Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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Mardi 10 juillet 2007

Il y a quelques semaines, j'étais dans le métro avec mon prof de théâtre, et nous sommes passés devant cette affiche :





Je n'ai pas relevé pour ma part, ne connaissant pas Gustave Parking. Mais mon prof m'a dit : "ce spectacle, il faut absolument aller le voir". Je me suis contentée de retenir dans un coin de ma tête.
Et samedi soir, j'y suis allée.

Un conseil : si vous êtes sur Paris, courez-y !
Il paraît qu'il y a certaines choses dans la vie qu'il faut avoir vues, entendues, lues ... Je n'ai jamais trop su comment prendre ces "il faut absolument que tu lises ceci, que tu ailles voir cela, ...", mais si les choses à faire existent, alors aller voir au moins une fois Gustave Parking en fait partie.

Cet humoriste hors normes m'a donné mal aux zygomatiques, ce qui n'est pas peu, je suis plutôt entraînée ;-)

Le spectacle regroupe les meilleurs morceaux des différents spectacles de ce vieux routard du rire. Entre poésie, humour et politique, les 2h de spectacle passent sans qu'on s'en aperçoive. Tout est EXCELLENT, de bout en bout, vraiment allez y, vous ne serez pas déçus !

Il joue jusqu'à début septembre au Théâtre Trévise à Paris, tous les jours du mardi au samedi, à 21h30.
Concernant le prix, il y a un droit d'entrée à 2euros, et ensuite une libre participation en sortie de spectacle.

Un dernier conseil. Allez y ! (comment ça je me répète ? ;-))


Par * Andromède * - Publié dans : A écouter, à voir, à lire ...
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Jeudi 21 juin 2007

J'allai de groupe en groupe dans cette soirée étrange, tentatives biens futiles de lier le contact avec ces gens dans l'état où j'étais. Je me sentais lamentable. Et j'étais une étrangère ici, dans cette fête semi familiale, semi amicale, dont je ne connaissais même pas les hôtes. Je me sentis rapidement mal à l'aise.

P... finit par m'apercevoir, et me présenta à notre jeune hôtesse, charmante jeune femme d'une vingtaine d'années, au regard rieur et à la joie de vivre communicative, fine et élancée, jolie blonde dont les yeux bleus dévoraient le visage.

Dès lors, P... se fixa pour objectif de me faire passer une bonne soirée. Mais rien n'y fit. Je me sentais très égoïste, à traîner ma douleur de manière si visible. Et elle ne savait toujours pas pourquoi j'étais dans cet état. 
Elle me fit boire, et cela délia ma langue. Je ne la connaissais que très peu, et pourtant je lui confiai tout, appréhendant un peu sa réaction.
Elle prit cela sur un ton que je pris pour léger. Mais finalement, au détour d'une phrase anodine elle lâcha : "une femme m'a beaucoup fait souffrir aussi".
Je la regardai avec curiosité, mais je n'étais pas vraiment étonnée, j'avais senti quelque chose. A partir de ce moment notre relation bascula, et j'en fus très gênée.

Elle se mit à tenter de me séduire ouvertement. Dans un premier temps, je répondis à ses attentes, perdue dans les brumes de l'alcool et dans le désir de plaire, de me sentir vivante. Pourtant, rapidement ma raison reprit le dessus : elle ne me plaisait pas, j'étais seulement triste à en mourir, et je ne voulais en aucun cas mettre en péril les relations que nous avions, car je pensais au théâtre et à la pièce que nous préparions : je ne tenais pas du tout à ce que des tensions viennent perturber les cours. Je mis de la distance, ce qu'elle ne comprit pas je crois.

Un homme d'une quarantaine d'années m'aborda, un latino beau parleur. J'appris rapidement qu'il était argentin et négociant en vins. Il se mit en tête de m'en faire goûter quelques uns. Je passai un délicieux moment, nous parlâmes de mon "pays", à travers ces nectars de vie,  côtes du rhône et saint joseph, vins de pays, cornas et saint péray ... Je revivais mon enfance. Il fut  agréablement surpris de découvrir que, si mes paroles ne le reflétaient pas forcément, mon palais était exercé et conscient.
Il me demanda ce que je faisais dans la vie, je lui répondis que je m'ennuyais, mais devant son regard interrogateur je me sentis obligée d'ajouter que j'étudiais le droit depuis presque 4 ans.

