Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : Quand l'écriture devient art de vivre
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  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Jeudi 7 février 2008



Ma soeur est là ce soir. Nous avons passé la soirée avec mon amie d'enfance. Dans la journée, nous sommes montées jusqu'au château de Crussol. Le temps était dégagé, le ciel magnifique. J'ai ouvert les yeux, un peu à travers mon appareil photo. Il y avait très longtemps que je n'étais pas retournée là-haut, depuis le collège et les entraînements de course à pied dans ces collines aux pentes ardues. Je repense au message dans lequel tu me disais : "les moments durant lesquels je te manque le moins sont sûrement ceux où tu passes de bons moments, avec des gens que tu apprécies, jusqu'à tomber amoureuse de nouveau, un jour".
Une chose est certaine : ce jour n'est pas encore venu.
Plus je me sens entourée, et plus je pense à toi. Je tente de t'oublier, de ne pas te contacter, quelque part je veux te donner une chance. Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que tu te souviennes de moi simplement parce que sans cesse je me rappelle à ton souvenir. Si tu te rappelles de moi je veux que ce soit parce que tu ne parviens pas à m'oublier. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que ce soit le cas. Sans nouvelle de toi, je me pose des questions, des questions et des questions.

Je t'aime. J'ai envie de te l'écrire, de te le dessiner, de te le dire, mais je lutte pour ne pas le faire. Pour bien faire, je suis montée me coucher en éteignant mon téléphone et en le laissant dans le salon. Pour ne pas l'avoir à mes côtés, sans cesse tentée par ce message que je crève de t'envoyer : "je t'aime".

J'ai pleuré ce soir, longtemps. Je pleure tout le temps, dans mes rêves, dans ma vie. J'ai pleuré mes échecs, dans lesquels tu tiens une grande part. Je me suis sentie profondément malheureuse devant mon impuissance à te retenir comme je l'aimerais. Aujourd'hui, je te veux engagée.


Je t'embrasse. Je lutte, le perçois tu, à l'autre bout du monde ? Te poses tu les mêmes questions que moi ? Je lutte oui, pour ne pas sans cesse te crier mon amour, puisque cela n'a plus lieu d'être.


11/08/2007 – TRAIN HANOI à SAPA
 
Arf.
10 heures de train dans un train sale et non climatisé… Je me bats avec mon voisin d’en face sur la position de la fenêtre. Il me fume cigarettes sur cigarettes à la face.
Arf.


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 6 février 2008


Voici mon dernier jour de travail au ramassage des fruits qui s'achève. Ainsi, le jour de mon retour à Paris se fait de plus en plus proche, entraînant par la même une angoisse grandissante en moi. Que faire ? Je te sens très proche, et en même temps très loin, je ne sais pas vraiment où tu en es dans tes réflexions. J'aimerais tellement te parler, mais après tout, à quoi bon ? J'ai en tous cas la certitude que mon séjour ici ne m'aura pas permis de couper les ponts.


La journée a été dure, une fois de plus. J'ai eu très froid, surtout ce matin, il faisait 7°C lorsque je suis partie de chez moi. Terrible pour un mois d'août. Il a encore plu. Pour ne rien arranger, je me suis fait piquer hier par je ne sais quel animal, et ce matin ma main avait doublé de volume.
Enfin, en rentrant j'ai pris un très long bain, je m'y suis endormie. Il y avait longtemps... Des années. La dernière fois, je m'en souviens très bien, j'habitais encore avec O... Il me semble aujourd'hui que c'était une autre vie. Et pourtant ! Deux années à peine.
J'ai pensé à toi, j'ai pensé qu'aujourd'hui encore, quelqu'un t'avait touchée sur tout le corps pour te masser, et je n'ai pu m'empêcher d'éprouver un pincement au coeur, de jalousie peut être, de frustration surtout, car je ne peux plus te toucher, moi !

Le jeune Tunisien qui travaille avec moi est venu me trouver à midi. Il m'a dit qu'il m'aimait. Je n'ai rien répondu. Il m'a dit que je pouvais venir le voir quand je voulais en Tunisie, et que si je lui donnais mon adresse à Paris, il viendrait me voir quand je voudrais. Qu'il pourrait même chercher du travail en France. Je ne savais pas vraiment quoi lui dire. J'étais étonnée. Je ne comprenais pas qu'il puisse imaginer quelque chose avec moi, après la vision de la femme qu'il m'avait très bien expliquée avoir : les femmes ne font pas d'études, elles doivent servir leur mari à la maison, etc ... schéma traditionnel classique. Il a compris mon silence, j'imagine...


