
Voici la fin de semaine. Enfin. Je dois récupérer de toute cette fatigue.
Après maintes hésitations, j'ai finalement répondu à ton mail par un texto t'enjoignant d'assumer ce choix qui n'était pas le mien, et de prendre tes responsabilités. Parce que je ne sais pas quoi te dire quand tu me demandes ce qui est le mieux pour moi maintenant, perdre tout contact ou non.
Je crois que je ne serais pas prête à te voir, mais j'aimerais ne pas te perdre complètement. C'est trop dur, trop abrupt de te laisser complètement sortir de ma vie !
Mais dans le même temps oui je me dis que c'est plus difficile ainsi pour passer à autre chose, parce que je pense d'autant plus à toi. Je m'insuporte moi-même à tourner en rond ainsi, dans mes pensées. Rien de nouveau, jamais. Voilà déjà plusieurs semaines que nous nous sommes quittées, et rien n'a changé. Pas un pas, je n'ai pas fait un commencement de pas en avant, ou en arrière, peu importe, pourvu que celui-ci m'éloigne de toi.
Personne ne m'a jamais donné à penser autant que toi, c'est certain.
Que la vie est compliquée. S'il suffisait d'aimer ...
Enfin, mon texto était sûrement un peu froid, voire incisif, et ta réponse a été sur le même ton : "Ok. J'assumerai. Pardonne moi de t'avoir embêtée avec ça."
.........
Bien sûr, mon message a du te remettre les pieds sur terre et te poser face à tes responsabilités, face à tes choix. Tu as la réaction à laquelle je m'attendais, je te connais un peu. Je m'y attendais oui, mais ça ne change rien : c'est douloureux tout de même. C'est froid. Je sais exactement ce que tu as pu ressentir, je crois. Je connais cette réaction de ta part en tous cas. Je sais que ce genre d'attitude t'éloigne de moi et même si ça fait mal, très mal, c'est sans doute nécessaire.
Deviendrais je raisonnable ? Je ne crois pas, mais il est temps pour moi de me préserver.
Il est temps, certainement, d'apposer sur cette histoire le sceau d'une logique implacable : tu ne veux plus de moi. Depuis six mois je me bats contre toi et me débats face à moi-même. Depuis des mois, je ne veux pas regarder en face l'hypothèse suivante : peut-être ne pouvons nous pas être être heureuses. Peut être qu'il ne peut rien nous arriver de bon ensemble, en tant que couple. Peut être. Et peut être pas ... Mais il est certain que je n'ai plus la force de porter seule cette histoire. Il y a longtemps, comme dans une autre vie, il y a longtemps, seule face à moi-même, il y a longtemps, avant toi, il y a si longtemps oui, quelques mois à peine, si j'avais regardé celle que je suis aujourd'hui, si j'avais regardé ce que j'ai éprouvé pour nous mener toi et moi là où nous sommes arrivées, jamais je n'y aurais cru. Jamais.
Mais il ne faut jamais dire jamais, dit l'Oiseau. Espérer, oser, et se battre pour nos espoirs, nos audaces, et nos amours ...

Les nuits sont courtes, les journées longues à n'en plus finir, je suis épuisée. Cette semaine je me suis inscrite au tournoi de tennis amical de mon ancien club ici. Je joue mes matches le soir en rentrant du travail. Je suis exténuée par mes journées, et j'en rajoute. Mais tout, tout plutôt que de rester sans rien faire, de penser dans le vide, de tourner en rond. Me tuer de fatigue, pour le soir m'endormir sans avoir le temps de pleurer cette séparation qui m'anéantit.
Mauvaise journée aujourd'hui. La mort, la maladie, se sont insinuées autour de moi. Dans mon entourage. Dans ma famille, chez ma meilleure amie ... Je sens ces étreintes pesantes rôder, douloureuses. Je ressens ce sentiment étouffant qui emplit mon être à l'idée du deuil, ou du non deuil, en filigrane, celui du soutien des êtres proches qui perdent des êtres chers. Des êtres de chair, des êtres de sang, qui saignent à n'en plus finir alors que je ne regarde saigner que mon coeur. Je me sens coupable de pleurer ton absence, de pleurer notre rupture alors qu'il y a tant à pleurer par ailleurs.
Oui, des ambiances lourdes et tragiques autour de moi en ce moment. Moi ? Je vais bien, tout va bien ... J'ai tout pour être heureuse. Je devrais l'être, au moins par respect de ceux qui ne peuvent plus l'être ... Et pourtant !
Tu m'as envoyé un mail. Je ne sais plus quoi dire. Ni quoi penser. Tu me dis que c'est à moi de décider si nous coupons le contact ou non, selon ce que je pense être le mieux pour moi. Je déteste qu'incapable de décider toi-même, tu me demandes de te dire ce que j'en pense, de te dire ce qui est le mieux pour moi. Comme si soudain je le savais, alors que de ma vie je ne l'ai jamais su. Je pense que c'est ta décision, je pense que tu me dis que tu l'assumes, mais qu'en réalité non, tu ne l'assumes pas. En tous cas tu n'as pas le comportement de quelqu'un qui l'assume. Moi, je n'en peux plus de t'entendre dire que tu aimes X... . C'est dur à entendre. Je t'en veux de ne pas savoir, je t'en veux de ne pas assumer une relation avec moi, je t'en veux de me quitter, je t'en veux de me faire pleurer, je t'en veux de ne pas m'aimer assez pour ne pas partir, je t'en veux d'en aimer un autre, je t'en veux de penser à un autre, je t'en veux de ton conformisme, je t'en veux pour tes plans de vie tout tracés. Je t'en veux pour tous les espoirs que j'ai pu placer en toi, pour tout le bonheur dont nous sommes capables et que tu rejettes, pour l'amour que je te porte et qui n'a cessé de grandir depuis le premier jour. Je t'en veux.
Malgré cette rancoeur, tu n'imagines même pas ce que je donnerais pour un baiser de toi. Tu n'imagines même pas ce à quoi je serais prête pour te garder; les idées les plus folles qui hantent mes rêves, mes pensées, mes fantasmes. Cette, nuit, j'ai fait un rêve banal : j'allais à une répétition de théâtre. Je me sentais bien, et je me disais que je devais continuer le théâtre, parce que c'était bon pour ma "sociabilisation", pour combler le manque de toi. Oui, je me disais que je devais continuer, même si je savais que la fin de la répétition et le retour chez moi allaient être horribles, parce que j'avais pris l'habitude d'aller chez toi ensuite. Avant ... Un rêve banal oui.
Je ne sais pas quoi te répondre. Tu ne veux pas couper le contact avec moi. Tu me dis que tu ne veux pas non plus que j'espère à cause de tes doutes, que je ne dois plus rien espérer. Moi, malgré tout, ton mail, qui reflète à quel point tu es perdue et à quel point je te manque, me donne de l'espoir. Et quand tu me dis que tu ne veux pas couper le contact, je lis que tu ne veux pas me perdre. Mais il faut faire des choix et les assumer dans la vie. Je te l'ai dit des dizaines de fois : choisir c'est renoncer.
C'est dur ...
Je suis à peu près aussi perdue que toi.
