"ECRIRE, C'EST AUSSI NE PAS PARLER. C'EST SE TAIRE. C'EST HURLER SANS BRUIT." [Marguerite Duras]


Voici mes pensées : certaines sont de purs fruits de mon imaginaire, tandis que d'autres ont soufflé sur mon vécu.
La frontière est parfois ténue, ... et alors ?

 

Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : Quand l'écriture devient art de vivre
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  • : Journal Intime
  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Lundi 17 décembre 2007

Je suis toujours épuisée. Ca ne va pas en s'arrangeant. Même si je n'aime pas les massages, je crois que j'en aurais bien besoin d'un, juste là, au niveau des épaules ...

J'ai reçu un texto de toi aujourd'hui : "Je me suis donc fait une permanente ... Et effectivement, heureusement que tu ne me vois pas avec cette tête !"
J'ai relu plusieurs fois pour être bien sûre que j'avais bien lu. Tu me parles de ta permanente, et c'est tout ... ! Je pensais ne plus avoir de nouvelles de toi pendant ces 5 semaines, et voilà un texto au bout de 2 jours, mais dans lequel tu me parles de ... ta permanente. Pas un mot sur ton voyage, je suppose que tout va bien sinon tu ne me parlerais probablement pas de tes cheveux. Il est étrange ce message tout de même ...

Enfin, il me fait plaisir, parce qu'il montre que tu penses à moi. Mais tu ne le dis pas. Je sais, inutile de le dire puisque tu le montres. Mais tout de même. Si je ne t'envoyais qu'un message en quelques jours, je ne te parlerais pas de mes cheveux. Je crois.

Je pense vraiment à toi tout le temps, tout le temps, tout le temps. C'est permanent au point que je ne m'en aperçois même plus, au point que s'il m'arrive de ne pas penser à toi pendant quelques minutes, je sens le vide s'avancer, je sens un manque, une déchirure. Tu fais partie de moi. Je m'acharne pourtant à me répéter que c'est fini, c'est fini. Cela ne change rien.

Comme mes "collègues" ne sont toujours pas très bavards, j'ai passé la journée à écouter France Inter. Je me cultive en ramassant des pêches, qui l'eut cru ? J'ai écouté 2000 ans d'histoire bien sûr. Puis il y a eu une émission de près de deux heures sur le vin et la science. Intéressant. J'ai terminé par un sorte d'émission / débat sur l'homoparentalité et la monoparentalité, avec une femme qui avait écrit sur le célibat choisi, et une autre qui avait écrit un roman sur un couple de femmes. Elles parlaient toutes les deux de leurs expériences personnelles. Avant de parler de parentalité, elles abordaient le couple. Pour la première, le couple était un enfermement. Pour la deuxième, au contraire le couple c'était la liberté. La liberté de choisir la personne avec laquelle on fait sa vie, la liberté de se tromper, la liberté de rompre, etc ...
Elle citait Sartre et disait :
"la liberté ce n'est pas pouvoir ce que l'on veut, c'est vouloir ce que l'on peut".

En tous cas, elle avait 30 ans et racontait qu'elle avait vécu pendant plusieurs années avec un homme qu'elle aimait. Qu'elle n'avait jamais douté de ses propres orientations sexuelles, qu'il n'avait jamais été pour elle question de se demander s'il elle était bien hétéro ou non, que ça allait de soi puisqu'elle aimait les hommes et n'était pas attirée par les femmes. Mais elle racontait qu'à 28 ans pourtant, elle avait rencontré une femme dont elle avait fini par tomber amoureuse. Elle était avec son compagnon, avec lequel elle avait un fils. A ce moment de sa vie s'était posée la question de sa liberté. Dans un premier temps elle avait complètement refusé d'affronter cette attirance / amour qu'elle éprouvait pour cette femme. Ardente défenseure du droit des femmes, elle écrivait à l'époque un roman sur le mouvement de libération des femmes, ce qui avait suscité en elle de nombreuses questions. Elle avait pris à ce moment là vraiment conscience de son attirance pour cette femme. Deux options s'offraient à elle : soit rejeter tout cela, penser à la vie qu'elle avait construite, et enterrer ces sentiments, soit les affronter et les vivre. Elle avait choisi de les vivre. Une histoire atypique, un comportement que l'on peut critiquer ... Quoiqu'il en soit, suite à ça elle a écrit un roman racontant une histoire un peu similaire, mais pas tout à fait. Elle y décrit comment l'entrée dans sa vie de cette femme a complètement anéanti les projets d'avenir qu'elle avait faits.
Sa conclusion vis à vis de tout cela, c'est que finalement la vie n'est jamais exactement telle qu'on l'attend. Pour autant, il faut la prendre comme elle vient, s'y adapter sous peine de s'y noyer. Elle a conclu par une très jolie phrase : "j'étais avec un homme, j'ai trouvé une femme, je suis tombée amoureuse d'une personne, je ne cherchais personne".

Je ne sais pas pourquoi je te parle de tout cela. Sans doute parce que j'ai réfléchi aussi, sans doute parce que ces thèmes de discussion m'ont beaucoup fait penser à toi. Ces thèmes résonnent et raisonnent en moi. Douloureusement. Je n'ose pas tellement te parler de tout cela.
Je n'ose pas forcément m'en parler à moi même, parfois ...
Je m'endors.
Je t'embrasse.