J'ai encore rêvé de toi la nuit dernière. Au début, nous étions dans une sorte de très grand fleuve, avec des montagnes autour, très verdoyantes, et nous nagions, en remontant le courant. Finalement, nous arrivions à l'endroit où nous voulions aller, et nous sortions de l'eau. Là, un peu comme dans le métro, il y avait des tourniquets pour sortir. Tu passais d'abord, et moi ensuite, mais un homme me barrait le passage, m'empêchant de te rejoindre, en fait il voulait passer en même temps que moi, et il m'écrasait le pied. Tu me regardais et m'attendais puis, impatiente, tu le bousculais un peu et je parvenais ainsi à passer. Nous n'étions pas ensemble, nous avions rompu, et c'était la première fois que nous nous revoyions après la rupture.
Ensuite, nous marchions dans la rue. Tu étais à ma gauche, je te regardais. Je te trouvais très belle, et je me très attirée par toi. Tu avais quelques mèches de cheveux dans les yeux, alors j'en profitais, je te caressais le visage pour les écarter, puis le cou, tendrement. Tu continuais de regarder droit devant toi, et tu me disais : "s'il te plaît". Et je ne savais pas si cela signifiait s'il te plaît arrête ou s'il te plaît continue. A ce moment là tu te tournais vers moi, attirante comme jamais, et je déposais un baiser sur tes lèvres. A partir de là, tout basculait. Ton visage irradiait de bonheur, tu m'embrassais, encore, encore... Tu me disais que je t'avais manqué. Moi, je me sentais bien, tellement bien ... Il y avait beaucoup de monde autour de nous, dans la rue, mais tu ne semblais pas t'en préoccuper, jusqu'au moment où tu en prenais conscience et où tu avais l'air un peu gênée, mais ça ne t'empêchait pas de continuer à m'embrasser. Finalement, tu me regardais, et tu me disais : "Comment c'est l'expression déjà ? "Il faut le faire pour le croire"... C'est ça ? Non, ce n'est pas ça. C'est quoi alors ?". Moi, je savais que c'était "il faut le voir pour le croire", mais je n'arrivais pas à le dire, les mots restaient bloqués. Finalement, tu souriais, et puis tu me disais, que peu importait, tu avais envie de me raconter ton voyage (au Vietnam), et de me montrer tes photos. Tu ajoutais que tu avais aussi envie, pour être sûre de m'avoir bien retrouvée, que nous allions chez toi. Ensuite nous nous retrouvions chez toi, sur ton lit, allongées à regarder les étoiles (et pas seulement celles de ta lampe, les vraies étoiles, ne me demande pas comment !). Le moment était très tendre, très doux, fait de désir, de caresses, de sensualité. Finalement, nous faisions l'amour. C'était bon, très bon, et je pensais combien tu m'avais manqué, je pensais au nombre de fois où je m'étais dit, le coeur serré, que je ne te tiendrais plus jamais dans mes bras. Enfin, ensuite tu étais allongée dans mes bras, sur le point de t'endormir, et tu essayais d'articuler une phrase que je comprenais difficilement : "je me suis trompée, je ne peux pas vivre sans toi". C'est à ce moment là que je me suis réveillée. J'ai pleuré.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 6 février 2008



Je t'aime. Terriblement. Ces mots son tellement forts déjà, je ne devrais rien écrire de plus. Pourtant, je ne peux pas m'en m'empêcher. J'en ai besoin. J'ai beaucoup pensé à nous ces dernières semaines. Je vais te raconter notre histoire :


Dans les méandres de nos corps alanguis, j'ai cherché la rédemption de mon coeur brisé avant toi. J'ai trouvé la lueur, celle qui m'a permis de reprendre la route et d'oublier en chemin les poids du passé qui pesaient tant sur mes épaules. J'ai espéré que la suite du parcours se ferait avec toi, j'ai espéré que main dans la main nous chasserions nos vieux démons pour nous construire. Je t'ai aimée comme je t'aime encore, passionnément. Je t'ai désirée, je t'ai écoutée, je t'ai respectée, je t'ai témoigné tout mon amour par cette capacité à donner qui est mienne.
Mais une bifurcation est survenue durant notre cheminement, et je n'ai pas su te convaincre de me suivre sur le chemin de gauche, plus tortueux, à la pente plus abrupte. Je n'ai pas su te convaincre que les embûches n'étaient rien comparées à l'amour que je te portais, je n'ai pas su te convaincre de me suivre. Je n'ai pas pu te dire une chose en laquelle je ne croyais déjà plus : je n'ai pas pu te dire que l'amour suffisait à vaincre tous les obstacles. Tu as pris l'autre chemin, celui où je ne pouvais pas aller, celui qui signifiait que nous devions nous séparer car nos regards ne se portaient plus dans la même direction.
Seule, je n'ai pas trouvé la force de continuer. Je me suis assise sur le bord de la route, et j'ai pleuré longtemps, la tête dans les mains, levant de temps à autre les yeux pour te voir t'éloigner de l'autre côté, peu à peu, pour finalement disparaître dans la courbe de la Terre.
J'étais seule, terriblement seule, et les larmes coulaient sans que je n'y puisse rien. Et plus je sanglotais, plus mon corps se vidait de ses forces. Bientôt, je n'en eus plus aucune, et je m'assoupis dans l'herbe abondante du bord de sentier. Je rêvai longtemps, tu vins me rendre visite, tendre et rassurante, mais dure dans ta décision, dans la force de ton choix, dans ta certitude. Pourtant, je ne voulais cesser d'y croire.

Lorsque je me suis réveillée, j'ai vu à quel point cet endroit de la croisée des chemins était magnifique. Les papillons voletaient sur les cerisiers en fleurs, le ciel d'un bleu azur illuminait le monde de couleurs lumineuses, le lieu, d'un calme épanouissant, appelait tout entier mon corps à la rédemption. J'ai regardé alentour pour n'y voir que la nature luxuriante à perte de vue. Je me suis sentie étrangement apaisée, et j'ai su que ma décision était prise : c'est ici que j'allais t'attendre. J'étais persuadée que, t'apercevant que le chemin que tu avais pris n'était pas celui de ton bonheur, tu me reviendrais lorsque tu comprendrais ton erreur.
Dans les jours qui suivirent, je construis une habitation de fortune. Certes, elle ne résisterait pas au temps, mais je ne comptais de toutes manières pas t'attendre des années.

C'est ici que je suis en ce moment même, t'attendant, une pointe d'espoir persistant dans mon coeur. Je ne t'attendrai pas éternellement ... Tu le sais, si quelqu'un, ou quelqu'une, vient à passer, se dirigeant vers les mêmes horizons incertains que moi, si mon coeur bondit à l'idée de suivre cette personne sur l'avenir cahotique de mes désirs, de ses désirs, de nos désirs, je n'hésiterai pas une seconde, car tu m'as demandé de ne plus t'espérer.
J'attends la révélation de ce que tu as laissé derrière toi : le feu qui m'a consumée dans nos nuits égarées s'est-il mué aujourd'hui en braises ou en cendres ? Si les braises de ce feu de joie sommeillent encore en moi, tu le sais il te suffira de laisser un souffle tendre s'échapper vers elles, les attisant, les transformant, pour qu'elles renaissent à notre amour. Si je ne suis plus que cendre, ton pouvoir ne pourra plus rien, car tel le phénix, je renaîtrai de nos cendres, mais pour m'élever vers des cieux nouveaux, plus forte encore qu'auparavant, plus sage sans doute grâce à cette mémoire en filigrane de nos erreurs.


