton côté jamais tu ne désempares. Pas encore. Pourtant, peu m'importe presque, oui presque, car contre toi je suis bien. Je goûte ces instants hors du temps, ces nuits blanches non préméditées, ces instants volés à nos vies décalées, et je les aime. Pour le moment, je ne te demande rien de plus. J'attends que le temps fasse un geste et, dans ma tête, je note le reste. Ce désir intense de toi, cet amour grandissant, mêlé d'admiration, de compréhension, d'appréhension ...
 
Voici certains de mes instants de bonheur, de mes passions, de mes intuitions, de mes sensations. Voici ce qui me fait avancer, jamais reculer. Je suis convaincue qu'ici, en cette époque, quelques coeurs battent, entre autres, pour moi. Le mien est corrompu, ici, en cette époque, et malgré ma raison, bat pour toi.


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 7 février 2007 3 07 02 2007 16:12


Quelques mots juste pour toi,

Glissés au creux de ton cou.
Quelques mots dis moi pourquoi,
Ne pas être ensemble, c'est tout ?

Quelques mots sur mes envies
De toi quand tu danses et souris.
Quelques mots juste pour voir si,
Une fois encore, tu me diras oui.

Quelques mots de cet amour,
Dis mois simplement ton désir.
Quelques mots pour te faire rire,
Viens je t'emmène faire un tour.

Quelques mots à toi si loin,
Dis moi ce que tu vois demain.
Quelques mots contre ce destin,
Auquel tu veux tendre ta main.

Quelques mots jetés au hasard
De ta rencontre dans ce monde.
Quelques mots lancés à la ronde,
Promis je ne serai plus en retard.

Juste quelques mots car je pressens

Ta lassitude face à ce flot de paroles.
Quelques mots qui vers toi s'envolent,
Murmurent et chuchotent : je t'attends.




Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 8 février 2007 4 08 02 2007 23:58





Hier je t'attendais. Aujourd'hui je t'attends ... Demain je t'attendrai. Je ne sais pas de quoi seront faits les jours qui suivront. Je t'aime.

Ma main remonte le long de ta nuque tandis que mon esprit s'éloigne dans ton ombre.

Je m'ennuie de toi lorsque tu n'es pas là, j'oublie la nuit lorsque je suis ici. Les jours, les heures, n'importent plus. Je ne sais que faire de ma vie, pourtant je sais tout de tes envies.
Moi, je ne suis pas prête à céder à d'autres désirs que celui de toi, alors  je vagabonde dans les sphères où la réussite abonde. Il me semble qu'aujourd'hui doit mourir pour que sur nous se lève l'aurore d'un jour meilleur encore.

Je me joue de tout, de toi, de moi, de nos oublis.
Je me joue de vous, des rois, des lois, et de l'ennui.

Si le soir, à la lisière de l'assoupissement, juste au bord du monde des songes, j'oublie parfois que j'ai été d'autres que moi, si le matin sous la douche je me souviens souvent de la personne que j'étais avant, une phrase pourtant, unique, me revient à l'esprit, sans cesse :
"Tous pareils ... Tous pareils ... Tous pareils ... NON ! Moi, je suis ... différent !"
Suis-je différente ? Ou ne le suis je que parce que je suis moi ?

Ce matin, il neigeait sur Paris. Ce matin, il faisait froid, et mon coeur, uni à mon esprit, hibernait, engourdi par la lenteur des jours passés, ces jours à t'attendre.
Sur mon long manteau noir, les flocons dansaient. Le col remonté très haut sur mon visage, les mains dans les poches, déjà je m'ennuyais de cette journée qui s'annonçait. Pourtant, mue par un dynamisme dont la justification se perdait dans les méandres de ma mémoire, j'avançais tout de même, d'un pas vif, décidé. Et, marchant ainsi, je pensais à ce que je laissais paraître extérieurement de moi : une femme pressée, le regard porté loin vers l'avant, vers l'avenir, prometteur certainement, une femme motivée. Probablement tout le contraire de ce que, précisément, j'étais en cet instant : parfaitement blasée. En réalité, au moment de me lever déjà je savais ce qu'allait être cette journée : fatigue, désillusion, ennui, renoncement, échec ... J'en oublie. Avec le recul, c'est ce qu'elle a été d'ailleurs.

