"ECRIRE, C'EST AUSSI NE PAS PARLER. C'EST SE TAIRE. C'EST HURLER SANS BRUIT." [Marguerite Duras]


Voici mes pensées : certaines sont de purs fruits de mon imaginaire, tandis que d'autres ont soufflé sur mon vécu.
La frontière est parfois ténue, ... et alors ?

 

Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : Quand l'écriture devient art de vivre
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  • : Journal Intime
  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Lundi 28 janvier 2008




Bon sang, pourquoi je me fais du mal inutilement ? Pourquoi je passe mes journées à me souvenir, à me rappeler de tout, dans le moindre de détail, à me rappeler de tout ce qui a fait notre relation ? Le bon comme le mauvais : les instants à la pensée desquels ma gorge et mon ventre se nouent de nouveau dans la mémoire des mes grandes et petites souffrances, mais aussi ceux à la pensée desquels je pleure de tristesse, cette tristesse qu'amène la quasi certitude de ne plus en vivre de si beaux avec toi.

Mauvaise journée, rien de spécial pourtant, juste une immense amertume en pensant à toi, teintée d'une pointe de reproche à ton égard, pour ce que tu m'as fait endurer, pour ce qu'aujourd'hui encore j'endure. Une pointe seulement, car je suis en partie responsable, je le sais, par mon acharnement.
Non, vraiment, je ne vais pas bien sans toi, et je ne sais plus quoi faire pour aller de l'avant.
...




06/08/2007 – CHAU D’OC, TAN CHAU, CAMBODIA !
 
C’est la journée des bévues !
Nous louons une moto dans le but, un premier temps, de rallier Tan Chau, puis la frontière cambodgienne fluviale au Nord. Une cinquantaine de kilomètres, soit 100 aller retour.
La route est magnifique. Nous prenons tout d’abord un ferry, où l’un des employés n’a rien d’autre à faire que de faire rire la foule en comparant la taille de ses mains à celles de T.... C’est le plus grand Vietnamien que j’ai vu à date, mais vraiment pas de quoi fanfaronner. Evidemment la comparaison des tailles de mains est très suggestives, et le sous-entendu est le même que n’importe où sur le globe. Les hommes sont tous les mêmes…
 