09/08/2007 – 10/08/2007 – SAIGON
 
Shopping + massage.
Hm… massage…
Retour à Hanoi tard le soir.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 4 février 2008



Une journée épuisante s'achève. Aujourd'hui de nouveau, de la pluie, des orages, du vent, le froid en plein mois d'août. J'ai passé la journée à ramasser trempée de la tête aux pieds, pendant 9h. Très agréable. J'ai eu froid de nouveau, d'autant plus que j'avais très peu et mal dormi. Des cauchemars, toujours des cauchemars ...

Je m'ennuie de toi. Pourtant les journées passent à une vitesse sidérante. Je n'ai pas une minute à moi, mais je ressens un manque, comme si je n'étais plus entièrement moi. Je m'ennuie de cette part qui me manque et qui est toi.

Plusieurs textos de toi ce soir, pendant que je jouais au tennis. Tu me dis que vous avez trop bu, que T... a vomi. Je perçois bien, à la teneur de tes messages, que tu n'es pas non plus dans ton état normal : tu me dis que tu m'aimes... Et puis, tu me demandes si tu dois m'appeler lorsque tu rentreras : à nouveau, de ta part, une demande sur ce que tu dois faire ou ne pas faire. N'as tu pas compris la dernière fois déjà que je ne voulais plus que tu me poses ce genre de question ? C'est à toi de décider, je n'ai rien voulu de ce qui nous arrive aujourd'hui. La rupture, c'est toi qui l'as décidée. Oui mais maintenant tu me dis qu'en rentrant tu n'auras qu'une envie, celle de me voir, de m'embrasser. Mais que quand tu réfléchis mieux, tu penses à ton désir de fonder une famille. Deux textos plus tard, tu conclus par : "ah, et : ptg, je t'aime. et merde.". Tu parles mal. Et tu as bu. Parfois je me demande si tu prends la mesure de l'impact que tes mots ont sur moi. Tu m'aimes, ça fait un peu mal, mais ça me fait sourire. Pourtant tu me connais, je ne peux m'empêcher de penser : et ? Rien...
Tu me dis que ce qui fait notre différence dans la manière de voir les choses, c'est que j'ai 22 ans et que tu en as 26. Je ne crois pas. Ce qui fait la différence, c'est ton incapacité à assumer cet amour.
Je ne dirai rien de plus pour cette fois. Tu sais que je t'aime. Tu sais qu'il n'en faudrait que très peu pour me récupérer. Ce très peu pourtant te semble immense, il se nomme engagement. Tu sais que quelque part au fond de moi subsiste un espoir, celui de construire quelque chose avec toi, un jour. Je ne te l'ai jamais caché.
Enfin, je dis ça mais je sais parfaitement bien que devant toi les plus sages de mes décisions s'évaporent. Je sais, et tu le sais aussi, que pour un simple baiser je me brûlerais les ailes bien volontiers, encore et encore...


08/08/2007 – TRA VINH
 
Nous partons en moto à la recherche d’une île au Nord Est de Tra-Vinh.
On s’arrête au niveau d’une maison pour prendre quelques photos du paysage et des maisons qui sont magnifiques. Les habitants de la maison devant laquelle nous nous sommes arrêtés sortent et nous accueillent à grands bras ! Je les prends en photo et parcours donc les 15 mètres qui nous séparent afin de leur montrer leur photo de famille. Ils ont l’air d’apprécier ! Je ne comprends pas ce qu’ils me disent, ils ne parlent pas un mot d’anglais. Ils me montrent alors leurs cocotiers, je leur souris, l’air de dire « chouette ! ». L’une des femmes prend alors une perche et s’évertue, du haut de son mètre 30 (les vietnamiens sont pas bien grands !) à faire tomber deux noix de coco située à pas moins de 15 mètres de haut ! (à vue d’œil, bien sûr). Elle les tranche alors d’un coup sec et nous verse un jus. Hmmmm. La première fois que je vais goûter ça ! On peut pas faire plus frais, ça tombe bien ! et… arf malheur, on peut pas faire plus frais, mais… j’aime pas ! bon je me force par politesse hein :)
On entame la discussion, en vietnamien et en langage des signes. Il s’avère au final que T... reviendra dans 2 ans épouser la fille de la famille âgée de 16 ans , et pour ma part, me voilà engagée avec le fils de la famille, 20 ans, qui se trouve je sais pas trop où mais dont j’ai la joie de voir la photo :)
On leur offre des ballons aussi bien aux petits qu’aux moins petites :) de chaleureux au revoir, et nous voilà repartis pour nous arrêter 500 mètres plus loin dans une nouvelle famille. Les enfants sont adorables et je leur confie mon appareil pour qu’ils s’amusent à prendre des photos. T... partage un verre d’alcool de riz avec les hommes de la famille,. Pas trop quand même hein, faut conduire !
On trouve ensuite, grâce aux indications de nos hôtes, le ferry pour rejoindre l’île. Une fois arrivés, on se pose dans un café pour s’assurer que la gérante gardera la moto pendant qu’on se balade l’après midi. Un homme bien sympa vient nous tenir compagnie, et va à nouveau nous cueillir une noix de coco. T... a droit à un shooter de je sais pas trop quoi comme alcool, en tous cas, ça sent fort ! Que c’est bon d’être une femme :) je savoure mon coca !
La balade sur l’île est très agréable. Les gens sont quelque peu intrigués de notre présence, mais la glace se brise quand nous allons jouer une partie de foot avec quelques bambins. C’est ça qui est agréable avec T..., il ne dit jamais non et répond toujours à mon enthousiasme de manière très positive ! Je propose, un peu timide en me disant qu’il va me dire non, et hop le voilà qui dit oui et nous voilà à gambader avec ces gamins ! On joue dans la boue, c’est très drôle :) on s’en met partout, transpirons très rapidement. Ils ont la forme, les petits ! Bières et cigarettes, pas bon pour la forme ? Qui a dit ça ? Enfin, c’était bien marrant !
Il fait bon passer cette journée sur une île, loin de toute agitation. Le chemin est étroit et entouré de cocotiers, maisons et toutes sortes de végétation.
Une Vietnamienne vivant désormais au Canada nous conseille un resto bar au bout de l’île. Nous allons récupérer la moto, et le chemin étroit est submergé de végétation. C’est très amusants de tâcher d’éviter ces branches à fond la caisse, on a l’impression d’être dans un jeu vidéo ! Pas facile ! La femme du bar, bien que ne parlant pas un mot d’anglais, est très accueillante et semble croire que T... parle vietnamien ! On découvre alors que nous ne sommes pas les seuls occidentaux arrivés jusque là, il y a un livre d’or, pas très rempli, mais on se fait un plaisir de rajouter une trace de notre passage.
Nous rentrons à temps à Tra-Vinh pour éviter le gros de la pluie qui s’est mis à tomber, reste d’un typhon parait-il.
La pluie est toute une attraction pour les enfants, et ils sont nombreux dehors à se jeter tout habillés dans les flaques à même la route !
Avant de rentrer à l’hotel, T... m’explique comment conduire la moto, passer les vitesses. Bon, il fait nuit, j’ai un peu bu, c’est pas l’idéal,  mais j’ai hâte d’essayer à nouveau !!
Karaoké. :)
Rentrés à l’hotel vers 22h30, nous trouvons les grilles fermées. Une fois ouvertes, nous découvrons que les 4 gardes de nuit s’adonnent à une petite fête, avec alcool de riz à volonté. Ils nous invitent à nous joindre à eux. Le principe est de désigner quelqu’un et de partager son shooter d’alcool avec. Hm. Nous passerons 2 heures avec ces gens qui ne parlent pas un mot d’anglais à rire beaucoup, boire beaucoup, une dizaine de verres pour T..., une vingtaine pour moi. J’essaie au bout de 8 verres de faire croire que je suis enceinte pour qu’ils arrêtent de me servir, ça ne marche pas bien sûr… :) en plus Thomas me dénonce, le traître. Enfin, il va jusqu’à manger une pâte de poulet, beurk. Cartilagineux, tu m’étonnes… Boire, encore boire… un policier de Saigon en vacances ou je sais pas trop quoi se joint à nous… Boire… Arf…
Inutile de préciser que le réveil le lendemain est difficile.
Il pleut, nous rentrons à Saigon.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Dimanche 3 février 2008