17/07/2007 - HANOI

 
Etre en vacances motive bien plus que le travail, ça c'est sûr. Motivés donc, on se lève à 5h afin de partager quelques instants matinaux avec les vietnamiens. 6h au bord du lac est l'heure de pointe pour cette population qui a un vrai culte du maintien physique : ici, pas de crème anti-rides, anti-rhumatismes, anti-vieillissement de la peau, anti- ... Rien de tel qu'une heure d'exercice. Comme en Chine, les pratiquants de Taï-Shi s'harmonisent avec la quiétude apparente du lac, les cours de danse se donnent pêle-mêle, les joueurs de badminton se confrontent.
La bonne humeur est de mise parfois, parfois aussi juste l'application d'accomplir la tâche quotidienne. Je ressens cette différence de culture avec les Français. Ici, pas question de prendre le risque de devenir un assisté, car son corps trop rapidement ne suit plus la charge des années qui passent. Pas de sécurité sociale, pas de médicament à outrance pour remplacer, quand il est déjà trop tard, ce qu'une simple heure d'exercice matinal peut permettre d'éviter : le sentiment d'être un poids pour ses proches.
Aujourd'hui, nous décidons de louer des vélos pour rendre la promenade plus agréable. Confiants dans notre capacité à appréhender le trafic routier, nous voilà donc partis, bons derniers maillons de la chaîne hiérarchique des véhicules. Oui, le vélo a bien existé à Hanoi, mais il est certain qu'il n'a plus sa place avec l'avènement des « motorbikes ». Je ne sais pas combien de fois j'ai failli mourir cette après-midi là, évitant je ne sais trop comment les motos me doublant ou venant d'en face. Je chantonnais « Mourir sur scène » de Dalida en guise de klaxon pour manifester ma présence, mais j'aurais tout aussi bien pu rebaptiser la chanson « Mourir sur son vélo ». Le regard ébahi des touristes étrangers nous voyant nous aventurer dans ce trafic « à la vietnamienne » en disait long sur la prouesse que nous réalisions. Et encore, ils ne savaient pas à quel point nos freins étaient défaillants ! Le vélo nous permet de découvrir des petites ruelles où certainement peu d'occidentaux sont arrivés, d'après la mine étonnée mais toujours souriante des habitants de ces quartiers, semblant isolés de la folie de la vieille ville d'Hanoi. Au hasard des rues, nous découvrons la vie locale et je me demande comment les petits commerçants peuvent vivre de leur affaire là où seuls passent les gens du quartier. T... a un sens de l'orientation extraordinaire, et malgré un itinéraire aléatoire, nous ramène toujours sur la bonne route ! Pour ma part, j'ai passé l'après-midi perdue, sans jamais une idée sur l'endroit où nous étions, excepté quand nous fûmes au mausolée d'Hochimin, d'après sa description fondé sur le même principe que celui de Mao place Tien An Men à Pékin. Chose que nous ne pourrons vérifier, car le mausolée ferme les après-midi ! Bah, ce sont les aléas d'être pas trop organisés !
Fin de journée. Sains et saufs, autour d?une bonne bière bien méritée, à discuter avec un couple d'Hollandais tout aussi méritants, voyageant avec leurs trois jeunes enfants et leur sac à dos. Irrémédiablement, le débat se lance avec T... : les enfants apprécient-ils les voyages, si jeunes ? Serions-nous capables, un jour, de voyager avec des enfants ? Apprecier le voyage de la même manière ? ? Tant de questions qui resteront en suspens, comme les bulles de cette pression qui nous accompagne dans cette fin de soirée.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Lundi 17 décembre 2007

Je suis épuisée. Il doit être 6h du matin pour toi. Je me couche. Enfin. Cette première journée de cueillette des fruits a été, comme prévu, très éprouvante physiquement. Je souffre au niveau de la clavicule gauche. Un an et demi après mon accident, j'ai encore mal ... Je compte sur mon endurance pour que cela passe dans les jours qui viennent, avec l'habitude. Sinon tant pis, j'ai appris à m'accommoder de cette douleur. Le premier contact avec l'équipe de ramasseurs a été assez froid. Je me sens un peu à part. Le groupe est petit, à peine une dizaine de personnes. Et uniquement des hommes. Après cette première journée, je comprends un peu mieux pourquoi : c'est vraiment difficile physiquement. Plus que ce que j'ai pu faire jusque là. Par contre, au moins on est à l'ombre ... Bref. Tous des hommes, pour la plupart plus âgés, pour la plupart maghrébins venus faire une saison ici. Le contact s'établira, il faut laisser quelques jours.

Cette première journée a donc été plutôt silencieuse, bien assez en tous cas pour que je me noie seule dans mes pensées ... pour toi. Il en est une qui n'a cessé de me harceler aujourd'hui, qui revenait inlassablement. Je repensais à notre conversation de samedi, avant ton départ, et à la question que je t'avais posée : "combien de fois tu estimes que tu as trompé quelqu'un dans ta vie?". Tu m'as répondu "une seule fois". Oui, tu ne considères pas que tu m'as trompée, parce que, m'as tu dit, tu l'as fait sous mes yeux. Je t'ai donné mon avis à ce sujet : c'est peut être pire encore ainsi, parce que je crois que ce qui m'a fait le plus mal, c'est de voir à quel point tu n'en avais rien à faire du mal que tu pouvais me faire par ce comportement. A quel point tu n'en avais rien à faire de moi. Peu t'importait de me perdre. Comme si tout cela n'avait été qu'un jeu. Alors tu estimes que tu ne m'as pas trompée. Mais moi je me suis sentie trompée. Enfin, tu vois, aujourd'hui c'est cette pensée qui revenait, inlassablement, je ne sais pas pourquoi. J'essayais de la chasser, mais elle revenait, encore et encore. Désagréable, et plus j'y pensais, plus je comprenais que ça ne servait à rien d'y penser, juste à me faire du mal, puisque de toutes manières, tout ceci appartient au passé.

Je tourne en rond, seule enfermée en moi-même, je tourne en rond et je deviens folle en me fixant sans le vouloir sur des pensées désagréables, des regrets, des rancoeurs. Parfois j'ai envie de courir, loin, vite, très vite, le plus loin possible, courir jusqu'à ne plus rien sentir. Mais je ne le fais pas. Je reste là, à regarder mes mains, comme une partie indépendante de moi-même, mes mains qui vont et viennent, je regarde mes membres se mouvoir en un geste qui bientôt sera précis, automatique, mesuré, se tendant vers l'arbre, cueillant le fruit autorisé. Ni trop mou, ni trop vert. Sous la dent, sans saveur ...

J'ai pensé à toi toute la journée, me demandant ce que tu faisais, pensant à toi au moment où tu étais censée atterrir, puis me demandant si tout se passait bien, si vous aviez trouvé un endroit où passer la nuit ... J'ai pensé à toi et à ton désir d'enfant. Une fois de plus ... J'y pense beaucoup.