Malgré cela, oui, lorsque j'ai posé le pied sur la première marche de l'escalier menant au métro, lorsque j'ai senti la douce chaleur de ce monde souterrain m'envahir, lorsqu'en moi s'est insinuée cette vague nommée habitude et qu'une petite musique m'a traversée, me disant que je devais chasser ces flocons, avancer dans ce couloir et oublier mes déceptions passées, pourtant oui, en cet instant je me suis sentie vivante, et heureuse de l'être. J'ai chassé la mèche de cheveux devant mes yeux, j'ai essuyé les quelques larmes brouillant ma vue, redressé mes épaules et je me suis dit oui, c'est ainsi que je suis bien ... et peu importe le reste.



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 14 février 2007 3 14 02 2007 01:38


Ce matin-là, je me suis réveillée contre toi …
Ma peau a frémi sentant ta présence, mon cœur s’est serré, redoutant ton absence. J’attendais cette suite qui viendrait inévitablement, celle où tu ne serais plus vraiment là, où tu redeviendrais distante, fuyante. J’ai commencé à m’y habituer, à cette suite : tes regrets, tes doutes, puis pour finir les milliers de kilomètres que tu mets entre nous chaque semaine, comme pour te rassurer de ne pas avoir à assumer puisque tu n’es plus là géographiquement.

J’ai cherché ton regard, mais tu dormais encore. J’ai laissé courir mes doigts sur tes lèvres et, à mon grand étonnement, tu y as déposé un baiser. Puis tu as ouvert les yeux, tu as esquissé un sourire tendre, presque apaisé … Dans ma tête, les pensées fusaient.

J’avais tellement prévu, une fois de plus, tes explications raisonnées sur nous, ou plutôt sur l’impossibilité d’un nous, j’avais prévu de m'en aller lorsque tu me l’aurais demandé, à peine éveillée, je m’étais préparée à quitter ton appartement dans l’aube naissante, avec dans la bouche le goût toujours plus amer de la défaite, je m’étais déjà vue marchant, courant vers le métro, sous la pluie battante, ici mais ailleurs. J’avais déjà pensé les heures qui suivraient : un état de latence totale, où je me serais détestée de m’accrocher à toi malgré tout cela ; un état d’hébétude face au monde extérieur. J’aurais probablement loupé la correspondance et j’aurais mis deux fois plus de temps qu’habituellement à rentrer chez moi. Je me serais finalement effondrée sur mon lit, et j’aurais pleuré jusqu’à ce que même mes larmes me soient insupportables. J’aurais éteint mon téléphone pour ne plus espérer de tes nouvelles, j’aurais tiré les rideaux pour qu’on ne me dérange pas, j’aurais envoyé tout le monde se faire voir. Sauf le chat, qui aurait essayé de me consoler.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 15 février 2007 4 15 02 2007 01:42

Mais ce matin-là, tu n’as rien dit, tu as simplement souri, puis tu t’es blottie contre moi et tes lèvres ont cherché les miennes. J’ai fait comme si de rien n’était, alors qu’en réalité je ne comprenais pas ce qui nous arrivait.

C’est étrange, mais j’ai presque eu envie de te crier : Alors quoi ? C’est tout ? Aucun regret ?
Presque eu envie de m’énerver contre toi pour me venger de cette boule au ventre qui me rongeait sans motif puisque rien de ce à quoi je m’étais préparée n’arrivait. Comme si, lorsque  mon angoisse se révélait justifiée, elle était plus supportable, alors que maintenant, puisque nous étions là, toi et moi (nous !), cette peur injustifiée me devenait insupportable.
Bien sûr, je n’ai rien dit, j’ai attendu quelques minutes que cette mauvaise rancune s’éloigne, j’ai attendu de ne plus voir en toi ce que tu m'avais fait endurer, et seulement alors j’ai posé ma tête sur ton épaule.

