Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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Mercredi 17 octobre 2007


La peur s'avéra tout à fait justifiée. Une dispute survint une semaine avant le départ pour Marseille. Nous avions passé le WE ensemble, et nous étions dimanche soir. Nous n'avions fait aucun projet pour la soirée, lorsque X... l'appela, lui proposant d'aller dîner avec lui. Sans me demander ce que j'en pensais, elle accepta. Dès qu'elle eut raccroché, le ton haussa des deux côtés. Je ne voulais pas qu'elle aille dîner en tête à tête avec lui parce que je savais où cela pouvait mener, parce qu'elle m'avait déjà trompée une fois avec lui, parce que je n'avais pas confiance, et elle ne voulait pas que je lui dise ce qu'elle pouvait faire ou ne pouvait pas faire. Je la poussais à bout, et finalement la mis face à ce choix : c'est un dîner avec lui ou c'est moi. Si tu y vas ne compte pas sur moi pour revenir.
A peine eus je prononcé ces mots que je les regrettais déjà. Pourquoi ? Parce que je n'étais aucunement prête à les assumer, et parce qu'en formulant ainsi la chose, je savais l'attitude provocante que j'adoptais. Le résultat fut celui attendu, elle me répondit presque immédiatement : je vais dîner avec lui, j'ai dit oui.
Après une dispute longue et houleuse dont je passe les détails ici, je parvins à lui faire annuler son dîner pour passer juste une dernière soirée avec moi, pour ne pas la quitter là-dessus.

La soirée fut très agréable. Et pleine de rancoeur des deux côtés. Ce n'est pas incompatible. Pourtant, nous eûmes une longue discussion qui nous rappela ce que nous arrivions à partager. Elle me demanda si je partais quand même avec elle, et je lui répondis qu'il était hors de question pour moi de continuer à la voir si nous n'étions plus ensemble. Que je ne partais à Marseille avec elle qu'à la condition de partir en couple (pas vis à vis de sa famille bien sûr, mais juste entre nous).
Elle ne dit rien.

Nous nous quittâmes lundi matin, sans vraiment savoir où nous en étions. Dans la journée, elle m'appela, et me dit qu'elle aimerait vraiment que j'aille à Marseille avec elle, pour que nous nous retrouvions un peu, pour faire le point, pour nous éloigner de tout cela, de Paris et des gens qui y étaient ... Nous couper de notre quotidien.
J'acceptai. Long WE du mois de mai ... nous nous retrouvâmes jeudi matin à la gare pour partir.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Dimanche 14 octobre 2007



Allongées l'une contre l'autre, ma tête posée sur son ventre, j'écoutais le rythme de sa respiration ralentir. Je la sentis s'éloigner dans ses pensées, et lui posai la question mille fois posée : "à quoi tu penses ?". Elle me répondit qu'elle se sentait triste, parce qu'elle ne pourrait jamais me donner autant que ce que je lui donnais, parce qu'elle ne pourrait jamais faire l'amour avec moi de manière réciproque. Je posais un doigt sur ses lèvres, la suppliant de ne plus y penser pour le moment, lui disant que ça m'était égal. Mais elle me répondit que ça ne marchait pas comme ça, que je ne pouvais pas l'accepter, qu'une relation ce n'était pas ça, pas à sens unique, que ça devait se vivre dans l'échange. Je l'écoutais, et même si je percevais une pointe de vérité dans ce qu'elle me disait, je ne ressentais pas du tout cela. Je pouvais me sentir bien dans une relation à sens unique par certains aspects. Pourtant, me revenaient à l'esprit quelques discussions que j'avais eues avec une amie récemment, qui me mettait en garde contre ce genre de situation, me disant que je méritais bien mieux. Mais une fois de plus, je décidais de mettre de côté, me disant que la situation se débloquerait peut-être d'elle-même.

