Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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Jeudi 27 décembre 2007



Aujourd'hui, j'ai appris que ma candidature au Master d'Histoire du Droit avait été retenue. Je ne sais pas trop qu'en penser. D'un côté, il y a le soulagement, je sais ce que je ferai l'an prochain. De l'autre côté, je ressens un peu comme une déception : je vais encore faire du droit. Mais c'est ce que j'ai voulu, et j'espère que ce Master saura m'y redonner goût. Enfin, j'ai tenté une opération d'auto-sabotage inconscient de mes études, et j'ai échoué. Je ne sais pas encore si je dois m'en réjouir. Il semble que la vie veuille me remettre dans le droit chemin. Il y a ainsi des passages de ma courte existence où je me suis sentie comme une joueuse : je lance les dés, c'est bien moi qui les lance, mais ensuite ... Je laisse faire le hasard, la vie. Est ce qu'ainsi je fuis les décisions ? Je n'en sais rien. Quelque part oui, les décisions me font terriblement peur. Parce que, je te l'ai assez répété je crois, décider c'est renoncer. Alors je n'aime pas décider, parce que j'aimerais toujours tout faire, tout goûter, tout savoir. J'ai une soif insatiable de découvertes.

En septembre dernier, les hésitations concernant mes choix d'avenir étaient déjà très grandes. J'étais en stage en cabinet d'avocat, dans la ville où j'avais été lycéenne quelques années auparavant, et j'en avais profité pour rendre visite à ma prof de littérature de terminale, dont l'enseignement m'a durablement et positivement marquée. Elle m'avait demandé ce que je devenais, et si ce que je faisais me plaisait. Pour la première fois, j'avais répondu que non, pas vraiment. Jusque là, je me le disais à moi-même, mais jamais je n'en avais parlé à personne. Ca m'avait étonnée, que ça sorte comme ça pour la première fois avec elle. Elle m'avait demandé pourquoi. Je lui avais répondu que je m'ennuyais, et que j'avais surtout l'impression que je ne savais rien, et d'avoir perdu ces 3 dernières années d'études.
Elle m'avait à ce moment là parlé de Socrate, qui disait : "Plus j'apprends, et plus je m'aperçois que je ne sais rien". J'avais beaucoup réfléchi à cela à l'époque, mais j'en mesure aujourd'hui vraiment la portée, devant l'immensité des possibles, et l'étendue si minime de mes connaissances.

Alors oui, prendre une décision sur mes études, je n'aime pas cela, parce que je voudrais tout faire. Devant les nombreux choix qui s'offrent à moi, je me dis que c'est stupide de perdre mon temps dans des choses qui m'ennuient. Stupide, mais probablement la chose la plus raisonnable à faire là où j'en suis. Plus je parle autour de moi de mes hésitations, et plus je me sens comme une enfant capricieuse qui aurait décidé qu'elle ne voulait pas quelque chose sans bien savoir pourquoi.
J'aimerais écrire, mais je n'ai pas encore la maturité qu'il faut pour faire vraiment quelque chose, et quand bien même, il serait très prétentieux d'envisager d'en vivre. Je ne suis pas prétentieuse.

Dans ces moments de ma vie mon paradoxe atteint son apogée : je déteste me poser toutes ces questions / je détesterais une vie toute tracée ; je me lasse vite des choses et des gens / j'ai besoin de stabilité ; j'aime qu'on choisisse pour moi / j'aime pouvoir avoir le choix. Quelque part je me complais dans mes paradoxes.

Je pensais à toi tout à l'heure : tu es la personne qui me connaît le mieux actuellement. Parce qu'en un an, j'ai énormément changé, sur tous les plans. Parce qu'aujourd'hui, ma vie n'est que doutes et promesses à moi-même mal tenues. Parce que je ne suis plus celle que j'étais hier : pétrie de certitudes, pleine de projets d'avenir, sûre d'elle-même. J'ai la sensation d'être devenue tout le contraire.

Je suis là, consciente et consistante, et pourtant : je me sens ballottée par les vagues, au gré d'envies qui ne sont pas les miennes et de ton amour qui chaque jour me manque plus cruellement encore ...
Et malgré toutes les incertitudes qui me hantent en cet instant, il est au moins une chose dont je sois certaine : le temps passe, mon amour reste. Je t'aime. Je sais aussi qu'une relation stable avec toi m'aurait probablement aidée à me trouver. Je sais qu'avec toi j'aurais pu faire des projets. Je sais ... Je sais surtout que ça n'a pas été le cas, et qu'il ne faut pas chercher dans l'Autre ces certitudes et cette stabilité qu'on ne peut trouver qu'en soi-même.
J'écris ton absence, car si les paroles s'envolent, les écrits restent.
J'écris en silence, car si le temps s'envole, mon amour reste.


23/07/2007 – HUÉ
 
Nous prenons le bus de nuit pour rejoindre Hué. Dix heures de bus, une nuit horrible. Les « soft seats », soi disant larges et spacieux s’avèrent bien minuscules pour nos jambes d’occidentaux, la route peu confortable, la clim loin d’être performante par cette chaleur étouffante, la pause du chauffeur à 3h du mat’, pour manger, guère en phase avec nos cycles de sommeil et le concert de klaxons tout au long de la nuit pouvant faire pâlir de jalousie n’importe quel coq insomniaque. Sans compter la peur permanente de l’accident, la conduite au Vietnam n’ayant rien de très orthodoxe. Rien de très rassurant sachant que cela faisait trois nuits d’affilée que je rêvais que j’étais dans le coma, rapatriée d’urgence en France … De quoi même faire flipper T...–le–zen :).
Enfin, nous arrivons à Hué, certes courbaturés et ayant peu dormi, mais au moins sains et saufs ! Hué est une ville très touristique, où rivalisent les propositions de motorbikes ! Pour avoir la paix nous louons deux vélos et partons à la découverte de la citadelle, haut lieu symbolique du temps des empereurs mais aussi de la guerre du Vietnam, la citadelle passant des mains des sud-Vietnamiens à celles des Vietcongs lors de massacres aisément envisageables.
Le plus agréable dans cette balade reste encore une fois le fait de se  perdre au hasard des rues, débouchant dans des lieux un peu paumés, où rares sont les touristes à s’y être égarés et où les habitants sont ravis de nous voir. Au cœur même de la citadelle, loin de l’agitation ambiante, se trouvent des habitations rurales où le quotidien des habitants reste l’agriculture et la pêche. Nous passons près d’une heure dans une galerie d’art. Moment émouvant pour ma part, les artistes ayant vu que j’étais moitié vietnamienne, et après que je leur aie partagé mon histoire, me mettant pendant une heure une chanson en français racontant l’histoire d’une vietnamienne née en France et exprimant son désir de découvrir le pays d’où vient son nom qu’elle ne sait pas prononcer, ses cheveux si noirs et ses yeux bridés. Et moi qui ne sais pas prononcer mon vrai prénom…
Pendant que nous admirons les tableaux, les apprentis dessinent le portrait de T... Et le mien, mais je n’aurai pas la chance de recevoir le dessin, mais me ferai tirer le portrait dans un bar au bord du fleuve, un peu plus tard.
--- Mercredi 19 décembre --- T... m’a offert le croquis qu’on m’avait tiré dans la galerie ---

