
Le soir même, avant de me coucher, j'appelai mon colocataire et ami pour le prévenir de mon retour le lendemain. La nuit était déjà assez avancée, et il me sembla que sa discussion était un peu décousue, voire complètement décalée. Je compris rapidement qu'il avait trop bu. Il me dit qu'il était dans une soirée chez P..., cet ami commun chez qui je t'avais rencontrée quelques mois plus tôt. Il me dit que tu y étais aussi. Je parlai quelques minutes avec lui, puis je t'entendis derrière lui demander si c'était moi au téléphone et, quelques secondes après sa réponse positive, te saisir du téléphone :
- Bonsoir !
Mon coeur fit un bond, et je ne trouvai pas tout de suite quelque chose à te répondre, ce qui laissa s'installer un long silence. Je pensai que c'était la première fois que nous nous parlions au téléphone : tu m'avais souvent dit que tu détestais téléphoner, car au téléphone les silences t'oppressaient, prenant un poids qu'ils n'avaient pas dans la réalité. Dans ma tête les pensées se bousculaient. Je pensai à ce silence qui ne s'était jamais installé entre nous, à nos longues discussions où les silences mêmes étaient des paroles puisque nous les comprenions, je pensai à ce silence, objet de mon travail théâtral aussi depuis deux mois. Je pensai au silence, et je me taisais. Mais, prenant conscience de la tension que je t'infligeais par là-même, je lâchai d'une voix porteuse de mon trouble grandissant :
- Bonsoir
Le contact était établi. Sans t'encombrer de banalités et de politesses, peut être même sans vraiment penser à l'impact que tes mots produisaient sur moi, tu enchaînas :
- Tu sais, tu me manques vraiment. Et je crois que tu as raison, il n'y a pas de raison pour que toi et moi on ne soit pas ensemble.
Ainsi, ta réflexion avait pris ce chemin là ... Je t'engageai simplement à continuer :
- Et ?
- Et ce n'est pas facile pour moi de te dire ça. Mais je veux essayer d'aller au-delà de mes blocages, parce que je tiens énormément à toi. Tu rentres quand ?
- Demain matin. J'ai cours jusqu'à 20h.
- Bon. Si tu veux et peux, je suis disponible demain soir, on pourrait se voir, et parler de tout cela.
- Oui je peux. Si je veux ? Quelle question, bien sûr, tu le sais bien ...
- Alors appelle moi quand tu sors de cours, et nous conviendrons d'un endroit où nous retrouver, d'accord ?
- D'accord.
- Je te rends ton coloc'. Je t'embrasse. J'ai hâte de te voir demain.
- Moi aussi. Tu me manques tellement.
- Idem. Bonne nuit.
par * Andromède *
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3) M ... Elle

Je mis à nouveau des distances entre nous pendant quelques jours, le temps de te laisser mettre au clair tes idées, le temps aussi de décider ce que j'étais prête à accepter comme type de relation avec toi.
Mon séjour touchait à sa fin, et, dans une atmosphère printanière, je me retrouvai marchant dans la lande baignée de soleil, aux côtés de ma soeur, avec au creux du coeur une indicible et inexplicable joie de vivre. Nous ne parlions pas, ou peu, goûtant simplement cet instant de détente et d'insouciance. Nous cheminions presque inconsciemment sur le chemin de cette promenade maintes et maintes fois redécouverte, au fur et à mesure que notre regard avait changé. Enfants, nous venions ici cueillir les fleurs de mille pertuis pour fabriquer l'huile qui aiderait nos blessures de l'année à cicatriser, nous venions aussi ramasser les genêts morts que nous jetions dans la grande cheminée. Le feu de nos joies était alors inépuisable. J'ai eu une très belle enfance, pleine d'amour et de compréhension, une enfance durant laquelle on m'a armée dans la douceur à grandir pour prendre mon envol dans cette vie pas toujours tendre.
La promenade passait devant nos arbres. Nous nous arrêtames pour constater que celui de ma soeur avait dépassé de peu le mien, qui avait été malade l'année précédente. Les deux sapins étaient grands maintenant. Le premier avait été planté à ma naissance, le deuxième à la sienne, trois ans plus tard.
Je rompis finalement le repos du silence :
- J'ai quelque chose à te dire.
Elle plongea ses yeux dans les miens, et murmura, face à mon air sérieux :
- Tu m'inquiètes, là.