J'ai pensé à la dernière fois où nous avons fait l'amour toi et moi, et j'ai senti tout ceci à la fois très loin et très proche. C'est étrange. Je ne me fais toujours pas à l'idée de te perdre. Les autres fois, lorsque nous nous sommes séparées, j'y arrivais. Mais là non. Je n'y crois pas. Je n'arrive pas à me mettre dans la tête que c'est fini. C'est impossible. J'ai un sentiment bizarre, que je rejette, contre lequel ma raison lutte pour que je n'en souffre pas trop, ce sentiment c'est qu'il nous reste des choses à faire toutes les deux ...
Je suis épuisée, et je n'ai plus les idées claires, mes yeux se ferment tout seuls.
Je m'arrête là pour aujourd'hui. Je donnerais tout pour pouvoir m'endormir contre toi ce soir ...

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Samedi 8 décembre 2007



L'idée germe de ce journal. Pitoyable. Nous avons rompu. Tu as rompu. Alors, après tout, le journal de ton absence ne devrait être que le journal de ce que ma vie sera désormais : vide de toi. Te savoir loin de moi géographiquement, à l'autre bout du monde, ne devrait rien changer à mon sentiment. Ne plus avoir de nouvelles de toi dans les semaines à venir ne devrait être qu'une chose normale. Je me dis qu'aujourd'hui je souffre de ton absence, j'éprouve un pincement au coeur en me disant que ce soir je n'aurai pas de texto de ta part, qu'il est inutile d'espérer. Pourtant, je me dis aussi qu'au fur et à mesure que les jours vont s'écouler, le manque se fera moins fort, la pensée moins oppressante, je me dis que peut être je n'irai même pas au bout du journal de cette absence. Peut être que de ne plus avoir du tout de nouvelles de toi va m'aider à tirer un trait.

Peut être ... Et peut être pas.

Pour l'heure, je pense à toi. Tu es dans l'avion en ce moment je suppose. Te souviens tu, durant ces derniers jours passés ensemble, du petit avion rose trouvé dans un Kinder Surprise ? Te souviens tu que je l'ai emmené, te disant que tant qu'il serait avec moi, tu serais en sécurité dans un avion ? Il est là, juste là .... posé sur ma table de chevet. Je tiens à toi.
J'aimerais être avec toi en ce moment, mais ça a bien sûr toujours été hors de question. Je pense à ce que tu vas vivre, à ce que tu vas voir, entendre, goûter, sentir ... Et je pense combien j'aurais aimé partager tout cela avec toi. Tu pars sur la trace de tes origines, je sais que c'est une chose importante pour toi. J'éprouve une grande tristesse à l'idée que ce sont ces mêmes choses que j'aurais aimé partager avec toi qui vont probablement t'éloigner finalement de moi, te permettant un changement total, une coupure de quelques semaines dans ta vie pour repartir sur de nouvelles bases, avec quelqu'un d'autre. Cette idée m'anéantit et me rend amère ...
Je me demande si tu penses à moi en ce moment. Et si oui, ce que tu penses. Je me demande ce que tu ressens. Si tu te sens triste aussi ... Je sais que oui, mais à quel point ? Je me pose tout un tas de questions, je me demande si tu vas mettre longtemps à ne plus penser à moi. Je me demande si tu vas arriver à passer à autre chose aussi facilement que tu l'imagines.

Moi, je me sens mélange de tristesse, d'espoir, de tendresse, de lassitude, le tout dilué dans les larmes de mon amour pour toi, perdu dans un désagréable sentiment de gâchis. Gâchis de ce qui aurait pu être une belle histoire ... Mais peu importe, nous n'en sommes plus là. Tu as rompu. Il faut que je me fasse à l'idée. Je ne réalise pas encore. Je n'arrive pas à admettre que plus jamais je ne sentirai tes lèvres contre les miennes, que plus jamais je ne sentirai la tendresse de nos deux corps l'un contre l'autre, que plus jamais je ne déposerai de baiser dans ton cou, juste là, sur le grain de beauté, que plus jamais je ne mordillai ta peau, attisant ton désir ou provoquant un pincement désagréable, selon ... Je n'arrive pas à m'y faire. Il le faut pourtant ...

Je me couche tôt, je dois me lever tôt. Très tôt. Avec le soleil ... Demain je commence à travailler. Voilà ... Je vais cueillir des pêches, je vais être consciencieuse, appliquée, ponctuelle, efficace, comme je l'ai toujours tout été, je vais occuper mon corps et mes mains, pour mieux laisser vagabonder mon esprit. J'appréhende cet aspect là : la liberté la plus totale que ce genre de travail manuel laisse à ma pensée. J'aurais aimé aussi ne pas trop penser finalement je crois, pour ces semaines à venir. Enfin, ... La chaleur, l'effort physique, les horaires matinaux viendront probablement à bout d'une réflexion trop insistante.
Je clos là la première journée.
Je t'adresse ces quelques mots en pensant que tu ne les liras jamais ... Ca a un côté un peu triste, voire carrément désespéré, mais peu importe.
Je pense à toi, tu es présente dans mes pensées à un point que tu n'imagines peut être même pas .... Je me demande si je te manque.
Par la pensée, au moment de conclure sur cette journée, de fermer les yeux et de m'endormir pour rejoindre des songes que tu peuples chaque nuit ou presque, je t'adresse par la pensée un baiser passionné. Je sais, tu as rompu ... Mais de telles pensées n'engagent que moi.