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 27 décembre 2007




J'ai encore rêvé de toi la nuit dernière. Le début de mon rêve était d'une violence inouïe, mais n'avait rien à voir avec toi. Il y avait un homme face à moi, j'étais sur les berges d'une rivière, il faisait nuit, le liquide qui coulait dans la rivière était noir, tout était sale et sordide. Dans les mains, j'avais une hache, et je devais me défendre face à cet homme. Je ne sais pas pourquoi, car il ne bougeait pas. Mais je devais me défendre, ma survie en dépendait. Je levais ma hache et la lui enfonçais de manière très violente dans le crâne, ce qui aurait du le tuer, mais il continuait de bouger, alors je m'acharnais sur lui. Je lui plantais la hache dans le corps, encore et encore, jusqu'à l'épuisement, je n'arrivais même plus à soulever la hache complètement, il ne bougeait plus, il n'était plus qu'un amas de chair sanguinolente, mais je continuais toujours de le frapper.
En même temps, je pensais à ce que j'étais en train de faire, et j'avais conscience de l'horreur de la situation. Je réfléchissais à cela, et je pensais que j'étais trop mal, que j'avais besoin de passer toute cette haine qui était en moi et que, puisque de toutes manières il était mort, ça ne changeait rien. Mais je me trouvais atroce. Finalement, je m'arrêtais et je m'effondrais, épuisée. Je m'apercevais alors que c'était moi qui étais en train de me vider de mon sang, et qu'à chaque fois que j'avais frappé mon adversaire, c'était comme si je m'étais frappée moi-même. A ce moment là, un personnage étrange apparaissait, il passait sa main sur tout le corps de mon adversaire, dans une longue caresse, et faisait la même chose sur moi, ce qui avait pour effet de nous guérir complètement tous les deux. Je pensais que ce personnage était l'arbitre du jeu.

Puis, alors que je regardais la rivière couler, lentement elle se transformait et laissait place à une grande étendue d'eau, limpide, une sorte de lac. Le jour s'était levé, et je me trouvais dans un endroit où il y avait beaucoup de monde, en maillot de bain, autour de ce lac. Il faisait très beau et très chaud. Soudain, je t'apercevais. Je ne t'avais pas vue depuis longtemps, la situation était ce qu'elle est dans la réalité, nous nous étions quittées, et je ne t'avais pas revue depuis. Mais je n'étais pas étonnée que tu sois là. Je m'asseyais face à toi, et je te souriais. Toi aussi, mais tu semblais distante et tu te tournais vers une femme assise juste à côté de toi, en me la présentant. Avant même que je ne te demande qui elle était, la femme posait sa main sur ta cuisse et se penchait vers toi pour t'embrasser. Interloquée, je me tournais vers toi, et tu m'expliquais que vous étiez ensemble. Je te disais : "mais pourquoi elle" ? Tu me répondais que la présence d'une femme dans ta vie te manquait, que tu n'avais pas pu te passer de moi, mais que comme tu devais m'oublier, tu avais cherché ailleurs. Que d'ailleurs, tu avais fait l'amour avec plusieurs femmes. Là, tu te tournais, m'indiquant du menton une direction, ton regard porté vers deux autres femmes qui étaient derrière toi. A ce moment là, la femme avec qui tu étais se rapprochait de toi, dans un geste possessif. Moi, n'y tenant plus, je la giflais violemment, lui disant de ne pas te toucher, ce qui la faisait disparaître.

Tout le monde autour de nous disparaissait, et nous nous retrouvions juste toutes les deux sous un grand saule pleureur, avec devant nous la mer s'étendant à l'infini et le soleil couchant. Des larmes dans les yeux, je te regardais, te demandant pourquoi du regard, pourquoi me faire ça, pourquoi ne pas être revenue vers moi. Mais avant même d'avoir pu entendre ta réponse, je te disais que peu importait, que ça ne changeait rien, que je t'aimais, que je t'aimais vraiment, que j'étais prête à tout pour te récupérer.
Je t'embrassais.
D'abord, tu ne me rendais pas mon baiser. J'insistais, je déposais d'abord plusieurs petits baisers autour de ta bouche, puis très doucement je me rapprochais de ta bouche, ce baiser durait, durait, et finalement tu cédais. Alors je savais que désormais j'allais pouvoir te garder.

Je me suis réveillée alors que je t'embrassais.

Je ne sais pas trop ce que je dois en tirer. La partie du rêve avant le baiser est un mélange de souffrance, de douleur, de violence, voire de haine pure. C'est une partie où je vais très mal. Mais après, je te retrouve, et tu me rends mon baiser finalement. Par ce seul moment, par ces quelques secondes, par ce geste, tout s'éclaire, et il ne me reste qu'un immense bien être. Nous nous embrassons, et je me sens là où je dois être. T'embrasser, même en rêve, était tellement bon ... Lorsque je me suis réveillée, j'ai souhaité si fort que ça arrive de nouveau un jour, dans la réalité, que j'en ai éprouvé un manque insoutenable. J'ai pleuré, pleuré de ne pas sentir ta peau contre la mienne en cet instant, pleuré de ne pas savoir exprimer cela autrement, pleuré d'impuissance, de souffrance, d'impatience ...

Si tu savais comme je pense souvent ainsi à des moments avec toi, des moments passés ou des moments rêvés. Les instants qui appartiennent au passé sont à la hauteur de mes rêves les plus doux. J'ai vécu avec toi des sensations que je n'oublierai jamais. Les moments rêvés ne sont là que pour pallier le manque, le manque de cette absence, toi qui as décidé de sortir de ma vie. Moi, même si je m'étais dit que tu ne pouvais pas entrer dans mes projets d'avenir, même si je m'étais dit que je devais te quitter parce qu'être avec toi n'était pas ce que je voulais pour ma vie (ce qui n'est pas le cas, je crois que tu l'as compris ...), oui même dans cette hypothèse je crois que je n'aurais jamais trouvé la force de te quitter. Toi, tu l'as trouvée, et j'oscille entre l'admiration pour toi et la déception. L'admiration, parce que je sais que ce n'est pas facile, mais tu l'as fait tout de même, pour être en accord avec un projet de vie ... La déception, parce que je me dis que ta raison est plus forte que ton amour pour moi, je me dis que si tu m'aimais assez, jamais tu n'aurais réussi à me quitter ...

Je m'endors.
Quelques phrases pour toi : je me laisse bercer par les sonorités de la pluie sans fin qui coule sur mon coeur. Je te sens mourir au loin et j'essuie du revers de ma main les derniers sanglots que je verserai pour toi. J'ai trop pleuré. Tu as été la première, et pour cela je sais que je ne t'en tiendrai pas rigueur. Tu seras la dernière, et malgré cela je sais que ce n'est pas tout à fait exact. Je vois quelque chose dans le noir, sans bien distinguer. Je regarde mais je ne perçois que le fond d'un tiroir. C'est étrange, n'est ce pas ? Ce qui l'est encore plus, c'est cette lutte pour parvenir à une structure dans mes phrases, alors que je rêve d'une pensée déstructurée, imbuvable, incompréhensible presque, mais touchante de poésie, de folie, de dépit. En sera-t-il toujours ainsi ? J'ai peur du changement. J'ai peur de l'habitude, peur de l'hébétude, peur de la lassitude. J'ai peur de te perdre, peur de te trouver, peur de te pleurer. J'ai peur, et c'est la seule chose qui revient, le seul point commun que tu pourras trouver à tous mes textes.

Je t'aime. Te rappelles tu cette époque où cela te terrifiait aussi ?



22/07/2007 – NINHBINH 2
 
Nous relouons la moto et c’est parti pour le parc naturel de Cuc Phuong : balade en jungle en moto, visite du centre de présentation des primates en danger et d’une grotte préhistorique trouvée il y a peu.
Bilan : une dizaine de piqûres de moustiques, trois presque chute de la moto pour ma part (fichues bosses !) et 110 km de moto. Soit bien 4h30 de moto (faites pas le calcul).
 
Nous visitons une grotte préhistorique très profonde, que je propose à T... de visiter à l’aide d’un briquet, faute de lampe de poche. Bon, c’est pas très pratique (c’était même désespéré !! ne pas suivre mes plans foireux…), et nous avons la chance de croiser quelques Français qui, nous prenant en pitié, nous offrent leur lampe de poche. Pour marcher sur bien 70m, c’est effectivement plus pratique !
Nous entendons un groupe de Vietnamiens approcher, et T... a la bonne idée d’éteindre la lampe pour leur faire peur. Une bonne crise de rire s’ensuit :), agrémentée par la peur générale des chauves souris.
 