Je sais que de toutes manières te rattraper maintenant serait totalement inutile, ce serait courir à l'échec de nouveau rapidement. Quand je te dis que j'espère, c'est j'espère oui, mais dans le futur, plus loin ... Nous verrons. Je suis mal sans toi et tu me manques. Mais je n'y peux rien, je dois subir, ça passera, tout passe ...
Ce matin, en me réveillant, j'ai ouvert grand ma fenêtre et j'ai regardé la forêt qui s'étendait face à moi, couverte de rosée dans la brume matinale. Le soleil se levait à peine, et je me suis demandé où tu étais en cet instant ... J'aurais aimé voir ce que tes yeux voyaient, ce que tes doigts touchaient, ce que tu sentais par tous les moyens dont nous sentons. J'aurais aimé pour quelques minutes être transportée en toi, pour pouvoir tout comprendre et tout savoir. J'aurais tout donné pour être avec toi ... Pourtant je n'ai rien fait. J'ai si peu et tant à donner à la fois : mais mon amour, on ne peut pas donner lorsque personne ne reçoit.

Des amies parisiennes sont arrivées aujourd'hui pour quelques jours chez mes parents. Je n'ai pas tellement eu le temps de les voir, juste un peu ce soir. J'ai travaillé tard et je suis épuisée. La saison s'annonce courte, les différentes variétés de pêche arrivent toutes à maturité bien plus tôt que prévu.
Je viens de t'envoyer un texto : je ne te contacterai plus. Tu as été relativement claire : tu attends cet effort de ma part, tu attends que je t'aide, que je cesse de me démener sans cesse pour te ramener à moi ... Apparemment sans cela c'est trop dur. Mais c'est très difficile pour moi. Accepter. Finalement, ce besoin de rester en contact signifiait simplement que j'avais terriblement peur. De quoi ? Que tu m'oublies trop vite si je ne me rappelais pas à toi.
Oui mon amour, je vais te laisser m'oublier, même si c'est une déchirure immense, même si le désarroi me gagne à cette pensée ... Car tu le sais, je suis incapable d'oublier, moi. Je pense à toi en chaque instant, tout se rattache à toi, à ta douceur, à notre entente, à nos échanges, à ce vécu entre parenthèses, éphémère et passionné. Je ne sais plus comment te dire que je t'aime et tous mes mots semblent vain. Si je pouvais, si je savais comment, je jetterais à la mer la bouteille de ma détresse grandissante. Mais je ne peux rien, il est trop tard, il n'a jamais été l'heure, et je pleure.
Mais j'ai compris, j'ai compris, j'ai compris ... Je dois laisser aller, laisser filer. C'est sans doute mieux pour moi aussi. J'ai compris qu'il ne me servirait à rien avec toi d'achever mes phrases, puisque tu ne veux pas en entendre la fin. Je t'aime, je me contenterai de t'aimer en silence, somnambule dans ma vie de marionnette.
Le sang continuera de couler dans mes veines, et l'eau continuera de m'apporter cette vie qui loin de toi m'exaspère. Aujourd'hui, la perspective de mon futur me désespère. Demain, il en ira tout autrement, demain quelqu'un me prendra par la main et me dira simplement : respire, prends une grande bouffée d'air et de cette sève de vie énivre tes poumons. Quelqu'un me dira : prends ma main et ensemble abreuvons nous à la source des envies assouvies. Un jour, ma vitalité ne sera plus ce mince filet d'eau qui coule et se fraye une chemin à flanc de montagne.
Un jour ...
Quelle tristesse depuis que les chemins de nos vies se sont croisés. Quelle joie aussi. Mais il semble que finalement la tristesse doive l'emporter. Je t'aime, oh comme je t'aime ...

Visites de tombes impériales en bateau.
Les tombes sont de jolis parcs où il fait bon flâner, hélas nous sommes dépendants du timing imposé par le bateau et sommes du coup un peu pressés par le temps. La balade en bateau est appréciable, et le fleuve parsemé d’embarcations productrices de sable.
La journée reste cependant quelconque, vraiment trop touristique à mon goût, et nous partons louer un motorbike pour la fin d’aprèm. Il paraît que non loin de Hué se trouve une maison où vécut Ho Chi Minh. Les indications du Lonely Planet sont assez sommaires : « Au niveau d’un pont au sud de la ville se trouve une petite pancarte en bois. Tournez alors à gauche, puis à droite ».
Bien évidemment, on n’a jamais trouvé cette maison, mais le petit village où nous sommes arrivés était vraiment plein de charme. Un village agricole où certainement peu d’occidentaux sont arrivés, où les gens étaient surpris de nous voir débarquer et nous le faisaient savoir en nous agrémentant, petits mais surtout grands, de « hello » à tout va.
Nous saluons quelques personnes prenant leur douche, tout habillées dans le fleuve, nous précisant : « it’s shower time » d’un ton très amusé. Nous continuons le long du fleuve sur une route de terre et les paysans affairés dans leur jardinage, qui nous ignoraient lorsque nous étions en bateau, cette fois nous accueillent de vive voix. Je crois d’ailleurs que sur cette route étroite longeant le fleuve, rares sont les motos qui passent ! Suivant cette route, nous arrivons dans des rizières, parsemées de tombes comme il est de coutume au Vietnam. Nous voilà donc faisant une sorte de motocross, slalomant entre tombes et plantes ! Oui, OK, un peu perdus :) jusqu’à arriver à l’impasse du fleuve.
Moment de flottement … Mais alors gros moment de flottement !
Une tête coiffée d’un chapeau apparaît, un homme monte du fleuve saluer ces deux occidentaux bien égarés. Très amusé :). Nous lui offrons une cigarette, puis une autre pour son ami, plus bas occupé à surveiller les buffles faire trempette dans le fleuve. Il nous invite alors à descendre nous joindre à eux, pour prendre des photos, leur montrant les résultats. Leurs visages s’éclairent quand ils se découvrent dans ce petit écran. Je profite de ce moment ô combien paisible. Au Vietnam.

Encore une journée, comme tant d'autres, qui me laisse un arrière-goût amer.
Hier, je t'ai envoyé un texto disant : "je t'aime ...!" Ce matin, au réveil, j'ai vu ton texto envoyé dans la nuit : "Manon, je t'aime aussi ...". Toute la matinée, je me suis demandée ce qui pouvait se passer en ce moment dans ta tête pour que tu m'envoies un texto pareil, ce que tu pensais en pensant à moi, etc ... Ma tête est secouée par des pensées stériles. Parfois j'aimerais toutes les faire sortir, tout oublier, mais je sais combien l'oubli est destructeur et douloureux lui aussi, et j'ai choisi de me souvenir. Je devrais certainement arrêter de me torturer avec tout cela, arriver à passer ce cap, à tirer un trait, mais je n'en suis pas encore là, car tu le sais, je garde encore, au creux du coeur, un espoir infime : je t'attends mon amour.
Un autre texto dans la journée, dans lequel tu me dis que tu penses beaucoup à moi aussi, mais qu'il faut que tu arrêtes, et que ce "fichu téléphone" ne t'y aide pas.