Il sourit et m'entraîna avec lui pour me présenter à deux de ses "amies", les soeurs Loncol, qui réalisaient des documentaires sur le monde de la justice. Une discussion passionnée s'engagea, qui me rappela finalement ce qui m'avait fait choisir cette filière. Je pouvais être passionnée. Dans les mois qui suivraient, j'engagerais une réflexion personnelle à ce propos : pourquoi mes études m'ennuyaient-elles alors pourtant que ce domaine pouvait me passionner ? Quel était l'élément déclencheur ?

Bref, la soirée s'acheva et m'acheva aussi : je me noyai dans le relationnel, au risque (dans le but ?) de me perdre moi-même. Je raccompagnai P... chez elle, à quelques rues de là. Devant sa porte, je lui dis bonne nuit, et elle me proposa de monter et de passer la nuit chez elle. Je refusai et le rouge lui monta aux joues, elle ajouta précipitamment : "C'est juste que ... Tu as trop bu pour rentrer, tu devrais rester". Je refusai une nouvelle fois et lui dis que je n'avais pas bu une goutte d'alcool en trop, une petit sourire aux lèvres.

Je ne sais plus exactement comment mais je parvins chez moi, après quelques heures de marche. Le métro avait du reprendre, mais j'avais besoin encore de marcher. Besoin de me coucher parce que la douleur de mes muscles m'y forcerait.

J'arrivai chez moi et m'effondrai, plus vide que jamais.



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 18 juin 2007
Voilà voilà, je réponds enfin à l'invitation ;) Vieux motard que jamais :))


Quatre emplois que j’ai faits dans ma vie:


Ah, ça c'est la partie "CV" ;) ...
- Cueillette des fruits : mon 1er emploi. Un mois tous les étés de mes 14 à mes 18 ans. Framboises, cerises, abricots, pêches :))
- Auxiliaire de vie pendant deux mois dans une maison de retraite ... L'été de LA canicule :(
- Vendeuse chez Décathlon pendant deux mois l'été
- Assistante dans un cabinet d'avocat pendant trois mois
 

Quatre films que je regarderais encore et encore :

- Les Demoiselles de Rochefort, pour Catherine Deneuve et tous les autres, pour la scène du repas en alexandrins, pour Michel Piccoli touchant d'humanité en "Monsieur Dame", pour les dialogues et les chansons savoureux, pour les couleurs :)
- Princess Bride, pour le "as you wish" du beau blond à la belle blonde, pour les folles poursuites dans les marais de feu et pour Peter Folk qui est un conteur fabuleux :)
- Million Dollar Baby : pour Cliiiiiiiinnnnnttttt qui est mon idole :) Pour la noirceur du propos. Pour la justesse du jeu des acteurs. Pour la musique. Pour les scènes de combat, à couper le souffle ...
- Volver : pour la musique et l'instant magique où la chanson "Volver" est chantée. Pour tout.

Quatre endroits où j’ai vécu :

- L'ardèche : toute mon enfance
- La Drôme : un passage de quelques années
- Diverses villes en région parisienne
- Paris

Quatre émissions/séries de télé que je regarde :

- Friends (ça c'est MA série :))))))
- Desperate Housewives
- Urgences
- Les 4400

Quatre lieux où je suis déjà allée en vacances

- Carcassonne, où j'ai passé toutes mes vacances étant petite, dans un centre de vacances de moto cross :))
- L'Allemagne, vers Stuttgart
- L'Irlande, à Dublin
- Divers massifs montagneux que j'ai traversés à VTT : les Alpes, le massif central, ...

Quatre choses que je fais sur le Net :

- Envoyer et recevoir des mails, parler sur msn avec mes amis
- Bloguer ;)
- Acheter : livres, cds, billets de train ou d'avion, et autres divers selon ...
- Gérer : mon compte courant, organiser mes déplacements, ...

Quatre mets que je ne mangerais pour rien au monde

- Du cheval
- De l'humain
- Du chien
- Du chat
(sous toutes réserves parce qu'en cas de nécessité extrême je pense que les "pour rien au monde" tombent à l'eau. Enfin, en tous cas dans la vie quotidienne je ne mange pas ces quatre "animaux", par éthique ;) En dehors de cela je mange TOUT. lol)

Mes quatre plats favoris
- Spaghettis bolognaise
- Rouleaux de printemps
- Raclette
- Un bon plateau de fruits de mers bien frais

Quatre endroits où j’aimerais être en ce moment :

- Dans ses bras, n'importe où
- Assise au sommet d'une montagne au moment où le soleil se lève
- Équipée (bouteilles, combi, masque) sous l'eau dans la mer de corail
- Dans une belle descente juste un peu boueuse en VTT

Quatre personnes qui, selon moi, me répondront :

Bon, c'est pas de la flème de ma part, mais je ne sais absolument pas qui est susceptible de me répondre. J'aimerais que ceux qui ont envie de me répondre le fassent. C'est une bonne occasion pour découvrir certains aspects de personnes que l'on ne connaît qu'à travers leurs blogs ... Je trouve le principe très sympathique. Après, à chacun de voir s'il veut se prêter au jeu :)

Quatre personnes qui me feraient une agréable surprise en me répondant:

Idem que la précédente.