15/07/2007 > 16/07/2007 – DEPART DE PARIS  > ARRIVEE A HANOI

Nous voilà partis de Paris chacun de notre côté, préparatifs au mieux terminés. A la dernière minute certainement. Départ 12h00 le 15, arrivée à Hanoi à 13h le 16. Un long voyage, en compagnie de Malaysian Airlines dont le service est vraiment à louer ! Hôtesses vêtues magnifiquement, petits linges chauds pour se laver les mains et plateau repas asiatique. Rien à redire, tout à apprécier !
Etape à Kuala Lumpur, Malaisie. Ville au nom tant exotique, synonyme de bout du monde pour moi, mais dont nous ne verrons que l'aéroport le temps de 3h. Puis c'est parti pour Hanoi, vol de 3-4 heures au-dessus de Saigon dont nous ne verrons rien cause météo puis au-dessus de cet impétueux fleuve rouge serpentant entre villes et villages avant de s'éloigner de la côte et survoler l'océan pacifique. A voir de haut cette côte vietnamienne bordée de tout son long d'interminables plages, il semblerait que le créateur de ce monde ne disposait que d'un feutre jaune pour dessiner les contours du Vietnam !
Une larme d'émotion m'envahit. Je pense à vous Papa, Maman, Mémée, mon frère, ma soeur. J'aurais aimé que vous soyez dans cet avion avec moi ...
L'obtention du visa se fait sans problème et nous et nous choisissons pour hôtel le premier de la liste du Lonely Planet.
Au sortir de l'aéroport, la lourdeur étouffante de l'atmosphère finit de me convaincre d'une chose : ces vacances seront chaudes !
Nous passons notre 1ère après-midi à Hanoi à nous promener au hasard de la vieille ville, à maîtriser au fur et à mesure la traversée de ces voies chaotiques envahies de  « motorbikes » qui semblent ne pas avoir compris l'utilité de la ligne blanche qui passe au milieu de la voie. Les motorbikes ici sont maîtres, les vélos sont d'un autre temps, à se demander parfois s'ils ont vraiment eu leur place un jour ici ! Le klaxon est de mise, on est petits joueurs à Marseille à côté de Hanoi ! A croire que le Vietnam vient de gagner la coupe du monde de foot ! Mais tous les jours ! :)
La vie à Hanoi, dans la vieille ville, se passe vraiment dans la rue. Les gens y vivent tout le temps. Y mangent. Se reposent. Attendent que le temps passe. Y font leurs affaires. Nous croisons un office funéraire. Bandeaux blancs entourent la tête des parents. Je me souviens ? Qu'il est frustrant de se trouver dans le pays de son père, de voir des copies de mes tantes, de porter ce nom vietnamien inscrit sur mon passeport, et de ne même pas savoir dire « non » en vietnamien quand on me demande si je le parle.
Après quelques flâneries autour du lac principal de la ville, avoir attendu vainement auprès d'un pêcheur que « ça morde », nous aboutissons à l'église de la ville, ornée de deux grandes tours, de loin et les yeux fermés semblables à celles de Notre Dame de Paris :). Une messe s'y officie et je suis vraiment impressionnée par la ferveur religieuse des participants. Les chants, en vietnamien, en jettent !

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Samedi 8 décembre 2007

Vous l'aurez peut être remarqué : j'ai supprimé mes derniers articles, tous ceux dont le titre commençait par "JOURNAL DE TON ABSENCE".
Mais je vais les republier, de manière un peu différente toutefois : alors que, de mon côté, je tenais ce journal de son absence, très axé sur l'intime et le ressenti, de son côté M... tenait un carnet de bord de son voyage au Vietnam.
L'idée a fait son chemin et finalement j'ai eu envie de publier à nouveau chaque article de "Journal de ton absence" avec, en parallèle, le jour correspondant de son carnet de bord, et certaines photos de son voyage, avec son accord évidemment.
J'espère ainsi donner une autre dimension à ce que je peux publier sur mon blog, et mettre en relation l'aventure de son voyage vers ses origines avec mes écrits.
Les registres d'écriture sont très différents : j'ai écrit comme on crie, mais en silence, j'ai écrit pour arriver à supporter la douleur de cette rupture. Elle a écrit pour se souvenir, comme elle le fait toujours lorsqu'elle voyage, pour se souvenir de ce qu'elle voyait, de ce qu'elle ressentait. Son carnet se limite à ce qui est en rapport avec son voyage. Les raisons qui ont motivé nos écrits étant très décalées l'une de l'autre, les résultats le sont aussi.
J'aime la complémentarité des deux ...

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Samedi 17 novembre 2007


Il nous restait trois semaines à passer ensemble, et nous les vécûmes intensément, savourant chaque instant comme le dernier. Je suis consciente que cette dimension dramatique donna à ces semaines une saveur particulière. Je les garde en mémoire, car elles comptent parmi les plus belles semaines que nous passâmes ensemble. Etrangement, je me sentais libérée. Il n'y avait plus au-dessus de ma tête ce couperet qui pouvait tomber du jour au lendemain : la rupture. Non, car cette rupture, j'en connaissais la date et le jour exacts, et je savais avec quasi certitude que jusque là, elle se donnerait le droit de m'aimer pleinement, et de ne plus réfléchir.
Les mots me manquent pour décrire ces quelques semaines ensemble ... Il y eut des fleurs, pour la première fois. Des roses rouges. De la lavande. Des senteurs, des attentions et des baisers tendres autour de tout cela. Il y eut bien plus encore. De l'ordre de l'indescriptible.
Fin juin, elle vint me voir jouer au théâtre, et à cette occasion elle rencontra mes parents. Ma mère sentit quelque chose, elle me connaît trop bien ... Mais je la présentai comme une amie. J'aurais été prête à la présenter autrement, si seulement elle avait été capable de s'engager. Seulement ce n'était plus à l'ordre du jour.

Je partais la première chez mes parents, et les derniers jours à Paris furent difficiles. Superbes, mais difficiles. Le dernier jour, le dernier dîner, la dernière nuit, le dernier réveil à ses côtés, le dernier baiser dans l'ascenseur, le dernier regard ... Les premières larmes d'une longue série. Normal ... Nous pleurâmes en nous quittant, et j'arrivai chez mes parents une fois de plus en morceaux.
J'espérais qu'elle changerait d'avis, et j'avais le sentiment que je la retrouverais un jour. Je me sentais en attente, dans l'attente de sa prise de conscience. Je n'arrivais pas encore à croire que tout pouvait se terminer ainsi ...