Puis pour finir, ce soir : "Je viens de me faire toucher le corps pour la première fois depuis toi (sensation étrange). Je me suis payé un massage. C'était troublant. J'ai beaucoup pensé à toi. Je crois que c'est mieux pour toi comme pour moi que je coupe contact. Ca te permettra de tourner la page plus facilement. Et à moi aussi. Je t'aime, je t'aime ... :("
Ce message m'a fait l'effet d'un coup de poing. De la douleur, oh oui. Et puis aussi, quelque part, l'effet du choc qui pourrait assommer, étourdir mais qui finalement ne fait que ramener à la réalité. Couper contact ? Tout cela pour en arriver finalement là ? Pour une fois, c'est toi qui proposes cette solution, pas moi. Alors coupe le contact si ça t'aide et si tu es bien sûre de ce que tu veux. Pour moi ça ne changera rien, je penserai à toi, encore, toujours. Ca ne changera rien du manque immense qui m'a envahie depuis notre rupture, mais en plus je me sentirai seule, terriblement seule ... Mais peu importe, nous n'en sommes plus là, nous ne sommes plus à cela près. J'aimerais t'avoir près de moi et savoir ce qui se passe dans ta tête en ce moment. Comme il est frustrant de n'avoir que ces bribes formatées par message de ta pensée. J'aimerais que tu me parles de cette sensation étrange de te faire toucher par quelqu'un d'autre. J'aimerais que tu sois dans ma vie et j'aimerais partager tes peines, tes joies, tes espoirs. Ce n'est pas ce que tu veux, il faudra bien que je m'y résigne.
Je me couche, triste. Je n'ai plus envie de parler, peu à peu s'installe en moi une sorte de résignation, probablement, et je déteste cela. Je me mets à penser comme toi "à quoi bon" ? Mais ça ne me permet pas de tourner la page, simplement de m'enfoncer encore un peu plus dans cette tristesse qui me semble sans fin.
Je t'aime.
Et malgré l'amour que tu me portes, tu m'auras beaucoup fait pleurer. Malgré tout cet amour, malgré tout ce que cela aurait pu engendrer de beau, tu es en train de tout gâcher, et je n'arrive même pas vraiment à t'en vouloir ...

24/07/2007 – HUÉ 2 – DMZ
DMZ : zone démilitarisée, frontière imposée entre le nord et le sud vietnamien suite au traité de Genève mettant fin à la colonisation française en 1954. Haut lieu de lutte lors de la guerre jusqu’en 1975. Nous voilà en plein cœur de l’histoire du Vietnam. Nous parcourons en bus les terres de massacre, de bombardements, aussi bien des Américains que des Vietcongs. Tous les villages ici ont été reconstruits il y a trente ans. La végétation a repoussé et par moments il est difficile d’imaginer l’horreur de cet endroit il y a si peu de temps.
Quelques vestiges nous le rappellent et nous mettent au diapason avec la mémoire collective. Trois millions de vietnamiens tués lors du conflit. Des milliers par la suite, à cause des mines parsemant le sol vietnamien. Notre guide était enfant à l’époque et doit sa survie à un abri anti-bombe de fortune créé par ses parents. Nous visitons une ancienne base militaire US. Prenant. Bunkers, hélicoptères et avions de guerre. Nous visitons ensuite les tunnels de Vinh Cok, bombardés à maintes reprises, mais sans résultat, par les Américains. Des tunnels qui ont permis à 300 personnes de survivre, et 17 bébés de naître. Tant d’années passées dans ces espaces confinés à plus de 15m de profondeur pour survivre certes, mais aussi pour fournir les Vietcongs en munitions. Très prenant. Pour moi, ces 20 minutes passées à arpenter les tunnels à moitié pliée sont éprouvantes. Tant de chiffres que je garde en tête. Et 20 minutes pour moi. Et je ne sais comment me situer par rapport à cette guerre où certes les Etats-Unis se sont mêlés, mais qui aurait eu lieu quoiqu’il en soit. Cela reste très émouvant, et le livre d’or est rempli de témoignages vietnamiens, cambodgiens, laosiens, thaïlandais. Je ne trouve pas de témoignage US. Je comprends que mon père ne vient pas du Vietnam. Il vient du Vietnam du sud. Il est sud-vietnamien.

Aujourd'hui, j'ai appris que ma candidature au Master d'Histoire du Droit avait été retenue. Je ne sais pas trop qu'en penser. D'un côté, il y a le soulagement, je sais ce que je ferai l'an prochain. De l'autre côté, je ressens un peu comme une déception : je vais encore faire du droit. Mais c'est ce que j'ai voulu, et j'espère que ce Master saura m'y redonner goût. Enfin, j'ai tenté une opération d'auto-sabotage inconscient de mes études, et j'ai échoué. Je ne sais pas encore si je dois m'en réjouir. Il semble que la vie veuille me remettre dans le droit chemin. Il y a ainsi des passages de ma courte existence où je me suis sentie comme une joueuse : je lance les dés, c'est bien moi qui les lance, mais ensuite ... Je laisse faire le hasard, la vie. Est ce qu'ainsi je fuis les décisions ? Je n'en sais rien. Quelque part oui, les décisions me font terriblement peur. Parce que, je te l'ai assez répété je crois, décider c'est renoncer. Alors je n'aime pas décider, parce que j'aimerais toujours tout faire, tout goûter, tout savoir. J'ai une soif insatiable de découvertes.
En septembre dernier, les hésitations concernant mes choix d'avenir étaient déjà très grandes. J'étais en stage en cabinet d'avocat, dans la ville où j'avais été lycéenne quelques années auparavant, et j'en avais profité pour rendre visite à ma prof de littérature de terminale, dont l'enseignement m'a durablement et positivement marquée. Elle m'avait demandé ce que je devenais, et si ce que je faisais me plaisait. Pour la première fois, j'avais répondu que non, pas vraiment. Jusque là, je me le disais à moi-même, mais jamais je n'en avais parlé à personne. Ca m'avait étonnée, que ça sorte comme ça pour la première fois avec elle. Elle m'avait demandé pourquoi. Je lui avais répondu que je m'ennuyais, et que j'avais surtout l'impression que je ne savais rien, et d'avoir perdu ces 3 dernières années d'études.
Elle m'avait à ce moment là parlé de Socrate, qui disait : "Plus j'apprends, et plus je m'aperçois que je ne sais rien". J'avais beaucoup réfléchi à cela à l'époque, mais j'en mesure aujourd'hui vraiment la portée, devant l'immensité des possibles, et l'étendue si minime de mes connaissances.
Alors oui, prendre une décision sur mes études, je n'aime pas cela, parce que je voudrais tout faire. Devant les nombreux choix qui s'offrent à moi, je me dis que c'est stupide de perdre mon temps dans des choses qui m'ennuient. Stupide, mais probablement la chose la plus raisonnable à faire là où j'en suis. Plus je parle autour de moi de mes hésitations, et plus je me sens comme une enfant capricieuse qui aurait décidé qu'elle ne voulait pas quelque chose sans bien savoir pourquoi.
J'aimerais écrire, mais je n'ai pas encore la maturité qu'il faut pour faire vraiment quelque chose, et quand bien même, il serait très prétentieux d'envisager d'en vivre. Je ne suis pas prétentieuse.
Dans ces moments de ma vie mon paradoxe atteint son apogée : je déteste me poser toutes ces questions / je détesterais une vie toute tracée ; je me lasse vite des choses et des gens / j'ai besoin de stabilité ; j'aime qu'on choisisse pour moi / j'aime pouvoir avoir le choix. Quelque part je me complais dans mes paradoxes.
