Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Mardi 15 janvier 2008


Aujourd'hui, comme d'habitude 8h de travail, mais ensuite en plus 2h de tennis. J'ai battu une joueuse classée 30-2. Mais le match a été long, long ... J'en sors épuisée, et comme c'est certainement ce que je recherche, je me sens un peu mieux. Je ne trouve l'apaisement de l'esprit que dans l'épuisement physique. Pour l'instant ...

Je pense à toi, et je crois qu'une décision se dessine, mais je n'en suis pas tout à fait sûre. Je vais me laisser porter, faire ce que je sens au fond : je ne peux pas te perdre complètement ... Lorsque je travaille, je pense à toi. En permanence, je pense à toi. Parfois, des mots me viennent. Des petits, pas des gros ...

J'ai perdu mon air rieur
Depuis que tu es partie.
Je suis morte à l'intérieur
Dis moi, toi qui es en vie :
Tes envies sont elles toujours les mêmes ?
Je t'aime ...
Les mêmes variations sur le même thème.
Je t'aime ...
Mais toi, réponds tu toujours "idem" ?
Je t'aime ...

Je me rappelais cet après-midi la première nuit passée avec toi, cette nuit où nous nous sommes endormies sur ton canapé, cette nuit où je n'ai qu'à peine fermé l'oeil, parce que je l'ai passée à te regarder, à t'effleurer les mains, le visage, la nuque, pendant que toi tu dormais. Tu ne t'abandonnais pas dans mes bras, tu m'attirais et te refusais à moi en même temps. Je n'avais qu'une envie, te prendre vraiment contre moi, t'enlacer et te serrer tendrement, mais tu semblais si perturbée que je n'osais pas. Comme l'approche a été difficile ... Tu as passé longtemps à te cabrer face à moi, tout en me montrant que tu avais envie de céder ... Oui, cette fois là, tu dormais, et moi je n'arrivais pas à fermer l'oeil, et même quand la fatigue l'a emporté finalement, j'ai lutté encore un instant, parce que je ne voulais rien perdre de ce moment. Cela m'est arrivé plusieurs fois, au début en tous cas, à la fin peut être un peu aussi. J'ai toujours su que le temps avec toi m'était compté, alors je n'ai pas voulu en perdre une miette, et lorsque j'étais avec toi je n'ai pas voulu dormir. Souvent je t'ai laissée t'endormir sous mes caresses et mon regard ... Bon sang comme je t'ai aimée ... Comme je t'aime ! Comment peux tu renoncer à un tel amour ?



02/08/2007 – MY THO, TRA-ON, MEKONG DELTA
 
Nous quittons Saigon pour le Delta du Mekong : à la découverte de comment les Vietnamiens se sont habitués à vivre sur ce fleuve qui se divise en des milliers de canaux, envahissant tout coin de terre.
Nous arpentons certains canaux, en bateau à moteur ou à rames. Nous parcourons une île à vélo, mangeons un poisson-éléphant enveloppé dans des galettes de riz. Hmmmm. Il est drôle de voir mes compagnons tenter de rouler leur propre rouleau de printemps ! Première fois pour tous, geste si usuel pour moi. Ils s’essaient même à manger du serpent que je décline : je ne suis pas une aventurière gastronomique !
Des écureuils se retrouvent dans la même cage qu’un cobra : dîner copieux en perspective … c’est particulièrement cruel je trouve, mais je reste fascinée devant ces écureuils transits de peur.
 
On trouve de tout dans le Mékong ! Même des pythons et en voilà un domestique et particulièrement calme. Je me laisse le prendre en tant qu’écharpe. C’est froid, ça fait du bien au vu de la température ambiante, mais… que c’est lourd !!
 
Nous passons la nuit chez une habitante de Tra-On, petit village très pauvre où peu de touristes mettent les pieds. Notre hôte est très accueillante, ne parle pas un mot d’anglais. J’ai l’impression d’être face à ma grand-mère ! D’ailleurs elle me tape les fesses, les joues, me sourit et me prend sous son bras. J’ai l’impression de retrouver ma grand-mère, dans ce pays qui a baigné toute sa vie et la baigne encore dans ses souvenirs.
L’accueil de cette dame est agréable, et nous dégustons des lychees poilus fraîchement cueillis du jardin avant de dîner.
 
Notre guide nous emmène alors pour quelque chose que je n’ai jamais fait de ma vie ! La chasse aux lucioles ! Nous nous badigeonnons d’anti-moustiques (on rigole pas avec la dengue) et nous voilà partis, en pleine nuit, à 8 sur une barque minuscule (on se rappelle les pythons qui aiment le Mékong... brrrr), 2 perches avec un sac plastique au bout, à la recherche de lueurs dans la nuit… Et il y en a ! Soudain, c’est magique : des arbres se mettent à scintiller. On dirait des arbres de noël !! C’est la première fois que je vois des lucioles, et, bon sang, au début c’est pas facile à attraper ! Evaluer la distance dans le noir est loin d’être évident, et nous y allons mollo au début puis terminons en frappant les branches pour les faire décoller. J’arrive même à en attraper un entre mes mains. Ça brille… Une nuit magique, une pause irréelle dans le temps…

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 14 janvier 2008




Une nouvelle journée s'est écoulée, semblable à toutes les autres, perdue dans mes pensées pour toi. Parfois, je me demande pourquoi je pense encore à toi, tellement il me semble que j'ai fait le tour de mes pensées.

Avant dernière semaine de travail aux fruits, ensuite je rentre à Paris. L'ambiance de travail me déplaît un peu, je suis entourée d'hommes, pour la plupart tunisiens, et maintenant que leur phase d'aphonie est passée, c'est à celui qui attirera le plus mon attention. Je me sens un peu harcelée, je préférais quand ils ne me parlaient pas : maintenant, ils passent leur journée à me draguer. Ce n'est pas sans avantages parfois, mais en fait je m'aperçois que déteste ça. Je n'aime pas cette situation, dans laquelle je me sens comme un objet de convoitise. D'ailleurs, en y réfléchissant, dans la plupart de mes relations amoureuses, c'est presque toujours moi qui ai eu le rôle de l'approche. J'aime avoir l'impression de maîtriser la situation. Je n'aime pas être soumise à ce que fera ou ne fera pas l'autre, alors je prends très souvent les devants. Bref.