   
Par * Andromède * - Publié dans : En vrac
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Vendredi 15 juin 2007

A peine réveillée, je me levai, me douchai.  Elle était en train de préparer sa valise : elle partait pour une semaine à l'étranger le lendemain.
Au moment de partir, je revis ces nombreuses fois où déjà j'étais partie ne pensant pas revenir.
Cette fois pourtant, quelque chose s'était cassé, quelque chose était différent : il y avait quelqu'un d'autre entre nous, et elle m'avait trahie. J'éprouvais à son égard un ressentiment immense, un mélange de reproches, de critiques, de déception, de jalousie, de haine pure aussi. Elle était incapable de fidélité, versatile, prétentieuse, égoïste. Quand avait-elle pensé à moi ? Bien sûr j'étais anéantie de la perdre, mais plus encore, de la perdre ainsi, dans ce manque de respect total. Elle dut voir passer quelque chose dans mon regard car elle me dit : "Vas y, dis moi tout ce que tu penses de moi. Dis moi ta haine, je l'ai cherchée. Dis moi les choses qui font mal et que tu penses si fort".

Je lui répondis qu'il n'en était pas question, que jamais je n'avais été dans une démarche de destruction vis à vis d'elle, et que ce ne serait jamais le cas. Elle me demanda de quoi j'avais parlé si longuement la veille avec X... Je lui répondis que ce n'était plus mon problème, qu'elle n'avait qu'à en parler avec lui si c'était nécessaire. Elle me répondit qu'il n'était pas du genre à parler, et j'y lus le premier indice de leur échec.

Je m'emparai de mon sac, et m'avançai vers elle pour un dernier baiser. Elle recula. J'insistai, et elle céda, dans un baiser passionné qui me laissa une nouvelle fois chavirée et prête à tout. Pourtant je claquai la porte sans me retourner.


Suivit une journée d'errance dans les rues de Paris. Je marchai sans but, perdue dans des réflexions stériles. J'arrivai en fin de journée épuisée d'avoir trop marché, résignée et prête à tirer un trait sur cette histoire. Je me rendis au théâtre comme cela avait été prévu, mais avec une place en trop que j'avais prise pour elle. Je la donnai à quelqu'un qui se méfia dans une premier temps puis finit par me remercier. Je partis avant la fin de la pièce, incapable de rester en place.
En sortant, j'appelai une amie du même cours de théâtre que moi pour aller prendre un verre. Elle me répondit qu'elle n'était pas disponible, qu'elle était dans une soirée chez une amie qui fêtait son anniversaire, mais que si j'en avais envie je pouvais me joindre à la soirée. Je lui répondis que j'allais y réfléchir. Quelques minutes plus tard, je la rappelai pour lui demander l'adresse : tout plutôt que me retrouver face à moi-même.

Ving minutes plus tard, j'arrivai dans une soirée parisienne pour le moins hétroclite : dans une immense appartement proche de Pigalle se mêlait une centaine de personnes âgées de cinq à soixante (?) ans ...

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Dimanche 10 juin 2007

Ces derniers temps, je revois O... (voir la catégorie "O ... Lui").

Je l'ai aimé, je l'ai détesté. J'ai vécu 3 ans avec lui. Avec des hauts et des bas, mais toujours dans une relation intense et passionnelle telle que le 1er grand amour peut apporter.
Je l'ai quitté. Plusieurs fois. Jusqu'à la dernière fois, il y a presque un an. Avec la ferme intention de ne plus jamais céder à son charme indéniable, de ne plus céder aux sentiments que j'aurai toujours pour lui.
Je l'ai quitté de manière détestable, pour qu'il me déteste lui aussi. C'est plus facile ainsi. Je voulais qu'il reparte.

Et cette fois, il est reparti. Il est amoureux, il est avec une femme formidable. Depuis 6 mois. Il ont prévu d'emménager ensemble dans l'année qui vient. Il a l'air heureux, comme apaisé. Bien sûr, quand il me parle d'elle je vois dans ses yeux, quand je ne l'entends pas dans ses mots, que ... Ce n'est pas pareil que nous. Il le dit presque avec regret. Pourtant nous savons très bien tous les deux qu'une relation comme celle que nous avions ne pouvait être que destructrice.