Je pensais à toi tout à l'heure : tu es la personne qui me connaît le mieux actuellement. Parce qu'en un an, j'ai énormément changé, sur tous les plans. Parce qu'aujourd'hui, ma vie n'est que doutes et promesses à moi-même mal tenues. Parce que je ne suis plus celle que j'étais hier : pétrie de certitudes, pleine de projets d'avenir, sûre d'elle-même. J'ai la sensation d'être devenue tout le contraire.
Je suis là, consciente et consistante, et pourtant : je me sens ballottée par les vagues, au gré d'envies qui ne sont pas les miennes et de ton amour qui chaque jour me manque plus cruellement encore ...
Et malgré toutes les incertitudes qui me hantent en cet instant, il est au moins une chose dont je sois certaine : le temps passe, mon amour reste. Je t'aime. Je sais aussi qu'une relation stable avec toi m'aurait probablement aidée à me trouver. Je sais qu'avec toi j'aurais pu faire des projets. Je sais ... Je sais surtout que ça n'a pas été le cas, et qu'il ne faut pas chercher dans l'Autre ces certitudes et cette stabilité qu'on ne peut trouver qu'en soi-même.
J'écris ton absence, car si les paroles s'envolent, les écrits restent.
J'écris en silence, car si le temps s'envole, mon amour reste.

Nous prenons le bus de nuit pour rejoindre Hué. Dix heures de bus, une nuit horrible. Les « soft seats », soi disant larges et spacieux s’avèrent bien minuscules pour nos jambes d’occidentaux, la route peu confortable, la clim loin d’être performante par cette chaleur étouffante, la pause du chauffeur à 3h du mat’, pour manger, guère en phase avec nos cycles de sommeil et le concert de klaxons tout au long de la nuit pouvant faire pâlir de jalousie n’importe quel coq insomniaque. Sans compter la peur permanente de l’accident, la conduite au Vietnam n’ayant rien de très orthodoxe. Rien de très rassurant sachant que cela faisait trois nuits d’affilée que je rêvais que j’étais dans le coma, rapatriée d’urgence en France … De quoi même faire flipper T...–le–zen :).
Enfin, nous arrivons à Hué, certes courbaturés et ayant peu dormi, mais au moins sains et saufs ! Hué est une ville très touristique, où rivalisent les propositions de motorbikes ! Pour avoir la paix nous louons deux vélos et partons à la découverte de la citadelle, haut lieu symbolique du temps des empereurs mais aussi de la guerre du Vietnam, la citadelle passant des mains des sud-Vietnamiens à celles des Vietcongs lors de massacres aisément envisageables.
Le plus agréable dans cette balade reste encore une fois le fait de se perdre au hasard des rues, débouchant dans des lieux un peu paumés, où rares sont les touristes à s’y être égarés et où les habitants sont ravis de nous voir. Au cœur même de la citadelle, loin de l’agitation ambiante, se trouvent des habitations rurales où le quotidien des habitants reste l’agriculture et la pêche. Nous passons près d’une heure dans une galerie d’art. Moment émouvant pour ma part, les artistes ayant vu que j’étais moitié vietnamienne, et après que je leur aie partagé mon histoire, me mettant pendant une heure une chanson en français racontant l’histoire d’une vietnamienne née en France et exprimant son désir de découvrir le pays d’où vient son nom qu’elle ne sait pas prononcer, ses cheveux si noirs et ses yeux bridés. Et moi qui ne sais pas prononcer mon vrai prénom…
Pendant que nous admirons les tableaux, les apprentis dessinent le portrait de T... Et le mien, mais je n’aurai pas la chance de recevoir le dessin, mais me ferai tirer le portrait dans un bar au bord du fleuve, un peu plus tard.
--- Mercredi 19 décembre --- T... m’a offert le croquis qu’on m’avait tiré dans la galerie ---

J'ai encore rêvé de toi la nuit dernière. Le début de mon rêve était d'une violence inouïe, mais n'avait rien à voir avec toi. Il y avait un homme face à moi, j'étais sur les berges d'une rivière, il faisait nuit, le liquide qui coulait dans la rivière était noir, tout était sale et sordide. Dans les mains, j'avais une hache, et je devais me défendre face à cet homme. Je ne sais pas pourquoi, car il ne bougeait pas. Mais je devais me défendre, ma survie en dépendait. Je levais ma hache et la lui enfonçais de manière très violente dans le crâne, ce qui aurait du le tuer, mais il continuait de bouger, alors je m'acharnais sur lui. Je lui plantais la hache dans le corps, encore et encore, jusqu'à l'épuisement, je n'arrivais même plus à soulever la hache complètement, il ne bougeait plus, il n'était plus qu'un amas de chair sanguinolente, mais je continuais toujours de le frapper.
En même temps, je pensais à ce que j'étais en train de faire, et j'avais conscience de l'horreur de la situation. Je réfléchissais à cela, et je pensais que j'étais trop mal, que j'avais besoin de passer toute cette haine qui était en moi et que, puisque de toutes manières il était mort, ça ne changeait rien. Mais je me trouvais atroce. Finalement, je m'arrêtais et je m'effondrais, épuisée. Je m'apercevais alors que c'était moi qui étais en train de me vider de mon sang, et qu'à chaque fois que j'avais frappé mon adversaire, c'était comme si je m'étais frappée moi-même. A ce moment là, un personnage étrange apparaissait, il passait sa main sur tout le corps de mon adversaire, dans une longue caresse, et faisait la même chose sur moi, ce qui avait pour effet de nous guérir complètement tous les deux. Je pensais que ce personnage était l'arbitre du jeu.
Puis, alors que je regardais la rivière couler, lentement elle se transformait et laissait place à une grande étendue d'eau, limpide, une sorte de lac. Le jour s'était levé, et je me trouvais dans un endroit où il y avait beaucoup de monde, en maillot de bain, autour de ce lac. Il faisait très beau et très chaud. Soudain, je t'apercevais. Je ne t'avais pas vue depuis longtemps, la situation était ce qu'elle est dans la réalité, nous nous étions quittées, et je ne t'avais pas revue depuis. Mais je n'étais pas étonnée que tu sois là. Je m'asseyais face à toi, et je te souriais. Toi aussi, mais tu semblais distante et tu te tournais vers une femme assise juste à côté de toi, en me la présentant. Avant même que je ne te demande qui elle était, la femme posait sa main sur ta cuisse et se penchait vers toi pour t'embrasser. Interloquée, je me tournais vers toi, et tu m'expliquais que vous étiez ensemble. Je te disais : "mais pourquoi elle" ? Tu me répondais que la présence d'une femme dans ta vie te manquait, que tu n'avais pas pu te passer de moi, mais que comme tu devais m'oublier, tu avais cherché ailleurs. Que d'ailleurs, tu avais fait l'amour avec plusieurs femmes. Là, tu te tournais, m'indiquant du menton une direction, ton regard porté vers deux autres femmes qui étaient derrière toi. A ce moment là, la femme avec qui tu étais se rapprochait de toi, dans un geste possessif. Moi, n'y tenant plus, je la giflais violemment, lui disant de ne pas te toucher, ce qui la faisait disparaître.