Tu as caressé mes cheveux, tendrement, et j'ai fermé les yeux pour goûter cet instant unique, pour étreindre enfin cette sensation  recherchée d'apaisement dans tes bras. Finalement, je me suis redressée et j'ai effleuré ta joue du bout des doigts, comme pour m'assurer que tu étais bien là. J'ai déposé un baiser soyeux sur tes lèvres offertes et laissé courir ma bouche jusque dans ton cou, pour remonter vers ton oreille à laquelle j'ai murmuré, dans un souffle "je t'aime".
Puis je me suis levée, parce que j'avais pris des engagements pour ce matin-là et que tu avais un avion à prendre et, te quittant, je t'ai glissé ces quelques mots : "ne m'oublie pas trop vite, ...". Tu m'as souri.

Ce fut ta seule et unique réponse ce matin-là, et elle me plut beaucoup.
Maintenant, me voici attendant, redoutant ton retour prochain, car je ne sais pas vraiment le chemin que tout cela aura fait dans ta tête, car avec toi il est impossible de savoir, parce qu'avec toi je ne peux que vouloir, et me laisser porter par l'espoir ...




Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Samedi 17 février 2007 6 17 02 2007 13:49


Viens ici, viens tout contre moi ma douleur. Laisse moi me sentir vivante de souffrance. Fais moi verser les larmes que j'assèche depuis trop longtemps. Viens ma douleur, viens. Donne moi l'envie d'exorciser ce mal qui me ronge, toi qui laisses encore résonner en moi les mots qui blessent, les mots qui ravagent et tuent sur leur passage. Viens ma douleur, c'est fini, vraiment fini cette fois. Viens ma douleur. Oh comme j'ai mal. Physiquement mal. Elle est si belle. Je le lui ai dit dans le noir. L'es tu aussi, toi ma douleur ?

Je t'aime ma douleur.
Je t'aime je t'aime je t'aime.

Viens contre moi. Laisse toi prendre par moi, je n'en peux plus de cet amour, je n'en veux plus de ses détours. Viens ma douleur, je ne l'attends plus. C'est fini. Bien fini. Viens ma douleur. Serre ma gorge et assèche mon coeur. Viens ma douleur. Rougis mes yeux et ravage mon visage, laisse moi me couler dans ta substance, laisse moi trembler dans le manque et l'absence. Viens ma douleur.

Arrache moi le coeur, que je ne puisse plus penser.

Viens ma douleur, prends le je te le donne. Je t'attends ma douleur, tu as mis si longtemps, qu'as tu fait en chemin ? Viens, viens juste là, contre ma joue, caresse mon cou, c'est tout. Viens ma douleur. Je te laisserai pénétrer en moi, je n'ai que toi. Plus que toi. Viens ma douleur. Des mots qui se répercutent contre les murs de mon être, "c'est fini", "oublie moi". J'oublie dans la douleur, viens ma douleur. Aide moi, tu es la seule toujours là lorsque je suis mal, mon amie fidèle, viens ma douleur, viens ma belle.

Aller et venir, me laisser aller contre elle. Je l'ai effleurée toute la nuit, je l'ai étreinte, mais c'est ton tour maintenant ma douleur. Je l'ai caressée, embrassée puis serrée fort contre moi, à moins que ce n'ait été l'inverse. Elle m'a résisté, elle a cédé, elle m'a désirée, elle s'est emportée, elle a ri, pleuré, chanté, rêvé, déliré, finalement a pris ma main pour m'emmener avec elle, me faire pénétrer dans son monde étrange. Nous savions que ce serait la dernière fois. Je n'attends plus rien d'elle, mais de toi oui, ô ma douleur, viens vite.

Contre elle, je me suis assoupie, j'ai fait un long rêve : j'étais seule, dans une immense pièce très lumineuse, je savais que je devais fermer les rideaux mais j'en étais incapable. Finalement, quelqu'un les fermait pour moi, et je m'apercevais que malgré les rideaux je voyais toujours le soleil briller à l'extérieur. Cette constatation était un anéantissement, une douleur sans nom. Je me suis sentie terriblement seule contre elle au réveil. Toi ma douleur, tu étais là, déjà là, encore là, toujours là.

Je suis seule, viens ma douleur, c'est toi que j'attends maintenant ...
Viens ma compagne de toujours, sois ma compagne d'un jour.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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