Après deux jours sans nouvelles, aujourd'hui j'ai eu plusieurs textos et un mail de toi.

J'ai beaucoup pensé à tes cauchemars. Aux miens aussi. J'ai pensé à cela, au fait que chacune de notre côté, nous faisions ces cauchemars qui reflétaient nos angoisses, nos craintes, nos douleurs, mais aussi probablement, quelque part, nos attentes, nos espoirs, nos réalités.
J'ai pensé à ton rêve où tu as cet accident, tu es en fauteuil roulant et tu ne te souviens plus de moi ensuite. J'ai pensé à la tristesse qui s'en dégageait, ma tristesse parce que tu m'avais oublié et que ça me faisait souffrir, la tienne parce que tu sentais que tu me faisais de la peine sans vraiment pouvoir y faire quelque chose.

J'ai lu ton mail, j'ai ressenti beaucoup de choses. Je me suis demandé à quel point ta situation avec T... était claire. Je me suis rappelé que tu avais dit que tu serais franche avec lui avant votre départ, pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, sur le fait que vous partiez ensemble mais que tu ne voulais rien de plus avec lui. Je ne sais pas si tu l'as fait. Ca m'étonnerait. Je me demande à quel point maintenant tu entretiens le trouble, ou à quel point tu l'encourages en restant floue, comme tu sais si bien le faire, consciemment ou non. Ca ne me regarde plus, mais je ne peux pas m'empêcher d'y penser.

J'ai entendu aujourd'hui une jolie phrase, qui m'a fait penser à toi, c'était : "On me dit que je suis une girouette. Pourtant ... Messieurs, est il utile de vous rappeler que ce n'est pas la girouette, mais le vent qui tourne ?".

Dans ton mail tu me dis te demander ce que je fais de mes journées ... Je travaille beaucoup, je rentre épuisée, je pense à toi en permanence. Les jours passent et rien n'a changé : tu me manques toujours autant, et j'ai toujours aussi mal aux muscles des épaules le matin en me levant, après 3 semaines 1/2 de travail déjà. Tout est trop. Trop lourd, trop mauvais pour le dos, trop physique, trop... Pour la première fois de ma vie, c'est vraiment trop dur. Pourtant tu me connais, je n'abandonne pas facilement. Et puis, des saisons de fruits, j'en fais depuis des années. Quand il s'agit de fournir un effort physique, ou de faire preuve de volonté, je réponds présente. Mais là, je dois reconnaître que chaque jour ça devient plus difficile de me lever le matin, que chaque jour je suis tentée d'abandonner. Aujourd'hui, nous avons passé la journée à ramasser sous la pluie, et même moi au bout d'un moment, trempée jusqu'aux os, j'ai eu froid. Je t'assure.

Ce que je fais de mes journées ? J'ai traversé une grande période durant laquelle je n'ai contacté personne ici. Je ne voulais voir personne. Puis, lorsque F... est venue avec une amie, j'ai été à nouveau habituée à cette population extérieure que sont les amis, et je me suis aperçue que finalement ce n'était pas si mal pour se changer les idées. Depuis, j'ai vu quelques amis et amies ici. Fait une ou deux soirées. Le tout sans grande motivation, toujours en me traînant un peu, en me forçant, juste pour me sentir vivre un peu. Ca a marché parfois. Pourtant, paradoxalement c'est dans ces instants que tu me manques le plus ... Parce qu'avec les autres oui je suis bien, mais je ne peux m'empêcher, sans cesse, de me dire que j'aurais été mieux avec toi qu'avec quiconque.
Ce soir, mon amie d'enfance m'a emmenée dans une soirée où j'ai retrouvé une ou deux personnes que j'avais connues étant petite. Il y avait A..., que je n'avais pas vu depuis des années. Nous prenions des cours de dessin ensemble. J'avais quitté un garçon, j'ai retrouvé un homme. Il n'a pas changé, force tranquille, décontracté, à l'aise dans le contact humain, beaucoup d'humour. Il a grandi, il n'habite plus chez ses parents, et il a brillamment appris à faire la cuisine, comme il nous l'a prouvé ce soir. J'ai passé une bonne soirée. J'aime bien A..., il me fait rire, je me sens sereine avec lui, et il faisait tellement d'efforts pour me faire rire ce soir. Mais plus je pensais à toi, plus je le trouvais inintéressant. Terrible.
Bref, finalement, pour un résumé de mes journées, voici : je pense à toi.