Aujourd'hui je le sens plus serein, et je suis très sincèrement heureuse pour lui. Pour nous aussi. Car depuis qu'il est avec elle, j'arrive à le revoir.

Je l'ai vu aujourd'hui.
Je me sens bien avec lui. Je l'aime encore. Je l'aimerai toujours, et je sais que c'est réciproque. Ce que j'ai ressenti aujourd'hui à son contact, c'est simplement du bien être, la sensation de me sentir aimée de quelqu'un que j'aime est l'une des plus belles sensations qui existent. Aujourd'hui, l'amour destructeur que nous avons pu nous donner s'est mué en tendresse attentive, en complicité naturelle. Je suis heureuse de pouvoir aujourd'hui trouver en lui un ami, un peu spécial certes, mais une personne sur laquelle je sais pouvoir compter et qui me comprend sans que j'aie à prononcer un mot. Je me sens apaisée aussi par rapport à lui.
La haine s'est en allée. La rancoeur aussi. La sensation d'un immense gâchis s'est dissipée.

Je sais maintenant que nos vies prennent des chemins différents et qu'il sera pourtant toujours là.


Et par dessus tout, je suis fière de voir qu'aujourd'hui nous sommes parvenus à retisser après tout cela des liens aussi bénéfiques pour l'un comme pour l'autre. Des liens de confiance, de tendresse, de compréhension. Nous sommes arrivés à cet idéal que nous étions incapables d'atteindre en tant que couple. Je suis fière, et un grand sourire se dessine sur mes lèvres. En me quittant aujourd'hui, il m'a simplement dit : "je suis heureux pour nous". Je lui ai souri et ce sourire ne me quitte pas.



Par * Andromède * - Publié dans : 1) O ... Lui
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Dimanche 10 juin 2007

Ce moment-là fut difficile. Les lieux aussi sont chargés de souvenirs. Elle se déshabilla, et mit de la musique, comme toujours pour s'endormir. Je la rejoignis dans le lit, je m'allongeai et lui tournai le dos. Je ne voulais pas qu'elle me voie pleurer.


Elle avait mis une chanson de Carla Bruni qui tournait en boucle :


"On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses.
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos chagrins il s'en fait des manteaux
Pourtant quelqu'un m'a dit

Que tu m'aimais encore,
C'est quelqu'un qui m'a dit que tu m'aimais encore.
Serai ce possible alors ?

On me dit que le destin se moque bien de nous
Qu'il ne nous donne rien et qu'il nous promet tout
Parait qu'le bonheur est à portée de main,
Alors on tend la main et on se retrouve fou
Pourtant quelqu'un m'a dit ...

Que tu m'aimais encore,
C'est quelqu'un qui m'a dit que tu m'aimais encore.
Serait ce possible alors ?

Mais qui est ce qui m'a dit que toujours tu m'aimais?
Je ne me souviens plus c'était tard dans la nuit,
J'entend encore la voix, mais je ne vois plus les traits
"Il vous aime, c'est secret, lui dites pas que j'vous l'ai dit"
Tu vois quelqu'un m'a dit...

Que tu m'aimais encore, me l'a t'on vraiment dit...
Que tu m'aimais encore, serait ce possible alors ?

On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos tristesses il s'en fait des manteaux,
Pourtant quelqu'un m'a dit

Que tu m'aimais encore,
C'est quelqu'un qui m'a dit que tu m'aimais encore.
Serait ce possible alors ?"


Je crois qu'elle ne l'avait pas fait volontairement, qu'elle n'avait pas fait attention à la chanson qu'elle avait choisie. Pourtant aujourd'hui, je ne peux plus entendre cette chanson sans verser une larme, involontairement.

Au début, seules quelques larmes roulèrent sur ma joue. Puis elles en entraînèrent d'autres. M... vint se blottir contre moi, passa tendrement sa main sur mon visage. C'en fut trop pour moi. J'éclatai littéralement en sanglots, et je ne fus plus qu'un mélange de hoquets, tremblements et sursauts. Elle me prit dans ses bras, caressa mes cheveux, et me dit simplement que c'était mieux ainsi.

Oh, comme je lui en voulais de cette douleur. De nouveau. Je m'endormis finalement, vidée, épuisée.