Nous sommes le 17 novembre. Il y a 4 mois, nous nous quittions. A ce moment là, je n'étais pas vraiment capable d'écrire quoique ce soit. Même ma douleur ne voulait plus remplir mes lignes blanches. J'étais chez mes parents pour travailler, pour une saison de cueillette de fruits. Et elle me manquait, terriblement. Le fait que je ne sois plus plongée dans mon quotidien parisien ne changeait absolument rien, elle me manquait comme jamais. Avant son départ pour le Vietnam, je lui parlai au téléphone pendant plusieurs heures, ce qui nous donna la sensation d'une nouvelle rupture et me laissa plus abattue encore.
Elle partait à l'autre bout du monde, je ne pourrais plus lui parler quotidiennement, et le contact, je le pensais en tous cas, serait rompu totalement pendant son séjour là-bas. Désespérée, dans un état de manque immense, j'entrepris de lui écrire chaque jour, comme si elle avait été là. Mais sans que cela ne lui parvienne. Pour me libérer, et me sentir moins seule ... Pour avoir l'impression qu'elle était là et m'écoutait ? Peut être ...
Alors voilà, j'ouvris ce journal quotidien que je nommai "Journal de ton absence". Un jour après l'autre ... Essayer de reprendre le dessus, d'avancer et de vivre à nouveau.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Vendredi 16 novembre 2007

Le lendemain matin, je me réveillai contre elle, me remémorant, un sourire en coin, la soirée de la veille. J'appréhendais tout de même un tout petit peu sa sobriété : les mots prononcés sous l'influence d'une soirée arrosée pourraient ils l'être à nouveau au réveil ? Je ne me questionnai pas longtemps, car elle ouvrit les yeux, effleura ma peau et, plantant son regard droit dans le mien avec un demi sourire répéta : "je t'aime". Je lui souris, et elle, elle rit tout court, d'un rire un brin moqueur, presque triomphant. Devant mon air interrogateur, elle ajouta : "tu croyais que je ne te le répéterais pas une fois sobre, hein ?". Je lui dis "oui", et elle rit de plus belle, me disant : "eh bien non, même sobre je t'aime !".

Je ne m'attarderai pas sur la suite ... Parce que tout cela n'a plus tellement d'importance, et que je me remémore certains instants avec une douleur que je ne me sens pas capable d'accueillir.

La suite, ce fut quelques semaines, trop courtes à mon goût, de bonheur. Intense. Des instants inoubliables et que je n'ai pas besoin de fixer sur du papier, sur un clavier pour les garder au creux du coeur. Je la vis telle que je ne l'avais jamais vue : heureuse et sans culpabilité.
 
Bien sûr ça ne dura pas. Bien sûr il y eut une nouvelle rupture. Bien sûr la pensée de X... dans son avenir n'y était pas pour rien. Bien sûr elle s'arrangea pour se rendre insupportable et me trouver tous les défauts du monde. Bien sûr j'accusai le coup sans mot dire. Bien sûr, un jour c'en fut trop. Bien sûr ...

Etant donnés les efforts que je faisais pour être à la hauteur, étant données les marques d'amour et le soutien constants que le lui apportais, tout ce qu'elle pouvait me reprocher, c'était de ne pas être parfaite. Oui mais voilà, cette relation n'avait jamais été équilibrée, et si de son côté elle avait le droit d'être faible, le droit à l'occasion d'être insupportable, le droit d'avoir l'air de survoler tout cela, le droit de ne pas m'accorder toute l'attention que j'aurais méritée, de mon côté je n'avais pas le droit à l'erreur. Et personne ne peut être parfait plus de quelques jours, à la rigueur quelques semaines ... C'est évident.

Cette relation était faite de certitudes tant l'incertitude du lendemain était grande. La certitude qu'elle me quitterait. La certitude que j'en sortirais démolie. La certitude qu'elle en souffrirait aussi, bien malgré elle, bien malgré moi.
Alors oui, il y eut une nouvelle rupture. Et pour la deuxième fois, elle me dit qu'elle allait redonner une chance à X..., parce qu'elle envisageait de faire sa vie avec lui, parce qu'elle l'aimait, parce qu'il avait changé et qu'elle le sentait enfin capable de lui apporter ce dont elle avait besoin.

Dans un premier temps, j'acceptai la rupture. Parce que je me sentais épuisée, et parce que le soir où je partis de chez elle, les derniers mots que je lui adressai furent : "je te déteste". Trois fois de suite, parce que je répète toujours trois fois les choses importantes. Ces mots, je les pensais, et il venaient du fond du coeur. J'aurais tout aussi pu lui dire "je t'aime", les deux auraient voulu dire la même chose : tant et si peu  ...

Le lendemain déjà le regret et le manque me rongeaient. Le contact n'était pas coupé, et je sus qu'elle n'allait pas bien non plus. Elle me dit à quel point tout cela était dur, pour elle aussi ... J'insistai pour la voir un soir, et je la vis. J'insistai pour qu'elle craque, et j'y parvins. Une dernière nuit, voici ce que je lui demandais. Sans rien derrière. Mais bien sûr, ce n'est pas ainsi que ça fonctionne. Je ne pensais pas à la suite. 
La suite, ce fut que cela rendit la rupture encore plus difficile, et la fit douter à nouveau. Elle craignait de faire une erreur. Je savais qu'elle en faisait une en me laissant filer, et je le lui disais, le lui répétais : "tu fais une grave erreur : ne me quitte pas, je suis une personne formidable, tu le regretteras toute ta vie". Intérieurement, je riais moi même de cette audace feinte, désespérée.

Je sais que dans ma mémoire ces dernières soirées se mélangent. Je sais que j'ai placé dans ces écrits certains événements avant qu'ils ne soient arrivés en réalité, et d'autres après. La chronologie n'est pas tout à fait exacte, mais le fond est là ... Je ne veux pas faire l'effort de me souvenir de l'ordre et de l'enchaînement exact de tout cela, parce que je ne veux plus écrire des pages et des pages sur ces sentiments que j'aimerais oublier pour la plupart. Si je tentais de me rappeler précisément, je sais que des milliers de petits détails me reviendraient en mémoire, et que je les trouverais tous trop importants pour ne pas les fixer dans ces écrits. Mais je ne veux pas. Je ne veux garder que la joie et les sourires en mémoire. C'est mieux pour se construire. Pourtant il faut que j'aille au bout de ce récit, alors j'élude, je tronque, j'omets ... Mais peu importe, car je le répète, le fond est là ...

