Samedi 17 novembre 2007
Il nous restait trois semaines à passer ensemble, et nous les vécûmes intensément, savourant chaque instant comme le dernier. Je suis consciente que cette dimension dramatique donna à ces semaines une saveur particulière. Je les garde en mémoire, car elles comptent parmi les plus belles semaines que nous passâmes ensemble. Etrangement, je me sentais libérée. Il n'y avait plus au-dessus de ma tête ce couperet qui pouvait tomber du jour au lendemain : la rupture. Non, car cette rupture, j'en connaissais la date et le jour exacts, et je savais avec quasi certitude que jusque là, elle se donnerait le droit de m'aimer pleinement, et de ne plus réfléchir.
Les mots me manquent pour décrire ces quelques semaines ensemble ... Il y eut des fleurs, pour la première fois. Des roses rouges. De la lavande. Des senteurs, des attentions et des baisers tendres autour de tout cela. Il y eut bien plus encore. De l'ordre de l'indescriptible.
Fin juin, elle vint me voir jouer au théâtre, et à cette occasion elle rencontra mes parents. Ma mère sentit quelque chose, elle me connaît trop bien ... Mais je la présentai comme une amie. J'aurais été prête à la présenter autrement, si seulement elle avait été capable de s'engager. Seulement ce n'était plus à l'ordre du jour.
Je partais la première chez mes parents, et les derniers jours à Paris furent difficiles. Superbes, mais difficiles. Le dernier jour, le dernier dîner, la dernière nuit, le dernier réveil à ses côtés, le dernier baiser dans l'ascenseur, le dernier regard ... Les premières larmes d'une longue série. Normal ... Nous pleurâmes en nous quittant, et j'arrivai chez mes parents une fois de plus en morceaux.
J'espérais qu'elle changerait d'avis, et j'avais le sentiment que je la retrouverais un jour. Je me sentais en attente, dans l'attente de sa prise de conscience. Je n'arrivais pas encore à croire que tout pouvait se terminer ainsi ...
Nous sommes le 17 novembre. Il y a 4 mois, nous nous quittions. A ce moment là, je n'étais pas vraiment capable d'écrire quoique ce soit. Même ma douleur ne voulait plus remplir mes lignes blanches. J'étais chez mes parents pour travailler, pour une saison de cueillette de fruits. Et elle me manquait, terriblement. Le fait que je ne sois plus plongée dans mon quotidien parisien ne changeait absolument rien, elle me manquait comme jamais. Avant son départ pour le Vietnam, je lui parlai au téléphone pendant plusieurs heures, ce qui nous donna la sensation d'une nouvelle rupture et me laissa plus abattue encore.
Elle partait à l'autre bout du monde, je ne pourrais plus lui parler quotidiennement, et le contact, je le pensais en tous cas, serait rompu totalement pendant son séjour là-bas. Désespérée, dans un état de manque immense, j'entrepris de lui écrire chaque jour, comme si elle avait été là. Mais sans que cela ne lui parvienne. Pour me libérer, et me sentir moins seule ... Pour avoir l'impression qu'elle était là et m'écoutait ? Peut être ...
Alors voilà, j'ouvris ce journal quotidien que je nommai "Journal de ton absence". Un jour après l'autre ... Essayer de reprendre le dessus, d'avancer et de vivre à nouveau.
Par * Andromède *
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Publié dans : 3) M ... Elle
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