Tu me dis dans ton mail que X..., entre autres, a oublié ton anniversaire. Ton frère, tu t'y attendais je crois. Je ne te dirai rien ailleurs qu'ici, parce que je ne suis pas objective. Mais tout de même, je pense à ce que tu as pu me dire. Qu'avec X... tu ne t'étais jamais sentie aimée comme tu l'aurais voulu, qu'il ne te faisait pas te sentir comme "Celle". Tu m'as annoncé il y a plusieurs semaines déjà que tu voulais retenter quelque chose avec lui, et je t'ai rappelé tout cela. Tu m'as répondu qu'il avait changé. Joli renouveau que de commencer par oublier ton anniversaire.

Forcément je compare, même s'il n'y a pas de comparaison possible. Lui. Moi. J'ai pensé à te souhaiter ton anniversaire, oui (comment oublier, j'y ai pensé les jours qui ont précédé, puis toute la journée, et, et ...), mais pour te souhaiter d'être malheureuse, dans mon égoïsme foudroyant. Ca t'a blessée je crois, et ce n'était pas le but. Tout ce que je voulais te dire, c'est à quel point ça fait mal de t'imaginer heureuse sans moi. Enfin, je n'aurais peut être pas du te le dire pour le jour de ton anniversaire, mais je ne me rendais pas compte que tu étais sensible à ce point ce jour-là.
Quoiqu'il en soit, le 4 août j'ai pensé à toi très fort, toute la journée, j'ai pensé que c'était ton anniversaire, et que j'aurais aimé être à la place de T... pour pouvoir le fêter avec toi.

Tu me manques, c'est une journée terrible encore. Encore une journée passée à me demander comment je vais m'en sortir. Comment je vais faire pour t'oublier. Comment je vais faire pour ne plus espérer. Dur.


07/08/2007 - CHAU D'OC - TRA VINH
 
Trajet qui nous prend huit heures. Les passagers sont curieux, une vieille dame s'amuse à me tâter les cuisses. Une Madame me parle, je ne comprends pas, elle écrit sur sa main, je ne comprends toujours pas. Je lui prends sa main, lui dessine un smiley dessus, elle rit. On rit.
 
Arrivée à Tra Vinh, il pleut.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 30 janvier 2008

Sur scène, un pianiste en smoking entame avec cérémonie les premiers accords de l’hymne à l’amour. Éclairage discret, ambiance intime, le public retient son souffle: on s’attend presque à voir surgir Piaf.

Au lieu de ça, une petite blonde pleine de pep’s fait son apparition, ciré jaune et casque de scooter sur la tête. Ton routinier et accent populaire, elle annonce sans préambule: “SOS Chanteuse à votre service”.
Le décor est planté, nous voilà embarqués dans un tourbillon de chansons et de rires. Car la mission de cette chanteuse frappadingue est de remplacer Piaf (excusez le peu), “défaillante” pour la soirée.
Petit à petit des liens se nouent: entre les personnages eux-mêmes évidemment, mais entre les personnages et le public aussi. Ce dernier sera largement mis à contribution...

Reprenant le repertoire de Piaf, la paire d’artistes va le revisiter: blues, rap, slam, disco, tous les genres y passent. Les chansons sont ponctuées par des réflexions sur la vie, les hommes, les femmes. On se prend à rire à gorge déployée et on se laisse envoûter par cette production originale et pleine de fraîcheur!


Du mardi au samedi à 21h, durée 1h30 (reprise depuis le 17 janvier 2008)
Au Palais des Glaces (http://www.palaisdesglaces.com/)
37, rue du Faubourg du Temple
75010 Paris

Une video avec un extrait du spectacle est visible ICI
Par * Andromède * - Publié dans : A écouter, à voir, à lire ...
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Lundi 28 janvier 2008




Bon sang, pourquoi je me fais du mal inutilement ? Pourquoi je passe mes journées à me souvenir, à me rappeler de tout, dans le moindre de détail, à me rappeler de tout ce qui a fait notre relation ? Le bon comme le mauvais : les instants à la pensée desquels ma gorge et mon ventre se nouent de nouveau dans la mémoire des mes grandes et petites souffrances, mais aussi ceux à la pensée desquels je pleure de tristesse, cette tristesse qu'amène la quasi certitude de ne plus en vivre de si beaux avec toi.

Mauvaise journée, rien de spécial pourtant, juste une immense amertume en pensant à toi, teintée d'une pointe de reproche à ton égard, pour ce que tu m'as fait endurer, pour ce qu'aujourd'hui encore j'endure. Une pointe seulement, car je suis en partie responsable, je le sais, par mon acharnement.
Non, vraiment, je ne vais pas bien sans toi, et je ne sais plus quoi faire pour aller de l'avant.
...




06/08/2007 – CHAU D’OC, TAN CHAU, CAMBODIA !
 