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 4 juin 2007

Il devait être quelque chose comme 4h du matin. Nous retournâmes dans la soirée.
Je me désintéressai ensuite complètement de la manière dont sa soirée s'acheva. Pour ma part, je la passai à parler avec X..., accoudée au bar, et nous bûmes beaucoup ensemble.

Je l'écoutai surtout. Il me dit plusieurs choses : la première, c'était que M... n'aurait jamais du faire quoique ce soit avec moi, parce que ce n'était pas elle ça, elle aimait les hommes. Et elle le savait. Je ne répondis rien à cela. Je ne savais pas vraiment quoi en penser. Il avait probablement raison, elle m'avait si souvent répété qu'il ne lui viendrait jamais à l'idée de se retourner sur une fille dans la rue, et que j'étais la seule à l'avoir jamais attirée. Quoiqu'il en soit, le temps de ces questions là était révolu, et je ne réagis donc pas à ce qu'il me disait.
Il me dit ensuite que s'il n'avait qu'un conseil à me donner, ce serait celui-ci : fuir très vite et très loin de M..., avant d'être trop attachée à elle. La fuir parce que c'était une personne qui faisait souffrir les gens qu'elle aimait. La fuir, parce qu'elle ne construirait jamais rien avec moi. Je le regardai avec un sourire narquois et lui rétorquai :
"Forcément tu me dis de fuir, ça t'arrange ... Mais pourquoi ne suivrais tu pas ton propre conseil ?".
Il me répondit qu'il était trop amoureux. Qu'elle l'avait beaucoup fait souffrir, et que ça lui avait permis de prendre de la distance par rapport à elle. Il me dit :
"Tu vois, ce soir elle me dit qu'elle veut construire avec moi. Mais j'attends des preuves. Pour l'instant ce ne sont que des mots. Je reste prudent. Mais je crois qu'elle a gagné en maturité. Avant, elle avait un côté très superficiel. Elle pouvait parler pendant des heures avec quelqu'un et avoir tout oublié, le nom, le visage, tout, de la personne, quelques minutes après. Elle était énormément dans le paraître, et s'attachait à des détails insignifiants."
Il me parla ainsi de tout ce qu'il avait détesté chez elle, mais qui aujourd'hui avait évolué.

Moi, très sincèrement, je lui souhaitai bonne chance avec elle, parce qu'il allait souffrir de nouveau, je le sentais malgré le semblant de recul dont il faisait preuve. Et puis, les relations amoureuses qui reprennent parce qu'on pense que l'autre a changé, c'est de la poudre aux yeux. Quelque part je le plaignais. Ailleurs, je le détestais lui aussi.

Mais je ne pouvais que reconnaître qu'il était charmant, intéressant, qu'il avait l'air très amoureux et plein de bonne volonté. Devant ce raisonnement bien trop rationnel face à la douleur qui me tordait le ventre, je me dis que je n'avais pas assez bu. Nous commençâmes ensemble l'un de ces jeux d'alcool stupides.

Un peu avant 6h, nous partîmes tous les trois, X..., M... et moi, tous un peu titubants, mais toujours douloureusement conscients. Arrivés à la bouche de métro, il prit à gauche. Nous devions prendre à droite. Dans un souffle, elle me dit : "attends moi", et elle disparut à gauche avec lui. J'entendis plusieurs métros passer, et j'attendis presque une demie heure, dans un état de tension extrême. Je n'osai pas m'avancer vers leur quai pour voir s'ils étaient partis, pour voir si, comme je le craignais, elle s'était moquée de moi jusqu'au bout, me laissant l'attendre en plan.  Pourtant, il me semblait de temps à autre entendre sa voix dans le couloir. Mais je n'en étais pas certaine. Au bout d'une demie heure finalement, je la vis revenir avec soulagement, l'air triste. Mais je m'en moquais. Elle pouvait bien être triste un peu elle aussi ...

Nous rentrâmes sans un mot. Dans le métro je ne la quittai pas des yeux. Elle avait les traits tirés, fatigués, elle avait trop bu, et son regard était vide, simplement vide. Plus je la regardais, et plus je la trouvais subjectivement laide.
Sur le chemin entre la station de métro et chez elle, je l'embrassai contre la grille d'un parc. Elle se laissa faire, mais me dit que je ne devais plus l'embrasser. Je lui demandai pourquoi. Elle me dit qu'elle avait décidé de se remettre avec X..., donc qu'elle ne pouvait plus m'embrasser. Je m'écartai. Nous arrivâmes chez elle. 


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Vendredi 1 juin 2007

Quelles possibilités avais-je à présent ?

