Aujourd'hui, comme d'habitude 8h de travail, mais ensuite en plus 2h de tennis. J'ai battu une joueuse classée 30-2. Mais le match a été long, long ... J'en sors épuisée, et comme c'est certainement ce que je recherche, je me sens un peu mieux. Je ne trouve l'apaisement de l'esprit que dans l'épuisement physique. Pour l'instant ...
Je pense à toi, et je crois qu'une décision se dessine, mais je n'en suis pas tout à fait sûre. Je vais me laisser porter, faire ce que je sens au fond : je ne peux pas te perdre complètement ... Lorsque je travaille, je pense à toi. En permanence, je pense à toi. Parfois, des mots me viennent. Des petits, pas des gros ...
Depuis que tu es partie.
Je suis morte à l'intérieur
Dis moi, toi qui es en vie :
Tes envies sont elles toujours les mêmes ?
Je t'aime ...
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Je t'aime ...
Mais toi, réponds tu toujours "idem" ?
Je t'aime ...
Je me rappelais cet après-midi la première nuit passée avec toi, cette nuit où nous nous sommes endormies sur ton canapé, cette nuit où je n'ai qu'à peine fermé l'oeil, parce que je l'ai passée à te regarder, à t'effleurer les mains, le visage, la nuque, pendant que toi tu dormais. Tu ne t'abandonnais pas dans mes bras, tu m'attirais et te refusais à moi en même temps. Je n'avais qu'une envie, te prendre vraiment contre moi, t'enlacer et te serrer tendrement, mais tu semblais si perturbée que je n'osais pas. Comme l'approche a été difficile ... Tu as passé longtemps à te cabrer face à moi, tout en me montrant que tu avais envie de céder ... Oui, cette fois là, tu dormais, et moi je n'arrivais pas à fermer l'oeil, et même quand la fatigue l'a emporté finalement, j'ai lutté encore un instant, parce que je ne voulais rien perdre de ce moment. Cela m'est arrivé plusieurs fois, au début en tous cas, à la fin peut être un peu aussi. J'ai toujours su que le temps avec toi m'était compté, alors je n'ai pas voulu en perdre une miette, et lorsque j'étais avec toi je n'ai pas voulu dormir. Souvent je t'ai laissée t'endormir sous mes caresses et mon regard ... Bon sang comme je t'ai aimée ... Comme je t'aime ! Comment peux tu renoncer à un tel amour ?
Nous quittons Saigon pour le Delta du Mekong : à la découverte de comment les Vietnamiens se sont habitués à vivre sur ce fleuve qui se divise en des milliers de canaux, envahissant tout coin de terre.
Nous arpentons certains canaux, en bateau à moteur ou à rames. Nous parcourons une île à vélo, mangeons un poisson-éléphant enveloppé dans des galettes de riz. Hmmmm. Il est drôle de voir mes compagnons tenter de rouler leur propre rouleau de printemps ! Première fois pour tous, geste si usuel pour moi. Ils s’essaient même à manger du serpent que je décline : je ne suis pas une aventurière gastronomique !
Des écureuils se retrouvent dans la même cage qu’un cobra : dîner copieux en perspective … c’est particulièrement cruel je trouve, mais je reste fascinée devant ces écureuils transits de peur.
On trouve de tout dans le Mékong ! Même des pythons et en voilà un domestique et particulièrement calme. Je me laisse le prendre en tant qu’écharpe. C’est froid, ça fait du bien au vu de la température ambiante, mais… que c’est lourd !!
Nous passons la nuit chez une habitante de Tra-On, petit village très pauvre où peu de touristes mettent les pieds. Notre hôte est très accueillante, ne parle pas un mot d’anglais. J’ai l’impression d’être face à ma grand-mère ! D’ailleurs elle me tape les fesses, les joues, me sourit et me prend sous son bras. J’ai l’impression de retrouver ma grand-mère, dans ce pays qui a baigné toute sa vie et la baigne encore dans ses souvenirs.
L’accueil de cette dame est agréable, et nous dégustons des lychees poilus fraîchement cueillis du jardin avant de dîner.
Notre guide nous emmène alors pour quelque chose que je n’ai jamais fait de ma vie ! La chasse aux lucioles ! Nous nous badigeonnons d’anti-moustiques (on rigole pas avec la dengue) et nous voilà partis, en pleine nuit, à 8 sur une barque minuscule (on se rappelle les pythons qui aiment le Mékong... brrrr), 2 perches avec un sac plastique au bout, à la recherche de lueurs dans la nuit… Et il y en a ! Soudain, c’est magique : des arbres se mettent à scintiller. On dirait des arbres de noël !! C’est la première fois que je vois des lucioles, et, bon sang, au début c’est pas facile à attraper ! Evaluer la distance dans le noir est loin d’être évident, et nous y allons mollo au début puis terminons en frappant les branches pour les faire décoller. J’arrive même à en attraper un entre mes mains. Ça brille… Une nuit magique, une pause irréelle dans le temps…
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