C’est la journée des bévues !
Nous louons une moto dans le but, un premier temps, de rallier Tan Chau, puis la frontière cambodgienne fluviale au Nord. Une cinquantaine de kilomètres, soit 100 aller retour.
La route est magnifique. Nous prenons tout d’abord un ferry, où l’un des employés n’a rien d’autre à faire que de faire rire la foule en comparant la taille de ses mains à celles de T.... C’est le plus grand Vietnamien que j’ai vu à date, mais vraiment pas de quoi fanfaronner. Evidemment la comparaison des tailles de mains est très suggestives, et le sous-entendu est le même que n’importe où sur le globe. Les hommes sont tous les mêmes…
 
Nous abordons ensuite une route parsemée de grandes nappes recouvertes de graines jaunes. On s’arrête, se demandant ce que c’est. Du blé ? Des graines pour les poules ? Arf bein non. C’est du riz. J’avais oublié qu’il y avait du riz au Vietnam ! Les femmes remuent les grains mis à sécher en les piétinant. Certains roulent même à moto dessus. Hm. Je laverai mon riz la prochaine fois !
Nous nous arrêtons faire quelques photos et devenons rapidement un centre d’intérêt général. Une dame sur son scooter demande à T... de la prendre en photo, en posant en faisant le signe de la victoire avec ses deux doigts. Eclat de rires général. Je demande alors à cette dame de prendre ses amies rieuses, lui tendant mon appareil. Ahah ! Elles font moins les malignes :)
La glace est brisée et elles se mettent très à l’aise. Une vingtaine de personnes nous entourent et la doyenne part à la découverte de mon corps, me tapant les fesses, me pinçant les seins, un puis deux, puis les deux en même temps, me giflant les joues, une puis deux, scrutant ma dentition, tout cela l’air très amusé. Je me laisse faire avec sourire. Vient le tour de l’interrogation sur le nez, et je me fais un plaisir de désigner T... :) qui à son tour à la joie de se faire tâter le nez sous des OH, des AH, avant de se faire tapoter les joues à son tour.
La discussion se fait par signes, sur l’âge, les enfants. Une enfant coquette arbore un tatoo, style malabar, je lui fais remarquer. Eclat de rires général. On nous invite à manger, je suis au max de ma sociabilité, et ce n’est pas facile de converser quand on ne parle pas la même langue ! On se désiste donc, au revoir mesdames !
Nous arrivons à Tan Chau, où nous ne trouverons pas le marché de la soie. Qu’à cela ne tienne, continuons vers le Cambodge ! La route est toujours aussi magnifique. Nous croisons des buffles tirant un char chargé de sacs de riz. Les maisons sont pour la plupart montées sur pilotis. La crainte du ténébreux Mekong ?
Nous faisons une pause photos/Thé, nous arrêtant devant ce qui semble être un café de bord de route, avec une table et quelques bancs. Je m’installe, la vieille femme nous propose du café. Je veux du thé. Je pars « en cuisine » avec elle pour tâcher de me faire comprendre, pas facile. Je mime la chaleur, faisant semblant de me brûler en touchant une tasse. Pas facile ! Ouf, après cinq minutes, on se comprend !
T... a commencé sa séance photos et s’amuse à porter de sacs de riz de 50 kilos pour aider au chargement. A la Bernard Kouchner, comme il dit :)
Une dizaine d’enfants et là, je demande si je peux les photographier, les regards sont enjoués. Je leur montre les photos. Pliés de rire !!! Ils sont morts de rire, et leur rire est très communicatif ! J’en pleure de rire !
Pendant les 45 minutes où on restera là, j’aurai la larme de joie à l’œil. Les dames se plongent dans le Lonely Planet, dans la carte du Vietnam et du Mekong. Je demande à une petite fille de s’asseoir à côté de moi, elle, la plus téméraire, qui devient tout à coup toute timide. Elle vient tout de même au final, et je lui donne mon appareil photos et l’invite à prendre en photo ses camarades, installés à deux mètres de nous. Elle s’extasie sur le fait de les voir bouger dans cette petite boîte ! Curieux, ils désertent tous l’écran pour venir voir de leur propre yeux…  mais plus personne n’est face à l’objectif ! Ca rit beaucoup, puis certains se prêtent au jeu et défilent devant l’objectif de leur amie. Bon, ça fait pas trop de photos,  la petite ne comprend pas très bien le principe d’appuyer sur le bouton, pour prendre la photo, mais que cet instant est bon !
Nous repartons, rassasiés de bonne humeur, et quand je demande à payer, le regard surpris de la vieille femme, que j’appelle Ba Noi, comme ma grand-mère, est explicite : ce n’était pas dans un café mais chez elle que nous nous étions installés ! La bourde !
On continue notre route, jusqu’à sortir de la boussole et réaliser que ça fait quinze kilomètres qu’on roule plein sud alors que la frontière est plein nord ! Bien joué, co-pilote… Bon, on atteindra pas la frontière cambodgienne.
Du coup, on rentre à Chau d’Oc, et continuons la balade de l’autre côté de la rive. Nous allons au hasard des routes, et débusquons un beau panorama sur le fleuve.  Pause photos ! :)
Des militaires nous rejoignent : « you are in Cambodia, you know ? » Ahhhh on a passé la frontière sans s’en rendre compte après l’avoir tant recherchée ! oupsss et on a pas de visa… Un chance, ils sont très sympas, et nous somment très gentiment de regagner le Vietnam… :) Et effectivement, en y repensant, on avait vu un panneau « Fronteer area »…
Nous repartons à moto, nous perdons à nouveau, allons dans une rue sombre où les gens nous demandent de les prendre en photo. C’est bon !! Encore une fois : tant de gentillesse.
En rentrant, nous voyons un cours de karaté en plein air. Nous y assistons et je sympathise avec un ptit gamin tout aussi impressionné que moi. Nous comparons nos techniques de karaté :) … Les jeunes s’entrainent à même le béton, pieds nus, les plus jeunes apprennent ainsi le saut de main, les plus âgés prenant les positions les plus folles  Prise de cou entre les jambes, etc. Mon petit compagnon mime avec moi le Kamehameha de Sangoku :)

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 21 janvier 2008



Je suppose que c'est dans l'ordre des choses... Que le temps passant, mes mots vont s'épuiser d'eux mêmes. C'est déjà le cas. Je n'ai rien à dire. C'est fini. Un jour, je n'aurai plus rien à te dire, en tous cas plus le besoin de te le dire.
Pour l'heure, je sens la lassitude des phrases que je te destine me gagner, m'envahir. Alors bon sang, dis moi pourquoi je ne ressens aucune lassitude face au manque ? Pourquoi, alors que je ne trouve plus de mots, les sentiments sont-ils encore si présents, si douloureux ? Aujourd'hui, je pourrais me résigner à ne plus t'écrire, sans toutefois accepter l'idée que je t'ai perdue. Alors je vais continuer, jusqu'au bout de ton absence ... Ensuite, nous verrons ...
Il y a tellement de choses que nous n'avons pas eu le temps de nous dire.
Je tente de te diluer dans mon quotidien, de te laisser couler dans mon encre, de t'exorciser par le langage. Je tente, j'échoue. Je tente, j'échoue. Je tente ... Je t'aime.