Elle partit pour Salamanque pendant 3 jours, me promettant qu'elle ferait tout son possible pour résister aux charmes hispaniques, pour ne pas me blesser, et parce qu'elle avait envie de me donner cela : de la fidélité. Elle passa une bonne partie de son WE au téléphone avec moi, me demandant de lui parler, de la soutenir, de lui rappeler pourquoi elle ne devait pas aller voir ailleurs, de la raisonner. Une fois, elle m'appela en plein milieu de la nuit, et me raconta qu'elle venait de passer une heure en tête à tête dans un bar avec l'Espagnol éperdu d'amour pour elle, qui lui avait dit qu'il ne pouvait pas l'attendre éternellement mais que si elle lui disait oui maintenant, il était prêt à tout pour elle, à la rejoindre à Paris, ou là où elle voudrait, qu'il voulait la rendre heureuse. Au moment où elle m'appelait, elle était sortie précipitamment du bar, et l'avait laissé seul pour m'appeler, me dire qu'elle ne savait plus quoi faire, qu'il lui disait être prêt à lui apporter tout ce qu'elle attendait d'un homme, que ... Elle me dit : "aide moi, aide moi, dis moi les mots qu'il faut". Je lui dis les mots qu'il fallait. Elle dormit seule cette nuit-là, et tira définitivement un trait sur cet homme-là.
Mais ce WE là, je la détestais de me faire endurer tout cela, je la détestais de me demander d'être forte pour deux, et je me détestais de la laisser faire et de porter cette relation en m'épuisant.


Pourtant, elle rentra, nous nous retrouvâmes, et dans ses bras une fois encore j'oubliais toute la rancoeur accumulée. Les semaines qui suivirent furent superbes. Je n'en garde pourtant qu'un vague souvenir. Le printemps était bien installé et l'été pointait le bout de son nez. Où en étions nous ? Dans une relation de fidélité, mais sans lendemain. Elle m'était fidèle, mais elle ne se fermait pas complètement certaines portes, certaines relations, pour après. Après moi ... Nous étions ensemble, mais je n'osais aucun projet nous amenant plus d'une semaine après. Projets, rêves, confiance ... Nous n'avions rien de tout cela. Et lorsqu'elle sortait sans moi, je me disais  : est ce que c'est ce soir qu'elle va rencontrer celui pour lequel elle me quittera ? Je ne sais plus vraiment en quoi nous étions un couple. Pas dans ce que nous construisions ensemble, c'est certain. Plutôt dans le fait qu'elle était omniprésente dans ma vie, et moi dans la sienne. Après l'Espagne, elle avait été envoyée en déploiement en Allemagne pour une nouveau projet. Cela n'avait pas changé grand chose. Le mardi matin, elle partait prendre son avion à 6h, pour revenir le jeudi soir. La plupart du temps qu'elle passait à Paris, nous le passions ensemble, j'avais parfois l'impression de ne plus habiter chez moi. Lorsqu'elle n'était pas là, elle m'appelait tous les soirs longuement. Lorsqu'elle n'était pas là, elle me manquait. Lorsqu'elle n'était pas là, je ne vivais qu'à peine. Juste pour l'attendre. Mordue, j'étais complètement mordue. Et elle ? Je lui manquais, évidemment. Mais certains pas restaient infranchis. Des limites physiques existaient toujours, et même si j'en ressentais la sensation, je n'avais jamais entendu dans sa bouche ces quelques mots : "je t'aime".
Je me contentais de ce que nous avions, et de plus en plus j'avais du mal à ne pas faire certains projets. Je n'en parlais pas, je ne le faisais pas, mais j'y pensais.
Puis un jour, au détour d'une conversation anodine, elle me dit qu'elle allait à Marseille chez ses parents 3 semaines plus tard, pour passer le WE. Elle ajouta, toujours l'air de rien, qu'elle avait réservé pour deux personnes. Ma première réaction fut une réaction blessée, jalouse, et je lui demandais avec qui elle y allait. Elle me répondit simplement : "je pensais avec toi ... mais les billets sont annulables". Un blanc s'ensuivit. Je ne savais pas bien comment réagir. Je lui demandais quelques jours pour y réfléchir. Je ne connaissais pas ses parents, et il était clair que durant ce WE, je ne serais qu'une amie. Et puis ...  Partir me faisait rater une série de partiels blancs assez importante. Elle ne le savait pas bien sûr, sinon elle ne me l'aurait jamais proposé.
J'hésitais, parce que je sentais dans sa proposition une invitation à pénétrer dans son monde, à connaître sa famille, et parce que je sentais que nous avions besoin probablement de nous évader un peu de Paris.
Bien sûr, j'acceptais, malgré les conséquences auxquelles j'avais pensé. Je ne lui dis pas ce que je négligeais pour l'accompagner, je lui dis simplement, deux jours plus tard : d'accord, allons-y ensemble. J'avais pourtant au creux du ventre une peur que je ne voulais pas formuler, une petite peur cruelle mais réaliste qui me disait : et si elle me quitte d'ici là ?