Il est agréable de parcourir le pays en moto, notre route parsemée de « hello » lancés à la criée par les grands et les moins grands avec le même enthousiasme. T... se retrouve même à aider quelques personnes à pousser un camion, dans la bonne humeur et la surprise pour eux de voir que la moto arrêtée pour de l’aide était en fait conduite par deux occidentaux ! Eclat de rires général :).

(SUIVANT)
Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mardi 25 décembre 2007


(PRÉCÉDENT)

21/07/2007 – NINHBINH

 
Les environs de Ninhbinh sont très très charmants. Rizières, collines escarpées, rappelant les pains de sucre de Guilin. On relaxe, et on se décide à louer une moto et visiter tout cela tranquillement en deux jours. J’ai confiance en T... et en ses talents de motodriver, et après une rapide prise en main de la moto, nous voilà partis pour une journée de balade ! Je suis co-pilote … Ahem.
 
Tam Coc est un charmant village proche de Ninhbinh où il est possible de se balader en barque dans un paysage de « Baie d’Halong des rizières ». Deux heures de balade en barque avec un rameur plus qu’endurant, d’autant plus vue la chaleur ! Sa femme nous accompagne pour essayer plus tard de nous vendre des nappes brodées. Sans succès pour elle, hélas. Elle est très sympathique et parle français. Appris ici à l’école vietnamienne. Habite à deux kilomètres en bus de Tam Coc. A cinq filles pas de garçon hélas. Pourtant pas faute d’essayer. Elle nous explique qu’au Vietnam, si on a un garçon et une fille, on arrête de faire des enfants. Au bout de cinq filles, on arrête aussi … Ca coûte cher. Et les enfants doivent aller à l’école. Elle nous montre des photos de ses enfants. Elles font si jeunes.
Le paysage est magnifique. T... rame un peu, pendant notamment que notre amie enlève l’eau rentrée dans la barque. Faudrait pas qu’on coule ! On croise certains rameurs fatigués qui du coup rament avec les pieds :) . C’est original, et certainement l’inventeur du pédalo était un rameur fatigué (un putaing de cafard de cinq centimètres de long vient de parcourir mon corps… brrrrr… branle bas de combat !).
 
Nous repartons à moto et, après la visite d’une charmante pagode, nous partons à la recherche de Hoa Lu, ancienne demeure d’un des nombreux empereurs du Vietnam. Bon, je suis pas très bonne co-pilote, et je suis surtout attirée par les petits chemins un peu paumés traversant des villages tout aussi petits et paumés :) . Et T... est loin d’(putaing de cafard volant je l’ai raté) être contre et m’écoute sans sourciller :) .
 
Nous voilà donc à la rencontre du Vietnam rural sur des chemins « un peu » boueux (eh, le cafard, t’es où, viens voir !). Nous sommes « un peu » perdus aussi :) allant toujours tout droit, parfois sur des rues en travaux, parfois suivant une Vietnamienne qui s’arrête brusquement car elle rentrait tout simplement chez elle :) .
Une vingtaine de kilomètres perdus dans ce Vietnam rural, quasiment seuls, jusqu’à nous retrouver, oh surprise, par hasard, à Hua Lu, bourgade touristique !
 
Le site est sympa, nous sommes parmi les derniers touristes, la visite est donc tranquille. Des petits garçons pratiquent leur français avec nous, une vieille madame, à coup de « Madame, Monsieur » me « ventile » avec son éventail jusqu’au tombeau de l’empereur, avant de nous abandonner, son pourboire et beaucoup de sourires en poche, lorsque je pars rejoindre T... dans l’escalade de la montagne escarpée au delà d’où se trouve le fameux tombeau. En sandales, c’est loin d’être facile ! Et avec mon sens naturel de l’équilibre, encore moins ! Mais la vue en vaut la peine, et j’ai failli tomber seulement une fois :) . Notre madame nous fait coucou d’en bas :) .
 
Une fois la descente, encore moins évidente, achevée, nous partageons un Coca bien mérité, T... en compagnie d’un Suisse rencontré à Halong et retrouvé à Ninhbinh, parlant photo, et pour ma part faisant découvrir à l’enfant de la propriétaire les joies du « A dada sur mon bidet » pendant une bonne heure :) . J’arrive même à lui faire dire « touriste » en pointant T... du doigt alors qu’elle s’initie aux joies de la photo avec mon appareil.
 
Fin de journée tranquille, et pendant que T... part au cyber café, je discute avec une bière avec la propriétaire d’un bar. Une heure de discussion en vietnamien, c’est mon maximum (j’ai pas compris les ¾ :)) ! Elle a 56 ans, trois enfants, 28, 26 et 20 ans, qui vivent à Hanoi, est grand-mère d’un enfant d’un an, aime le foot mais le Vietnam perd 1-0 contre l’Irak, et m’offre un cours de prononciation en Vietnamien J.
 
Et j’ai pas retrouvé ce fichu cafard. Vais devoir dormir avec. Il vole le sacripan …


Affaire du cafard réglée : T... l’a tué …

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Samedi 22 décembre 2007





Hier je ne suis pas rentrée donc, j'ai dormi avec ma soeur, sous la tente ... Que de souvenirs ! La soirée a été agitée : un enfant a jeté un caillou sur un autre : direction les urgences. Un cheval a du être rapatrié au club vers 23h, tapé par un autre cheval : immobilisation pour une semaine. Je n'ai vu ma soeur que très peu avec tout cela. Nous nous sommes couchées tard, et je me suis levée avec le soleil, pour aller travailler encore. Je suis littéralement sur les rotules pour ce sixième jour consécutif de travail, qui s'annonce encore très chaud.

Ici je m'occupe. Je papillonne de droite et de gauche quand j'en trouve la force le soir en rentrant du travail. Amis et amies d'enfance, famille, je vis, sans peine mais à peine.
Oui, j'arrive à vivre sans toi. Mais c'est difficile. J'ai de longs moments d'absence de ce monde qui m'entoure et dans lequel chaque jour encore ton manque m'étreint le coeur.

Cet après-midi, j'ai été tirée de ma sieste par la réception de ton texto disant : "Hm. J'ai perdu ton élastique aujourd'hui :( et je rêve toujours de cette histoire de coma ...  :(".

J'ai réfléchi à ce que je pourrais bien te répondre, mais ça m'a trop fatiguée et je me suis rendormie ... Pour me réveiller en sursaut quelques minutes plus tard, prise dans un rêve étrange, où je rêvais que je rêvais. Je te voyais dans mon rêve, mais tu étais toujours loin, et je n'arrivais pas à te rattraper. Il y avait des embûches sur mon chemin, et des gens de mon passé qui apparaissaient et que je ne pouvais, ne voulais pas ignorer. Une amie d'enfance. Un amour de vacances. Mon grand-père. J'étais déchirée entre l'occasion unique de revoir tous ces gens qui avaient compté pour moi, et toi derrière, qui t'éloignais sans te retourner. Dans le rêve je me disais que si je t'envoyais un texto, tu te retournerais et, puisque tu croiserais mon regard, ensuite tu m'attendrais. Mais je ne trouvais pas mon téléphone, et les gens autour de moi se moquaient, parce que le téléphone portable n'existait pas encore à cette époque. Ils riaient de moi, leurs visages devenaient cruels et moqueurs. C'est là que je me suis réveillée en sursaut. Je me suis souvenue qu'en effet je voulais t'envoyer un texto.