J'en suis toujours au même point : je n'ai absolument aucune idée de ce que je vais faire vis à vis de toi, rester en contact ou non. J'y pense beaucoup, pour ne pas dire tout le temps. Souvent, face à un problème, je vois des solutions, je pèse le pour et le contre de chacune d'entre elles et j'arrive à me décider pour finir. Mais là, je ne dépasse pas le stade de la vision des solutions, et encore ... Ensuite, mon cerveau s'éparpille, et je ressens un grand vide, comme s'il se mettait en grève, refusant de réfléchir à la question qui lui est posée.
Je me demandais tout à l'heure ce que tu me répondrais si je te disais, lorsque tu seras rentrée à Paris, que j'ai envie de passer une soirée avec toi, de te voir. Je me demandais si tu en aurais vraiment envie. Je me demandais ce que tu ressentirais en me voyant, ce que tu ressentirais en passant du temps avec moi, ce que tu ressentiras vis à vis de moi lorsque tu seras avec lui enfin.

Hum ...

J'ai toujours eu la chance d'avoir un sommeil très bon, mises à part des insomnies pendant une courte période de mon enfance. Pourtant depuis cette séparation, mes nuits sont tourmentées, à peu près autant que mes jours, ce qui n'est pas peu dire. Je dors très mal, je me réveille sans cesse. Tiens, cette nuit, je me suis réveillée en sursaut, vers 4h du matin, sans raison. J'ai attrapé mon téléphone, pour regarder l'heure, et au moment où je prenais le téléphone, j'ai reçu un texto de toi, un texto qui disait que tu me sentais devenir distante, que c'était probablement mieux ainsi même si ça te touchait, et que tu ne me retiendrais pas, car ce serait trop égoïste, mais que tu espérais me revoir un jour. Pour finir, tu me disais : "je ne t'oublierai pas".
Est-ce le tourment de tes nuits, de tes jours, qui tourmente les miennes ? Je ne sais pas. Comme j'aimerais te parler, savoir tout ce qu'il y a dans ta tête en ce moment, savoir comment tu vas, savoir ce que tu fais, savoir ce que tu vis. En fait, j'aimerais être avec toi ... Mais je suis là, ailleurs, et je suis si triste sans toi ...



01/08/2007 – SAIGON 2
 
Le réveil est difficile, la soirée de la veille se ressent. Nous partons visiter une pagode, la pagode de Jade. Lorsque nous arrivons, une cérémonie a lieu. Cet endroit, abrité des klaxons saigonais, s’envahit de chants et percussions chaotiques. Nous nous laissons guider par la musique, et assistons à la prière. C’est envoûtant. Incompréhensible et chaotique, mais envoûtant.
Après un petit détour par l’hôpital pour régler mon petit problème auditif, nous partons en cyclo-pousse visiter le quartier chinois de la ville. Mon chauffeur est un ancien général de l’armée sud-vietnamienne. Il me montre un texte écrit en anglais par lui-même expliquant sa vie. Ses 9 années passées en camp de « rééducation », c'est-à-dire en prison. Pas besoin de faire un dessin. Son goût amer de la défaite de 1975. Sa haine des communistes qui ont détruit sa vie. Qu’il aurait voulu tuer. Il ne peut pas se marier. Il ne peut pas trouver un vrai travail. I est exclu du Vietnam, et regrette son ancien pays, le Vietnam du sud. Bon sang que c’est émouvant. Le guerre est si présente ici.
 

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Samedi 12 janvier 2008

Le temps s'étend à n'en plus finir. J'ai l'impression que nous nous sommes quittées il y a des mois. J'ai du mal à me souvenir ton visage, ta voix, tes caresses, tes baisers. Ne reste que la sensation de les avoir connus, et le manque qui accompagne leur absence.
Je ne sais pas quoi faire, je suis complètement perdue, ailleurs, mais où ? Garder contact avec toi, c'est m'infliger de petites souffrances quotidiennes. Couper le contact avec toi c'est m'infliger une grande souffrance aujourd'hui. Je ne sais pas ... Je sens aussi que j'ai envie de rester dans ta vie parce que je veux garder une place. Tu le sais, je ne te souhaite pas heureuse avec X.... Je ne veux même pas t'imaginer heureuse avec lui. Il semble que mon amour pour toi soit un peu égoïste ...
Tu me manques, je m'endors épuisée, blottie dans ton souvenir, le dos tourné à mes espoirs.


