Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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Jeudi 19 juin 2008

Voici la suite de notre histoire mon amour. Oui, forcément il y a une suite. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il y a une suite, à l'image de notre amour, belle, passionnée et impossible.
Tu as fini par m'appeler. Tu avais revu X..., pour la première fois depuis ton retour du Vietnam, parce que j'avais insisté pour que tu le fasses, même si tu n'en avais pas envie. Je voulais que tu sois tout à fait claire vis-à-vis de tes sentiments pour lui. Tu l'as revu, et ton sentiment général s'est confirmé : tu ne sentais pas quelque chose de possible entre vous. Je n'étais pas censée influencer ce choix, ce sentiment. Je ne voulais pas que ce soit le cas. J'aurais voulu que tu renonces à lui simplement parce qu'il ne te convenait pas. J'ai bien conscience que ce n'est pas tout à fait ainsi que ça s'est passé. Les dés étaient forcément faussés, puisque nous venions de passer quelques jours merveilleux ensemble, juste toi et moi.
Mais à ce moment-là, peu m'importait, tout ce qui comptait pour moi, c'était de retrouver la chaleur de tes bras, la douceur de tes étreintes, l'amour dans ton regard au réveil. J'ai retrouvé tout cela. Nous sommes reparties, ensemble. Je t'ai demandé un engagement, une fidélité, un investissement dans notre relation. Tu as accepté. Je ne t'ai pas demandé de construire, je ne t'ai pas demandé d'assumer. Un pas après l'autre... Je te sentais présente, heureuse, et ça me semblait suffisant pour commencer. Que tu me tiennes la main dans la rue ou m'embrasses devant des amis, tout cela n'avait pas vraiment d'importance alors, et je sentais que ça pourrait venir. Je ne devais pas te brusquer.
Quant à la construction, au projet de couple, même à ce stade de notre relation tu ne l'envisageais pas. Tu ne l'avais jamais envisagé. Jamais. Et pourtant, j'ai toujours espéré. Toujours...
C'est sur ces bases certes frêles mais plus solides que jamais que nous avons repris le cours de notre vie ensemble. J'étais heureuse. Le mois d'août s'est terminé, tranquillement, et septembre a pointé le bout de son nez.
Il y a eu une soirée importante pour moi. Ma soeur était à Paris. Tu l'avais déjà rencontrée une fois, et vous vous étiez bien entendues. Depuis longtemps déjà je lui avais parlé de mon amour pour toi. Je savais que, pour elle, c'était quelque chose d'abstrait. Elle ne nous avait jamais vues ensemble, mais elle avait beaucoup entendu parler de toi. J'ai voulu que nous passions une soirée toutes les trois, et tu as accepté. Tu appréhendais cette soirée, parce que tu ne savais pas comment te comporter, ce que j'attendais de toi. Je n'attendais rien de spécial. Je voulais simplement que tu rencontres, dans un cadre plus intime qu'une soirée avec des dizaines de personnes, la personne qui compte le plus pour moi, ma soeur. Lorsque nous sommes arrivées chez toi, tu as fait la bise à ma soeur, et tu m'as simplement déposé un baiser sur la joue. Un peu plus qu'un baiser sûrement... Quelque chose qui aurait pu dire : je ne suis pas tout à fait à l'aise dans cette situation, mais je t'aime.
Puis la soirée s'est drapée dans le naturel et les rires ont ponctué les discussions. Ma soeur avait perdu sa chienne la veille, mais elle a mis en suspens sa tristesse pour rire de nos bêtises. La tension de début de soirée a fini par disparaître. Tu nous as donné le droit d'être un couple face à quelqu'un, et ce quelqu'un était ma soeur. C'était important, très important. Nous sommes restées dormir chez toi. Ma soeur a dormi sur le canapé, dans le salon. J'ai dormi contre toi dans ton lit, dans notre lit. Nous avons fait l'amour, dans une longue étreinte, espérant la discrétion, étouffant les soupirs dans un sourire.

 
Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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