Boire, boire jusqu'à ne plus rien comprendre, jusqu'à ne plus rien entendre, jusqu'à ce que son image s'efface alors même qu'elle était face à moi. Mais si je déteste perdre le contrôle en général, ça m'est d'autant plus désagréable lorsque cette perte de contrôle est due à l'alcool. J'écartai cette idée.

De quoi avais-je envie ? De fuir. De partir, sans un regard, sans un mot, sans un geste, claquer la porte et m'enfoncer dans la nuit déjà bien avancée, les mains dans les poches, de courir jusqu'à ne plus savoir pourquoi je courais, jusqu'à ce que mon souffle soit si court qu'il se perde en un seul râle, jusqu'à ce que ce hurlement qui grondait en moi sorte, de manière saine. Peut être que cet agissement aurait été la solution la moins destructrice.

Mais je n'arrivai pas à m'y résoudre. Pourquoi ? Parce que partir ainsi, c'était accepter. Et je n'acceptais pas. Je voulais des explications, je voulais que son regard se pose sur moi et qu'elle me rende des comptes, je voulais ... Et en même temps je ne voulais pas, parce qu'en cet instant, je la haïssais : peu importe ce qu'elle pourrait me dire ou ne pas me dire, rien ne l'excusait, rien ne m'empêcherait de la détester. Je pensais à cette haine, à cet échec face auquel elle me mettait  et, dans la pénombre d'une pièce mal éclairée, la tête baissée, les cheveux devant les yeux, les larmes inondaient mon visage, glissaient dans mon coup, s'écrasaient lamentablement au sol.

Soudain, je sentis un corps se glisser contre le mien, m'enlacer, et je la reconnus aussitôt. Je sentis son parfum. Parmi toutes les sensibilités que mon corps peut éprouver, celle liés à l'odorat, les parfums, les senteurs, sont celles qui me projettent le plus violemment dans le souvenir de mes vécus, dans ces passés intemporels où se mêlent jouissances et souffrances. Son parfum me prit à la gorge et m'entraîna dans les détours obscurs de mon imaginaire mêlé à mes souvenirs. J'éprouvai en cet instant le même violent désir pour son corps que celui dont l'étreinte m'avait laissée sans force lors de notre premier baiser. Mais immédiatement, à ce désir se superposa l'image révoltante de sa bouche en embrassant une autre, de ses bras enlaçant une taille qui n'était pas la mienne. Dans un élan venant du fond de mon âme, je la repoussai, dégoûtée qu'elle ose encore me toucher. Je pleurais toujours. Elle revint, une fois, deux fois, je la repoussai toujours, de moins en moins fermement. La troisième fois, je n'en eus pas la force. Je l'embrassai. Il y avait des gens autour de nous, oui, et alors ? Elle ne s'aviserait pas de m'en tenir rigueur étant données les circonstances, et j'en profitai pour lui voler ce baiser public qu'elle ne me donnerait jamais. Elle glissa tout de même dans mon oreille : sortons pour parler, tu veux bien ? Je lui répondis que moi je n'avais rien à lui dire. Elle me dit qu'elle si. Nous sortîmes donc dans le couloir.

Je m'étais assise, adossée au mur, et m'étais mise en tailleur. Elle s'assit face à moi, me prit les mains s'inclina et posa sa tête sur mon épaule. Puis elle parla. Et ce qu'elle dit acheva de m'anéantir.

"Tu le sais, Andromède, je ne peux pas faire ma vie avec une femme. Tu es une femme. Crois moi, si tu avais été un homme, je n'aurais pas hésité un seul instant. Mais ce n'est pas le cas. J'ai embrassé X... ce soir, j'ai embrassé plusieurs hommes cette semaine. Je t'ai trompée, plusieurs fois cette semaine, en Espagne, les occasions ne manquent pas et tu le sais. Tu peux me détester, maintenant peu importe. Déteste moi c'est tout ce que je mérite. Et toi, tu mérites mieux que ce que j'ai à t'offrir. Je n'ai rien à t'offrir. Cette relation n'est pas saine, elle est à sens unique, tu donnes et moi je n'arrive pas à te donner ce que tu es en droit d'attendre dans un couple : de l'engagement, de la construction, de la fidélité, du sexe. J'ai dit à X... que jétais avec toi. Pourtant oui, je l'ai embrassé ce soir, et ce n'est pas juste pour que tu me détestes. Je l'aime encore, je l'ai toujours aimé. Je ne me rappelle plus pourquoi je l'ai quitté après un an de vie commune. Simplement un matin, je ne pouvais plus le voir dans ma vie, tout en lui m'insupportait. Mais je l'aime et je l'aimerai toujours, alors j'ai envie de nous donner une seconde chance et de retenter quelque chose avec lui. Je sais à quel point nos enfants seront beaux. Lui et moi, nous sommes pareils. Et puis, j'ai parlé avec lui ce soir, il a changé, il a gagné en maturité. Il est prêt à certaines concessions, et il s'est aperçu avec du recul à quel point il m'aimait."