J'ai relu le tien. Ca me fait de la peine que tu aies perdu l'élastique. C'est sans doute bête, mais j'aimais l'idée que tu aies quelque chose de moi sur toi, comme ça ... Je me demande si tu as eu le temps de prendre une photo de toi au Vietnam avec. Te souviens tu seulement que tu m'avais promis de le faire puis de m'envoyer la photo ? 

Dans un mail, tu m'as parlé d'un rêve que tu avais fait. Tu avais un accident de bus au Vietnam, tu tombais dans le coma et tu étais rapatriée en France. A ton réveil, j'étais là, mais tu ne te souvenais plus de rien. Et X... m'empêchait de te voir, parce qu'il craignait que tu te rappelles.  Pourtant, tu sentais ma tristesse, et ça te rendait triste, mais tu ne savais pas vraiment pourquoi, parce que tu ne te rappelais pas ... Je pense à ce rêve, et je me questionne sur l'importance que tu accordes à tes rêves. Je me demande si tu essaies de les interpréter, si ils peuvent avoir une influence sur tes agissements, si tu es une personne attentive à cela ou non. Je me souviens d'un proverbe disant :
"Ne pas interpréter un rêve, c'est comme ne pas ouvrir une lettre".
Mais étant donnée la manière que tu as d'ouvrir ton courrier ...

Je me pose une autre question : as tu trouvé mon mot sur la carte de Dalida que je t'avais laissée en partant de chez toi ? Tu ne m'en as rien dit, ce qui est normal vues les circonstances, mais un doute subsiste du coup.

J'ai répondu à ton texto finalement, alors même que je ne trouvais pas de mots. Je me sens vidée de mes mots. Comme si je ne pouvais plus rien te dire. Rien de plus, au risque d'user le langage.
Tu m'as répondu à ton tour, me disant, entre autres : "je pense aussi beaucoup à toi, mais je me dis que je dois t'oublier et que c'est le moment ou jamais". Immédiatement, j'ai voulu te répondre quelque chose comme "d'accord pour jamais". Mais je ne l'ai pas fait. A quoi bon ? Je t'ai simplement dit que je n'oubliais rien moi, et que tout me ramenait à toi sans cesse. Je ne veux pas que tu m'oublies. Je suis triste.

Il faut que je dorme. Me réfugier dans le monde des rêves où mes décisions comme mes impuissances n'ont plus aucune importance, me retrouver dans ce monde qui est désormais le seul endroit où je me vois parfois encore avec toi. Le seul monde où tes baisers parviennent à mes lèvres. Où tes caresses font frémir ma peau. Où ta voix se glisse dans le creux de mon cou ...




20/07/2007 – HALONG BAY -> NinhBinh
 
Journée de transport : bateau, bus, moto, bus, moto. De Halong à Haiphong à 1h30 de bus, laissés gentiment par le bus de notre groupe de touristes qui rentrait à Hanoi, nous voilà déposés au bord de la route je ne sais où ! Ahem, où est la gare routière pour aller à NinhBinh ?
Grosse discussion avec un groupe de vietnamiens assis sous le ventilo d’un resto :
-         "Xin Tchao !" (Bonjour !)
          --> Montrage du nom de la gare sur le Lonely Planet.
-         "OK ?" "Motorbike, OK ?" "Vroum Vroum, Bus, OK ?"
-         "OK!"
:) Trop facile le vietnamien!!
Bon, arrivés à la gare de Haiphong, on a raté le dernier bus pour NinBinh: qu’à cela ne tienne, NamDinh est proche : allons à NamDinh!
La technique est facile, je tends un papier avec écrit le nom de la ville à la guichetière, elle me répond en écrivant à la suite l’heure de départ.
:) Trop facile le vietnamien !!
Et les marchands du bord de la gare nous guident au bus, sans rien demander en échange, et quand T... s’absente un moment, m’aident même à monter les sacs dans le bus !
Beaucoup d’échanges de sourires, à coup de Xin Tchao et de Cam Oeun (Merci) pour établir le contact avec eux :)
Arrivés à NamDinh, deux nouveaux motorbikes acceptent de nous conduire à NinhBinh, trajet de 30 minutes, une partie sous la pluie. Mais c’était bon ! Une chouette journée de transports, je suis fière de nous !

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Vendredi 21 décembre 2007



Etat d'épuisement total. Le rapport entre mon temps de sommeil et la fatigue provoquée par ce travail n'est pas du tout adéquat. Demain, dernier jour de la semaine, j'espère ... Car on ne sait que le vendredi si on travaillera le samedi. Ma clavicule commence à me faire mal de manière continue, je m'en inquiète un peu. J'espère que ça va passer. Il fait très chaud. Oui je sais, j'ai TOUJOURS chaud, alors qu'est ce que ça change ? Je me dis que je ne suis pas née au bon endroit de la planète. Je suis faite pour le froid.

Aujourd'hui comme ma peau commençait à n'être plus si blanche que ça, j'ai tenté le coup du "allez, pas de crème solaire". Bien sûr je me suis cramée.
Pour rire, je me plaignais à mon patron du bronzage agricole que j'étais en train de me faire à cause de ce travail, ce à quoi il m'a répondu avec un petit regard en coin et un haussement de sourcil complice: "ah mais, il n'y a aucune clause dans ton contrat de travail concernant la tenue vestimentaire, donc libre à toi ...".

Les langues commencent à se délier. Cet univers masculin dans lequel je suis arrivée n'est peut être pas si fermé que ça. J'arrive même à avoir des discussions de plus de 5 phrases avec certains d'entre eux. Je comble le reste du temps avec la radio. Aujourd'hui, l'histoire du cirque, le phénomène de la dépendance, le poil chez l'humain, les super positions en matière sexuelle, 1001 manières de cuisiner l'aubergine, les infirmières bulgares ...

Je pense beaucoup à toi, je suis certaine que tu n'imagines même pas à quel point. Alors je te parle ici, mais je parle toute seule et je ne crois pas que tu liras cela un jour. J'imagine surtout que ça t'ennuierait. Un vrai roman question longueur. Je ne fais aucun effort dans l'écriture. Je n'écris plus pour que tu me lises ...

J'ai eu une discussion avec ma mère aujourd'hui, et j'ai été étonnée de ce qu'elle m'a dit. Comme l'un de mes amies d'enfance vient d'avoir un bébé, je disais à ma mère que ça me faisait bizarre de voir autour de moi de plus en plus de mes amies avoir des enfants. A cela elle m'a répondu que pourtant à mon âge c'était normal. Moi je lui ai dit que non, même si j'en avais eu l'occasion je ne me sentais pas du tout prête. Enfin, on a parlé comme ça, et finalement elle me disait qu'ils en parlaient avec mon père, qu'ils se demandaient quand ils auraient d'autres petits enfants. Je lui ai répondu que j'avais 22 ans, et encore beaucoup de temps. Je suis restée sans voix devant ce qu'elle m'a répondu, on aurait dit toi, ça donnait à peu près : "oui, enfin, pas tant que ça finalement, tu n'as même pas encore rencontré le père, après il faut être ensemble pendant quelques années, habiter ensemble", etc ... Et je me suis aperçue que bien plus que moi elle pensait au déroulement de ma vie et faisait des plans. J'ai surtout compris que ce qui l'inquiétait, c'était que je ne leur aie présenté personne depuis O... Enfin, je ne sais pas dans quelle mesure elle pensait tout ça et dans quelle mesure elle me testait.
Quoiqu'il en soit, elle exagère, à 22 ans j'ai encore du temps.
Pour finir elle m'a dit : "oui mais quand je vois le nombre de jeunes femmes arrivées vers la trentaine et toujours célibataires, qui angoissent de ne trouver personne et de ne jamais pouvoir avoir d'enfants, je me dis qu'il vaut mieux y penser avant".
Ce à quoi je lui ai répondu : "oui, enfin pour ma part je n'ai pas envie de prévoir, si ça doit se faire ça se fera, et j'aurai des enfants. Sinon, je n'en aurai pas, et ça voudra dire que j'ai autre chose dans ma vie, qui peut être très bien aussi. Et puis ne vous plaignez, pas, vous en avec déjà deux des petits enfants". Là elle m'a regardée avec des grands yeux gourmands et a ajouté : "oh oui mais quand même j'en voudrais bien encore d'autres".
...