Nous abordons ensuite une route parsemée de grandes nappes recouvertes de graines jaunes. On s’arrête, se demandant ce que c’est. Du blé ? Des graines pour les poules ? Arf bein non. C’est du riz. J’avais oublié qu’il y avait du riz au Vietnam ! Les femmes remuent les grains mis à sécher en les piétinant. Certains roulent même à moto dessus. Hm. Je laverai mon riz la prochaine fois !
Nous nous arrêtons faire quelques photos et devenons rapidement un centre d’intérêt général. Une dame sur son scooter demande à T... de la prendre en photo, en posant en faisant le signe de la victoire avec ses deux doigts. Eclat de rires général. Je demande alors à cette dame de prendre ses amies rieuses, lui tendant mon appareil. Ahah ! Elles font moins les malignes :)
La glace est brisée et elles se mettent très à l’aise. Une vingtaine de personnes nous entourent et la doyenne part à la découverte de mon corps, me tapant les fesses, me pinçant les seins, un puis deux, puis les deux en même temps, me giflant les joues, une puis deux, scrutant ma dentition, tout cela l’air très amusé. Je me laisse faire avec sourire. Vient le tour de l’interrogation sur le nez, et je me fais un plaisir de désigner T... :) qui à son tour à la joie de se faire tâter le nez sous des OH, des AH, avant de se faire tapoter les joues à son tour.
La discussion se fait par signes, sur l’âge, les enfants. Une enfant coquette arbore un tatoo, style malabar, je lui fais remarquer. Eclat de rires général. On nous invite à manger, je suis au max de ma sociabilité, et ce n’est pas facile de converser quand on ne parle pas la même langue ! On se désiste donc, au revoir mesdames !
Nous arrivons à Tan Chau, où nous ne trouverons pas le marché de la soie. Qu’à cela ne tienne, continuons vers le Cambodge ! La route est toujours aussi magnifique. Nous croisons des buffles tirant un char chargé de sacs de riz. Les maisons sont pour la plupart montées sur pilotis. La crainte du ténébreux Mekong ?
Nous faisons une pause photos/Thé, nous arrêtant devant ce qui semble être un café de bord de route, avec une table et quelques bancs. Je m’installe, la vieille femme nous propose du café. Je veux du thé. Je pars « en cuisine » avec elle pour tâcher de me faire comprendre, pas facile. Je mime la chaleur, faisant semblant de me brûler en touchant une tasse. Pas facile ! Ouf, après cinq minutes, on se comprend !
T... a commencé sa séance photos et s’amuse à porter de sacs de riz de 50 kilos pour aider au chargement. A la Bernard Kouchner, comme il dit :)
Une dizaine d’enfants et là, je demande si je peux les photographier, les regards sont enjoués. Je leur montre les photos. Pliés de rire !!! Ils sont morts de rire, et leur rire est très communicatif ! J’en pleure de rire !
Pendant les 45 minutes où on restera là, j’aurai la larme de joie à l’œil. Les dames se plongent dans le Lonely Planet, dans la carte du Vietnam et du Mekong. Je demande à une petite fille de s’asseoir à côté de moi, elle, la plus téméraire, qui devient tout à coup toute timide. Elle vient tout de même au final, et je lui donne mon appareil photos et l’invite à prendre en photo ses camarades, installés à deux mètres de nous. Elle s’extasie sur le fait de les voir bouger dans cette petite boîte ! Curieux, ils désertent tous l’écran pour venir voir de leur propre yeux…  mais plus personne n’est face à l’objectif ! Ca rit beaucoup, puis certains se prêtent au jeu et défilent devant l’objectif de leur amie. Bon, ça fait pas trop de photos,  la petite ne comprend pas très bien le principe d’appuyer sur le bouton, pour prendre la photo, mais que cet instant est bon !
Nous repartons, rassasiés de bonne humeur, et quand je demande à payer, le regard surpris de la vieille femme, que j’appelle Ba Noi, comme ma grand-mère, est explicite : ce n’était pas dans un café mais chez elle que nous nous étions installés ! La bourde !
On continue notre route, jusqu’à sortir de la boussole et réaliser que ça fait quinze kilomètres qu’on roule plein sud alors que la frontière est plein nord ! Bien joué, co-pilote… Bon, on atteindra pas la frontière cambodgienne.
Du coup, on rentre à Chau d’Oc, et continuons la balade de l’autre côté de la rive. Nous allons au hasard des routes, et débusquons un beau panorama sur le fleuve.  Pause photos ! :)
Des militaires nous rejoignent : « you are in Cambodia, you know ? » Ahhhh on a passé la frontière sans s’en rendre compte après l’avoir tant recherchée ! oupsss et on a pas de visa… Un chance, ils sont très sympas, et nous somment très gentiment de regagner le Vietnam… :) Et effectivement, en y repensant, on avait vu un panneau « Fronteer area »…
Nous repartons à moto, nous perdons à nouveau, allons dans une rue sombre où les gens nous demandent de les prendre en photo. C’est bon !! Encore une fois : tant de gentillesse.
En rentrant, nous voyons un cours de karaté en plein air. Nous y assistons et je sympathise avec un ptit gamin tout aussi impressionné que moi. Nous comparons nos techniques de karaté :) … Les jeunes s’entrainent à même le béton, pieds nus, les plus jeunes apprennent ainsi le saut de main, les plus âgés prenant les positions les plus folles  Prise de cou entre les jambes, etc. Mon petit compagnon mime avec moi le Kamehameha de Sangoku :)

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Lundi 21 janvier 2008



Je suppose que c'est dans l'ordre des choses... Que le temps passant, mes mots vont s'épuiser d'eux mêmes. C'est déjà le cas. Je n'ai rien à dire. C'est fini. Un jour, je n'aurai plus rien à te dire, en tous cas plus le besoin de te le dire.
Pour l'heure, je sens la lassitude des phrases que je te destine me gagner, m'envahir. Alors bon sang, dis moi pourquoi je ne ressens aucune lassitude face au manque ? Pourquoi, alors que je ne trouve plus de mots, les sentiments sont-ils encore si présents, si douloureux ? Aujourd'hui, je pourrais me résigner à ne plus t'écrire, sans toutefois accepter l'idée que je t'ai perdue. Alors je vais continuer, jusqu'au bout de ton absence ... Ensuite, nous verrons ...
Il y a tellement de choses que nous n'avons pas eu le temps de nous dire.
Je tente de te diluer dans mon quotidien, de te laisser couler dans mon encre, de t'exorciser par le langage. Je tente, j'échoue. Je tente, j'échoue. Je tente ... Je t'aime.