Tout le monde autour de nous disparaissait, et nous nous retrouvions juste toutes les deux sous un grand saule pleureur, avec devant nous la mer s'étendant à l'infini et le soleil couchant. Des larmes dans les yeux, je te regardais, te demandant pourquoi du regard, pourquoi me faire ça, pourquoi ne pas être revenue vers moi. Mais avant même d'avoir pu entendre ta réponse, je te disais que peu importait, que ça ne changeait rien, que je t'aimais, que je t'aimais vraiment, que j'étais prête à tout pour te récupérer.
Je t'embrassais.
D'abord, tu ne me rendais pas mon baiser. J'insistais, je déposais d'abord plusieurs petits baisers autour de ta bouche, puis très doucement je me rapprochais de ta bouche, ce baiser durait, durait, et finalement tu cédais. Alors je savais que désormais j'allais pouvoir te garder.
Je me suis réveillée alors que je t'embrassais.
Je ne sais pas trop ce que je dois en tirer. La partie du rêve avant le baiser est un mélange de souffrance, de douleur, de violence, voire de haine pure. C'est une partie où je vais très mal. Mais après, je te retrouve, et tu me rends mon baiser finalement. Par ce seul moment, par ces quelques secondes, par ce geste, tout s'éclaire, et il ne me reste qu'un immense bien être. Nous nous embrassons, et je me sens là où je dois être. T'embrasser, même en rêve, était tellement bon ... Lorsque je me suis réveillée, j'ai souhaité si fort que ça arrive de nouveau un jour, dans la réalité, que j'en ai éprouvé un manque insoutenable. J'ai pleuré, pleuré de ne pas sentir ta peau contre la mienne en cet instant, pleuré de ne pas savoir exprimer cela autrement, pleuré d'impuissance, de souffrance, d'impatience ...
Si tu savais comme je pense souvent ainsi à des moments avec toi, des moments passés ou des moments rêvés. Les instants qui appartiennent au passé sont à la hauteur de mes rêves les plus doux. J'ai vécu avec toi des sensations que je n'oublierai jamais. Les moments rêvés ne sont là que pour pallier le manque, le manque de cette absence, toi qui as décidé de sortir de ma vie. Moi, même si je m'étais dit que tu ne pouvais pas entrer dans mes projets d'avenir, même si je m'étais dit que je devais te quitter parce qu'être avec toi n'était pas ce que je voulais pour ma vie (ce qui n'est pas le cas, je crois que tu l'as compris ...), oui même dans cette hypothèse je crois que je n'aurais jamais trouvé la force de te quitter. Toi, tu l'as trouvée, et j'oscille entre l'admiration pour toi et la déception. L'admiration, parce que je sais que ce n'est pas facile, mais tu l'as fait tout de même, pour être en accord avec un projet de vie ... La déception, parce que je me dis que ta raison est plus forte que ton amour pour moi, je me dis que si tu m'aimais assez, jamais tu n'aurais réussi à me quitter ...
Je m'endors.
Quelques phrases pour toi : je me laisse bercer par les sonorités de la pluie sans fin qui coule sur mon coeur. Je te sens mourir au loin et j'essuie du revers de ma main les derniers sanglots que je verserai pour toi. J'ai trop pleuré. Tu as été la première, et pour cela je sais que je ne t'en tiendrai pas rigueur. Tu seras la dernière, et malgré cela je sais que ce n'est pas tout à fait exact. Je vois quelque chose dans le noir, sans bien distinguer. Je regarde mais je ne perçois que le fond d'un tiroir. C'est étrange, n'est ce pas ? Ce qui l'est encore plus, c'est cette lutte pour parvenir à une structure dans mes phrases, alors que je rêve d'une pensée déstructurée, imbuvable, incompréhensible presque, mais touchante de poésie, de folie, de dépit. En sera-t-il toujours ainsi ? J'ai peur du changement. J'ai peur de l'habitude, peur de l'hébétude, peur de la lassitude. J'ai peur de te perdre, peur de te trouver, peur de te pleurer. J'ai peur, et c'est la seule chose qui revient, le seul point commun que tu pourras trouver à tous mes textes.
Je t'aime. Te rappelles tu cette époque où cela te terrifiait aussi ?

Nous relouons la moto et c’est parti pour le parc naturel de Cuc Phuong : balade en jungle en moto, visite du centre de présentation des primates en danger et d’une grotte préhistorique trouvée il y a peu.
Bilan : une dizaine de piqûres de moustiques, trois presque chute de la moto pour ma part (fichues bosses !) et 110 km de moto. Soit bien 4h30 de moto (faites pas le calcul).
Nous visitons une grotte préhistorique très profonde, que je propose à T... de visiter à l’aide d’un briquet, faute de lampe de poche. Bon, c’est pas très pratique (c’était même désespéré !! ne pas suivre mes plans foireux…), et nous avons la chance de croiser quelques Français qui, nous prenant en pitié, nous offrent leur lampe de poche. Pour marcher sur bien 70m, c’est effectivement plus pratique !
Nous entendons un groupe de Vietnamiens approcher, et T... a la bonne idée d’éteindre la lampe pour leur faire peur. Une bonne crise de rire s’ensuit :), agrémentée par la peur générale des chauves souris.
Il est agréable de parcourir le pays en moto, notre route parsemée de « hello » lancés à la criée par les grands et les moins grands avec le même enthousiasme. T... se retrouve même à aider quelques personnes à pousser un camion, dans la bonne humeur et la surprise pour eux de voir que la moto arrêtée pour de l’aide était en fait conduite par deux occidentaux ! Eclat de rires général :).
Les environs de Ninhbinh sont très très charmants. Rizières, collines escarpées, rappelant les pains de sucre de Guilin. On relaxe, et on se décide à louer une moto et visiter tout cela tranquillement en deux jours. J’ai confiance en T... et en ses talents de motodriver, et après une rapide prise en main de la moto, nous voilà partis pour une journée de balade ! Je suis co-pilote … Ahem.
Tam Coc est un charmant village proche de Ninhbinh où il est possible de se balader en barque dans un paysage de « Baie d’Halong des rizières ». Deux heures de balade en barque avec un rameur plus qu’endurant, d’autant plus vue la chaleur ! Sa femme nous accompagne pour essayer plus tard de nous vendre des nappes brodées. Sans succès pour elle, hélas. Elle est très sympathique et parle français. Appris ici à l’école vietnamienne. Habite à deux kilomètres en bus de Tam Coc. A cinq filles pas de garçon hélas. Pourtant pas faute d’essayer. Elle nous explique qu’au Vietnam, si on a un garçon et une fille, on arrête de faire des enfants. Au bout de cinq filles, on arrête aussi … Ca coûte cher. Et les enfants doivent aller à l’école. Elle nous montre des photos de ses enfants. Elles font si jeunes.
Le paysage est magnifique. T... rame un peu, pendant notamment que notre amie enlève l’eau rentrée dans la barque. Faudrait pas qu’on coule ! On croise certains rameurs fatigués qui du coup rament avec les pieds :) . C’est original, et certainement l’inventeur du pédalo était un rameur fatigué (un putaing de cafard de cinq centimètres de long vient de parcourir mon corps… brrrrr… branle bas de combat !).
Nous repartons à moto et, après la visite d’une charmante pagode, nous partons à la recherche de Hoa Lu, ancienne demeure d’un des nombreux empereurs du Vietnam. Bon, je suis pas très bonne co-pilote, et je suis surtout attirée par les petits chemins un peu paumés traversant des villages tout aussi petits et paumés :) . Et T... est loin d’(putaing de cafard volant je l’ai raté) être contre et m’écoute sans sourciller :) .