Nous étions au mois de juin. Quelques semaines plus tard, je devais partir pour plus d'un mois chez mes parents et elle au Vietnam.
Nous avions tenté une rupture, mais nous en souffrions autant l'une que l'autre. Nous étions installées dans un quotidien où l'autre avait pris une place immense, et se retrouver seules du jour au lendemain était très difficile. Alors, je lui fis une proposition : aller ensemble jusqu'à l'été, jusqu'à nos départs respectifs, et profiter de ces éloignements, de ces coupures de nos quotidiens pour tirer un trait définitif.
X... l'attendait depuis des mois, il l'attendrait bien quelques semaines encore ...
Elle trouva ma proposition malsaine et tordue ... Mais j'insistai, persuadée que ce serait plus facile ainsi. Elle finit par accepter.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mardi 6 novembre 2007



La soirée devait continuer, car elle était attendue. Elle me proposa de l'accompagner. Depuis plusieurs semaines, ses amis espagnols avaient prévu de venir jusqu'à Paris pour faire la fête, pour cette fois ailleurs qu'en Espagne. Lorsque nous en avions parlé alors, je m'en étais réjouie, car ce serait l'occasion pour moi de rencontrer enfin toutes ces personnes qui lui étaient si chères et dont j'avais tant entendu parler. Pourtant, lorsqu'elle me proposa, j'hésitai. Bien sûr, j'avais du travail et ce n'était pas très raisonnable de sortir. Mais surtout, j'appréhendais la situation, car elle m'avait prévenue : il y avait une grande proximité entre les personnes de ce groupe, les contacts étaient très tactiles, et l'ambiance serait à la fête. Je n'étais pas tout à fait sûre d'arriver à gérer ma jalousie si je la voyais trop proche de certains hommes ce soir-là, et notamment de l'un d'eux dont j'avais entendu parler ... Je lui fis part de mon appréhension, et elle me rassura, me disant que je n'avais vraiment rien à craindre. Facile à dire, mais après la discussion que nous venions d'avoir, et étant donné les situations dans lesquelles j'avais pu me retrouver avec elle par le passé, j'avais énormément de mal à lui accorder une confiance aveugle.
Ce qui l'emporta finalement dans ma décision, c'est cette envie irrésistible que j'avais d'être avec elle. J'attrapai mon manteau et me fis un beau mensonge en me promettant de rentrer avec le dernier métro au plus tard.

Nous arrivâmes avec beaucoup de retard, mais dans une ambiance très chaleureuse. Je fus rapidement présentée aux gens qui lui étaient chers, puis je fis connaissance avec ceux qu'elle ne connaissait pas. La soirée se déroulait, et chacune de notre côté nous en profitions, nous croisant de temps à autre. Je parlais un moment avec sa meilleur amie que j'avais eu l'occasion déjà de croiser, mais je m'éloignais un peu lorsque celle-ci dit à M... "je crois que ta copine me drague là". Des relations se nouèrent ce soir-là, tandis que d'autre commençaient à s'effilocher, amicales ou amoureuses, parfois à la limite. Mais je ne m'attarderai pas sur tout cela, car ça ne me concernait pas directement.
Comme annoncé, le ton était à la proximité, et au détour de la cuisine, je me retrouvai engagée dans un passage de glaçon de bouche à bouche. M... venant de le recevoir, elle me le fit passer, et je le fis passer à quelqu'un d'autre. Ce fut très étrange comme sensation, parce que je me sentis gênée, ou tout du moins très troublée par son "baiser" à elle, tandis que le passage à une personne que je ne connaissais pas ne provoqua strictement aucune sensation.
Bref ...

Peu de temps après, je me rendis à la salle de bain et fermai la porte derrière moi, porte qui se rouvrit aussitôt pour laisser entrer M... derrière moi. Agréablement surprise, je me tournai vers elle. Elle m'embrassa, puis me prenant dans ses bras, s'appuya le dos contre la porte. Elle me dit qu'elle était heureuse que je sois là. Je l'embrassais, lui murmurant que moi aussi.
Puis, me regardant droit dans les yeux avec un sourire très tendre, d'une voix douce elle prononça ces quelques mots : "Je t'aime".
La tête m'en tourna, et ce n'était pas uniquement dû à l'alcool. Elle vit mon trouble, et ajouta : "ne sois pas surprise, tu le sais que je t'aime, non ? Sinon nous n'en serions pas là ...". Ce à quoi je lui répondis : "Oui ... Oui je le sais, mais te l'entendre dire, c'est différent. Et puis ... J'ai rencontré tes parents, et je sais à quel point c'est une chose difficile pour toi de me dire que tu m'aimes". Elle ne dit rien. Elle avait bu sûrement autant que moi au moins, et nous ne pouvions ni l'une ni l'autre avancer une sobriété sans faille. Dans un demi sourire un peu moqueur, je lui dis : "tu me le dis parce que tu as trop bu; j'attends de voir lorsque tu seras sobre". Elle me sourit et m'embrassa à nouveau, me glissant dans l'oreille que la sobriété n'y changerait rien.
Je me sentais merveilleusement bien ... Ces mots-là, j'avais vraiment cru ne jamais les entendre. Je les avais espérés en n'osant plus y croire. Oui, je savais qu'elle m'aimait, mais le fait qu'elle me le dise montrait de sa part une volonté d'engagement inédite jusque là, et je ne sais pas à quel point elle se rendait compte de l'impact que cela avait sur moi à ce moment-là.
Je la serrais fort dans mes bras et lui glissai quelques mots de bonheur avant que nous ne ressortions de cette salle de bain.

La soirée s'acheva, évidemment sans que je rentre chez moi avec le dernier métro, et nous rentrâmes ensemble chez elle, nous endormant l'une contre l'autre sans réfléchir plus longuement.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Lundi 5 novembre 2007

Mais je n'avais aucune envie qu'elle parte. Je voulais qu'elle me dise que peu importait tout le reste, qu'elle m'aimait. Je voulais qu'elle m'embrasse, qu'elle me regarde droit dans les yeux pour que je puisse y lire combien je comptais pour elle : assez pour qu'elle me retienne. Je voulais que le monde s'écroule autour de nous, que plus rien d'autre n'existe et qu'elle n'ait rien à faire de tous ces autres, qu'elle n'ait d'yeux que pour moi, qu'elle n'ait qu'un désir, celui de me garder près d'elle. Je voulais ... Mais je voulais trop. Je lui demandais une chose qu'elle ne pouvait pas m'apporter, mais j'espérais toujours à ce moment là qu'un jour elle le puisse. J'espérais qu'avec le temps ... C'est beau, l'espoir. C'est pur l'espoir. C'est pour l'histoire ... Et puis, l'espoir ça donne la force d'avancer.