Je n'ai jamais entendu autant parler d'enfants autour de moi. Ou alors peut être que je me focalise là-dessus.
Demain après le travail je vais au centre équestre où travaille ma soeur pour passer la soirée avec elle.

Je prends de la distance par rapport à toi et notre relation, je crois. Quelques millimètres de recul. Je t'oublie un peu aussi. Mais seulement dans le sens où je n'arrive plus bien à me rappeler ton visage, où je n'arrive plus à te voir comme si tu étais là. Pas dans le sens où je ne pense plus à toi. Et de toutes manières je sais très bien que tout oubli de toi, quel qu'il soit, volera en éclat à la seconde où je te reverrai, si je te revois. Je sais que si ce moment arrive, je n'aurai qu'une envie, te serrer fort dans mes bras et t'embrasser. Mais je ne le ferai pas, pour une seule raison, simple : je suis incapable de te garder dans ces bras là lorsque je les ouvre, et je ne peux pas les garder serrés en permanence.
Ca me rend tellement triste.
Mes yeux se ferment sur ton souvenir, souvent dans ce moments là je rêve presque éveillée d'un long baiser avec toi ...



19/07/2007 – HALONG BAY
 
Nous prenons un forfait 2J/1N et nous voilà dans la folie des départs des bateaux ! Rien à voir avec l’ambiance de la veille ! C’est un peu la pagaille, malgré l’affluence et la renommée touristique de la baie, l’organisation n’est pas de mise. Enfin, nous partons finalement, mêlant à bord Australiens, Chiliens, Français, Anglais, Irlandais, Allemands (de Düsseldorf). Ce contact en milieu tant touristique est difficile pour moi car chacun y va de sa critique très négative envers les Vietnamiens, les décrivant comme pas chaleureux, arnaqueurs, collants, impatients, méprisants … Je déteste ces étrangers qui passent trois semaines dans un pays et tirent les conclusions qu’ils souhaitent, oubliant une chose élémentaire : non, les Vietnamiens ne sont pas tout ça, ils vivent juste dans une autre culture, avec une autre logique que la nôtre, et c’est à nous, voyageurs, de nous adapter à leur culture et ne pas attendre le contraire. Dans ces moments-là, j’ai honte d’être touriste. J’ai honte de ces gens qui prennent des photos arrachées à 1cm du visage d’une vendeuse de fruits flottante et qui fait pourtant l’effort de lui parler en anglais pour lui dire « no photo ». Alors qu’il suffit simplement de lui demander. J’ai honte de ces gens qui s’énervent à la moindre incompréhension en oubliant presque que non, le Vietnam n’est pas un pays anglophone. Je suis fière de la patience de nos hôtes envers nous. Fière de ces Vietnamiens qui, décidément, résisteront toujours à l’envahisseur !
Ces griefs passés, le voyage est très agréable. Le spectacle de la nature grandiose, et on se sent seuls au monde sur notre bateau. Baignade et kayak dans la baie d’Halong… ça fait rêver ! Et pour finir, chants sur fond de guitare by night dans ce cadre magnifique, il ne manquait que le feu de camp ! Mais certes, à 30° et sur un bateau…

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 20 décembre 2007
Fatiguée. Epuisée. Je ne sais pas si je vais tenir. Ma clavicule me fait terriblement souffrir, et le harnais pour ramasser passe juste dessus.

Nouvelle journée passée avec mon amie France Inter. De 8h à 18h.
Les insectes, les républicains pendant la guerre d'Espagne, la Tunisie, le mécanisme sociologique de la rumeur, l'histoire du tour de France, les 1001 manières de cuisiner la pêche par Jean Pierre Koffe, la maison écologique, les 40 conseils pour bien élever ses enfants, les australiens et le soleil, ... J'en passe.
J'ai même eu un documentaire sur Dalida. Je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter, même si je me suis appliquée à bannir son écoute depuis notre séparation, tant tout en elle ne me rappelle que toi ... Tu me manques. Je me répète ? J'ai envie de te donner des mots, j'aurais tant à te donner, à te dire encore, si ...

Alors voilà, quelques mots pour me souvenir de ce dont un jour peut être je n'aurai  plus envie de me souvenir. La douceur de tes baisers. La passion de tes étreintes. La tendresse de tes regards.
Tu veux que je te dise certaines choses que tu ne soupçonnais même pas ? Le jour de notre séparation, j'ai vaporisé mon foulard de ton parfum pour l'emporter avec moi quelques jours encore.
J'ai dormi avec les jours qui ont suivi. J'ai dormi dans le manque et l'absence de ton corps, de ton esprit ... J'ai dormi pour oublier que tu n'étais plus là. J'ai rêvé que tu y étais encore. Je me suis réveillée en sueur, criant ton nom et appelant tes caresses, mais je n'ai trouvé que le foulard et ton parfum. Je me suis sentie si pitoyable. Et si seule. Peut être si pitoyable d'être si seule, à moins que ce ne soit l'inverse.

Je n'ai jamais cru, jamais, que .... Que tout irait bien entre nous. Pourtant j'ai décroché ce que je n'avais jamais pensé possible. Tu m'as dit je t'aime. Tu m'as aimée ... J'ai senti la chaleur de ton corps tendu de désir contre le mien. Je l'ai senti éclore tel une rose rouge de passion. J'ai senti le mien s'éveiller et frémir puis jouir dans ce contact charnel.

Pourtant il ne reste plus que du vent. Du vent et des souvenirs. Je t'aime. "Je n'avais pas vu que tu portais des chaînes. A trop vouloir les regarder j'en oubliais les miennes..". (Cabrel ...)

Je t'aime.


18/07/2007 - HALONG BAY
 
On veut faire les malins :) Et parfois ça se passe pas idéalement :) On se rend à Halong en bus public plus motorbike voulant éviter les départs en masse de bus touristiques. On se veut rebelles quoi... Je redoute beaucoup l'arrivée sur la baie d'Ha Long. Après tout, pour beaucoup, le Vietnam n'est connu que pour cette baie. Je m'attends à une ruée touristique digne de l'ouverture des soldes un dimanche à Londres. Je m'attends à être si déçue. Tant de monde pour une merveille de nature, tant d'infrastructure qui dénature cette merveille. Comme tous, j'aimerais l'avoir pour moi toute seule, cette baie. Ben oui, ça c'est le comble de l'être humain : tant d'égoïsme alors qu'on est 6 milliards. Alors bon, faut bien partager, mais du coup j'appréhende, car tout le monde n'apprécie pas forcément les choses avec le même respect.
Eh eh donc on arrive à Halong Bay tant bien que mal et... pas un chat ! Où est donc l'agitation touristique que je craignais tant ? Personne, rien... à peine un Vietnamien qui vient nous alpaguer pour qu'on lui achète des billets... Rien de ce que j'attendais... Je ne comprends pas !
On comprend cependant très vite auprès de notre futur vendeur : tous les bateaux sont déjà partis ! C'est trop tard pour aujourd?hui, prochain départ demain... Ah c'était donc ça?
Bon ben pas grave, nous passerons la journée à la plage. Trop dur ! :) Thomas s'est baigné, pour ma part je n'ai pas décollé mes fesses de la chaise longue de toute l'après-midi ! La vie est parfois trop dure :)
La plage est bondée de touristes asiatiques : Chinois, Vietnamiens et autres. Pas une seule personne n'est étendue sur la plage : tout le monde dans l'eau ! Le bronzage est répudié ici, symbole de pauvreté. Pas question de bronzer donc, et donc pas de bikini à l'horizon, des maillots une pièce cachant avec pudeur jusqu'aux cuisses, ombrelles pour se protéger du soleil les pieds dans l'eau, parfois même baignade tout habillés. Les filles sont prêtes à tout pour garder leur peau blanche et certainement aussi leur pudeur. Les photographes professionnels se ruent sur ces touristes « du dimanche » pour leur offrir des photos de ce qui sont peut être leurs 1ères vacances. Séance de maquillage est même incluse dans la prestation, et nous nous délectons de ce spectacle : pour une fois, nous, les seuls occidentaux sur cette plage, nous ne sommes pas la cible des artisans du tourisme !
Fin de journée au resto, où la serveuse est plus rapide que notre attention et nous verse la bière dans des verres remplis de glaçons. Dieu seul sait d'où vient l'eau qui a permis de faire ces glaçons alors pas de risque de tomber malade ni de gaspiller cette bière. Plutôt que de la jeter, Thomas a une charmante idée : cul sec ! Histoire que la bière ne soit pas trop contaminée :) Ca impressionne les serveuses, surtout de voir une fille faire ça ! :) Moi j'ai les yeux qui piquent...
Soirée terminée à partager un verre avec un guide vietnamien rencontré en bas de notre hôtel, qui nous parlera avec romantisme de sa copine laissée à Vinh, puis appréciation de la nuit sur la baie depuis le balcon de notre chambre. Au loin nous voyons des dizaines de lumières dans l'eau. C'est beau, ça bouge un peu. Ce sont ces bateaux que ce matin nous cherchions, et sur lesquels nous serons demain. Pas vraiment seuls.