31/07/2007 – SAIGON
 
Arrivée à Saigon. La ville de mon père. Une ville bruyante. Congestionnée de toute part. Rebaptisée HochiMinVille après la fin de la guerre en 1975. Je tente d’imaginer ce qu’a connu mon père. Pas facile.
Cela fait une semaine que je n’entends pas d’une oreille et que je me trouve un peu enfermée dans mon monde. Après une courte visite à l’hôpital, j’entends de nouveau, et quelle agression pour mes oreilles ! Que de bruit, moteurs, klaxons, enfants jouant à cache-cache mais qui, c’est certains, ne restent pas cachés longtemps tellement ils chialent (ça, c’est mon amour paradoxal des enfants :) ) … Je m’achète rapidement des boules-Quiès !
Saigon est une ville très moderne, où se côtoient les nouveaux de ce monde et les soldas sud-vietnamiens de la guerre, déchus.
Nous visitons le palais de l’indépendance, et le musée de la guerre, anciennement nommé Musée des atrocités perpétuées par les US au peuple VN. Sans équivoque.
Le palais est le lieu où prit fin la guerre le 30/04/1975. Le président sud-VN y attendait les Vietcongs qui abattirent avec leurs tanks la grille d’entrée. Le lieu est laissé tel quel, avec le faste des grandes salles où passèrent nombre de représentants US. Les photos sont émouvantes, souvenirs de ce jour particulier. Nous regardons un film retraçant la guerre, où les US sont les Ennemis, les Vietcongs les alliés, en lutte pour la libération du Vietnam contre l’invasion de l’Ennemi. Drôle de vision de l’Histoire. Revue à la sauce du vainqueur. Comme toujours, ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire.
Le musée de la guerre est horrible. Nombre de photos retracent les 10 dernières années de guerre, jonglant entre les 2 camps. Les pires photos sont celles des conséquences de la guerre. Les armes chimiques. Naphtaline. Agent orange. Utilisées par les US, notamment pour supprimer la végétation où se cachaient les Vietcongs. Conséquences désastreuses sur la vie des gens, encore. Tant de morts. Tant de malheur. J’en ai eu envie de vomir. Me suis échappée de la salle juste à temps pour reprendre contenance. Avec ces photos, l’histoire me frappe de plein fouet, et je n’en garde, ne veux en garder qu’une seule morale : n’oublions pas le passé, et servons nous en pour ne pas répéter les mêmes horreurs à l’avenir.

Loin de tout ça, le soir nous sortons dans une espèce de bar-boîte. Have fun in Saigon avec des sud-coréens. Je me sens déphasée. Je pense à toi, papa.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Vendredi 11 janvier 2008

Je suis fatiguée de ressasser toujours les mêmes pensées à ton sujet. Pourtant je continue ... Je n'ai jamais su voir les limites de ma fatigue. Cette rupture est difficile. La période entière est difficile pour moi. Les incertitudes de ma vie sont permanentes, je me sens tel un bout de bois sur la mer, secoué par les vagues, errant à la dérive, ballotté de ci de là sans aucune prise sur les événements. (Y'en a toujours des événements, même de plus en plus des événements. Même que plus ils changent la place, plus il y en a des événements ... Savent plus quoi faire avec les événements !)
J'aimerais m'échouer sur une île déserte pour ne plus penser qu'à ma survie, sans me préoccuper de mon bonheur, de mon avenir, de ma carrière, de mon couple, de mes rêves. J'aimerais m'échouer sur une île d'oubli et ne plus jamais me rappeler les sentiments éprouvés, trop éprouvants. Mais j'aimerais aussi m'échouer sur une île de rêve pour me dire que tout est permis. Par dessus tout j'aimerais m'échouer sur une île où tu serais, toi, où le monde extérieur n'aurait aucune prise sur toi, où les perspectives d'avenir n'auraient pas lieu d'être, une île de mémoire, une île sans avenir, une île de l'instant, sans tourment, une île d'amour sincère. Oui : si, chavirant dans le creux d'une vague, je devais m'échouer quelque part, j'aimerais que ce soit là, dans la douceur de ton étreinte ... Tu le sais.

Ma grand-mère est toujours hospitalisée, elle va de plus en plus mal. Ma mère n'est presque jamais à la maison, elle reste à son chevet. Je l'aide beaucoup, mais comme en plus je travaille la journée, que mon père est en déplacement, que ma soeur n'est pas là, et que mon frère est égoïste, tout ceci est un peu trop lourd pour moi. Je me sens très seule. Encore plus seule ...
Le père d'un ami a été incinéré aujourd'hui. Je suis allée à la cérémonie, j'ai pleuré, plus par solidarité avec mon ami que par réelle tristesse pour la personne disparue je crois. J'ai pensé avec amertume à la vie "après", à la vie "sans", j'ai pensé à la douleur de perdre un être aimé, à jamais ... J'ai posé une main de présence sur l'épaule de mon ami, et j'ai pleuré pour lui.

Malgré tout, c'est à toi que je pense en permanence, et de telles pensées me font me sentir très égoïste.
Echange de textos avec toi aujourd'hui, finalement une fois de plus la question qui se pose est : couper le contact ou non ? Tu me dis : "mais tu dois m'oublier, et je ne veux pas entretenir une lueur d'espoir". Je te réponds que pour moi tout contact est un espoir, et que tu le sais. Je te réponds aussi que je suis perdue. Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas quoi faire. J'oscille d'un extrême à l'autre. Ton dernier texto dit :
"Et pour ma part je ne sais pas quoi faire. J'ai l'impression que te perdre complètement et la seule solution qui se dessine ... Pour moi, tout dépend de toi maintenant. Je t'embrasse, je t'aime."
Pourquoi une fois encore ajouter que tu m'aimes ? Pourquoi, alors que tu ne veux me laisser aucun espoir ? N'as tu pas compris que ce que j'espère de ces échanges avec toi, ce sont justement de tels mots qui montrent que tu ne m'oublies pas ? Que ce sont ces mêmes mots qui me font espérer alors que tout espoir devrait être mort ? Je ne peux pas croire que tu ne m'aies pas tout à fait comprise depuis tout ce temps. Moi, cette manière de conclure me révolte, elle me montre que tu n'assumes pas complètement tes choix. Et j'aime ça ... Quelque part. Si tu assumais de manière forte, si tu voulais ne me donner aucun espoir, tu ne me dirais plus que tu m'aimes, même si tu le ressentais d'une manière intense. Dans un sens je te le reproche, et pourtant en même temps j'aime que tu me le dises. J'aime que tu me dises "je t'aime" ou "je t'embrasse". Je t'aime ...
Quoiqu'il en soit, le résultat est le même, je ne sais pas quoi faire. J'appréhende notre retour à Paris.

Et la pensée qui tourne le plus dans ma tête c'est : quel gâchis, mais quel gâchis ...
Je dois t'oublier, et tu ne m'y aides pas, parce que tu ne parviens pas à faire quelque chose contre mon gré, et contre le tien : couper le contact. Je t'en voudrais énormément, mais ce serait probablement la meilleure chose à faire pour moi. A moins que tu ne veuilles en fait me laisser un peu d'espoir ...
Oui, je t'en voudrais, terriblement, et tu ne supportes pas cette idée, parce que tu m'aimes, et c'est aussi pour cela que je t'aime.