05/08/2007 - CHAU D'OC

Gueule de bois...
Quatre heure de bus. Visite du Mont Siam en moto. Ville très bruyante et pleine de mouches.
Nous rencontrons tout de même un Vietnamien, guide à ses heures en cyclo pousse, qui nous propose de faire un billard avec lui. Nous passons la soirée au billard avec lui, intitulant nos parties « Zidane » contre « le Vietnam ». Et Zidane gagne 3-2 !
Couchés tôt...


Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 17 janvier 2008

Plus je t'écris, et plus je me sens pitoyable dans cet acte, qui sonne comme un acte désespéré ... Aujourd'hui, c'est le jour de tes 26 ans. Je pense fort à toi ... Je suis triste, comme je te l'ai dit dans mon texto d'anniversaire, j'espérais que nous serions encore ensemble pour cette date. Malheureusement, ce n'est pas le cas ... Ce n'est pourtant pas faute d'y avoir mis du mien. Mais tu le sais, et finalement, à quoi bon ressasser éternellement les mêmes regrets ?

Le jour de tes 26 ans donc, je suis pour ma part allée à une fête de famille du côté de mon père, il y avait une cinquantaine de personnes, et je n'avais vu personne depuis 6 ans. Autant te dire qu'il y en beaucoup que je n'ai pas reconnus, pour peu que je les aie connus un jour, n'étant pas proche du tout de cette branche de ma famille.
Bref, tout ce petit monde était réuni autour d'un couple qui fêtait ses ... 60 ans de mariage ! Impressionnant ... Je dois dire que je trouve le concept terrifiant. Me dire que je passerai 60 ans de ma vie avec la même personne, je trouve finalement que c'est mortellement triste.

Je viens juste de voir ton mail, avant d'aller me coucher. J'ai attendu de tes nouvelles toute la journée, et je me demandais pourquoi tu ne répondais pas à mes textos. Puis j'ai finalement laissé mon téléphone dans la voiture, et après avoir bien commencé la journée au vin blanc puis rouge, j'ai continué par une sympathique clairette de Die, pour finalement finir au Whisky, juste par solidarité avec ma grand-mère ... J'ai bu pour penser à autre chose, et ça a momentanément marché.

Alors oui, tu me dis dans ton mail que même si tu me remercies de mon texto d'anniversaire, on ne t'avait jamais souhaité de malheur pour ton anniversaire. Que veux tu ? Premièrement, je ne tenais pas à ce que mon message d'anniversaire soit semblable à tous les autres. C'est réussi, non ? Deuxièmement, je te l'ai déjà dit, non je ne te souhaite pas heureuse avec X..., même si j'ai bien conscience que, puisque je t'aime, je devrais de souhaiter heureuse en toute circonstance, avec ou sans moi. Mais je suis sans doute trop égoïste pour cela ... Je te veux heureuse avec moi, et mon raisonnement s'arrête là. Ce qui m'amène au troisième et dernier point (toujours trois points, oui oui ...) : je te souhaite tout le bonheur du monde ... Avec moi ! Reviens moi vite ! Finalement, voici tout ce qu'il y a derrière mes quelques mots  : "je te souhaite très malheureuse sans moi".

Je crois que je m'arrêterai là pour aujourd'hui ... Tu sais, mon cauchemar de cette nuit était vraiment horrible. Tu étais si cruelle avec moi : tu me disais que tu ne m'avais jamais aimée vraiment, que je n'avais été qu'un passe temps dans ta vie !
Je t'en ai parlé, et tu m'as répondu que ceci n'était qu'un cauchemar, et non la réalité, mais la réalité, c'est que tu me quittes, et je ne suis pas sûre qu'elle soit vraiment moins douloureuse. Certes, être quittée par quelqu'un qui dit nous aimer, c'est moins destructeur pour l'amour propre, mais tout de même, n'est-ce pas beaucoup plus difficile à accepter et par la même plus destructeur ? Car je ne comprends pas que tu puisses me quitter ... Oui oui, je me répète, et d'ailleurs je m'arrête là. Je rêve de mon corps contre le tien. J'aimerais savoir où tu es, regarder ton parcours sur une carte à défaut d'être avec toi, imaginer ce que tu vois et ce que tu ressens ...



04/08/2007  CAN THO
 
Cette fois, à 5h30 du mat', nous partons pour le marché flottant de Can-Tho. C'est l'heure de pointe ! 8h de balade en bateau nous attendent pour la journée. Nous faisons deux marchés.
Le premier est plutôt motorisé, et, en comparaison avec le deuxième, 18 kilomètres plus loin, il est assez calme ! Le deuxième est juste un enchevêtrement de barques à rames, se tapant doucement les unes aux autres, où il est difficile de faire son chemin. Je prends l'avant du bateau et tâche de faire notre chemin en écartant de ci, de là, les barques devant. Echanges de sourires avec les gens, surpris. Encore une fois, je me répète, mais tant de sourires... Je n'ai jamais vu ça. Et c'est tellement drôle d'être enchevêtrée au milieu de tout ça ! Beaucoup rient de nous voir mitrailler avec nos appareils photos. C'est bon. Je me sens vivre !!
Notre « capitaine » est très drôle, hululant en guise de klaxon et nous mimant une pastèque (il ne parle pas un mot d?anglais). Il nous mimera par la suite plusieurs choses que nous croiserons, toujours en rigolant et en nous interpellant de « You ! »
 