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Vendredi 12 octobre 2007


Vous avez certainement entendu parler de l'amendement Mariani instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d'un regroupement familial. Ainsi, l'utilisation de tests ADN se ferait pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France.

Une pétition a été lancée, appelant "le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l'immigration."

Pour signer, c'est par ici : http://www.touchepasamonadn.com/

Par * Andromède * - Publié dans : En vrac
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Mardi 9 octobre 2007



Le soir qui précédait son départ pour ce WE, elle me dit qu'elle devait me parler. Elle m'expliqua qu'en Espagne, il y avait un homme avec lequel elle avait été de manière très éphémère, avant de me connaître. Elle me raconta que c'est elle qui avait rompu, mais qu'il était très amoureux d'elle, qu'il lui plaisait beaucoup, et qu'il allait probablement faire tout ce qu'il pouvait pour la récupérer durant ce week end.

J'écoutais, et la jalousie me gagnait peu à peu.

Elle me dit, hésitante, qu'elle n'avait pas fait l'amour depuis bientôt 4 mois, parce qu'elle était avec moi, et que cela commençait à terriblement lui manquer.

Je fulminais.

Elle était persuadée que je ne pouvais rien lui apporter de ce côté là, que, même si elle parvenait à aller au-delà de son blocage, il lui manquerait toujours quelque chose. Qu'y pouvais-je ? Une fois de plus, je me sentais impuissante, incapable de la retenir, de la garder, de la satisfaire. Je n'y pouvais rien, j'étais née femme et même si cela avait été possible, je n'aurais pas voulu le changer. J'aime être une femme, c'est une chose que j'assume parfaitement, mais je sentais qu'elle m'entraînait dans cette relation un peu malsaine où elle me faisait ressentir presque fautive de ne pas être un homme. En tous cas, tout en sachant parfaitement toutes les deux que je n'étais en aucun cas fautive d'une chose pareille, et en ayant bien conscience que je ne l'aurais probablement pas autant intéressée si j'en avais été un, c'est à moi que revenait la tâche d'assumer cette situation. Je devais accepter qu'elle couche avec un homme.

Dans un premier temps, je ne dis rien. J'exprimai mon désir de ne plus parler de cela, de profiter des moments passés ensemble sans penser à ce qui se passerait le lendemain. Je fis comme si ce qu'elle venait de dire ne m'atteignait pas vraiment, alors que j'en étais malade de jalousie. Malgré tout, je m'étonnai durant cette soirée de ma capacité à réellement profiter de l'instant, et à occulter ce qu'elle venait de me dire, à le ranger dans un coin de ma mémoire bien à l'écart, pour ne le ressortir que lorsque j'en aurais besoin.
Nous passâmes toutes les deux une excellente soirée, mêlée de rires, de tendresse, de dialogue. Je la sentais détendue, presque sereine, et très proche de moi, pleinement ancrée dans l'instant. Puis, je sentis la soirée basculer.