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 17 décembre 2007

Je suis toujours épuisée. Ca ne va pas en s'arrangeant. Même si je n'aime pas les massages, je crois que j'en aurais bien besoin d'un, juste là, au niveau des épaules ...

J'ai reçu un texto de toi aujourd'hui : "Je me suis donc fait une permanente ... Et effectivement, heureusement que tu ne me vois pas avec cette tête !"
J'ai relu plusieurs fois pour être bien sûre que j'avais bien lu. Tu me parles de ta permanente, et c'est tout ... ! Je pensais ne plus avoir de nouvelles de toi pendant ces 5 semaines, et voilà un texto au bout de 2 jours, mais dans lequel tu me parles de ... ta permanente. Pas un mot sur ton voyage, je suppose que tout va bien sinon tu ne me parlerais probablement pas de tes cheveux. Il est étrange ce message tout de même ...

Enfin, il me fait plaisir, parce qu'il montre que tu penses à moi. Mais tu ne le dis pas. Je sais, inutile de le dire puisque tu le montres. Mais tout de même. Si je ne t'envoyais qu'un message en quelques jours, je ne te parlerais pas de mes cheveux. Je crois.

Je pense vraiment à toi tout le temps, tout le temps, tout le temps. C'est permanent au point que je ne m'en aperçois même plus, au point que s'il m'arrive de ne pas penser à toi pendant quelques minutes, je sens le vide s'avancer, je sens un manque, une déchirure. Tu fais partie de moi. Je m'acharne pourtant à me répéter que c'est fini, c'est fini. Cela ne change rien.

Comme mes "collègues" ne sont toujours pas très bavards, j'ai passé la journée à écouter France Inter. Je me cultive en ramassant des pêches, qui l'eut cru ? J'ai écouté 2000 ans d'histoire bien sûr. Puis il y a eu une émission de près de deux heures sur le vin et la science. Intéressant. J'ai terminé par un sorte d'émission / débat sur l'homoparentalité et la monoparentalité, avec une femme qui avait écrit sur le célibat choisi, et une autre qui avait écrit un roman sur un couple de femmes. Elles parlaient toutes les deux de leurs expériences personnelles. Avant de parler de parentalité, elles abordaient le couple. Pour la première, le couple était un enfermement. Pour la deuxième, au contraire le couple c'était la liberté. La liberté de choisir la personne avec laquelle on fait sa vie, la liberté de se tromper, la liberté de rompre, etc ...
Elle citait Sartre et disait :
"la liberté ce n'est pas pouvoir ce que l'on veut, c'est vouloir ce que l'on peut".

En tous cas, elle avait 30 ans et racontait qu'elle avait vécu pendant plusieurs années avec un homme qu'elle aimait. Qu'elle n'avait jamais douté de ses propres orientations sexuelles, qu'il n'avait jamais été pour elle question de se demander s'il elle était bien hétéro ou non, que ça allait de soi puisqu'elle aimait les hommes et n'était pas attirée par les femmes. Mais elle racontait qu'à 28 ans pourtant, elle avait rencontré une femme dont elle avait fini par tomber amoureuse. Elle était avec son compagnon, avec lequel elle avait un fils. A ce moment de sa vie s'était posée la question de sa liberté. Dans un premier temps elle avait complètement refusé d'affronter cette attirance / amour qu'elle éprouvait pour cette femme. Ardente défenseure du droit des femmes, elle écrivait à l'époque un roman sur le mouvement de libération des femmes, ce qui avait suscité en elle de nombreuses questions. Elle avait pris à ce moment là vraiment conscience de son attirance pour cette femme. Deux options s'offraient à elle : soit rejeter tout cela, penser à la vie qu'elle avait construite, et enterrer ces sentiments, soit les affronter et les vivre. Elle avait choisi de les vivre. Une histoire atypique, un comportement que l'on peut critiquer ... Quoiqu'il en soit, suite à ça elle a écrit un roman racontant une histoire un peu similaire, mais pas tout à fait. Elle y décrit comment l'entrée dans sa vie de cette femme a complètement anéanti les projets d'avenir qu'elle avait faits.
Sa conclusion vis à vis de tout cela, c'est que finalement la vie n'est jamais exactement telle qu'on l'attend. Pour autant, il faut la prendre comme elle vient, s'y adapter sous peine de s'y noyer. Elle a conclu par une très jolie phrase : "j'étais avec un homme, j'ai trouvé une femme, je suis tombée amoureuse d'une personne, je ne cherchais personne".

Je ne sais pas pourquoi je te parle de tout cela. Sans doute parce que j'ai réfléchi aussi, sans doute parce que ces thèmes de discussion m'ont beaucoup fait penser à toi. Ces thèmes résonnent et raisonnent en moi. Douloureusement. Je n'ose pas tellement te parler de tout cela.
Je n'ose pas forcément m'en parler à moi même, parfois ...
Je m'endors.
Je t'embrasse.