Les mots restaient bloqués dans ma poitrine, je ne savais pas exactement comment lui parler. Elle attendait, le poids de son regard fixé sur moi. Finalement, mes sentiments firent naître ma parole, et je me lançai :
- Voilà ... je suis amoureuse.
- Je sais.
- Tu sais, comment ça tu sais ?
- Je sais, c'est tout. Je te connais.
- Ah oui ? Et qu'est ce que tu sais d'autre ?
Instant de flottement durant lequel elle sembla hésiter, n'osant pas me dire ce qu'elle pensait savoir de plus. Finalement, elle se décida :
- Je crois que ce n'est pas d'un homme.
- Hum ... Pourquoi dis tu cela ? Tu penses à quelqu'un ?
- Peut être ... C'est quelqu'un que je connais ?
- Oui. Tu l'as rencontrée au jour de l'an.
- C'est ce que je pensais. C'est M ...
- Oui
- Hum. Et elle t'aime aussi ?
- Je crois. Mais ce n'est pas simple. Elle n'arrive pas à l'accepter. Dis moi, ça ne te fait rien ? Ca ne te gêne pas ?
- Je ne sais pas trop ... C'est assez abstrait pour moi, même si je l'ai senti. C'est étrange de te penser avec une autre femme. Et je pense que tu en reviendras. Je crois que c'est parce que O ... t'a beaucoup fait souffrir, qu'il t'a déçue.
- Je ne crois pas. Mais peut être. Je ne suis sûre de rien. Je cherche.
- Tu es encore attirée par les hommes ?
- Certains, oui, je crois ... Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je suis un peu perdue. J'attends de me trouver.
- Pour moi ce qui compte c'est que tu sois heureuse.
- ... Merci. Merci pour ça. Ca me fait du bien de t'avoir parlé, parce que je t'ai toujours tout dit, on a toujours tout partagé, et là depuis quelques temps, j'avais l'impression de te mentir. Ca faisait mal.
- Tu ne me mentais pas, puisque je savais. On y va ?
Pour moi ce qui devait être dit avait été dit. Je respectai son choix de clore la discussion à ce stade. Nous rentrâmes en passant par le petit bois, redescendant finalement par le lac et le réservoir, notant au passage la pousse des premières primevères. Je souris en pensant qu'elle les appelait les primejaunes étant petite.
Puis mes pensées dévièrent à nouveau vers toi, toi vers qui tout mon être tendait sans cesse. J'avais envie déjà de te retrouver, de te serrer tendrement dans mes bras, pour te faire oublier tes incertitudes, t'apprendre à m'aimer simplement. Pourtant, je ressentais un grand sentiment d'impuissance : la démarche devait venir de toi, pas de moi.
(SUITE)
par * Andromède *
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3) M ... Elle

Face à ma douleur, que pouvais je faire d'autre que m'y laisser aller ? C'est ce que je fis, durant quelques jours.
M'enfonçant chaque jour de plus en plus.
Heureusement, un séjour prévu de longue date chez mes parents me sortit de cet état de désespoir dans lequel j'étais en train de me noyer.
Cinq jours après notre rupture, je fis ma valise et pris le train vers le sud, la tête pleine de pensées pour toi, la tête pleine de regrets et d'une sensation amère d'inachevé.
Je me sentais vide, incapable de pensées constructives et, regardant le paysage défiler au rythme effréné des moments passés contre toi, je me demandais déjà quand nous allions nous revoir, malgré cette décision que j'avais prise et que je t'avais signifiée de ne plus te voir. Trop difficile de te voir sans pouvoir te toucher, te caresser, t'embrasser. Trop difficile de te voir et de me sentir une parmi d'autres, de ne pas me sentir "celle". Mais tu me manquais tellement déjà ...
J'arrivai donc dans ma famille, éteinte et triste. En sortant du train, je mis mon masque de bonne humeur, j'affichai une attitude dynamique et rayonnante. Je sais faire. Personne ne savait pour toi, personne ne savait pour nous, personne ne savait pour moi. Et le moment n'était pas venu d'en parler. De plus, il arrive parfois qu'en faisant illusion je parvienne à m'auto-persuader réellement que tout va bien. Je tentai le coup.
Comme à chaque fois, la semaine s'annonçait bien remplie, activités avec mon père, avec ma soeur, avec mes frères, avec ma mère : une petite randonnée sur deux jours à cheval avec ma soeur, une journée de ski avec mon frère, quelques parties de tennis avec mon père, la relecture d'un manuscrit avec ma mère, quelles évasions seule à vélo, et tous ces gens que je devais voir ...