Je l'écoutais, abasourdie, pleine d'incompréhension face à ce qu'elle me disait. Elle empestait l'alcool. Une semaine auparavant, elle me parlait de lui et m'expliquait point par point pourquoi elle ne se remettrait jamais avec lui. Je renonçai pourtant à lui rappeler pourquoi, en effet, elle ne se remettrait jamais avec lui. Peu importait, elle en avait assez dit. Je me contentai de lui dire que je ne croyais pas aux secondes chances des couples qui s'étaient déhcirés. Que selon moi ça ne fonctionnait jamais. Même quand on s'aimait encore. Je la pris dans mes bras et l'embrassai.
Voilà ... J'étais prête à renoncer.
Mais je voulais passer une dernière nuit contre elle. Alors je lui dis : d'accord, on arrête, puisque ton choix est fait. Mais on finit la soirée comme prévu. Nous rentrons chez toi, toutes les deux, nous passons cette dernière nuit ensemble, et demain je pars, je sors de ta vie et toi de la mienne. Ensuite, je ne veux plus jamais entendre parler de toi.

Devant mon insistance, elle finit par accepter cet accord étrange.



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 30 mai 2007

Il me dit :

"Attends, ce n'est pas elle tout de même ?"
"Si"
"Mais enfin, à la manière dont elle embrasse ce type, elle ne peut pas être avec toi ... Regarde la bien, est ce qu'elle a l'air d'une femme qui aime les femmes ?"
En effet, dans cette situation, elle n'en avait pas l'air.

Je baissai la tête, cherchant bien inutilement à trouver une certaine sérénité. Un sentiment de violence inouïe était en train de m'envahir, et il était hors de question que j'y cède. La volonté de faire mal moi aussi se faisait pressante, et je craignais la manière dont elle pourrait s'extérioriser. Je serrai les poings pour canaliser la colère qui me gagnait. Lorsque je suis vraiment en colère, je pleure. Je tremble aussi. Mais ce qui se voit le plus, c'est que je pleure. Inévitablement, quelques larmes roulèrent sur ma joue. Je fermai les yeux, mais je les rouvris aussitôt, car ouverts ou fermés, c'est son image à elle que je voyais, son image à elle que je haïssais déjà. Je crois finalement qu'il ne s'était écoulé que quelques secondes depuis mes derniers mots, car lorsque je relevais la tête, mon interlocuteur était toujours là, me regardant attentivement, l'air presque protecteur malgré son air un peu gêné. Il approcha sa main de ma joue pour essuyer mes larmes dans un geste plein de tendresse sincère, et ce mouvement balaya le parfum dans son cou pour le porter jusqu'à moi. Dans un élan que je ne compris pas et que je ne contrôlai pas d'avantage je glissai ma main dans son cou et déposai un baiser charnu sur ses lèvres. Il me le rendit, et nos bouches se mêlèrent dans un baiser où se noyait ma détresse. Rapidement pourtant, il me repoussa doucement, et me demanda :
"Mais que fais tu ?"
Mon regard se porta à nouveau vers M..., qui embrassait X..., encore, encore, encore ... Pas un regard pour moi, mais elle savait que je la regardais, je le sentais.
Je lui répondis simplement :
"Je suis triste et j'ai tellement mal ... Alors, pourquoi pas ?"
Il me regarda droit dans les yeux et dit : "Tu m'utilises, c'est ça ?". Je n'avais pas envie de réfléchir, au pourquoi, au comment, je laissai donc les mots parler sans moi et je lui confirmai :
"Oui, je t'utilise"
Il esquissa un sourire étrange et ajouta :
"Très bien, mais alors si tu m'utilises, fais le vraiment", et, se déplaçant juste à côté de M... et X... toujours enlacés, il m'attira contre lui et m'embrassa outrageusement. Je sais qu'elle le vit cette fois au moins. L'instant ne dura pas, une tristesse infinie m'envahissait, et cette situation m'était insupportable. Je me dégageai tendrement, je le remerciai, et je me retrouvai hésitante : que faire ?