Je passai par la chambre, pour aller à la salle de bain me laver les mains. Lorsque j'en ressortis, elle était allongée sur le lit, et un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle me vit. Je m'approchai doucement d'elle, et je m'assis à califourchon sur son ventre. Je penchai mon visage jusqu'au sien, mes cheveux détachés effleurant son front, chatouillant ses pommettes, agaçant ses paupières. Je la regardai longuement, tandis qu'elle semblait vouloir lire dans mon regard. La lumière était éteinte, seule se diffusait celle en provenance du salon et des lampadaires dans la rue. Mais je la voyais parfaitement, dans cette semi pénombre qui aurait pu être étudiée, calculée, préparée. Car elle était magnifique, tout simplement, hantée par les ombres de la nuit qui dansaient sur son visage. Le jeu de lutte entre cette obsurité relative et le bain de lumière dorée qui pénétrait la chambre projetait sur son visage mille expressions troublantes, touchantes. Saisie d'une hésitation éphémère, je sentis mon trouble grandir, mon corps frémir. Du bout des doigts, elle m'effleura le visage, rayonnante. Par ce geste, je sentis une sorte d'accord tacite. Je l'embrassai longuement, "dans un soyeux baiser, charnu comme un orange" (La Baronne) : écoutez la belle histoire, d'une femme que la nuit ensorcèle ... Lentement, très lentement, par petites touches successives, je la défis de ses vêtements, esquissant progressivement le tableau qui hantait mon désir depuis des mois : son corps offert.
A plusieurs reprises, elle me repoussa tendrement, essayant de se dégager, écartant mes mains. Cependant oui, je la sentais offerte, car ce n'est pas contre moi que je la voyais lutter, mais contre elle-même.

Je profitais, je prenais mon temps. Tous les sens en éveil, je la touchais, sentais l'odeur de son corps, de son parfum et fermais les yeux sous ses caresses, pour les rouvrir aussitôt, la regardant, mémorisant chacune de ses expressions, de ses attitudes pour les garder au creux de la mémoire, dans un lieu plein de chaleur, de douceur et de tendresse. J'écoutais le rythme de sa respiration s'accélérer puis ralentir, soumis aux variations des mille gammes que je jouais sur son corps.
Pendant des heures, je jouais avec son désir, attisant, réfrénant, provoquant ... Je sentais avec quel délice elle participait à ce jeu, je la sentais aussi lutter sans succès et je me demandais à quel point cette lutte multipliait son désir.

Et puis ... Sentant le désir exacerbé faire frémir son corps suppliant, je franchis le pas, non sans une pointe d'anxiété, qui s'avéra justifiée. Pendant quelques secondes en suspens, elle céda, se livra. Mais très rapidement, elle me repoussa hors des limites que j'avais franchies, et son corps, dans un sursaut de conscience encore rebelle, s'éloigna du mien.
Pendant un instant qui me parut durer des heures, j'hésitai. Puis me revint en mémoire un certain espagnol qu'elle allait voir ce WE, et la question de ce que je devais faire ne se posa plus. Déterminée à en finir avec ses hésitations, je repris ce que j'avais commencé. Une fois de plus, elle me repoussa, mais cette fois-ci je ne la laissai pas faire. Ce ne fut pas difficile, son rejet était loin d'être ferme et déterminé. Je saisis ses deux poignets et les remontai sur les lits, les plaquant au dessus de sa tête. Elle me regarda droit dans les yeux et prononça doucement mon prénom, ses lèvres dessinant un demi sourire, tandis que dans ses yeux je lisais une envie mêlée d'appréhension et de gêne. J'embrassai son corps entier. Je la sentis lutter un peu encore, puis céder complètement, sa respiration saccadée s'accélérant, son corps de femme exultant, triomphant dans un cri où j'entendis tout ce qui la rendait belle, laide, désirable, détestable, attirante, repoussante, touchante, différente ... Mes lèvres remontèrent le long de son cou, jusqu'à son oreille, lui murmurant dans un souffle : je t'aime. Ses bras m'enlacèrent, me serrant fort ...



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 12 septembre 2007

Pourtant, plus les jours passaient, et plus je la sentais s'engager. Les moments passés ensemble étaient merveilleux, d'une tendre complicité. Je sentais que notre relation prenait corps dans son esprit, certaines choses effleuraient agréablement mon oreille, comme ce "nous" lorsque nous parlions toutes les deux de notre couple, ce "nous" qui montrait qu'elle nous considérait comme tel. Je m'attachais à ces petits détails signifiants, attendant qu'elle vienne à moi, sans jamais la brusquer.
Car rien n'était évident : son blocage était toujours bien présent dès lors que la tendresse qui nous unissait se faisait trop intense, et évidemment elle n'assumait pas auprès de son entourage cette relation qui n'était que provisoire à ses yeux, presque comme aux miens d'ailleurs. Certains de ses amis, voire même sa famille (notamment son frère) commençaient à se douter de quelque chose, à force de me voir toujours avec elle, arrivant avant et partant systématiquement après eux ...