Je me souviens de la dernière fois que je suis venue passer quelques jours chez mes parents, je me rappelle des coups de téléphone furtifs que je te passais pour te raconter mes journées, et de toi qui chaque fois décrochais en riant pour me demander comment se passaient mes vacances au Club Med.
Bref, perdue dans cette activité incessante, je parvins à ne pas du tout te contacter pendant trois jours. Je crois même que pendant quelques heures parfois je parvenais à t'oublier complètement. Mais ce n'était que pour voir ton image resurgir presque avec violence pour dissiper mon oubli.
En milieu de semaine, je t'envoyai un long mail pour te faire part de la douleur de ton absence. Tu y répondis rapidement, par un long mail, torturé, dans lequel tu me disais combien je te manquais mais aussi à quel point tu te sentais incapable d'assumer une relation avec moi. Ce mail, tu me l'écrivis dans l'avion, concluant : "Comme d'habitude un temps magnifique sur paris, l'atterrissage va être une vraie partie de plaisir, encore. Comme toujours, j'ai peur. Je déteste. J'adore."
Dans cette simple phrase de circonstance, tout était dit, cette phrase c'était toi, exactement toi, telle que je t'aimais, mais telle que tu me faisais souffrir aussi.
(SUITE)
par * Andromède *
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3) M ... Elle
En titre de ce court post, une phrase que j'aime beaucoup de Renoir. Une phrase que j'aime tout particulièrement me répéter lorsque cette douleur me prend, me vrille les tempes, me tord le ventre.
Seule la beauté restera.
Je vais avoir de quoi écrire ... J'ai de quoi écrire maintenant.
Je reviens vite.
(SUITE)
par * Andromède *
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Ecrirelavie / Vie du BLOG
Et pourtant, il y a une suite à tout cela. Oui, il y a une suite. Mais comme elle ne fait pas mal, la suite, je n'arrive pas à l'écrire, ou du moins je ne ressens pas le besoin impérieux de l'écrire. Je vais le faire, mais il m'est tellement plus facile d'écrire ma douleur que d'écrire simplement que je suis heureuse. C'est étrange comme j'ai, comme souvent celui, celle, qui écrit, peint, dessine, ... a besoin de douleur pour sortir ce qu'il y a de beau en lui. Comme un moyen d'exorciser. Je crois qu'il y a une certaine violence là-dedans.
Je reviendrai bientôt, j'essaierai d'écrire ce qu'il se passe, j'essaierai de dire mon bonheur. C'est loin d'être facile, il faut un certain apaisement, un certaine sérénité je crois pour parvenir à écrire cela.
par * Andromède *
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Ecrirelavie / Vie du BLOG
Désespérée, déboussolée, je ne sais plus que penser. Espoir, désespoir, résignation, persévérance, j'oscille et je balance. Pourquoi ? Sans raison, déraisonnable, lamentable, je cherche une issue improbable. Combien de nuits et de réveils en sursaut, combien d'instants douloureux, ces réveils où je me dis c'est fini, où, pire encore, je me dis que ça n'a jamais commencé.
Des bribes de sensations me reviennent, le parfum de ta peau, la douceur de tes caresses, la tendresse de tes baisers, mon trouble contre le tien.
Partir, je devais partir, une fois de plus, une dernière fois, tirer la porte derrière moi, te laisser te rendormir sûrement, indifférente peut-être. J'aurais aimé m'attarder encore, mais je sentais que ma présence t'était de plus en plus pesante, tu étais là presque comme tu aurais accompli un devoir, une obligation, et cette idée me déplaisait fondamentalement. Je devais partir, partir, partir, alors que cette perspective me terrifiait.
Je n'y parvenais pas : un dernier baiser, juste un dernier, puisque c'est le dernier, donne le moi, juste un encore, puis un autre, encore, encore ... je t'aime, je t'aime, je t'aime, je vais partir parce que je t'aime, embrasse moi, prends moi contre toi, je m'en vais, laisse toi aller, je pars, oublie moi vite, puisque je pars, je ne t'oublierai pas, moi, mais je m'en vais, je t'aime, laisse moi le souvenir de ton souffle dans mon cou. Je pars.