17/07/2007 - HANOI

 
Etre en vacances motive bien plus que le travail, ça c'est sûr. Motivés donc, on se lève à 5h afin de partager quelques instants matinaux avec les vietnamiens. 6h au bord du lac est l'heure de pointe pour cette population qui a un vrai culte du maintien physique : ici, pas de crème anti-rides, anti-rhumatismes, anti-vieillissement de la peau, anti- ... Rien de tel qu'une heure d'exercice. Comme en Chine, les pratiquants de Taï-Shi s'harmonisent avec la quiétude apparente du lac, les cours de danse se donnent pêle-mêle, les joueurs de badminton se confrontent.
La bonne humeur est de mise parfois, parfois aussi juste l'application d'accomplir la tâche quotidienne. Je ressens cette différence de culture avec les Français. Ici, pas question de prendre le risque de devenir un assisté, car son corps trop rapidement ne suit plus la charge des années qui passent. Pas de sécurité sociale, pas de médicament à outrance pour remplacer, quand il est déjà trop tard, ce qu'une simple heure d'exercice matinal peut permettre d'éviter : le sentiment d'être un poids pour ses proches.
Aujourd'hui, nous décidons de louer des vélos pour rendre la promenade plus agréable. Confiants dans notre capacité à appréhender le trafic routier, nous voilà donc partis, bons derniers maillons de la chaîne hiérarchique des véhicules. Oui, le vélo a bien existé à Hanoi, mais il est certain qu'il n'a plus sa place avec l'avènement des « motorbikes ». Je ne sais pas combien de fois j'ai failli mourir cette après-midi là, évitant je ne sais trop comment les motos me doublant ou venant d'en face. Je chantonnais « Mourir sur scène » de Dalida en guise de klaxon pour manifester ma présence, mais j'aurais tout aussi bien pu rebaptiser la chanson « Mourir sur son vélo ». Le regard ébahi des touristes étrangers nous voyant nous aventurer dans ce trafic « à la vietnamienne » en disait long sur la prouesse que nous réalisions. Et encore, ils ne savaient pas à quel point nos freins étaient défaillants ! Le vélo nous permet de découvrir des petites ruelles où certainement peu d'occidentaux sont arrivés, d'après la mine étonnée mais toujours souriante des habitants de ces quartiers, semblant isolés de la folie de la vieille ville d'Hanoi. Au hasard des rues, nous découvrons la vie locale et je me demande comment les petits commerçants peuvent vivre de leur affaire là où seuls passent les gens du quartier. T... a un sens de l'orientation extraordinaire, et malgré un itinéraire aléatoire, nous ramène toujours sur la bonne route ! Pour ma part, j'ai passé l'après-midi perdue, sans jamais une idée sur l'endroit où nous étions, excepté quand nous fûmes au mausolée d'Hochimin, d'après sa description fondé sur le même principe que celui de Mao place Tien An Men à Pékin. Chose que nous ne pourrons vérifier, car le mausolée ferme les après-midi ! Bah, ce sont les aléas d'être pas trop organisés !
Fin de journée. Sains et saufs, autour d?une bonne bière bien méritée, à discuter avec un couple d'Hollandais tout aussi méritants, voyageant avec leurs trois jeunes enfants et leur sac à dos. Irrémédiablement, le débat se lance avec T... : les enfants apprécient-ils les voyages, si jeunes ? Serions-nous capables, un jour, de voyager avec des enfants ? Apprecier le voyage de la même manière ? ? Tant de questions qui resteront en suspens, comme les bulles de cette pression qui nous accompagne dans cette fin de soirée.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 17 décembre 2007

Je suis épuisée. Il doit être 6h du matin pour toi. Je me couche. Enfin. Cette première journée de cueillette des fruits a été, comme prévu, très éprouvante physiquement. Je souffre au niveau de la clavicule gauche. Un an et demi après mon accident, j'ai encore mal ... Je compte sur mon endurance pour que cela passe dans les jours qui viennent, avec l'habitude. Sinon tant pis, j'ai appris à m'accommoder de cette douleur. Le premier contact avec l'équipe de ramasseurs a été assez froid. Je me sens un peu à part. Le groupe est petit, à peine une dizaine de personnes. Et uniquement des hommes. Après cette première journée, je comprends un peu mieux pourquoi : c'est vraiment difficile physiquement. Plus que ce que j'ai pu faire jusque là. Par contre, au moins on est à l'ombre ... Bref. Tous des hommes, pour la plupart plus âgés, pour la plupart maghrébins venus faire une saison ici. Le contact s'établira, il faut laisser quelques jours.

Cette première journée a donc été plutôt silencieuse, bien assez en tous cas pour que je me noie seule dans mes pensées ... pour toi. Il en est une qui n'a cessé de me harceler aujourd'hui, qui revenait inlassablement. Je repensais à notre conversation de samedi, avant ton départ, et à la question que je t'avais posée : "combien de fois tu estimes que tu as trompé quelqu'un dans ta vie?". Tu m'as répondu "une seule fois". Oui, tu ne considères pas que tu m'as trompée, parce que, m'as tu dit, tu l'as fait sous mes yeux. Je t'ai donné mon avis à ce sujet : c'est peut être pire encore ainsi, parce que je crois que ce qui m'a fait le plus mal, c'est de voir à quel point tu n'en avais rien à faire du mal que tu pouvais me faire par ce comportement. A quel point tu n'en avais rien à faire de moi. Peu t'importait de me perdre. Comme si tout cela n'avait été qu'un jeu. Alors tu estimes que tu ne m'as pas trompée. Mais moi je me suis sentie trompée. Enfin, tu vois, aujourd'hui c'est cette pensée qui revenait, inlassablement, je ne sais pas pourquoi. J'essayais de la chasser, mais elle revenait, encore et encore. Désagréable, et plus j'y pensais, plus je comprenais que ça ne servait à rien d'y penser, juste à me faire du mal, puisque de toutes manières, tout ceci appartient au passé.

Je tourne en rond, seule enfermée en moi-même, je tourne en rond et je deviens folle en me fixant sans le vouloir sur des pensées désagréables, des regrets, des rancoeurs. Parfois j'ai envie de courir, loin, vite, très vite, le plus loin possible, courir jusqu'à ne plus rien sentir. Mais je ne le fais pas. Je reste là, à regarder mes mains, comme une partie indépendante de moi-même, mes mains qui vont et viennent, je regarde mes membres se mouvoir en un geste qui bientôt sera précis, automatique, mesuré, se tendant vers l'arbre, cueillant le fruit autorisé. Ni trop mou, ni trop vert. Sous la dent, sans saveur ...

J'ai pensé à toi toute la journée, me demandant ce que tu faisais, pensant à toi au moment où tu étais censée atterrir, puis me demandant si tout se passait bien, si vous aviez trouvé un endroit où passer la nuit ... J'ai pensé à toi et à ton désir d'enfant. Une fois de plus ... J'y pense beaucoup.

J'ai pensé à la dernière fois où nous avons fait l'amour toi et moi, et j'ai senti tout ceci à la fois très loin et très proche. C'est étrange. Je ne me fais toujours pas à l'idée de te perdre. Les autres fois, lorsque nous nous sommes séparées, j'y arrivais. Mais là non. Je n'y crois pas. Je n'arrive pas à me mettre dans la tête que c'est fini. C'est impossible. J'ai un sentiment bizarre, que je rejette, contre lequel ma raison lutte pour que je n'en souffre pas trop, ce sentiment c'est qu'il nous reste des choses à faire toutes les deux ...
Je suis épuisée, et je n'ai plus les idées claires, mes yeux se ferment tout seuls.
Je m'arrête là pour aujourd'hui. Je donnerais tout pour pouvoir m'endormir contre toi ce soir ...

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Samedi 8 décembre 2007



L'idée germe de ce journal. Pitoyable. Nous avons rompu. Tu as rompu. Alors, après tout, le journal de ton absence ne devrait être que le journal de ce que ma vie sera désormais : vide de toi. Te savoir loin de moi géographiquement, à l'autre bout du monde, ne devrait rien changer à mon sentiment. Ne plus avoir de nouvelles de toi dans les semaines à venir ne devrait être qu'une chose normale. Je me dis qu'aujourd'hui je souffre de ton absence, j'éprouve un pincement au coeur en me disant que ce soir je n'aurai pas de texto de ta part, qu'il est inutile d'espérer. Pourtant, je me dis aussi qu'au fur et à mesure que les jours vont s'écouler, le manque se fera moins fort, la pensée moins oppressante, je me dis que peut être je n'irai même pas au bout du journal de cette absence. Peut être que de ne plus avoir du tout de nouvelles de toi va m'aider à tirer un trait.

Peut être ... Et peut être pas.