J'arrête là mes constatations et réflexions sans grand intérêt, je me dis simplement que je me relirai dans quelques mois, années, et que j'arriverai peut être à sourire de tout cela. Peut être, ... M
ais pour le moment, rien de tel.
Je dors toujours avec la peluche-taureau que tu m'as ramenée d'Espagne. Pitoyable, n'est ce pas ?
Bon sang, comme tu me manques ... !


26/07/2007 - 27/07/2007 - 28/07/2007 - 29/07/2007 - 30/07/2007 - 31/07/2007 -  HOI AN
 
Qu'il fait bon de vivre à Hoi an !
Plage tous les jours, piscine à l'hotel, shopping sur mesure. A tel point que l'on y reste 5 jours ! L'avantage d'avoir aucun planning... La vie est dure, entre farniente et shopping :)
Tout le monde est ici très gentil. Les dames à la plage vendant fruits, bracelets, crème solaire et autres sont un exemple de patience et d'amabilité, et leur sourire est splendide. Elles arpentent la plage vêtues des pieds à la tête : « I'm hot, but if my skin is white, I'm happy ! »
Il fait dans les 40°...
Les « Taylors » travaillent tous les jours de 8h à 22h. De longues journées, difficile d'avoir une vie à côté de ça me confie l'une d'entre elles. Son rêve est d'ailleurs de vivre en France. Très fatiguée, elle se réfugie avec moi dans la cabine d'essayage, le temps pour elle d'un break et de papoter un peu. Oublions la pudeur après tout, si je peux lui offrir ça... Elles aiment le fait que mon prénom, apparent sur ma carte de crédit, soit vietnamien. J'aime qu'elles aiment. Beaucoup de curiosité exprimée vis-à-vis de ce vietnamien, mon père, qui a pu quitter le Vietnam avec toute sa famille. Beaucoup de moments partagés avec ces jeunes filles qui côtoient tant le monde occidental à travers nos discussions ensemble, et qui sont ouvertes au point de nous partager un peu du leur. Elles me touchent tant. Je me souviendrai d'elles, et si ma mémoire peut se faire défaillante, je suis sûre que ma carte de crédit se souviendra à coup sûr de ces quelques jours à Hoi An ! :) mais je repars le sac plein de tailleurs, robes sur mesure, robe de soirée, etc...
 
Aux environs de Hoi An se trouve My Son, vestiges de l'empire Cham du IVème au XVème siècle. Nous décidons d'y aller à moto, et bien sûr, nous nous perdons ! Après 1h30 de route, nous arrivons dans une grande ville. Nous y demandons comment se rendre à My Son, et la réponse ne se fait pas attendre : « Allez jusqu'à Hoi An et tournez à droite ». Mais on vient de Hoi An !!! Argh. Après divers détours par ci par là pour éviter de retourner au point de départ, nous arrivons sur une route qui mène tout droit vers... le fleuve ! Pas de pont? rien. Heureusement surgit une barque venue de nulle part, qu'il est possible d'emprunter avec notre moto pour traverser le fleuve. Jusqu'à 4 motos prennent cette navette « suprise » ! Mouais. Visiblement tout de même, nous avons raté le pont.
Les vestiges Cham sont impressionnants, et encore une fois, notre autonomie nous permet de visiter le site très touristique ... seuls !!! personne pour nous ennuyer, nous passons même près d'une demie heure à essayer de faire une photo à l'effigie de Shiva.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 10 janvier 2008

J'ai passé une journée très agréable avec F... Les deux autres sont partis ce matin. Nous sommes montées à cheval ensemble,
c'était la première fois pour elle et j'ai pris beaucoup de plaisir à l'accompagner dans ces premiers pas pleins d'appréhension. 
Ca m'a fait beaucoup de bien qu'elle soit là ces derniers jours, sa présence m'apporte toujours du recul sur les choses que je vis, parce que je sais que c'est une personne "sage". J'ai senti ces derniers mois notre lien amical se renforcer, jusqu'à sentir sa présence aujourd'hui comme un réconfort et un bienfait. L'amitié est précieuse ...

La nuit dernière a été très mauvaise, hantée de cauchemars aux contours incertains, aux significations obscures. Ne m'en restait au réveil qu'un vague souvenir. Quoiqu'il en soit, je sais que certains tournaient autour de toi, même si je ne m'en souviens plus très bien. Je le sais, parce que je me suis réveillée au milieu de la nuit, trempée de sueur, des larmes inondant mon visage, avec au creux du ventre un manque immense, et dans la tête une seule pensée : toi.
Je suis triste mon amour... Je me répète, je sais, mais je suis tellement triste. Ca ne passe pas. Une pointe de résignation perce, mais la tristesse, elle, reste.

J'ai encore des réflexes qui ne devraient plus être les miens. Je vois, j'entends, je sens, je goûte quelque chose, et je me dis que ça te plairait. Ou non. Je me dis que tu connais, ou que tu ne connais pas, je me dis que j'aurais aimé le partager avec toi, ou te le faire découvrir, selon ... Je pense à des choses que je pourrais faire avec toi, je pense à cette multitude de petites choses insignifiantes que j'aimais partager avec toi, et aux plus importantes aussi. Je pense à ce que je ne ferai plus jamais avec toi, et à ce que j'ai voulu faire sans en trouver le temps, l'enthousiasme ou le dynamisme. Je pense à ce que je n'ai pas osé. Je pense à ce que tu n'aurais pas accepté.
Je pense sans cesse à ces baisers, ces baisers que j'aimais tant. J'ai toujours accordé énormément d'importance au baiser, et j'ai aimé embrassé certaines personnes, vraiment, mais jamais je n'ai pris autant de plaisir à embrasser quelqu'un que toi. Jamais je n'ai senti autant de douceur et de désir dans un baiser ... Mon royaume pour un baiser de toi ! Je n'ai pas de royaume me dis-tu ? Voyons, il est intérieur mon royaume ... Et il t'est entièrement dédié, alors te le céder n'y changerait pas grand chose.