Ce fut l'objet d'une dispute entre nous deux d'ailleurs, car elle me reprocha d'être trop présente, de vouloir afficher notre complicité en public. Ces instants entre amis, ces soirées, devinrent de plus en plus difficiles pour moi. Mais les moments passés avec elle effaçaient tout.

Puis, vint pour elle un nouveau week end prévu de longue date en Espagne.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 3 septembre 2007



Dimanche soir arriva. Je travaillais ce jour-là, et je n'arrivai chez elle que vers minuit. Avec une appréhension énorme, je frappai à sa porte.
Le souvenir que je garde de cette soirée, c'est une tension extrême. Nous étions chacune très mal à l'aise, ne sachant pas trop comment agir l'une envers l'autre, nous abordant par des banalités que nous avions toutes deux crues impossibles entre nous.
Nous parlâmes longuement, sans que cela n'aboutisse à rien. Je la pris dans mes bras, je l'embrassai, une phrase de Victor Hugo à l'esprit : "Pardonnez beaucoup de choses, oubliez en peu".

"Tu m'as tellement manqué", me murmura-t-elle dans un souffle.

Je lui avais manqué, elle m'avait manqué. Pourtant, dans cette situation, nous étions face à notre échec, dans un impasse. Elle était incapable de m'être fidèle. Malgré tout, je n'imaginais pas un instant repartir de chez elle. Surprise moi-même, je m'entendis lui dire que ce n'était pas grave, que ce qu'elle avait à m'offrir, je le prendrais, quitte à ce que ce ne soit qu'éphémère. Je ne lui demandais aucun engagement en dehors des moments où elle était avec moi. Je lui dis aussi que si elle avait quelqu'un d'autre, même une aventure, je voulais le savoir. A ce moment là, je me demandais si, le sachant, je la laisserais faire, ou si ce serait une cause de rupture. Je ne supportais pas vraiment l'idée de la partager, mais encore moins celle de la perdre définitivement. Et quelque part, je me disais que, restant ainsi dans sa vie, je lui donnerais peut être l'envie, le courage de s'engager plus envers moi, avec le temps.

Je ne me rendais alors pas vraiment compte du poids que je mettais sur mes épaules : j'allais devoir être infaillible, parfaite dans cette relation, assez en tous cas pour qu'elle se dise que je valais toute cette peine. Je ne me rendais pas vraiment compte que je vivrais le fait qu'elle aille voir ailleurs comme un échec personnel, comme si je n'étais pas assez bien pour elle, alors que cela n'avait rien à voir. En acceptant cela, je me mettais dans une situation d'essai à durée indéterminée, obligée sans cesse de faire mes preuves. J'accentuais l'inégalité de notre relation.

Elle : aimée sans avoir à faire d'effort particulier, potentiellement infidèle, insatisfaite sûrement, amoureuse peut être ...

Moi : passionnément amoureuse ..., en sursis permanent, dans l'obligation de me surpasser en chaque instant pour ne pas la voir partir.
Comment dès lors ne pas courir à l'échec ?


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mardi 21 août 2007

Le lendemain, je vis G.... Je passai une très bonne soirée avec lui. Mais la discussion de la veille avec M... m'empêchait d'aller de l'avant, et je ne me sentais pas correcte vis à vis de G...

Pourtant, je me forçai à laisser filer cette soirée jusqu'à son terme, espérant me laisser aller. Mais je n'y parvins pas. Lorsque G... me proposa de rester dormir, je déclinai et je lui répondis que ce serait certainement mieux pour lui comme pour moi de nous en tenir là. Il me répondit qu'il s'y attendait un peu et que ça l'attristait, mais qu'il comprenait.

