"ECRIRE, C'EST AUSSI NE PAS PARLER. C'EST SE TAIRE. C'EST HURLER SANS BRUIT." [Marguerite Duras]
Voici mes pensées : certaines sont de purs fruits de mon imaginaire, tandis que d'autres ont soufflé sur mon vécu. La frontière est parfois ténue, ... et alors ?
Ils l'ont dit
"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]
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Lécriture ? Bien sûr, cest un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, cest surtout un besoin, un miroir, une passion.
Jespère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
Je mis à nouveau des distances entre nous pendant quelques jours, le temps de te laisser mettre au clair tes idées, le temps aussi de décider ce que j'étais prête à accepter comme type de relation avec toi.
Mon séjour touchait à sa fin, et, dans une atmosphère printanière, je me retrouvai marchant dans la lande baignée de soleil, aux côtés de ma soeur, avec au creux du coeur une indicible et inexplicable joie de vivre. Nous ne parlions pas, ou peu, goûtant simplement cet instant de détente et d'insouciance. Nous cheminions presque inconsciemment sur le chemin de cette promenade maintes et maintes fois redécouverte, au fur et à mesure que notre regard avait changé. Enfants, nous venions ici cueillir les fleurs de mille pertuis pour fabriquer l'huile qui aiderait nos blessures de l'année à cicatriser, nous venions aussi ramasser les genêts morts que nous jetions dans la grande cheminée. Le feu de nos joies était alors inépuisable. J'ai eu une très belle enfance, pleine d'amour et de compréhension, une enfance durant laquelle on m'a armée dans la douceur à grandir pour prendre mon envol dans cette vie pas toujours tendre.
La promenade passait devant nos arbres. Nous nous arrêtames pour constater que celui de ma soeur avait dépassé de peu le mien, qui avait été malade l'année précédente. Les deux sapins étaient grands maintenant. Le premier avait été planté à ma naissance, le deuxième à la sienne, trois ans plus tard. Je rompis finalement le repos du silence : - J'ai quelque chose à te dire. Elle plongea ses yeux dans les miens, et murmura, face à mon air sérieux : - Tu m'inquiètes, là. Les mots restaient bloqués dans ma poitrine, je ne savais pas exactement comment lui parler. Elle attendait, le poids de son regard fixé sur moi. Finalement, mes sentiments firent naître ma parole, et je me lançai : - Voilà ... je suis amoureuse. - Je sais. - Tu sais, comment ça tu sais ? - Je sais, c'est tout. Je te connais. - Ah oui ? Et qu'est ce que tu sais d'autre ? Instant de flottement durant lequel elle sembla hésiter, n'osant pas me dire ce qu'elle pensait savoir de plus. Finalement, elle se décida : - Je crois que ce n'est pas d'un homme. - Hum ... Pourquoi dis tu cela ? Tu penses à quelqu'un ? - Peut être ... C'est quelqu'un que je connais ? - Oui. Tu l'as rencontrée au jour de l'an. - C'est ce que je pensais. C'est M ... - Oui - Hum. Et elle t'aime aussi ? - Je crois. Mais ce n'est pas simple. Elle n'arrive pas à l'accepter. Dis moi, ça ne te fait rien ? Ca ne te gêne pas ? - Je ne sais pas trop ... C'est assez abstrait pour moi, même si je l'ai senti. C'est étrange de te penser avec une autre femme. Et je pense que tu en reviendras. Je crois que c'est parce que O ... t'a beaucoup fait souffrir, qu'il t'a déçue. - Je ne crois pas. Mais peut être. Je ne suis sûre de rien. Je cherche. - Tu es encore attirée par les hommes ? - Certains, oui, je crois ... Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je suis un peu perdue. J'attends de me trouver. - Pour moi ce qui compte c'est que tu sois heureuse. - ... Merci. Merci pour ça. Ca me fait du bien de t'avoir parlé, parce que je t'ai toujours tout dit, on a toujours tout partagé, et là depuis quelques temps, j'avais l'impression de te mentir. Ca faisait mal. - Tu ne me mentais pas, puisque je savais. On y va ?
Pour moi ce qui devait être dit avait été dit. Je respectai son choix de clore la discussion à ce stade. Nous rentrâmes en passant par le petit bois, redescendant finalement par le lac et le réservoir, notant au passage la pousse des premières primevères. Je souris en pensant qu'elle les appelait les primejaunes étant petite.
Puis mes pensées dévièrent à nouveau vers toi, toi vers qui tout mon être tendait sans cesse. J'avais envie déjà de te retrouver, de te serrer tendrement dans mes bras, pour te faire oublier tes incertitudes, t'apprendre à m'aimer simplement. Pourtant, je ressentais un grand sentiment d'impuissance : la démarche devait venir de toi, pas de moi.
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