Je ne veux plus de tous ces réflexes qui inlassablement me ramènent à toi.
De ces envies, de ces ennuis, de ces jalousies. Je cherche l'oubli, mais il ne me connaît pas. J'appelle mon amie l'insouciance, mais elle répond absente. Mon père et ma mère, générosité et joie de vivre, se sont arrêtés en chemin pour cueillir les bouquets de fleurs poussant dans les contrées gorgées de soleil, alors qu'ici s'étend la nuit. Je n'ai plus d'endroit où donner refuge à mes sentiments, je suis à nu et ne me suis jamais sentie aussi seule. Je me trouve actuellement dans un état d'équilibre précaire, dans lequel le basculement est permis à tout instant. J'ai peur ... Peur de l'état dans lequel je suis.

Je t'aime, je t'aime, je t'aime !

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 9 janvier 2008
 


(PRÉCÉDENT)


Voici une journée sans travail qui s'achève. J'avais oublié comme c'est bon ... J'en ai profité pour passer du temps avec les amies venues me rendre visite. Nous sommes allées flâner au marché ce matin, attrapant à la gare un ami à elles venu nous rejoindre pour le week-end. Puis, sacs sur le dos et appareils photos en bandoulière, nous sommes partis pour une promenade. J'ai emprunté, à pied pour la première fois depuis longtemps, ces mêmes chemins que je parcours habituellement à cheval. Le point de vue n'est pas le même. J'ai, nous avons, pris le temps. Sans précipitation et sans contrainte, nous avons cheminé, les pieds dans l'herbe, la terre ou même l'eau, la tête dans le soleil. Un soleil de plomb qui nous a permis d'apprécier avec volupté la baignade offerte par un coin de rivière. Puis, lasse, je suis sortie de l'eau et me suis allongée au soleil, m'emplissant des éclaboussements de rire et des éclats de joie des autres. Je me suis sentie vivre par procuration à travers eux, et c'était bon. Alors qu'ils réchauffaient mon coeur, le soleil s'occupait de ma peau. Je me suis assoupie, quelques minutes à peine, juste pour pouvoir me réveiller et sourire à la vie. J'ai essayé ....


Nous sommes rentrés et, réunis autour d'un apéritif estival, nous avons parlé, de tout et de rien, mais surtout de tout, jusqu'au milieu de la nuit. Nous avons oublié de manger, je crois ...


J'ai beaucoup pensé à toi. Je suis sans nouvelle de toi, et c'est sans doute normal. Mais si difficile aussi, ... comme prévu. Je me demande en permanence ce que tu fais, ce que tu vis, ce que tu penses. Je me demande si par cette absence et ce manque de contact je suis en train de sortir de ton esprit, si tu m'oublies un peu, ou si tu penses à moi. Je te pense seule de ton côté, et moi seule du mien, chacune dans notre isolement, chacune luttant pour ne pas contacter l'autre, j'ai le sentiment que cette fois-ci nous serons efficaces ...

Je suis triste.

J'ai eu une discussion à ton sujet avec F... ce soir. Elle m'a bien sûr conseillé de ne plus du tout te contacter, de quelque manière que ce soit, d'éviter absolument de te revoir pour le moment, d'éviter les lieux où je pourrais te croiser. Elle dit qu'elle me connaît un peu. Depuis quelques mois, je lui parle de toi, de nous. Elle m'a écoutée, et elle a compris, je crois. Elle me dit que te voir remettrait tout en question et qu'il ne faut pas, parce que reproduire indéfiniment les mêmes schémas, c'est très néfaste, que je dois penser à moi maintenant. Elle me dit que je ne dois plus me confronter à des situations qui me font souffrir.  

Cette discussion ne change rien, je prends toujours mes décisions seule, mais ... Je prends peu à peu conscience de cette nécessité impérieuse de reprendre mon souffle, de me concentrer sur autre chose, voire sur quelqu'un d'autre.  

Pourtant, mon seul désir, c'est de te retrouver à terme.

Il faut que je t'écrive comme cela, abstraitement, dans quelque chose que tu ne liras jamais, mais je me sens un peu moins seule, comme si je te parlais vraiment, et ça me permet de tenir, de ne rien faire pour me rappeler à toi, de ne pas agir. Parfois c'est étrange, je ne sais plus différencier ce que je t'ai réellement dit / écrit  de ce que je t'ai glissé ici.  

Je me sens douloureusement seule sans toi.

Tu me manques.

Quand ces mots ne trouveront-ils plus aucun sens, aucune résonance ? Est ce que d'une certaine manière tu hanteras toute ma vie ?

  Je t'aime ...

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mardi 8 janvier 2008



Voici la fin de semaine. Enfin. Je dois récupérer de toute cette fatigue.

Après maintes hésitations, j'ai finalement répondu à ton mail par un texto t'enjoignant d'assumer ce choix qui n'était pas le mien, et de prendre tes responsabilités. Parce que je ne sais pas quoi te dire quand tu me demandes ce qui est le mieux pour moi maintenant, perdre tout contact ou non.
Je crois que je ne serais pas prête à te voir, mais j'aimerais ne pas te perdre complètement. C'est trop dur, trop abrupt de te laisser complètement sortir de ma vie !
Mais dans le même temps oui je me dis que c'est plus difficile ainsi pour passer à autre chose, parce que je pense d'autant plus à toi. Je m'insuporte moi-même à tourner en rond ainsi, dans mes pensées. Rien de nouveau, jamais. Voilà déjà plusieurs semaines que nous nous sommes quittées, et rien n'a changé. Pas un pas, je n'ai pas fait un commencement de pas en avant, ou en arrière, peu importe, pourvu que celui-ci m'éloigne de toi.