Je rentrai chez moi. Seule.
J'appelai M... Nous parlâmes longuement, de sa capacité ou non à m'être fidèle. Elle me dit qu'elle n'en était pas sûre du tout. Qu'elle le voulait, vraiment, mais que, même lorsqu'elle était bien avec moi, elle ne pouvait pas s'empêcher de regarder autour d'elle, de chercher une relation plus "normale", de chercher un homme à épouser, un père pour ses enfants ... Je l'écoutais, dubitative. Elle me dit qu'elle avait fini par parler à sa meilleure amie de sa relation avec moi, qu'elle avait eu besoin de se confier à quelqu'un enfin, de ne pas être seule dans sa détresse.  A ce moment là, je pris conscience de combien elle avait été seule depuis le début, parce qu'elle n'avait parlé de tout cela à personne, parce qu'elle luttait contre elle-même, ne parvenant pas à accepter son attirance pour moi. Je compris sa solitude, et j'en eus de la peine pour elle. Dans le même temps, je pris pour moi comme un signe positif le fait qu'elle en ait finalement parlé à sa meilleure amie, malgré la peur du jugement de celle-ci.
Finalement elle me proposa de passer chez elle, pour parler me dit-elle, à son retour d'Espagne, en fin de semaine. Je lui dis que je ne savais pas, que je n'étais pas sûre d'avoir envie de la revoir. Je lui dis qu'elle m'avait fait du mal, et que je n'étais pas prête à la pardonner encore. Je lui promis d'y réfléchir et de lui donner une réponse dans les prochains jours.

La semaine fut peuplée de nuits agitées, et de jours torturés. La vérité, c'est que je crevais d'envie de la revoir, d'autant plus qu'elle m'avait clairement fait comprendre qu'elle en avait très envie aussi, mais j'appréhendais la manière dont cela allait se passer. Je lui en voulais toujours beaucoup, et je ne parvenais pas à penser à elle sans un soupçon de rancoeur. De plus, elle voulait me voir pour ... Parler. Mais elle comme moi, nous savions ce que cela signifiait. Je ne pourrais pas lui parler sans la prendre dans mes bras. Je ne pourrais pas la voir voir sans être irrésistiblement attirée par elle. Elle le savait, et je sentais que, quelque part, elle en jouait. Ainsi, la question que je me posais à ce moment là n'était pas de savoir si j'allais la revoir, mais quelles allaient être les limites que j'allais fixer à tout cela.



Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 15 août 2007

Lorsqu'il fut parti, je réfléchis à mon attirance, à mon intérêt pour lui.

Physiquement, il me plaisait beaucoup. Intellectuellement aussi. J'avais beaucoup à découvrir avec lui, et sous bien des aspects il était le type d'homme capable de me rendre heureuse (pour peu que ce soit possible).
Mais ... Mais c'était elle que j'aimais, et il semblait ne pas y avoir de place pour quelqu'un d'autre pour le moment. Je passai la journée avec ma soeur et mon colocataire, nous nous promenâmes dans Paris.

Lorsque nous rentrâmes, mon colocataire me prit à part et me montra un texto à lire sur son téléphone, me disant qu'il ne me l'avait pas montré plus tôt car il voulait que je profite des instants passés. Il venait de M.... Elle lui disait : "Je t'envoie ce message à toi parce que je sais que je ne dois pas la contacter, qu'elle me l'a interdit. Je lui ai fait beaucoup de mal, et c'était tout le contraire de ce que je voulais. Je me sens nulle, tellement nulle. Mais ce qui est fait est fait.  Aujourd'hui, c'est son anniversaire, et je pense à elle. J'aimerais que tu le lui dises."


J'étais bouleversée par ce message. Je ne répondis rien immédiatement.
Je n'en avais pas envie. J'espérais arriver à tourner la page.

Le lendemain, je recontactai G... et lui proposai d'aller au cinéma le soir. Il me dit qu'il jouait au théâtre ce soir là et qu'il ne pouvait pas, et nous nous accordâmes sur le lendemain pour passer la soirée ensemble.

J'envoyai un texto à M..., lui disant que je pensais à elle aussi, que je lui en voulais énormément, et que j'avais quelqu'un désormais.

Le soir même, elle m'appela. Elle était en Espagne pour le WE. Nous passâmes plus de 2h au téléphone. Il n'en ressortit rien. Je compris peut être un peu mieux son comportement, que je ne pardonnai pas pour autant. Elle me dit qu'elle était seule, qu'elle ne s'était pas remise avec X..., qu'elle n'y arrivait pas, qu'elle était ailleurs. Je lui demandai : "Mais pourquoi m'avoir fait ça ? Pourquoi une telle attitude ? Pourquoi m'avoir trompée sous mes yeux ?"