Quel espoir lui donnait la force d'avancer à elle, en cet instant précis, alors que sa main se posait sur la poignée de la porte de mon appartement, alors qu'elle s'apprêtait à s'en aller, après tout cela ?

Quelques larmes déjà commençaient à brouiller ma vue. La sourde angoisse de cette solitude d'elle qui se créerait sitôt qu'elle aurait franchi la porte commençait déjà à battre mes tempes. Je ne pouvais pas la laisser faire. Je ne pouvais pas l'en empêcher.

Et puis, il y eut un signe, quelque chose ... Une hésitation dans son geste, puis un regard pour moi par-dessus l'épaule. Des signes qui avaient été presque imperceptibles, presque rien, presque pas grand chose, et pourtant ... Pourtant il n'en fallut pas plus pour que je franchisse les quelques mètres qui nous séparaient.
Je la saisis par la taille, et elle se tourna vers moi. Je l'enlaçai, l'attirai à moi, la serrai contre moi, mon coeur battant à tout rompre, prêt à exploser. Je crois que malgré tout, je fus très troublée. Je crois que le rouge me monta aux joues ... Depuis tout ce temps, sans rien faire elle arrivait encore à me faire rougir. J'effleurai son visage, du bout des doigts. Je passai ma main dans sa nuque et la dévorai d'un baiser dans lequel je déversai toute la tension, le désir, le manque accumulés ... Sa réaction fut immédiate, elle se livra complètement, me montrant combien elle avait attendu ce baiser, sans l'oser.

Elle était dans mes bras, et déjà je ne pensais plus. Je me délectais simplement de la sensation d'apaisement qui me gagnait. Je n'arrive pas vraiment à me rappeler de quels mots fut faite la courte discussion que nous engageâmes ensuite. La seule chose que je sais avec certitude, c'est que seul comptait l'instant. Je savais, oui je savais que nous n'irions pas très loin probablement, parce que nous n'étions pas vraiment parvenues à un accord. Je savais que notre histoire se terminerait, que cela pouvait être deux jours, deux semaines, ou deux mois plus tard. Dans le principe, cela m'attristait profondément, mais pas suffisamment pour me faire faire demi tour à ce moment-là, pas suffisamment pour fermer immédiatement cette parenthèse que serait forcément notre histoire.

La seule chose dont j'avais besoin à ce moment-là, c'était de temps près d'elle, de temps ensemble, de moments de bonheur, de partage, d'échange. Ce que je lui demandais, c'était de nous donner du temps, du temps ensemble pour vivre pleinement cette relation, et ceci elle pouvait et voulait me l'apporter.

C'est ainsi que nous repartîmes, une fois de plus, une fois encore, mais une fois un peu différente cependant ...

(SUIVANT)
par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Lundi 5 novembre 2007


Voilà. La théorie, ça aurait été ce dernier mot : accepter. Me faire une raison. La laisser filer, alors que je l'aimais tant. La laisser filer, parce que je me sentais épuisée, usée. La laisser filer pour tout ce mal qu'elle me faisait.

Pourtant, seuls quelques jours s'écoulèrent avant que je la revoie. Ma fatigue, ma résignation, le souvenir de son attitude lors des derniers jours passés ensemble s'effacèrent pour laisser place au manque, au regret, et au souvenir de l'amour immense que je lui portais.
Le contact n'était pas rompu, nous continuions à échanger mails et textos ... Dans ce contact, nous nous torturions l'une l'autre à nous dire combien nous nous manquions. Derrière ces mots, il y en avait toujours un autre : "mais". Mon "mais" c'était : "tu me manques, mais cette fois je ne te tendrai pas la main. C'est ton tour." Son "mais" à elle c'était : "tu me manques, mais je ne te tendrai pas cette main, parce que tu m'as mise face à la réalité de ce que je te faisais endurer, et je ne veux plus te faire ça. Je ne peux pas te rendre heureuse, car des doutes j'en aurai tout le temps."

Nous nous étions quittées lundi, vendredi dans la journée nous eûmes une discussion importante, par msn, dans laquelle elle me demandait ce que j'attendais d'elle comme effort, comme "main tendue". A la suite d'une longue discussion, voici ce que je lui répondis : un pas vers moi, une volonté d'effort dans notre relation et pour finir de la fidélité. Je lui demandai alors ce à quoi elle était prête pour moi. Mais elle écourta cette discussion sans vraiment me dire ce qu'elle en pensait, car il était déjà tard, et qu'elle était attendue pour une soirée.
J'étais chez moi, en pleines révisions avant mes partiels, et je lui demandai de passer chez moi en allant à sa soirée, pour que nous parlions un peu, rapidement. Elle refusa, car elle était déjà en retard. Mais j'insistais, je ne voulais surtout pas me retrouver seule après cette conversation inachevée, je voulais terminer cette conversation avec elle.
En insistant beaucoup, je parvins à ce qu'elle accepte de passer chez moi.

Je me sentais extrêmement tendue lorsque je lui ouvris la porte. Les mots restaient bloqués dans ma gorge, mes gestes se figeaient avant même d'avoir eu le temps d'être esquissés. Mes mains tremblaient, ma voix était sourde. Une tension comme j'en ai rarement connue. Pourtant je devais lui parler. C'est pour cela que je lui avais demandé de venir. J'espérais un geste de sa part. Je me sentais paralysée, incapable de faire le premier pas. Et, mine de rien, tellement hésitante sur la justification de ce premier pas.
Nous parlâmes de ce que j'attendais d'elle. La conclusion fut celle-ci : il y avait certaines choses qu'elle pouvait m'apporter, et d'autres non. Elle pouvait me tendre la main, faire des efforts dans notre relation, et m'être fidèle. Mais elle ne pouvait pas s'engager durablement avec moi, parce qu'elle ne voyait pas sa vie avec une femme. En cela, rien de nouveau. En parlant, nous nous rendions compte que nous avions eu très peu de moments simples ensemble. Je lui reprochais de ne jamais nous avoir laissé le temps de vivre pleinement notre relation. Elle ne nia pas.
Elle me dit qu'elle pouvait nous donner du temps ensemble. Elle voulait m'être fidèle, mais elle ne voyait pas sur du long terme avec moi, alors ... Alors elle refusait de clarifier certaines situations troubles dans ses relations avec certains hommes, et notamment dans sa relation avec X... Parce qu'elle le voyait comme une possible relation sérieuse après moi.