Personne ne m'a jamais donné à penser autant que toi, c'est certain.
Que la vie est compliquée. S'il suffisait d'aimer ...
Enfin, mon texto était sûrement un peu froid, voire incisif, et ta réponse a été sur le même ton : "Ok. J'assumerai. Pardonne moi de t'avoir embêtée avec ça."

.........

Bien sûr, mon message a du te remettre les pieds sur terre et te poser face à tes responsabilités, face à tes choix. Tu as la réaction à laquelle je m'attendais, je te connais un peu. Je m'y attendais oui, mais ça ne change rien : c'est douloureux tout de même. C'est froid. Je sais exactement ce que tu as pu ressentir, je crois. Je connais cette réaction de ta part en tous cas. Je sais que ce genre d'attitude t'éloigne de moi et même si ça fait mal, très mal, c'est sans doute nécessaire.
Deviendrais je raisonnable ? Je ne crois pas, mais il est temps pour moi de me préserver.
Il est temps, certainement, d'apposer sur cette histoire le sceau d'une logique implacable : tu ne veux plus de moi. Depuis six mois je me bats contre toi et me débats face à moi-même. Depuis des mois, je ne veux pas regarder en face l'hypothèse suivante : peut-être ne pouvons nous pas être être heureuses. Peut être qu'il ne peut rien nous arriver de bon ensemble, en tant que couple. Peut être. Et peut être pas ... Mais il est certain que je n'ai plus la force de porter seule cette histoire. Il y a longtemps, comme dans une autre vie, il y a longtemps, seule face à moi-même, il y a longtemps, avant toi, il y a si longtemps oui, quelques mois à peine, si j'avais regardé celle que je suis aujourd'hui, si j'avais regardé ce que j'ai éprouvé pour nous mener toi et moi là où nous sommes arrivées, jamais je n'y aurais cru. Jamais.
Mais il ne faut jamais dire jamais, dit l'Oiseau. Espérer, oser, et se battre pour nos espoirs, nos audaces, et nos amours ...

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 7 janvier 2008




Les nuits sont courtes, les journées longues à n'en plus finir, je suis épuisée. Cette semaine je me suis inscrite au tournoi de tennis amical de mon ancien club ici. Je joue mes matches le soir en rentrant du travail. Je suis exténuée par mes journées, et j'en rajoute. Mais tout, tout plutôt que de rester sans rien faire, de penser dans le vide, de tourner en rond. Me tuer de fatigue, pour le soir m'endormir sans avoir le temps de pleurer cette séparation qui m'anéantit.


Mauvaise journée aujourd'hui. La mort, la maladie, se sont insinuées autour de moi. Dans mon entourage. Dans ma famille, chez ma meilleure amie ... Je sens ces étreintes pesantes rôder, douloureuses. Je ressens ce sentiment étouffant qui emplit mon être à l'idée du deuil, ou du non deuil, en filigrane, celui du soutien des êtres proches qui perdent des êtres chers. Des êtres de chair, des êtres de sang, qui saignent à n'en plus finir alors que je ne regarde saigner que mon coeur. Je me sens coupable de pleurer ton absence, de pleurer notre rupture alors qu'il y a tant à pleurer par ailleurs.
Oui, des ambiances lourdes et tragiques autour de moi en ce moment. Moi ? Je vais bien, tout va bien ... J'ai tout pour être heureuse. Je devrais l'être, au moins par respect de ceux qui ne peuvent plus l'être ... Et pourtant !


Tu m'as envoyé un mail. Je ne sais plus quoi dire. Ni quoi penser. Tu me dis que c'est à moi de décider si nous coupons le contact ou non, selon ce que je pense être le mieux pour moi. Je déteste qu'incapable de décider toi-même, tu me demandes de te dire ce que j'en pense, de te dire ce qui est le mieux pour moi. Comme si soudain je le savais, alors que de ma vie je ne l'ai jamais su. Je pense que c'est ta décision, je pense que tu me dis que tu l'assumes, mais qu'en réalité non, tu ne l'assumes pas. En tous cas tu n'as pas le comportement de quelqu'un qui l'assume. Moi, je n'en peux plus de t'entendre dire que tu aimes X... . C'est dur à entendre. Je t'en veux de ne pas savoir, je t'en veux de ne pas assumer une relation avec moi, je t'en veux de me quitter, je t'en veux de me faire pleurer, je t'en veux de ne pas m'aimer assez pour ne pas partir, je t'en veux d'en aimer un autre, je t'en veux de penser à un autre, je t'en veux de ton conformisme, je t'en veux pour tes plans de vie tout tracés. Je t'en veux pour tous les espoirs que j'ai pu placer en toi, pour tout le bonheur dont nous sommes capables et que tu rejettes, pour l'amour que je te porte et qui n'a cessé de grandir depuis le premier jour. Je t'en veux.


Malgré cette rancoeur, tu n'imagines même pas ce que je donnerais pour un baiser de toi. Tu n'imagines même pas ce à quoi je serais prête pour te garder; les idées les plus folles qui hantent mes rêves, mes pensées, mes fantasmes. Cette, nuit, j'ai fait un rêve banal : j'allais à une répétition de théâtre. Je me sentais bien, et je me disais que je devais continuer le théâtre, parce que c'était bon pour ma "sociabilisation", pour combler le manque de toi. Oui, je me disais que je devais continuer, même si je savais que la fin de la répétition et le retour chez moi allaient être horribles, parce que j'avais pris l'habitude d'aller chez toi ensuite. Avant ... Un rêve banal oui.



Je ne sais pas quoi te répondre. Tu ne veux pas couper le contact avec moi. Tu me dis que tu ne veux pas non plus que j'espère à cause de tes doutes, que je ne dois plus rien espérer. Moi, malgré tout, ton mail, qui reflète à quel point tu es perdue et à quel point je te manque, me donne de l'espoir. Et quand tu me dis que tu ne veux pas couper le contact, je lis que tu ne veux pas me perdre. Mais il faut faire des choix et les assumer dans la vie. Je te l'ai dit des dizaines de fois : choisir c'est renoncer.