Elle me répondit :
"J'ai eu peur. J'ai vu à quel point je m'attachais à toi. J'ai vu toute la place que tu voulais prendre dans ma vie, et j'ai eu une réaction de rejet, je me suis sentie étouffée par ton attitude. Je ne me suis pas sentie à la hauteur de tes attentes. Quand je ne me sens pas à la hauteur, je fuis. Mon attitude était une fuite. Je la regrette vraiment, parce que ça t'a fait du mal et je ne veux pas te faire de mal. Pourtant je l'ai fait, parce que c'était le seul moyen de te faire partir. Tu m'as dit que tu m'aimais. Plusieurs fois. Tout cela me fait peur, je n'arrive pas à me sentir bien, à ne pas me torturer avec tout cela. Car à quoi bon finalement ? Je ne vois pas ma vie avec une femme. Tu me dis que tu m'aimes et moi, aujourd'hui, maintenant, et parce que j'ai bu une fois encore, je peux te dire comme ça, au téléphone, que ... que je CROIS que je t'aime. Mais je ne pourrai jamais te le dire, tu es une femme. Je ne pourrai jamais faire l'amour avec toi non plus, car tu es une femme. Parfois j'ai envie de te laisser me toucher, me caresser de manière plus intime, mais il y a toujours ce blocage qui revient : tu es une femme. Et ça, je ne m'y fais pas. Si tu avais été un homme, les yeux fermés j'aurais dit oui à tout ce que tu m'aurais demandé ... Mais tu es une femme. Alors pourquoi je te parle ? Pourquoi tu me manques à ce point ? Pourquoi j'en pleure la nuit de ne plus t'avoir contre moi ? Je suis perdue ... Vraiment perdue, mais ce qui est sûr c'est que tu me manques terriblement, et que mes pensées sont pour toi. Ca me fait mal de te savoir avec quelqu'un d'autre."
Je répondis à tout cela. Je lui parlai. Je lui dis à quel point je l'aimais, à quel point j'étais perdue aussi. A quel point ce qu'elle me disait me faisait mal ... Finalement nous raccrochâmes.

J'étais réellement perdue. Complètement. Je l'avais écoutée, et sentie complètement instable. Je la voyais se débattre contre elle-même, mais n'en éprouvais aucune compassion pour elle, parce que par cette attitude elle me faisait du mal. J'imaginais ce qu'un regard extérieur pourrait me dire sur cette situation, les conseils qu'un ami pourraient me donner. En fait, les conseils qu'un ami me donnait. Cela se résumait en un mot : fuis. Fuis cette personnalité destructrice. Fuis cette femme qui joue avec toi et, pire, avec elle-même peut-être. Fuis, parce que le temps du jeu est terminé. Fuis parce que tout cela est allé trop loin, et que tu en es bien trop affectée. Fuis pour te préserver.

Pourtant, malgré tout cela, je sentais que ma détermination à ne plus la revoir commençait à s'effriter.


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Vendredi 10 août 2007
"Bonjour,

Je constate que cela fait 20 jours que vous n'avez pas édité votre blog. Si over-blog.com ne vous a pas parfaitement convenu pour réaliser des publications sur Internet, nous serions très heureux d'en connaître les raisons. Les retours d'utilisateurs nous aident à améliorer nos services. Dans ce cas, vous pouvez me contacter par mail à geraldine@over-blog.com

En espérant vous revoir très bientôt sur over-blog.com

Géraldine"


Hum ... en effet il ya un peu de laisser aller.
Je passe en coup de vent, je n'ai pas eu accès à internet ni donc à mes mails depuis un moment. Mais patience, je reviens d'ici 3 ou 4 jours !



Par * Andromède * - Publié dans : Ecrirelavie / Vie du BLOG
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Samedi 21 juillet 2007

Je ne me souviens qu'à peine des jours qui s'écoulèrent ensuite. Monotones. Sans saveur. Sans elle. Une grande tristesse m'avait envahie, mais elle était cette fois ci résignée et haineuse : j'étais fermement résolue à ne plus jamais la contacter.