J'ai pris les escaliers, pas l'ascenseur. Besoin de me sentir respirante, à défaut de me sentir vivante. Je marchais ivre, sans avoir bu. Baudelaire m'accompagnait : "Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve."
Je marchais ivre de toi, dans ce jour hostile, dans cette rue, dans cette vie trop extérieure à moi-même pour que je comprenne les gens qui l'empruntaient. Je suppose que mon regard devait paraître furieux, mais mon âme ne l'était pas, elle n'était qu'abattue, en plein vol, abattue, sans un râle, abattue, dans une caresse d'opale. Et après ? Après, j'ai marché, loin encore, plus loin qu'il ne fallait, je me suis perdue, je me suis retrouvée. Cheminant, les pensées se faisaient confuses, je sentais encore, troublée, le parfum de ton corps sur moi, pourtant tout se passait en moi-même. Je ne sais pas pourquoi, mais alors que je descendais finalement les marches menant au métro, je me sentais terriblement tendue. J'ai étouffé quelques larmes, je ne veux pas pleurer avec toi, je ne veux pas pleurer pour toi, j'ai trop pleuré pour d'autres, pour un autre. Je ne veux plus pleurer. Je ne veux plus, je ne veux plus. Je bloque mes larmes, comme pour me convaincre qu'elles n'existent pas. Je les ravale, alors qu'elles m'étouffent. Je bloque, j'encaisse, et ma tension s'accentue. Mes muscles se raidissent, je souffle, je m'essouffle mais peu importe. Je ne pleurerai pas.
Dans ma tête, tournait en boucle "Mon étoile" : Tu me dis que c'est facile, pour toi, d'oublier, ... qu'il te suffit de partir, pour oublier ... Oh oui, j'ai besoin d'aimer pour exister, tout comme toi. Sans amour tu t'ennuies, tout t'ennuie, je le sais, nous sommes pareilles, oh oui, trop pareilles pour que tu m'aimes comme je le voudrais. J'aurais voulu me taper la tête contre les murs pour sortir cette chanson, ces pensées, de ma tête, pour t'effacer, pour t'oublier toi qui ne voulais plus de moi. Mais je suis sage, je suis raisonnable, alors j'ai pris le métro tout simplement, portant ma façade d'indifférence, traînant ma peine avec endurance. J'avais envie de fusiller tous ces regards qui se posaient sur moi et qui n'étaient pas le tien, envie d'être seule, enfin. J'ai baissé les yeux, j'ai fermé les yeux pour empêcher les larmes de couler. Rageusement, j'ai essuyé celles qui avaient forcé le passage au moment de sortir à ma station. J'ai marché d'un pas vif jusque chez moi, dans l'air frais de ce début d'après midi, dans la rue baignée de soleil où s'affairaient des gens dont j'aurais voulu faire taire les sourires complaisants.
Enfin, j'ai refermé la porte de l'entrée derrière moi et poussé un soupir d'apaisement éphémère. J'ai claqué la porte de la chambre, tiré les rideaux, jeté mon manteau sur une chaise, méthodiquement ôté mes chaussures, et je me suis effondrée sur le lit. J'ai tenté vainement de me blottir dans le souvenir du parfum de ton corps et de la saveur de tes baisers. Je sentais toutes les tensions accumulées faire pression pour sortir, elles poussaient, elles insistaient, refusaient de laisser faire ma volonté qui voulait empêcher mon corps de craquer. Dans un souffle, n'y tenant plus, pas assez forte pour m'interposer, j'ai finalement cédé. J'ai pleuré longtemps, pour épuiser mon chagrin, pour vider et laver mon corps de ma peine, pour faire taire cette sourde douleur qui battait dans mes tempes. Incapable d'y faire face complètement, je l'ai laissée pénétrer en moi, lui ai permis de me posséder entièrement. Certains diraient que je me suis laissée allée à me complaire dans cette douleur, l'alimentant par là-même. Peut être ...
J'ai pris un stylo, du papier, et je lui ai écrit, pour qu'elle vienne me retrouver : Ô ma douleur ...
(SUITE)
par * Andromède *
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3) M ... Elle
(Acrylique d'Ana Pardo, "Arbre de l'oubli")Ne plus penser, ou essayer d'oublier en tous cas. Ne plus penser pour oublier, ou oublier pour ne plus penser ...