C'est dur ...
Je suis à peu près aussi perdue que toi.
Je sais que de toutes manières te rattraper maintenant serait totalement inutile, ce serait courir à l'échec de nouveau rapidement. Quand je te dis que j'espère, c'est j'espère oui, mais dans le futur, plus loin ... Nous verrons. Je suis mal sans toi et tu me manques. Mais je n'y peux rien, je dois subir, ça passera, tout passe ...


Ce matin, en me réveillant, j'ai ouvert grand ma fenêtre et j'ai regardé la forêt qui s'étendait face à moi, couverte de rosée dans la brume matinale. Le soleil se levait à peine, et je me suis demandé où tu étais en cet instant ... J'aurais aimé voir ce que tes yeux voyaient, ce que tes doigts touchaient, ce que tu sentais par tous les moyens dont nous sentons. J'aurais aimé pour quelques minutes être transportée en toi, pour pouvoir tout comprendre et tout savoir. J'aurais tout donné pour être avec toi ... Pourtant je n'ai rien fait. J'ai si peu et tant à donner à la fois : mais mon amour, on ne peut pas donner lorsque personne ne reçoit.


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 7 janvier 2008




Des amies parisiennes sont arrivées aujourd'hui pour quelques jours chez mes parents. Je n'ai pas tellement eu le temps de les voir, juste un peu ce soir. J'ai travaillé tard et je suis épuisée. La saison s'annonce courte, les différentes variétés de pêche arrivent toutes à maturité bien plus tôt que prévu.

Je viens de t'envoyer un texto : je ne te contacterai plus. Tu as été relativement claire : tu attends cet effort de ma part, tu attends que je t'aide, que je cesse de me démener sans cesse pour te ramener à moi ... Apparemment sans cela c'est trop dur. Mais c'est très difficile pour moi. Accepter. Finalement, ce besoin de rester en contact signifiait simplement que j'avais terriblement peur. De quoi ? Que tu m'oublies trop vite si je ne me rappelais pas à toi.
Oui mon amour, je vais te laisser m'oublier, même si c'est une déchirure immense, même si le désarroi me gagne à cette pensée ... Car tu le sais, je suis incapable d'oublier, moi. Je pense à toi en chaque instant, tout se rattache à toi, à ta douceur, à notre entente, à nos échanges, à ce vécu entre parenthèses, éphémère et passionné. Je ne sais plus comment te dire que je t'aime et tous mes mots semblent vain. Si je pouvais, si je savais comment, je jetterais à la mer la bouteille de ma détresse grandissante. Mais je ne peux rien, il est trop tard, il n'a jamais été l'heure, et je pleure.

Mais j'ai compris, j'ai compris, j'ai compris ... Je dois laisser aller, laisser filer. C'est sans doute mieux pour moi aussi. J'ai compris qu'il ne me servirait à rien avec toi d'achever mes phrases, puisque tu ne veux pas en entendre la fin. Je t'aime, je me contenterai de t'aimer en silence, somnambule dans ma vie de marionnette.
Le sang continuera de couler dans mes veines, et l'eau continuera de m'apporter cette vie qui loin de toi m'exaspère. Aujourd'hui, la perspective de mon futur me désespère. Demain, il en ira tout autrement, demain quelqu'un me prendra par la main et me dira simplement : respire, prends une grande bouffée d'air et de cette sève de vie énivre tes poumons. Quelqu'un me dira : prends ma main et ensemble abreuvons nous à la source des envies assouvies. Un jour, ma vitalité ne sera plus ce mince filet d'eau qui coule et se fraye une chemin à flanc de montagne.
Un jour ...

Quelle tristesse depuis que les chemins de nos vies se sont croisés. Quelle joie aussi. Mais il semble que finalement la tristesse doive l'emporter.  Je t'aime, oh comme je t'aime ...



25/07/2007 – HUÉ 3 – Tombes impériales
 
Visites de tombes impériales en bateau.
Les tombes sont de jolis parcs où il fait bon flâner, hélas nous sommes dépendants du timing imposé par le bateau et sommes du coup un peu pressés par le temps. La balade en bateau est appréciable, et le fleuve parsemé d’embarcations productrices de sable.
La journée reste cependant quelconque, vraiment trop touristique à mon goût, et nous partons louer un motorbike pour la fin d’aprèm. Il paraît que non loin de Hué se trouve une maison où vécut Ho Chi Minh. Les indications du Lonely Planet sont assez sommaires : « Au niveau d’un pont au sud de la ville se trouve une petite pancarte en bois. Tournez alors à gauche, puis à droite ».
Bien évidemment, on n’a jamais trouvé cette maison, mais le petit village où nous sommes arrivés était vraiment plein de charme. Un village agricole où certainement peu d’occidentaux sont arrivés, où les gens étaient surpris de nous voir débarquer et nous le faisaient savoir en nous agrémentant, petits mais surtout grands, de « hello » à tout va.
Nous saluons quelques personnes prenant leur douche, tout habillées dans le fleuve, nous précisant : « it’s shower time » d’un ton très amusé. Nous continuons le long du fleuve sur une route de terre et les paysans affairés dans leur jardinage, qui nous ignoraient lorsque nous étions en bateau, cette fois nous accueillent de vive voix. Je crois d’ailleurs que sur cette route étroite longeant le fleuve, rares sont les motos qui passent ! Suivant cette route, nous arrivons dans des rizières, parsemées de tombes comme il est de coutume au Vietnam. Nous voilà donc faisant une sorte de motocross, slalomant entre tombes et plantes ! Oui, OK, un peu perdus :) jusqu’à arriver à l’impasse du fleuve.
Moment de flottement … Mais alors gros moment de flottement !
Une tête coiffée d’un chapeau apparaît, un homme monte du fleuve saluer ces deux occidentaux bien égarés. Très amusé :). Nous lui offrons une cigarette, puis une autre pour son ami, plus bas occupé à surveiller les buffles faire trempette dans le fleuve. Il nous invite alors à descendre nous joindre à eux, pour prendre des photos, leur montrant les résultats. Leurs visages s’éclairent quand ils se découvrent dans ce petit écran. Je profite de ce moment ô combien paisible. Au Vietnam.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Vendredi 4 janvier 2008

(PRÉCÉDENT)

Encore une journée, comme tant d'autres, qui me laisse un arrière-goût amer.