Le week end suivant, je fêtai mes 22 ans. Si jeune ... J'avais organisé une grande soirée, tous les gens qui comptaient pour moi étaient là, même ma soeur avait fait le voyage. Mais ELLE n'était pas là. J'aimais la vie, j'aimais l'amour, j'aimais les gens. Mais oui, sept jours jours lorsqu'on aime, c'est insignifiant. Elle était toujours très présente dans mes pensées, et je voulais l'exorciser, la forcer à en sortir, par quelque moyen que ce soit ...

G... était là. Je ne le connaissais que très peu, mais toutes les fois où je l'avais croisé, toujours en soirée, il m'avait clairement fait comprendre que je l'intéressais. Cette fois ci, il arriva vers minuit, après une première soirée.
La soirée se déroula jusqu'au petit matin. Je dansai, encore, encore, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à me retrouver dans cet état de latence totale où l'on se demande comment on tient encore debout, où l'on ne sait plus pourquoi on danse, mais où l'on se dit : "Bon sang, qu'est ce que c'est bon de se sentir vivant".

Volontairement, j'ajoutai quelques slows à la playlist. Volontairement, je m'arrangeai pour que G... soit dans les environs lorsque le premier passa. Volontairement, je me fis plus sensuelle, tantôt fuyante, tantôt languissante. Je lui glissai quelques mots à l'oreille, lui demandant s'il avait quelqu'un. Il me répondit : "je n'ai personne qui compte". Me satisfaisant de cette réponse, je laissai aller ma tête contre son épaule et déposai un baiser dans son cou. Je fermai les yeux, et dans un flash je vis le visage souriant de M..., si tendre et douce. Je les rouvris aussitôt, et me perdis dans un long baiser pour G...
Finalement, la soirée s'acheva, dans l'aube naissante.
Je me retrouvai dans la cuisine avec G..., hésitant. Je ne l'avais jamais vu ainsi, lui qui était toujours si sûr de lui, séducteur, charmeur, avec un sens de la répartie et une intelligence lui permettant de toujours donner le change. Maintenant il hésitait, car il sentait bien que je n'étais pas tout à fait là. Il venait de me demander s'il devait rentrer chez lui lui aussi. Si je voulais l'accompagner. Moi, je ne parvenais en guise de réponse qu'à fixer le frigo d'un air absorbé, plongée dans une intense réflexion ...
J'avais joué au jeu de la séduction, mais pourquoi au juste ? Pour me prouver que je pouvais plaire ? Que j'étais désirable ? Pour me perdre dans d'autres bras que les siens, à elle ? Ou bien peut être tout simplement parce que G... me plaisait. J'étais perdue, j'avais trop bu, et j'étais épuisée. Je n'avais pas envie de dormir seule, mais je savais qu'une invitation à rester était plus qu'une invitation à rester dormir. Et cela je n'en avais pas envie. G... se trouvait donc face à moi, dans la cuisine, et dans ma tête les pensées se bousculaient. Finalement, je l'embrassai et lui expliquai franchement ce dont j'avais envie et ce dont je n'avais pas envie. Il me sourit et me répondit : "allons nous coucher".
Je fus troublée de me retrouver avec un homme dans mon lit à nouveau. Mais je m'endormis rapidement. Lorsque nous nous réveillâmes, nous parlâmes assez longuement. Il me demanda si j'avais envie de passer la journée avec lui. Je lui répondis que j'avais besoin d'être seule, de réfléchir à tout cela, que je ne savais pas bien où j'en étais et que je ne voulais pas être égoïste. Il ne comprit pas vraiment. Il m'engagea à lui parler plus, me demanda ce que j'avais en tête. Je finis par lui parler de M..., longuement. Je lui racontai mon amour, ma douleur, mon besoin et mon incapacité à l'oublier ...
Il m'écoutait, attentif, me dit qu'il comprenait, qu'il allait rentrer chez lui et que je pouvais l'appeler quand j'en aurais envie.

Il partit. Il était temps pour moi de faire un peu le point.


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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