Elle m'a dit que c'était dur de ne plus me voir. Je lui ai dit qu'on se reverrait, mais que j'avais besoin de temps. Je lui ai dit que je n'y arrivais pas, à l'oublier, que je la voyais à chaque tournant de rue, dans chaque vitrine, dans chaque sourire que je croisais, dans chaque larme que je versais. Elle qui m'avait si souvent dit qu'elle avait l'oubli facile (je sais qu'elle aimerait que ce soit vrai), je lui ai demandé comment faire pour oublier. Voici ce qu'elle m'a répondu, me joignant une chanson de Céline Dion (!) :
"Ce rituel est à faire en pleine lune ou lune décroissante, un vendredi soir (donc après le théâtre pour toi)
Il te faut :
Une bougie blanche
De l'encens de dammar (va savoir ce que c'est...)
Des pétales de rose rouge séchés et broyés (important que ce soit rouge)
Commencer d'abord par faire brûler l'encens de dammar.
Allumer ensuite la bougie blanche, sur laquelle il faut disperser les pétales de rose rouge (afin de les embraser).
Prendre alors la bougie dans tes mains (attention de pas te brûker), concentre toi sur ce que tu vas demander (oublier, ou autre demande tiens, profites en)
Ensuite tu dois dire ceci à voix haute, trois fois de suite :
"Nous nous sommes aimées
Mais cela n'est plus.
Vénus Aphrodite,
Déesse de l'amour,
Aidez moi dans ma démarche,
Afin que mon coeur l'oublie,
Que ma peine s'en aille,
Que je cesse de ne penser qu'à elle,
Pour que je puisse enfin reprendre ma vie normalement.
Qu'il en soit ainsi. "
(3 fois hein, n'oublie pas)
Tout en disant cela, tu dois visualiser toute ta peine s'évaporer, puis une fois fini, reposer la bougie sur l'autel.
Tout en l'éteignant (attention encore une fois de ne pas te bruler), imagine que la fin de cette flamme correspond à la fin de ta peine, et que désormais tu pourras reprendre une vie normale, et voir un jour la flamme se rallumer pour une autre personne.
Ensuite tu vas te coucher et tu laisse ta peine se dissiper dans ton sommeil.
Ensuite ne pense plus à tout ça pendant quelques jours, et laisse agir le rituel. Ca marche pour de vrai, tu verras ;)
Dis moi si ça a marché ou si il faut que je trouve une autre solution pour toi !"
Mais je n'ai pas l'oubli facile, magie ou non. Une chanson de Brel trotte dans ma tête :
"On n'oublie rien de rien
On n'oublie rien du tout
On n'oublie rien de rien
On s'habitue c'est tout"
Je n'oublie rien ...
par * Andromède *
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3) M ... Elle
Pourquoi est-ce toujours dans ces instants de ma faiblesse, de ma fragilité, de ma tristesse, que tu ressurgis ? Salaud. Je pense à cette chanson pour toi, elle te va, nous va, si bien.
Les jours qui s'écoulent lentement sans elle, les réveils de plus en plus douloureux, le manque de plus en plus criant, les larmes toujours un peu plus amères.
Et toi, toi, toi ... C'est le moment que tu choisis pour te rappeler à ma mémoire sélective.
Après notre séparation, j'ai essayé d'oublier, de t'oublier, pour me reconstruire. Je t'aimerai toujours. Salaud. Pourtant je t'ai trop haï pour t'aimer encore sainement. Trop de violence, trop de souffrances, trop de rancune.
Te rappelles-tu à quel point ce film, Eternel Sunshine of the Spotless Mind, t'avait marqué, te souviens tu m'avoir fait promettre de ne jamais t'oublier ? Pourtant oui, j'ai essayé de t'oublier, j'aurais voulu, à un moment donné, complètement t'effacer de ma mémoire. J'ai cru en être capable, j'ai cru qu'il me suffisait de passer à autre chose, d'aimer de nouveau, et de ne plus me retourner sur le passé. Du jour au lendemain, j'ai coupé tout lien. Bien sûr, c'était vain, je n'oublie pas comme ça, j'ai simplement voulu le croire.
Aujourd'hui, mon coeur est en morceaux, de nouveau. Je ne veux plus que tu aies quelques chose à voir là-dedans.
