Samedi 18 novembre 2006
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16:04
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Nous y sommes. C’est maintenant que je dois avoir la force, le cran de partir. Physiquement, je souffre, mais je n’ai rien voulu prendre pour apaiser cette douleur, car c’est par elle seule que je me sens en vie en cet instant précis. Le reste est mort, le reste tu l’as mis en miettes, nous l’avons réduit à néant.
Comme il est difficile cet instant, celui où je dois te quitter vraiment. Tu t’es garé dans une petite ruelle mal éclairée, derrière la gare. Tu ne veux pas voir mon père, et tu as raison. Je ne veux pas non plus, c’en est assez, j’ai eu ma dose pour ce soir. Le silence me pèse, mais je ne cherche rien à dire, je sais que je n’ai plus rien à te dire. Je suis terrifiée par ce vide qui m’envahit et me rend si froide. Tu pleures, c’est si rare, tu t’approches pour me caresser, mais je ne le supporte pas, je me raidis, alors tu retires ta main. Des gens passent dans la rue, des cris de joie pour eux, des sourires sincères aussi, nous somme le 31 décembre, quoi de plus normal ? Machinalement, j’ouvre puis je ferme le vide poche, mes mains s’occupent, elles ont du mal à supporter cette tension. Je reste là, attendant je ne sais quoi, je sens que je devrais dire quelque chose, mais je ne sais pas, et je ne suis pas prête pour les explications.
Alors j’ouvre la portière, m’apprête à sortir. Tu me retiens, tu m’obliges à te regarder … Tu plonges tes yeux dans les miens et tu me demandes :
«Tu m’aimes ?»
Je ne prends pas le temps de réfléchir, c’est inutile, mes sentiments répondent pour ma raison :
« Oui, bien sûr, je t’aime. Comme je n’aimerai plus jamais. »
Et en cet instant c’est ce que je me dis oui, plus jamais ça. Tu t’effondres sur le volant à ces mots, un cri rauque te tord, des sursauts t’agitent.
Je claque la portière, et je pars, sans me retourner.
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