Il me sembla que la discussion devait s'achever ici. Apparemment, notre situation semblait insoluble. Je ne me sentais pas capable d'accepter une situation trouble. Elle me disait que je n'avais rien à craindre, que tant qu'elle serait avec moi je n'aurais rien à craindre de X... Mais ce "tant que je serai avec toi" résonnait désagréablement. Et le passé, les situations vécues vis à vis de X... n'étaient pas pour me rassurer.

Je lui souhaitai une bonne soirée, lui signifiant que je n'avais rien à ajouter, que je ne la retenais pas plus ...

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Samedi 3 novembre 2007

Il me fallut un peu de temps pour arriver à prendre assez sur moi et mettre de côté toute la rancoeur et les reproches que cette discussion avait suscités en moi. J'y parvins pourtant, je crois. En tous cas assez pour avoir la sensation de passer une soirée légère.

Un dîner avec ses parents, très tranquille. Au cours du repas, son père, alors que je venais de goûter à une spécialité vietnamienne me lança, sur le ton de la plaisanterie : "ah, tu aurais été très bien comme belle fille, dommage que je n'aie qu'un fils et qu'il soit déjà pris". Je me mordis les lèvres pour m'empêcher de lui répondre que sa fille aurait tout à fait pu me combler.

Le moment fatidique arriva : nous montâmes nous coucher. Je sentis son corps contre le mien, avec au creux du coeur une indicible douleur, dans les courbes de mes caresses une invincible douceur pour cette peau que j'avais tant espérée, dans les sinuosités de mes pensées une irascible rancoeur : elle me quittait. Je l'enlaçais, je ne pouvais m'empêcher de penser que c'était la dernière fois, et j'en souffrais terriblement, je ne me sentais pas prête.

C'est cet instant précis, ce moment de tristesse en même temps que de désir partagé qu'elle choisit pour franchir, pour la première fois, les dernières barrières physiques qu'elle avait érigées entre nous, contre moi. Pour la première fois, notre relation fut un échange, elle me donna. Ma surprise fut grande, je ne m'attendais pas à une telle attitude de sa part. Je m'y abandonnais avec délice, mais non sans question. Pourquoi maintenant, alors que tout était fini ? Parce qu'aujourd'hui elle n'avait plus rien à se prouver vis à vis de moi ? Parce qu'elle en avait envie, simplement ? Parce qu'elle se sentait obligée comme par une dette avec moi ? Ou, de manière beaucoup positive, parce qu'elle ressentait le besoin de me donner quelque chose avant que nous nous quittions ? Je ne sais pas ... Quoiqu'il en soit, malgré la rupture que nous étions en train de vivre, je sus qu'un nouveau pas avait été franchi. Trois pas en avant, un pas en arrière ... Ou l'inverse, un pas en avant, trois pas en arrière, c'est mieux pour reculer. Je te quitte. Tu m'attires. Accepte. Garde espoir. Je ne sais pas. Je doute. C'est un tourbillon, un tourbillon sans fin, qui finira par nous happer, forcément. Pourtant, bon sang que je l'aime. Elle. Le tourbillon. Ne suis-je pas en train de vivre ma réflexion sur notre relation plutôt que notre relation elle-même ? Tout est fini de toutes manières. Mais le souffle d'une réflexion déroutante attise en moi un feu que je veux éteindre, soufflant sur des braises encore bien trop brûlantes. Tout est fini. Je sens une grande vague me submerger. Je sens ses caresses, et je veux l'aimer, simplement, jusqu'au bout, jusqu'à la dernière seconde, jusqu'à ce que ce ne soit plus possible, plus permis, plus conseillé. Je me blottis contre elle, mon nez dans son cou, humant son corps dont je commence à connaître le langage, et soudain, je ne contrôle plus rien. Mes larmes coulent, et je n'y peux rien. Je cède, la pression est trop forte. Je pleure, encore et encore. Je crois que je m'endors en pleurant. Je crois aussi qu'elle ne s'en aperçoit pas.

Voilà, notre WE était terminé, et notre histoire avec lui.

Nous prîmes le train ensemble le lendemain matin, sans nous adresser un mot durant le voyage, chacune dans nos tensions respectives. Arrivées à Paris, je lui dis au revoir en descendant à ma station de métro. Je ne me retournai pas sur le quai : je pleurais. Je serrai la mâchoire. J'avais mal.

Je manquais de recul, mais je ressentais que tout ceci avait été une lamentable erreur. Un enchaînement de circonstances regrettables. Nous n'aurions pas du nous séparer. Pourtant, tout portait à croire que c'était la seule solution possible. Ou du moins la seule raisonnable. Mais qu'y avait-il de raisonnable dans l'amour ? Le fait qu'il ne soit pas partagé. Et très sérieusement, je commençais à douter qu'elle puisse m'aimer et me le dire un jour. Comment peut-on faire souffrir ainsi quelqu'un qu'on aime ? Et ... en me posant cette question, je percevais ce qu'elle avait de ridicule et de convenu. C'était le genre de question qu'on se posait lorsqu'on ne voyait l'amour que comme un sentiment noble et pur, de ceux qui ne peuvent apporter que le bonheur, la joie et la confiance dans le coeur. Pourtant, tout le monde sait que l'amour, ce n'est pas seulement cela. Je le sais. J'ai fait souffrir aussi des gens que j'aimais. Alors ... Peut-être qu'elle m'aimait, elle aussi ?

Mais peu importait, c'est ce que je me répétais, inlassablement. Peu importait. Qu'elle m'aime ou qu'elle ne m'aime pas, je ne pouvais pas indéfiniment porter cette relation seule, je me sentais fatiguée. Je ne la rattraperais pas cette fois-ci et ce n'est probablement pas elle qui reviendrait vers moi. Désormais, je devais accepter.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
 
 
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