Nous nous promenons parmi les multiples canaux du Mékong, longeant nature et habitations rurales. A chaque passage devant des habitants, enfants ou nous, nous sommes gratifiés de Hellos enjoués. Je ne m'en lasse pas ! Et pourtant en Chine, ça m'agaçait tellement à la fin.
On se perd, même, et dans la bonne humeur notre capitaine demande son chemin à tout va :)
Les paysages sont splendides, les gens magnifiques. Petite pause dans un bar entouré d'arbres fruitiers où nous mangeons des longanes directement sur les arbres. 11h, je prends une bière et un massage. C'est mon anniversaire tout de même ! Je couronne le tout par une petite sieste dans un hamac, pendant que T... va festoyer chez les voisins d'à côté. Deux bières pour lui en quinze minutes, sacrée fête !
Nous rentrons sur Can-Tho, avec au passage une petite bataille d'eau de pluie qui était stockée sur le toit en toile de la barque, bataille que je pense avoir perdue. grrrr.
 
Nous louons pour l'après-midi une moto et partons nous perdre le long du Mékong en prenant routes boueuses entre autres, terminant par une panne d'essence survenant heureusement à notre retour en ville.
Dîner en terrasse d'un resto au cinquième étage. Vin blanc svp !
Nous terminons dans un karaoke où, après avoir chanté à deux dans une salle privée, nous nous incrustons dans une salle de vietnamiens, tous complètement bourrés en train de faire la chenille en tournant autour de gâteaux de riz. Après une première réaction de surprise, ils nous prennent par la main et nous font danser avec eux. On termine par la chanson Boys Boys Boys, T... et moi chantons pour nos nouveaux amis qui dansent au rythme de nos voix ! Quelle belle journée !
 
Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Mercredi 16 janvier 2008




J'ai fini par prendre une décision : je ne veux pas te perdre. Dans le même temps, je crains de ne pas être assez forte pour te garder si peu ... Mais je vais essayer. C'est dur, très dur. Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point. Je suis affreusement jalouse de X... .
Mais surtout, je crains de voir mes rapports avec toi se banaliser en acceptant une simple amitié. Jamais je ne supporterai de n'être qu'une amie parmi d'autres pour toi, et en acceptant de ne pas sortir de ta vie, j'espère que je serai toujours un peu plus ... Je crois que tu l'as compris, mais je n'en suis pas tout à fait sûre. Ce qui sera le plus difficile à assumer, c'est l'attirance physique complètement démesurée que j'ai pour toi. Je crois que ce sera la barrière la plus difficile à franchir de mon côté : arriver à te voir sans te toucher. Idéalement, dans ma relation avec toi, quelle qu'elle soit, il faudrait que je perde l'espoir d'avoir un jour ce que j'attends. Pourtant je crois que ce n'est pas possible, cet espoir restera encore longtemps, je te l'ai dit, j'y crois encore ...

Voici presque un mois que nous nous sommes quittées, et le manque, à mon grand désarroi, ne faiblit pas. D'un côté, je suis bien consciente qu'en t'écrivant ainsi chaque jour, je ne fais rien pour que ce manque se dissipe. Mais d'un autre côté, cela m'inquiète énormément et me fait d'autant plus appréhender le retour à Paris. J'ai pu penser qu'un mois loin de toi me permettrait de passer à autre chose, de t'oublier un peu. Je me suis trompée, j'ai sous estimé la force de mon amour pour toi, l'importance de notre relation. Plus l'absence se fait suffocante, plus le manque avec elle grandit. Tu me manques ... "Terriblement", comme j'ai pu le dire si souvent, trop souvent. Tu as pu me manquer parce que tu n'étais pas près de moi, mais cette fois-ci c'est terrible, tu me manques et tu ne seras plus jamais près de moi, contre moi.

Je vais mal, je suis triste, je n'y arrive pas ... Et sans cesse je me demande si tu te rends vraiment compte de tout cela, de ce que j'endure, des questions que ça m'amène à me poser sur moi, sur ma vie, sur tout le reste ...

Aujourd'hui, alors que j'étais au travail, absorbée par mes pensées (pour toi, forcément ...), le jeune Tunisien, qui ramassait avec moi, m'a dit au bout d'un moment : "ne réfléchis pas trop, ça te rend moins belle". Je lui ai souri et lui ai répondu : "que veux-tu, on ne se refait pas !".


03/08/2007 – TRA-ON, CANTHO
 
Nous nous levons tôt pour aller voir le marché flottant de Tra-On. L’heure de pointe est vers 5h, nous arrivons vers 8h, plus grand monde… C’est un peu la déception, mais les gens sont tellement gentils !! Nos sommes les seuls touristes. Les grossistes de fruits tiennent leurs échoppes sur leur bateau, arpentant sur une longue perche les échantillons de leurs biens à vendre. Les gens sont particulièrement gentils, nous interpelant de Hello à tout va, des plus jeunes aux plus âgés. Nous achetons quelques leechis et bien sûr des pastèques, ayant l’air quelque peu ridicules à prendre 2 kilos quand la vente se fait habituellement au gros ! Mais ça permet un contact avec les marchands et rend plus drôle encore cette petite escapade au marché.
Nous continuons par le marché terrestre, où les gens se prêtent avec bonne humeur au jeu des photos. Quand les uns rigolent car je prends en photo une autre, je m’amuse à pointer mon objectif sur eux, et c’est l’éclat de rire général :) J’adore les entendre rire… J’offre un ballon à une vendeuse de banh bao, elle est toute gênée mais si heureuse de ce petit cadeau ! :)
Les gens ici sont particulièrement souriants, il est bon d’être parmi eux, qui voient si rarement des blancs.
Nous terminons notre séjour à Tra-On, chez notre hôte, à préparer des nems que nous dégusterons au déjeuner.

(SUIVANT)
Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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