O mon amour, mon doux mon tendre mon merveilleux amour dit la chanson, comme tu m’as fait souffrir. Tout ce que tu m’as fait endurer, je l’ai subi sans broncher, sans dire un mot. Juste un cri, parfois, quand la douleur se faisait trop cuisante, quand la honte de me laisser faire devenait plus forte que mon amour pour toi.
Je t’aurai aimé avant de te détester, comme c’est tristement banal.
Des instants de cette violence resteront gravés en moi à tout jamais, des bribes de sensations, ancrées, figées pour toujours, ces instants dont je peux te décrire le moindre détail, la moindre sensation.
Dans cette voiture que j’ai cent fois maudite, dans ce couloir que je ne peux plus voir, dans cette chambre qui nous avait vus si souvent faire l’amour, nous avons fait la haine, la haine de deux corps qui se détestent d’incompréhension, la violence de deux êtres qui n’ont pas appris à transiger. Dans l’impuissance devant l’éloignement, nous nous sommes débattus, nous nous sommes combattus. Comme je t’en ai voulu.
Ces cicatrices que tu as gravées sur mon corps, ces cicatrices que presque personne ne voit mais que je sens en permanence, qui me brûlent quand j’y pense. Cette douleur qui ne partira jamais dans ma mâchoire, souvent absente, mais qui se rappelle à moi lorsque je vais mal, lorsque les doutes ressurgissent, lorsque ma confiance s’émiette, lorsque mon monde s’effondre. Car quand tout va mal, je pense à toi, malgré moi. Et la douleur se fait plus violente, je sens que mon corps t’en veut encore.
Par flashs ma mémoire me rappelle la souffrance, la déception, la rancune, la haine, l’envie de vengeance, les pleurs, l’horreur de la situation. Dans la voiture. Ton poing s’envole, ma lèvre éclate, le sang gicle sur le pare brise. La stupeur pèse l’espace de quelques secondes. Qu’est ce que tu as fait ? Tu ne comprends même pas pourquoi je saigne. Ca ne peut pas être toi. Que s’est il passé ? Le temps d’un regard, je me demande si ma tête va exploser elle-aussi, la douleur est fulgurante, elle me transperce, me fait suffoquer, je ne respire plus, d’ailleurs je n’en ai plus envie. Plus fort que tout le reste, du fond de mon âme ruinée monte un cri, mélange de terreur et de douleur, je l’entends comme celui de quelqu’un d’autre, ça ne peut pas être moi. Ni toi. Non, c’est une chose que déjà je refuse.
Nous sommes le 31 décembre. Il est 20h, nous sommes devant le restaurant. Il n’y aura pas de dîner ce soir. Je sors de la voiture que tu as arrêtée. Je sais que tu parles, mais je ne t’entends pas, rien n’a de sens. Je suis incapable de réfléchir, alors je cours. J’ai froid dans ma robe. Il a encore neigé la nuit dernière, je peine à avancer, je ne suis plus sur la route, mes pensées se perdent dans la nuit, et mon sang sur la neige. Etrange image, il me semble l’avoir vue quelque part déjà. Etait-ce en cauchemar ? J’ai mal. Tu me rattrapes, mais je continue, je n’entends rien, ne veux rien entendre. Je rentre à la maison, j’appelle mon père. Il arrive, mais il est loin.
Ensuite, je ne me souviens plus très bien. Je crois que je m’enferme dans la salle de bain. Frénétiquement, au-dessus du lavabo, je lave le sang qui continue de couler, inlassablement, jusqu’à ce que mon corps ne saigne plus. Je lève la tête vers le miroir et ne me trouve pas. Les larmes coulent sans interruption, je ne parviens pas à les arrêter, à retrouver une contenance. Je me sens atteinte, détruite, impossible à reconstituer.
Pourtant je descends au salon. Tu es là, tu m’attends, tu me dis « Alors tu pars, sans qu’on en parle ? C’est ce que tu veux, que notre histoire se termine comme ça ? ». Oui, c’est ce que je veux, que notre histoire se termine par une nuit d’hiver, dans un bain de sang. Bien sûr, c’est évident, oui.