Nous voilà donc à la rencontre du Vietnam rural sur des chemins « un peu » boueux (eh, le cafard, t’es où, viens voir !). Nous sommes « un peu » perdus aussi :) allant toujours tout droit, parfois sur des rues en travaux, parfois suivant une Vietnamienne qui s’arrête brusquement car elle rentrait tout simplement chez elle :) .
Une vingtaine de kilomètres perdus dans ce Vietnam rural, quasiment seuls, jusqu’à nous retrouver, oh surprise, par hasard, à Hua Lu, bourgade touristique !
Le site est sympa, nous sommes parmi les derniers touristes, la visite est donc tranquille. Des petits garçons pratiquent leur français avec nous, une vieille madame, à coup de « Madame, Monsieur » me « ventile » avec son éventail jusqu’au tombeau de l’empereur, avant de nous abandonner, son pourboire et beaucoup de sourires en poche, lorsque je pars rejoindre T... dans l’escalade de la montagne escarpée au delà d’où se trouve le fameux tombeau. En sandales, c’est loin d’être facile ! Et avec mon sens naturel de l’équilibre, encore moins ! Mais la vue en vaut la peine, et j’ai failli tomber seulement une fois :) . Notre madame nous fait coucou d’en bas :) .
Une fois la descente, encore moins évidente, achevée, nous partageons un Coca bien mérité, T... en compagnie d’un Suisse rencontré à Halong et retrouvé à Ninhbinh, parlant photo, et pour ma part faisant découvrir à l’enfant de la propriétaire les joies du « A dada sur mon bidet » pendant une bonne heure :) . J’arrive même à lui faire dire « touriste » en pointant T... du doigt alors qu’elle s’initie aux joies de la photo avec mon appareil.
Fin de journée tranquille, et pendant que T... part au cyber café, je discute avec une bière avec la propriétaire d’un bar. Une heure de discussion en vietnamien, c’est mon maximum (j’ai pas compris les ¾ :)) ! Elle a 56 ans, trois enfants, 28, 26 et 20 ans, qui vivent à Hanoi, est grand-mère d’un enfant d’un an, aime le foot mais le Vietnam perd 1-0 contre l’Irak, et m’offre un cours de prononciation en Vietnamien J.
Et j’ai pas retrouvé ce fichu cafard. Vais devoir dormir avec. Il vole le sacripan …
…
…
Affaire du cafard réglée : T... l’a tué …

Hier je ne suis pas rentrée donc, j'ai dormi avec ma soeur, sous la tente ... Que de souvenirs ! La soirée a été agitée : un enfant a jeté un caillou sur un autre : direction les urgences. Un cheval a du être rapatrié au club vers 23h, tapé par un autre cheval : immobilisation pour une semaine. Je n'ai vu ma soeur que très peu avec tout cela. Nous nous sommes couchées tard, et je me suis levée avec le soleil, pour aller travailler encore. Je suis littéralement sur les rotules pour ce sixième jour consécutif de travail, qui s'annonce encore très chaud.
Ici je m'occupe. Je papillonne de droite et de gauche quand j'en trouve la force le soir en rentrant du travail. Amis et amies d'enfance, famille, je vis, sans peine mais à peine.
Oui, j'arrive à vivre sans toi. Mais c'est difficile. J'ai de longs moments d'absence de ce monde qui m'entoure et dans lequel chaque jour encore ton manque m'étreint le coeur.
Cet après-midi, j'ai été tirée de ma sieste par la réception de ton texto disant : "Hm. J'ai perdu ton élastique aujourd'hui :( et je rêve toujours de cette histoire de coma ... :(".
J'ai réfléchi à ce que je pourrais bien te répondre, mais ça m'a trop fatiguée et je me suis rendormie ... Pour me réveiller en sursaut quelques minutes plus tard, prise dans un rêve étrange, où je rêvais que je rêvais. Je te voyais dans mon rêve, mais tu étais toujours loin, et je n'arrivais pas à te rattraper. Il y avait des embûches sur mon chemin, et des gens de mon passé qui apparaissaient et que je ne pouvais, ne voulais pas ignorer. Une amie d'enfance. Un amour de vacances. Mon grand-père. J'étais déchirée entre l'occasion unique de revoir tous ces gens qui avaient compté pour moi, et toi derrière, qui t'éloignais sans te retourner. Dans le rêve je me disais que si je t'envoyais un texto, tu te retournerais et, puisque tu croiserais mon regard, ensuite tu m'attendrais. Mais je ne trouvais pas mon téléphone, et les gens autour de moi se moquaient, parce que le téléphone portable n'existait pas encore à cette époque. Ils riaient de moi, leurs visages devenaient cruels et moqueurs. C'est là que je me suis réveillée en sursaut. Je me suis souvenue qu'en effet je voulais t'envoyer un texto.
J'ai relu le tien. Ca me fait de la peine que tu aies perdu l'élastique. C'est sans doute bête, mais j'aimais l'idée que tu aies quelque chose de moi sur toi, comme ça ... Je me demande si tu as eu le temps de prendre une photo de toi au Vietnam avec. Te souviens tu seulement que tu m'avais promis de le faire puis de m'envoyer la photo ?
Dans un mail, tu m'as parlé d'un rêve que tu avais fait. Tu avais un accident de bus au Vietnam, tu tombais dans le coma et tu étais rapatriée en France. A ton réveil, j'étais là, mais tu ne te souvenais plus de rien. Et X... m'empêchait de te voir, parce qu'il craignait que tu te rappelles. Pourtant, tu sentais ma tristesse, et ça te rendait triste, mais tu ne savais pas vraiment pourquoi, parce que tu ne te rappelais pas ... Je pense à ce rêve, et je me questionne sur l'importance que tu accordes à tes rêves. Je me demande si tu essaies de les interpréter, si ils peuvent avoir une influence sur tes agissements, si tu es une personne attentive à cela ou non. Je me souviens d'un proverbe disant :
Je me pose une autre question : as tu trouvé mon mot sur la carte de Dalida que je t'avais laissée en partant de chez toi ? Tu ne m'en as rien dit, ce qui est normal vues les circonstances, mais un doute subsiste du coup.
J'ai répondu à ton texto finalement, alors même que je ne trouvais pas de mots. Je me sens vidée de mes mots. Comme si je ne pouvais plus rien te dire. Rien de plus, au risque d'user le langage.
Tu m'as répondu à ton tour, me disant, entre autres : "je pense aussi beaucoup à toi, mais je me dis que je dois t'oublier et que c'est le moment ou jamais". Immédiatement, j'ai voulu te répondre quelque chose comme "d'accord pour jamais". Mais je ne l'ai pas fait. A quoi bon ? Je t'ai simplement dit que je n'oubliais rien moi, et que tout me ramenait à toi sans cesse. Je ne veux pas que tu m'oublies. Je suis triste.
Il faut que je dorme. Me réfugier dans le monde des rêves où mes décisions comme mes impuissances n'ont plus aucune importance, me retrouver dans ce monde qui est désormais le seul endroit où je me vois parfois encore avec toi. Le seul monde où tes baisers parviennent à mes lèvres. Où tes caresses font frémir ma peau. Où ta voix se glisse dans le creux de mon cou ...