Pour l'heure, je pense à toi. Tu es dans l'avion en ce moment je suppose. Te souviens tu, durant ces derniers jours passés ensemble, du petit avion rose trouvé dans un Kinder Surprise ? Te souviens tu que je l'ai emmené, te disant que tant qu'il serait avec moi, tu serais en sécurité dans un avion ? Il est là, juste là .... posé sur ma table de chevet. Je tiens à toi.
J'aimerais être avec toi en ce moment, mais ça a bien sûr toujours été hors de question. Je pense à ce que tu vas vivre, à ce que tu vas voir, entendre, goûter, sentir ... Et je pense combien j'aurais aimé partager tout cela avec toi. Tu pars sur la trace de tes origines, je sais que c'est une chose importante pour toi. J'éprouve une grande tristesse à l'idée que ce sont ces mêmes choses que j'aurais aimé partager avec toi qui vont probablement t'éloigner finalement de moi, te permettant un changement total, une coupure de quelques semaines dans ta vie pour repartir sur de nouvelles bases, avec quelqu'un d'autre. Cette idée m'anéantit et me rend amère ...
Je me demande si tu penses à moi en ce moment. Et si oui, ce que tu penses. Je me demande ce que tu ressens. Si tu te sens triste aussi ... Je sais que oui, mais à quel point ? Je me pose tout un tas de questions, je me demande si tu vas mettre longtemps à ne plus penser à moi. Je me demande si tu vas arriver à passer à autre chose aussi facilement que tu l'imagines.

Moi, je me sens mélange de tristesse, d'espoir, de tendresse, de lassitude, le tout dilué dans les larmes de mon amour pour toi, perdu dans un désagréable sentiment de gâchis. Gâchis de ce qui aurait pu être une belle histoire ... Mais peu importe, nous n'en sommes plus là. Tu as rompu. Il faut que je me fasse à l'idée. Je ne réalise pas encore. Je n'arrive pas à admettre que plus jamais je ne sentirai tes lèvres contre les miennes, que plus jamais je ne sentirai la tendresse de nos deux corps l'un contre l'autre, que plus jamais je ne déposerai de baiser dans ton cou, juste là, sur le grain de beauté, que plus jamais je ne mordillai ta peau, attisant ton désir ou provoquant un pincement désagréable, selon ... Je n'arrive pas à m'y faire. Il le faut pourtant ...

Je me couche tôt, je dois me lever tôt. Très tôt. Avec le soleil ... Demain je commence à travailler. Voilà ... Je vais cueillir des pêches, je vais être consciencieuse, appliquée, ponctuelle, efficace, comme je l'ai toujours tout été, je vais occuper mon corps et mes mains, pour mieux laisser vagabonder mon esprit. J'appréhende cet aspect là : la liberté la plus totale que ce genre de travail manuel laisse à ma pensée. J'aurais aimé aussi ne pas trop penser finalement je crois, pour ces semaines à venir. Enfin, ... La chaleur, l'effort physique, les horaires matinaux viendront probablement à bout d'une réflexion trop insistante.
Je clos là la première journée.
Je t'adresse ces quelques mots en pensant que tu ne les liras jamais ... Ca a un côté un peu triste, voire carrément désespéré, mais peu importe.
Je pense à toi, tu es présente dans mes pensées à un point que tu n'imagines peut être même pas .... Je me demande si je te manque.
Par la pensée, au moment de conclure sur cette journée, de fermer les yeux et de m'endormir pour rejoindre des songes que tu peuples chaque nuit ou presque, je t'adresse par la pensée un baiser passionné. Je sais, tu as rompu ... Mais de telles pensées n'engagent que moi.


15/07/2007 > 16/07/2007 – DEPART DE PARIS  > ARRIVEE A HANOI

Nous voilà partis de Paris chacun de notre côté, préparatifs au mieux terminés. A la dernière minute certainement. Départ 12h00 le 15, arrivée à Hanoi à 13h le 16. Un long voyage, en compagnie de Malaysian Airlines dont le service est vraiment à louer ! Hôtesses vêtues magnifiquement, petits linges chauds pour se laver les mains et plateau repas asiatique. Rien à redire, tout à apprécier !
Etape à Kuala Lumpur, Malaisie. Ville au nom tant exotique, synonyme de bout du monde pour moi, mais dont nous ne verrons que l'aéroport le temps de 3h. Puis c'est parti pour Hanoi, vol de 3-4 heures au-dessus de Saigon dont nous ne verrons rien cause météo puis au-dessus de cet impétueux fleuve rouge serpentant entre villes et villages avant de s'éloigner de la côte et survoler l'océan pacifique. A voir de haut cette côte vietnamienne bordée de tout son long d'interminables plages, il semblerait que le créateur de ce monde ne disposait que d'un feutre jaune pour dessiner les contours du Vietnam !
Une larme d'émotion m'envahit. Je pense à vous Papa, Maman, Mémée, mon frère, ma soeur. J'aurais aimé que vous soyez dans cet avion avec moi ...
L'obtention du visa se fait sans problème et nous et nous choisissons pour hôtel le premier de la liste du Lonely Planet.
Au sortir de l'aéroport, la lourdeur étouffante de l'atmosphère finit de me convaincre d'une chose : ces vacances seront chaudes !
Nous passons notre 1ère après-midi à Hanoi à nous promener au hasard de la vieille ville, à maîtriser au fur et à mesure la traversée de ces voies chaotiques envahies de  « motorbikes » qui semblent ne pas avoir compris l'utilité de la ligne blanche qui passe au milieu de la voie. Les motorbikes ici sont maîtres, les vélos sont d'un autre temps, à se demander parfois s'ils ont vraiment eu leur place un jour ici ! Le klaxon est de mise, on est petits joueurs à Marseille à côté de Hanoi ! A croire que le Vietnam vient de gagner la coupe du monde de foot ! Mais tous les jours ! :)
La vie à Hanoi, dans la vieille ville, se passe vraiment dans la rue. Les gens y vivent tout le temps. Y mangent. Se reposent. Attendent que le temps passe. Y font leurs affaires. Nous croisons un office funéraire. Bandeaux blancs entourent la tête des parents. Je me souviens ? Qu'il est frustrant de se trouver dans le pays de son père, de voir des copies de mes tantes, de porter ce nom vietnamien inscrit sur mon passeport, et de ne même pas savoir dire « non » en vietnamien quand on me demande si je le parle.
Après quelques flâneries autour du lac principal de la ville, avoir attendu vainement auprès d'un pêcheur que « ça morde », nous aboutissons à l'église de la ville, ornée de deux grandes tours, de loin et les yeux fermés semblables à celles de Notre Dame de Paris :). Une messe s'y officie et je suis vraiment impressionnée par la ferveur religieuse des participants. Les chants, en vietnamien, en jettent !

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Samedi 8 décembre 2007

Vous l'aurez peut être remarqué : j'ai supprimé mes derniers articles, tous ceux dont le titre commençait par "JOURNAL DE TON ABSENCE".
Mais je vais les republier, de manière un peu différente toutefois : alors que, de mon côté, je tenais ce journal de son absence, très axé sur l'intime et le ressenti, de son côté M... tenait un carnet de bord de son voyage au Vietnam.
L'idée a fait son chemin et finalement j'ai eu envie de publier à nouveau chaque article de "Journal de ton absence" avec, en parallèle, le jour correspondant de son carnet de bord, et certaines photos de son voyage, avec son accord évidemment.
J'espère ainsi donner une autre dimension à ce que je peux publier sur mon blog, et mettre en relation l'aventure de son voyage vers ses origines avec mes écrits.
Les registres d'écriture sont très différents : j'ai écrit comme on crie, mais en silence, j'ai écrit pour arriver à supporter la douleur de cette rupture. Elle a écrit pour se souvenir, comme elle le fait toujours lorsqu'elle voyage, pour se souvenir de ce qu'elle voyait, de ce qu'elle ressentait. Son carnet se limite à ce qui est en rapport avec son voyage. Les raisons qui ont motivé nos écrits étant très décalées l'une de l'autre, les résultats le sont aussi.
J'aime la complémentarité des deux ...

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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