Hier, je t'ai envoyé un texto disant : "je t'aime ...!" Ce matin, au réveil, j'ai vu ton texto envoyé dans la nuit : "Manon, je t'aime aussi ...". Toute la matinée, je me suis demandée ce qui pouvait se passer en ce moment dans ta tête pour que tu m'envoies un texto pareil, ce que tu pensais en pensant à moi, etc ... Ma tête est secouée par des pensées stériles. Parfois j'aimerais toutes les faire sortir, tout oublier, mais je sais combien l'oubli est destructeur et douloureux lui aussi, et j'ai choisi de me souvenir. Je devrais certainement arrêter de me torturer avec tout cela, arriver à passer ce cap, à tirer un trait, mais je n'en suis pas encore là, car tu le sais, je garde encore, au creux du coeur, un espoir infime : je t'attends mon amour.

Un autre texto dans la journée, dans lequel tu me dis que tu penses beaucoup à moi aussi, mais qu'il faut que tu arrêtes, et que ce "fichu téléphone" ne t'y aide pas.

Puis pour finir, ce soir : "Je viens de me faire toucher le corps pour la première fois depuis toi (sensation étrange). Je me suis payé un massage. C'était troublant. J'ai beaucoup pensé à toi. Je crois que c'est mieux pour toi comme pour moi que je coupe contact. Ca te permettra de tourner la page plus facilement. Et à moi aussi. Je t'aime, je t'aime ...  :("

Ce message m'a fait l'effet d'un coup de poing. De la douleur, oh oui. Et puis aussi, quelque part, l'effet du choc qui pourrait assommer, étourdir mais qui finalement ne fait que ramener à la réalité. Couper contact ? Tout cela pour en arriver finalement là ? Pour une fois, c'est toi qui proposes cette solution, pas moi. Alors coupe le contact si ça t'aide et si tu es bien sûre de ce que tu veux. Pour moi ça ne changera rien, je penserai à toi, encore, toujours. Ca ne changera rien du manque immense qui m'a envahie depuis notre rupture, mais en plus je me sentirai seule, terriblement seule ... Mais peu importe, nous n'en sommes plus là, nous ne sommes plus à cela près. J'aimerais t'avoir près de moi et savoir ce qui se passe dans ta tête en ce moment. Comme il est frustrant de n'avoir que ces bribes formatées par message de ta pensée.  J'aimerais que tu me parles de cette sensation étrange de te faire toucher par quelqu'un d'autre. J'aimerais que tu sois dans ma vie et j'aimerais partager tes peines, tes joies, tes espoirs. Ce n'est pas ce que tu veux, il faudra bien que je m'y résigne.

Je me couche, triste. Je n'ai plus envie de parler, peu à peu s'installe en moi une sorte de résignation, probablement, et je déteste cela. Je me mets à penser comme toi "à quoi bon" ? Mais ça ne me permet pas de tourner la page, simplement de m'enfoncer encore un peu plus dans cette tristesse qui me semble sans fin.

Je t'aime.

Et malgré l'amour que tu me portes, tu m'auras beaucoup fait pleurer. Malgré tout cet amour, malgré tout ce que cela aurait pu engendrer de beau, tu es en train de tout gâcher, et je n'arrive même pas vraiment à t'en vouloir ...

 

24/07/2007 – HUÉ 2 – DMZ


DMZ : zone démilitarisée, frontière imposée entre le nord et le sud vietnamien suite au traité de Genève mettant fin à la colonisation française en 1954. Haut lieu de lutte lors de la guerre jusqu’en 1975. Nous voilà en plein cœur de l’histoire du Vietnam. Nous parcourons en bus les terres de massacre, de bombardements, aussi bien des Américains que des Vietcongs. Tous les villages ici ont été reconstruits il y a trente ans. La végétation a repoussé et par moments il est difficile d’imaginer l’horreur de cet endroit il y a si peu de temps.

Quelques vestiges nous le rappellent et nous mettent au diapason avec la mémoire collective. Trois millions de vietnamiens tués lors du conflit. Des milliers par la suite, à cause des mines parsemant le sol vietnamien. Notre guide était enfant à l’époque et doit sa survie à un abri anti-bombe de fortune créé par ses parents. Nous visitons une ancienne base militaire US. Prenant. Bunkers, hélicoptères et avions de guerre. Nous visitons ensuite les tunnels de Vinh Cok, bombardés à maintes reprises, mais sans résultat, par les Américains. Des tunnels qui ont permis à 300 personnes de survivre, et 17 bébés de naître. Tant d’années passées dans ces espaces confinés à plus de 15m de profondeur pour survivre certes, mais aussi pour fournir les Vietcongs en munitions. Très prenant. Pour moi, ces 20 minutes passées à arpenter les tunnels à moitié pliée sont éprouvantes. Tant de chiffres que je garde en tête. Et 20 minutes pour moi. Et je ne sais comment me situer par rapport à cette guerre où certes les Etats-Unis se sont mêlés, mais qui aurait eu lieu quoiqu’il en soit. Cela reste très émouvant, et le livre d’or est rempli de témoignages vietnamiens, cambodgiens, laosiens, thaïlandais. Je ne trouve pas de témoignage US. Je comprends que mon père ne vient pas du Vietnam. Il vient du Vietnam du sud. Il est sud-vietnamien.


(SUIVANT)

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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