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 23 mai 2007

Il me demanda si j'étais venue seule. J'hésitai mais je répondis que non. Nous parlâmes de beaucoup de choses, mais surtout de couple. Finalement, il lâcha maladroitement :

"J'aime les femmes, mais je suis avec un homme en ce moment".

Il me regardera, semblant attendre quelque chose. Je lui demandai pourquoi il me disait cela à moi. Il me répondit qu'il ne savait pas, qu'il sentait quelque chose entre nous, comme s'il pouvait me parler sans crainte, comme si j'allais le comprendre.
Je lui demandai ce qu'il faisait avec un homme si il aimait les femmes. Il me répondit qu'il était amoureux, mais surtout qu'il ne pouvait pas apporter aux femmes ce qu'elles attendaient de lui.

Devant mon air interrogateur, il précisa :

"Tu te demandes ce que je crois qu'une femme attend d'un homme ? De l'engagement, des enfants, un mariage. Je ne me sens pas prêt. Mais surtout de la virilité, de l'assurance. Et moi, je ne veux pas être viril. Je suis un homme sensible, à fleur de peau, je veux avoir le droit de pleurer".


Je le regardai droit dans les yeux et lui dis :

"Tu sais, des tas des femmes rêvent d'un homme comme toi : sensible."

Son discours résonnait en moi, je repensais aux multiples raisons qui m'avaient fait fuir O... après 3 ans de vie commune, et parmi celles ci (même si ça n'avait pas été la raison déterminante) il y avait sa volonté presque maladive d'engagement, de mariage, d'enfants : tout, tout de suite, alors que j'étais si jeune. Je repensais à mes récentes expériences, et à ma recherche de la sensibilité dans le couple, qui m'avait fait prendre certains risques inconsidérés.

J'ajoutai : "Si tu avais voulu me séduire, c'est exactement le type de discours que tu aurais du tenir". Et lui, sans faillir, soutenant mon regard, de me rétorquer :
"Je sais."

Je fus troublée de cette réponse, et je lui demandai de me servir un autre verre. Pendant ce temps, mon regard dévia, sur M... et X... qui étaient quelques mètres plus loin à peine, très proches physiquement l'un de l'autre, et semblant plongés dans une conversation profonde. A deux ... Je sentais le sang battre dans mes tempes, mais je tentais de me contenir. Je me dis qu'après tout, M... avait toujours été une personne très tactile et qu'il n'y avait rien d'anormal à cette situation. Remarque bien sûr insuffisante à me rassurer. Je tentai d'accrocher son regard, mais elle était complètement ailleurs. Pourtant, je savais qu'elle savait que j'étais là, et que je la regardais.

Mon chevalier servant revint, esquissant un sourire, et me demanda :
"Alors comme ça tu es accompagnée ce soir ?".
Je répondis par l'affirmative, et lui d'enchaîner :
"Corrige moi si je me trompe, mais je crois que ... je crois que tu es avec une femme, non ?".
Je lui demandai ce qui lui faisait dire cela. Il répondit :
"Je ne sais pas, un sentiment, quelque chose que tu dégages, une force, et puis ta manière de parler du couple ...".
Un brin provocatrice, je lui demandai :
"Quelque chose que je dégage, une force ? Tu veux dire quelque chose comme le cliché qu'on peut se faire de la lesbienne, masculine ?"
Il eut l'air gêné et bafouilla quelques mots :
"Non, pas du tout, au contraire, tu es très ... comment dire ... très. Enfin, tu vois. Tu es une femme quoi, c'est évident. Très féminine. Enfin, ... Je me trompe ?"

Je pris le temps de peser mes mots. En réalité, j'hésitais à répondre la vérité, parce que ma relation avec M... n'était pas officielle, et qu'elle ne voulait pas qu'elle le soit. Je n'y tenais pas forcément non plus. J'étais arrivée ici avec elle comme "amie". Donc j'hésitai. Finalement je lui répondis :

"Oui, en effet, je suis avec une femme".

Mais alors même que je prononçais ces mots, mon regard dévia vers elle, et je la vis s'approcher de X... et déposer sur ses lèvres un long baiser, en l'enlaçant. Ma vue se brouilla l'espace de quelques secondes, le rouge me monta aux joues, et je ressentis le besoin de m'accouder au bar. Rage, détresse, révolte, tristesse, trahison, irrespect. Je me sentais bafouée.
Finalement, je refis surface et devant l'air interrogateur de mon interlocuteur, j'ajoutai : "Enfin, ... Je crois". Il suivit mon regard et lorsque qu'il se tourna à nouveau vers moi, son expression avait changé, mélange d'incompréhension et de colère.



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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