Aucune nouvelle de toi depuis des mois, mais c'est ce moment que tu choisis pour m'appeler. Hier soir, alors que j'étais plongée dans une torpeur d'elle, à ressasser, à repasser tous ces instants, allongée sur mon lit, les mains derrière la tête, le téléphone a sonné. Tu voulais me proposer d'aller voir un match de hand avec toi ce soir. Tu m'as dit : "j'y vais seul et ... j'ai pensé à toi." Je t'ai répondu que je n'étais pas libre ce soir. Un silence pesant s'est installé, que tu as finalement rompu : "tu me manques". Je n'ai rien dit, j'ai pensé que si je t'avais eu en face de moi je t'aurais arraché les yeux pour ces quelques mots. Salaud. J'ai coupé court à cette conversation et raccroché poliment, trop tard, trop loin, trop mal, trop tout court. Salaud.
par * Andromède *
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1) O ... Lui
(Dessin d'Isabelle Pourbaix)La douleur se niche au creux de mon être, elle m'accompagne (pour combien de temps encore?) et coule en moi, quelques chansons et poèmes se joignent à elle. La facilité n'est pas de mon monde, elle veut me faire croire qu'il est du sien, elle me dit qu'elle a l'oubli facile. J'ai perdu Mon Etoile (Tafta). C'était une étoile filante, une de plus, une de moins. Celle ci était différente. Un rire amer me traverse : tout passe. Cette sensation de perte et de déchirure passera aussi. Les paroles d'une autre chanson me reviennent :
par * Andromède *
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3) M ... Elle
Viens ici, viens tout contre moi ma douleur. Laisse moi me sentir vivante de souffrance. Fais moi verser les larmes que j'assèche depuis trop longtemps. Viens ma douleur, viens. Donne moi l'envie d'exorciser ce mal qui me ronge, toi qui laisses encore résonner en moi les mots qui blessent, les mots qui ravagent et tuent sur leur passage. Viens ma douleur, c'est fini, vraiment fini cette fois. Viens ma douleur. Oh comme j'ai mal. Physiquement mal. Elle est si belle. Je le lui ai dit dans le noir. L'es tu aussi, toi ma douleur ?
Je t'aime ma douleur.
Je t'aime je t'aime je t'aime.
Viens contre moi. Laisse toi prendre par moi, je n'en peux plus de cet amour, je n'en veux plus de ses détours. Viens ma douleur, je ne l'attends plus. C'est fini. Bien fini. Viens ma douleur. Serre ma gorge et assèche mon coeur. Viens ma douleur. Rougis mes yeux et ravage mon visage, laisse moi me couler dans ta substance, laisse moi trembler dans le manque et l'absence. Viens ma douleur.
Arrache moi le coeur, que je ne puisse plus penser.
Viens ma douleur, prends le je te le donne. Je t'attends ma douleur, tu as mis si longtemps, qu'as tu fait en chemin ? Viens, viens juste là, contre ma joue, caresse mon cou, c'est tout. Viens ma douleur. Je te laisserai pénétrer en moi, je n'ai que toi. Plus que toi. Viens ma douleur. Des mots qui se répercutent contre les murs de mon être, "c'est fini", "oublie moi". J'oublie dans la douleur, viens ma douleur. Aide moi, tu es la seule toujours là lorsque je suis mal, mon amie fidèle, viens ma douleur, viens ma belle.
Aller et venir, me laisser aller contre elle. Je l'ai effleurée toute la nuit, je l'ai étreinte, mais c'est ton tour maintenant ma douleur. Je l'ai caressée, embrassée puis serrée fort contre moi, à moins que ce n'ait été l'inverse. Elle m'a résisté, elle a cédé, elle m'a désirée, elle s'est emportée, elle a ri, pleuré, chanté, rêvé, déliré, finalement a pris ma main pour m'emmener avec elle, me faire pénétrer dans son monde étrange. Nous savions que ce serait la dernière fois. Je n'attends plus rien d'elle, mais de toi oui, ô ma douleur, viens vite.
Contre elle, je me suis assoupie, j'ai fait un long rêve : j'étais seule, dans une immense pièce très lumineuse, je savais que je devais fermer les rideaux mais j'en étais incapable. Finalement, quelqu'un les fermait pour moi, et je m'apercevais que malgré les rideaux je voyais toujours le soleil briller à l'extérieur. Cette constatation était un anéantissement, une douleur sans nom. Je me suis sentie terriblement seule contre elle au réveil. Toi ma douleur, tu étais là, déjà là, encore là, toujours là.
Je suis seule, viens ma douleur, c'est toi que j'attends maintenant ...
Viens ma compagne de toujours, sois ma compagne d'un jour.
par * Andromède *
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3) M ... Elle