Journée de transport : bateau, bus, moto, bus, moto. De Halong à Haiphong à 1h30 de bus, laissés gentiment par le bus de notre groupe de touristes qui rentrait à Hanoi, nous voilà déposés au bord de la route je ne sais où ! Ahem, où est la gare routière pour aller à NinhBinh ?
Grosse discussion avec un groupe de vietnamiens assis sous le ventilo d’un resto :
- "Xin Tchao !" (Bonjour !)
--> Montrage du nom de la gare sur le Lonely Planet.
- "OK ?" "Motorbike, OK ?" "Vroum Vroum, Bus, OK ?"
- "OK!"
:) Trop facile le vietnamien!!
Bon, arrivés à la gare de Haiphong, on a raté le dernier bus pour NinBinh: qu’à cela ne tienne, NamDinh est proche : allons à NamDinh!
La technique est facile, je tends un papier avec écrit le nom de la ville à la guichetière, elle me répond en écrivant à la suite l’heure de départ.
:) Trop facile le vietnamien !!
Et les marchands du bord de la gare nous guident au bus, sans rien demander en échange, et quand T... s’absente un moment, m’aident même à monter les sacs dans le bus !
Beaucoup d’échanges de sourires, à coup de Xin Tchao et de Cam Oeun (Merci) pour établir le contact avec eux :)
Arrivés à NamDinh, deux nouveaux motorbikes acceptent de nous conduire à NinhBinh, trajet de 30 minutes, une partie sous la pluie. Mais c’était bon ! Une chouette journée de transports, je suis fière de nous !

Etat d'épuisement total. Le rapport entre mon temps de sommeil et la fatigue provoquée par ce travail n'est pas du tout adéquat. Demain, dernier jour de la semaine, j'espère ... Car on ne sait que le vendredi si on travaillera le samedi. Ma clavicule commence à me faire mal de manière continue, je m'en inquiète un peu. J'espère que ça va passer. Il fait très chaud. Oui je sais, j'ai TOUJOURS chaud, alors qu'est ce que ça change ? Je me dis que je ne suis pas née au bon endroit de la planète. Je suis faite pour le froid.
Aujourd'hui comme ma peau commençait à n'être plus si blanche que ça, j'ai tenté le coup du "allez, pas de crème solaire". Bien sûr je me suis cramée.
Pour rire, je me plaignais à mon patron du bronzage agricole que j'étais en train de me faire à cause de ce travail, ce à quoi il m'a répondu avec un petit regard en coin et un haussement de sourcil complice: "ah mais, il n'y a aucune clause dans ton contrat de travail concernant la tenue vestimentaire, donc libre à toi ...".
Les langues commencent à se délier. Cet univers masculin dans lequel je suis arrivée n'est peut être pas si fermé que ça. J'arrive même à avoir des discussions de plus de 5 phrases avec certains d'entre eux. Je comble le reste du temps avec la radio. Aujourd'hui, l'histoire du cirque, le phénomène de la dépendance, le poil chez l'humain, les super positions en matière sexuelle, 1001 manières de cuisiner l'aubergine, les infirmières bulgares ...
Je pense beaucoup à toi, je suis certaine que tu n'imagines même pas à quel point. Alors je te parle ici, mais je parle toute seule et je ne crois pas que tu liras cela un jour. J'imagine surtout que ça t'ennuierait. Un vrai roman question longueur. Je ne fais aucun effort dans l'écriture. Je n'écris plus pour que tu me lises ...
J'ai eu une discussion avec ma mère aujourd'hui, et j'ai été étonnée de ce qu'elle m'a dit. Comme l'un de mes amies d'enfance vient d'avoir un bébé, je disais à ma mère que ça me faisait bizarre de voir autour de moi de plus en plus de mes amies avoir des enfants. A cela elle m'a répondu que pourtant à mon âge c'était normal. Moi je lui ai dit que non, même si j'en avais eu l'occasion je ne me sentais pas du tout prête. Enfin, on a parlé comme ça, et finalement elle me disait qu'ils en parlaient avec mon père, qu'ils se demandaient quand ils auraient d'autres petits enfants. Je lui ai répondu que j'avais 22 ans, et encore beaucoup de temps. Je suis restée sans voix devant ce qu'elle m'a répondu, on aurait dit toi, ça donnait à peu près : "oui, enfin, pas tant que ça finalement, tu n'as même pas encore rencontré le père, après il faut être ensemble pendant quelques années, habiter ensemble", etc ... Et je me suis aperçue que bien plus que moi elle pensait au déroulement de ma vie et faisait des plans. J'ai surtout compris que ce qui l'inquiétait, c'était que je ne leur aie présenté personne depuis O... Enfin, je ne sais pas dans quelle mesure elle pensait tout ça et dans quelle mesure elle me testait.
Quoiqu'il en soit, elle exagère, à 22 ans j'ai encore du temps.
Pour finir elle m'a dit : "oui mais quand je vois le nombre de jeunes femmes arrivées vers la trentaine et toujours célibataires, qui angoissent de ne trouver personne et de ne jamais pouvoir avoir d'enfants, je me dis qu'il vaut mieux y penser avant".
Ce à quoi je lui ai répondu : "oui, enfin pour ma part je n'ai pas envie de prévoir, si ça doit se faire ça se fera, et j'aurai des enfants. Sinon, je n'en aurai pas, et ça voudra dire que j'ai autre chose dans ma vie, qui peut être très bien aussi. Et puis ne vous plaignez, pas, vous en avec déjà deux des petits enfants". Là elle m'a regardée avec des grands yeux gourmands et a ajouté : "oh oui mais quand même j'en voudrais bien encore d'autres".
...
Je n'ai jamais entendu autant parler d'enfants autour de moi. Ou alors peut être que je me focalise là-dessus.
Demain après le travail je vais au centre équestre où travaille ma soeur pour passer la soirée avec elle.
Je prends de la distance par rapport à toi et notre relation, je crois. Quelques millimètres de recul. Je t'oublie un peu aussi. Mais seulement dans le sens où je n'arrive plus bien à me rappeler ton visage, où je n'arrive plus à te voir comme si tu étais là. Pas dans le sens où je ne pense plus à toi. Et de toutes manières je sais très bien que tout oubli de toi, quel qu'il soit, volera en éclat à la seconde où je te reverrai, si je te revois. Je sais que si ce moment arrive, je n'aurai qu'une envie, te serrer fort dans mes bras et t'embrasser. Mais je ne le ferai pas, pour une seule raison, simple : je suis incapable de te garder dans ces bras là lorsque je les ouvre, et je ne peux pas les garder serrés en permanence.
Ca me rend tellement triste.
Mes yeux se ferment sur ton souvenir, souvent dans ce moments là je rêve presque éveillée d'un long baiser avec toi ...

