
Pas de nouvelles de toi depuis presque deux jours... Tu me manques, ne pas avoir de tes nouvelles me manque. Essaies tu de mettre des distances entre nous avant ton retour à Paris ?
Est ce que je me rappelle vraiment comment étaient nos baisers ? Il me semble, dans un sentiment désagréable, que leur souvenir sensoriel s'efface peu à peu. Me retrouves tu encore dans tes rêves ? Tu as déserté les miens depuis que je suis rentrée à Paris. Je fais des rêves très étranges, que j'oublie quelques heures après le réveil si je ne les note pas tout de suite. Mais tu n'y es pas, je le sais.
Ma main est presque redevenue normale. Je passe ma journée à jouer aux Legos avec les filles.
J'ai reçu un texto d'O... ce matin, qui disait :
"Bientôt dans le Vercors. De retour après quelques années. Que de souvenirs ... On va repartir, pour Sisteron cette fois-ci. Je te raconterai :-)".
Il est parti avec sa copine en randonnée à VTT dans les Alpes, terminer cette grande traversée que nous n'avons jamais terminée ensemble. Il y a eu la rupture... C'est étrange ce sentiment de le savoir avec une autre, de le savoir reparti sur des sentiers défrichés avec moi, de le savoir dormir sous la même tente qu'elle, cette tente précisément que nous avions achetée tous les deux ensemble. C'est étrange oui, je me demande si il compare...
Ma chérie, sais tu qu'aujourd'hui encore, si je pense trop à toi, si je pense que je ne te serrerai plus dans mes bras, que nos lèvres ne s'aimeront plus, sais tu que ma vue se brouille et que mon coeur s'emballe ? Sais tu que ma gorge se noue, que mes poings se ferment, que ma mâchoire se serre ?
Tu le sais oui ... Et moi, je ne sais plus quoi faire pour t'oublier. Je n'accepte pas. Je me vois, je me sens, je me sais tourner en rond.
15/08/2007 - HANOI - RETOUR A PARIS
A l'image de l'évolution en Asie, c'est à vélo que nous avons découvert la première fois Hanoi, c'est en moto cette fois que nous arpentons la capitale. Au final, T... n'aura pas la rage.
Je ne veux pas garder comme souvenir du Vietnam ce que j'ai vu à Sapa. Je regrette que beaucoup de gens parlent de Sapa comme leur plus belle expérience au Vietnam.
Je veux garder comme souvenir ces journées passées dans le coeur du Vietnam pour moi, dans le delta du Mekong, auprès de la population, à partager avec rires jusqu'aux larmes et moments exceptionnels pour nous. Pour eux pas grand-chose, mais tellement pour nous.
Je voudrais que tout le monde puisse vivre ce que nous avons vécu là, mais restons réalistes, et égoïstes aussi. Ce que nous avons vécu là, nous l'avons vécu justement parce que ces endroits sont encore préservés de la folie touristique qui s'empare de l'Asie. Parce que la plupart des touristes du monde s'entassent dans les mêmes endroits, sur un même coin de plage ou de montagne. Nous avons partagé autant avec les gens parce que nous les avons rencontrés le sourire de notre bonheur d'être là dessiné sur notre visage, l'ouverture pour leur vie peinte dans nos regards, le respect pour eux dans le moindre de nos gestes.
Je veux garder en moi le bonheur des premiers pas dans ce pays qui est à moitié le mien, la joie d'être reconnue par certains comme telle, la fierté d'arborer mon premier prénom auprès d'eux, la timidité de tenter de le prononcer car au final, j'en suis bien incapable.
De la culture vietnamienne, je n'en ai que peu. Cependant, elle est ancrée en moi, que je le veuille ou pas. Et après ce mois vécu ici, c'est sûr : j'en veux, et j'en suis fière.
Je reviendrai.
Mais toujours un pas vers tes écrits.
Bien à toi