Comme il est amer le goût de notre défaite.
Je t’aurai aimé avant de te détester, comme c’est tristement banal.
Des instants de cette violence resteront gravés en moi à tout jamais, des bribes de sensations, ancrées, figées pour toujours, ces instants dont je peux te décrire le moindre détail, la moindre sensation.
Dans cette voiture que j’ai cent fois maudite, dans ce couloir que je ne peux plus voir, dans cette chambre qui nous avait vus si souvent faire l’amour, nous avons fait la haine, la haine de deux corps qui se détestent d’incompréhension, la violence de deux êtres qui n’ont pas appris à transiger. Dans l’impuissance devant l’éloignement, nous nous sommes débattus, nous nous sommes combattus. Comme je t’en ai voulu.
Ces cicatrices que tu as gravées sur mon corps, ces cicatrices que presque personne ne voit mais que je sens en permanence, qui me brûlent quand j’y pense. Cette douleur qui ne partira jamais dans ma mâchoire, souvent absente, mais qui se rappelle à moi lorsque je vais mal, lorsque les doutes ressurgissent, lorsque ma confiance s’émiette, lorsque mon monde s’effondre. Car quand tout va mal, je pense à toi, malgré moi. Et la douleur se fait plus violente, je sens que mon corps t’en veut encore.
Par flashs ma mémoire me rappelle la souffrance, la déception, la rancune, la haine, l’envie de vengeance, les pleurs, l’horreur de la situation. Dans la voiture. Ton poing s’envole, ma lèvre éclate, le sang gicle sur le pare brise. La stupeur pèse l’espace de quelques secondes. Qu’est ce que tu as fait ? Tu ne comprends même pas pourquoi je saigne. Ca ne peut pas être toi. Que s’est il passé ? Le temps d’un regard, je me demande si ma tête va exploser elle-aussi, la douleur est fulgurante, elle me transperce, me fait suffoquer, je ne respire plus, d’ailleurs je n’en ai plus envie. Plus fort que tout le reste, du fond de mon âme ruinée monte un cri, mélange de terreur et de douleur, je l’entends comme celui de quelqu’un d’autre, ça ne peut pas être moi. Ni toi. Non, c’est une chose que déjà je refuse.
Nous sommes le 31 décembre. Il est 20h, nous sommes devant le restaurant. Il n’y aura pas de dîner ce soir. Je sors de la voiture que tu as arrêtée. Je sais que tu parles, mais je ne t’entends pas, rien n’a de sens. Je suis incapable de réfléchir, alors je cours. J’ai froid dans ma robe. Il a encore neigé la nuit dernière, je peine à avancer, je ne suis plus sur la route, mes pensées se perdent dans la nuit, et mon sang sur la neige. Etrange image, il me semble l’avoir vue quelque part déjà. Etait-ce en cauchemar ? J’ai mal. Tu me rattrapes, mais je continue, je n’entends rien, ne veux rien entendre. Je rentre à la maison, j’appelle mon père. Il arrive, mais il est loin.
Ensuite, je ne me souviens plus très bien. Je crois que je m’enferme dans la salle de bain. Frénétiquement, au-dessus du lavabo, je lave le sang qui continue de couler, inlassablement, jusqu’à ce que mon corps ne saigne plus. Je lève la tête vers le miroir et ne me trouve pas. Les larmes coulent sans interruption, je ne parviens pas à les arrêter, à retrouver une contenance. Je me sens atteinte, détruite, impossible à reconstituer.
Pourtant je descends au salon. Tu es là, tu m’attends, tu me dis « Alors tu pars, sans qu’on en parle ? C’est ce que tu veux, que notre histoire se termine comme ça ? ». Oui, c’est ce que je veux, que notre histoire se termine par une nuit d’hiver, dans un bain de sang. Bien sûr, c’est évident, oui.
Comme il est amer le goût de notre défaite.
par * Andromède *
publié dans :
1) O ... Lui