Nous prenons un forfait 2J/1N et nous voilà dans la folie des départs des bateaux ! Rien à voir avec l’ambiance de la veille ! C’est un peu la pagaille, malgré l’affluence et la renommée touristique de la baie, l’organisation n’est pas de mise. Enfin, nous partons finalement, mêlant à bord Australiens, Chiliens, Français, Anglais, Irlandais, Allemands (de Düsseldorf). Ce contact en milieu tant touristique est difficile pour moi car chacun y va de sa critique très négative envers les Vietnamiens, les décrivant comme pas chaleureux, arnaqueurs, collants, impatients, méprisants … Je déteste ces étrangers qui passent trois semaines dans un pays et tirent les conclusions qu’ils souhaitent, oubliant une chose élémentaire : non, les Vietnamiens ne sont pas tout ça, ils vivent juste dans une autre culture, avec une autre logique que la nôtre, et c’est à nous, voyageurs, de nous adapter à leur culture et ne pas attendre le contraire. Dans ces moments-là, j’ai honte d’être touriste. J’ai honte de ces gens qui prennent des photos arrachées à 1cm du visage d’une vendeuse de fruits flottante et qui fait pourtant l’effort de lui parler en anglais pour lui dire « no photo ». Alors qu’il suffit simplement de lui demander. J’ai honte de ces gens qui s’énervent à la moindre incompréhension en oubliant presque que non, le Vietnam n’est pas un pays anglophone. Je suis fière de la patience de nos hôtes envers nous. Fière de ces Vietnamiens qui, décidément, résisteront toujours à l’envahisseur !
Ces griefs passés, le voyage est très agréable. Le spectacle de la nature grandiose, et on se sent seuls au monde sur notre bateau. Baignade et kayak dans la baie d’Halong… ça fait rêver ! Et pour finir, chants sur fond de guitare by night dans ce cadre magnifique, il ne manquait que le feu de camp ! Mais certes, à 30° et sur un bateau…
Nouvelle journée passée avec mon amie France Inter. De 8h à 18h.
Les insectes, les républicains pendant la guerre d'Espagne, la Tunisie, le mécanisme sociologique de la rumeur, l'histoire du tour de France, les 1001 manières de cuisiner la pêche par Jean Pierre Koffe, la maison écologique, les 40 conseils pour bien élever ses enfants, les australiens et le soleil, ... J'en passe.
J'ai même eu un documentaire sur Dalida. Je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter, même si je me suis appliquée à bannir son écoute depuis notre séparation, tant tout en elle ne me rappelle que toi ... Tu me manques. Je me répète ? J'ai envie de te donner des mots, j'aurais tant à te donner, à te dire encore, si ...
Alors voilà, quelques mots pour me souvenir de ce dont un jour peut être je n'aurai plus envie de me souvenir. La douceur de tes baisers. La passion de tes étreintes. La tendresse de tes regards.
Tu veux que je te dise certaines choses que tu ne soupçonnais même pas ? Le jour de notre séparation, j'ai vaporisé mon foulard de ton parfum pour l'emporter avec moi quelques jours encore.
J'ai dormi avec les jours qui ont suivi. J'ai dormi dans le manque et l'absence de ton corps, de ton esprit ... J'ai dormi pour oublier que tu n'étais plus là. J'ai rêvé que tu y étais encore. Je me suis réveillée en sueur, criant ton nom et appelant tes caresses, mais je n'ai trouvé que le foulard et ton parfum. Je me suis sentie si pitoyable. Et si seule. Peut être si pitoyable d'être si seule, à moins que ce ne soit l'inverse.
Je n'ai jamais cru, jamais, que .... Que tout irait bien entre nous. Pourtant j'ai décroché ce que je n'avais jamais pensé possible. Tu m'as dit je t'aime. Tu m'as aimée ... J'ai senti la chaleur de ton corps tendu de désir contre le mien. Je l'ai senti éclore tel une rose rouge de passion. J'ai senti le mien s'éveiller et frémir puis jouir dans ce contact charnel.
Pourtant il ne reste plus que du vent. Du vent et des souvenirs. Je t'aime. "Je n'avais pas vu que tu portais des chaînes. A trop vouloir les regarder j'en oubliais les miennes..". (Cabrel ...)
Je t'aime.

On veut faire les malins :) Et parfois ça se passe pas idéalement :) On se rend à Halong en bus public plus motorbike voulant éviter les départs en masse de bus touristiques. On se veut rebelles quoi... Je redoute beaucoup l'arrivée sur la baie d'Ha Long. Après tout, pour beaucoup, le Vietnam n'est connu que pour cette baie. Je m'attends à une ruée touristique digne de l'ouverture des soldes un dimanche à Londres. Je m'attends à être si déçue. Tant de monde pour une merveille de nature, tant d'infrastructure qui dénature cette merveille. Comme tous, j'aimerais l'avoir pour moi toute seule, cette baie. Ben oui, ça c'est le comble de l'être humain : tant d'égoïsme alors qu'on est 6 milliards. Alors bon, faut bien partager, mais du coup j'appréhende, car tout le monde n'apprécie pas forcément les choses avec le même respect.
Eh eh donc on arrive à Halong Bay tant bien que mal et... pas un chat ! Où est donc l'agitation touristique que je craignais tant ? Personne, rien... à peine un Vietnamien qui vient nous alpaguer pour qu'on lui achète des billets... Rien de ce que j'attendais... Je ne comprends pas !
On comprend cependant très vite auprès de notre futur vendeur : tous les bateaux sont déjà partis ! C'est trop tard pour aujourd?hui, prochain départ demain... Ah c'était donc ça?
Bon ben pas grave, nous passerons la journée à la plage. Trop dur ! :) Thomas s'est baigné, pour ma part je n'ai pas décollé mes fesses de la chaise longue de toute l'après-midi ! La vie est parfois trop dure :)
La plage est bondée de touristes asiatiques : Chinois, Vietnamiens et autres. Pas une seule personne n'est étendue sur la plage : tout le monde dans l'eau ! Le bronzage est répudié ici, symbole de pauvreté. Pas question de bronzer donc, et donc pas de bikini à l'horizon, des maillots une pièce cachant avec pudeur jusqu'aux cuisses, ombrelles pour se protéger du soleil les pieds dans l'eau, parfois même baignade tout habillés. Les filles sont prêtes à tout pour garder leur peau blanche et certainement aussi leur pudeur. Les photographes professionnels se ruent sur ces touristes « du dimanche » pour leur offrir des photos de ce qui sont peut être leurs 1ères vacances. Séance de maquillage est même incluse dans la prestation, et nous nous délectons de ce spectacle : pour une fois, nous, les seuls occidentaux sur cette plage, nous ne sommes pas la cible des artisans du tourisme !
Fin de journée au resto, où la serveuse est plus rapide que notre attention et nous verse la bière dans des verres remplis de glaçons. Dieu seul sait d'où vient l'eau qui a permis de faire ces glaçons alors pas de risque de tomber malade ni de gaspiller cette bière. Plutôt que de la jeter, Thomas a une charmante idée : cul sec ! Histoire que la bière ne soit pas trop contaminée :) Ca impressionne les serveuses, surtout de voir une fille faire ça ! :) Moi j'ai les yeux qui piquent...
Soirée terminée à partager un verre avec un guide vietnamien rencontré en bas de notre hôtel, qui nous parlera avec romantisme de sa copine laissée à Vinh, puis appréciation de la nuit sur la baie depuis le balcon de notre chambre. Au loin nous voyons des dizaines de lumières dans l'eau. C'est beau, ça bouge un peu. Ce sont ces bateaux que ce matin nous cherchions, et sur lesquels nous serons demain. Pas vraiment seuls.