05/08/2007 - CHAU D'OC

Gueule de bois...
Quatre heure de bus. Visite du Mont Siam en moto. Ville très bruyante et pleine de mouches.
Nous rencontrons tout de même un Vietnamien, guide à ses heures en cyclo pousse, qui nous propose de faire un billard avec lui. Nous passons la soirée au billard avec lui, intitulant nos parties « Zidane » contre « le Vietnam ». Et Zidane gagne 3-2 !
Couchés tôt...


par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Jeudi 17 janvier 2008

Plus je t'écris, et plus je me sens pitoyable dans cet acte, qui sonne comme un acte désespéré ... Aujourd'hui, c'est le jour de tes 26 ans. Je pense fort à toi ... Je suis triste, comme je te l'ai dit dans mon texto d'anniversaire, j'espérais que nous serions encore ensemble pour cette date. Malheureusement, ce n'est pas le cas ... Ce n'est pourtant pas faute d'y avoir mis du mien. Mais tu le sais, et finalement, à quoi bon ressasser éternellement les mêmes regrets ?

Le jour de tes 26 ans donc, je suis pour ma part allée à une fête de famille du côté de mon père, il y avait une cinquantaine de personnes, et je n'avais vu personne depuis 6 ans. Autant te dire qu'il y en beaucoup que je n'ai pas reconnus, pour peu que je les aie connus un jour, n'étant pas proche du tout de cette branche de ma famille.
Bref, tout ce petit monde était réuni autour d'un couple qui fêtait ses ... 60 ans de mariage ! Impressionnant ... Je dois dire que je trouve le concept terrifiant. Me dire que je passerai 60 ans de ma vie avec la même personne, je trouve finalement que c'est mortellement triste.

Je viens juste de voir ton mail, avant d'aller me coucher. J'ai attendu de tes nouvelles toute la journée, et je me demandais pourquoi tu ne répondais pas à mes textos. Puis j'ai finalement laissé mon téléphone dans la voiture, et après avoir bien commencé la journée au vin blanc puis rouge, j'ai continué par une sympathique clairette de Die, pour finalement finir au Whisky, juste par solidarité avec ma grand-mère ... J'ai bu pour penser à autre chose, et ça a momentanément marché.

Alors oui, tu me dis dans ton mail que même si tu me remercies de mon texto d'anniversaire, on ne t'avait jamais souhaité de malheur pour ton anniversaire. Que veux tu ? Premièrement, je ne tenais pas à ce que mon message d'anniversaire soit semblable à tous les autres. C'est réussi, non ? Deuxièmement, je te l'ai déjà dit, non je ne te souhaite pas heureuse avec X..., même si j'ai bien conscience que, puisque je t'aime, je devrais de souhaiter heureuse en toute circonstance, avec ou sans moi. Mais je suis sans doute trop égoïste pour cela ... Je te veux heureuse avec moi, et mon raisonnement s'arrête là. Ce qui m'amène au troisième et dernier point (toujours trois points, oui oui ...) : je te souhaite tout le bonheur du monde ... Avec moi ! Reviens moi vite ! Finalement, voici tout ce qu'il y a derrière mes quelques mots  : "je te souhaite très malheureuse sans moi".

Je crois que je m'arrêterai là pour aujourd'hui ... Tu sais, mon cauchemar de cette nuit était vraiment horrible. Tu étais si cruelle avec moi : tu me disais que tu ne m'avais jamais aimée vraiment, que je n'avais été qu'un passe temps dans ta vie !
Je t'en ai parlé, et tu m'as répondu que ceci n'était qu'un cauchemar, et non la réalité, mais la réalité, c'est que tu me quittes, et je ne suis pas sûre qu'elle soit vraiment moins douloureuse. Certes, être quittée par quelqu'un qui dit nous aimer, c'est moins destructeur pour l'amour propre, mais tout de même, n'est-ce pas beaucoup plus difficile à accepter et par la même plus destructeur ? Car je ne comprends pas que tu puisses me quitter ... Oui oui, je me répète, et d'ailleurs je m'arrête là. Je rêve de mon corps contre le tien. J'aimerais savoir où tu es, regarder ton parcours sur une carte à défaut d'être avec toi, imaginer ce que tu vois et ce que tu ressens ...



04/08/2007  CAN THO
 
Cette fois, à 5h30 du mat', nous partons pour le marché flottant de Can-Tho. C'est l'heure de pointe ! 8h de balade en bateau nous attendent pour la journée. Nous faisons deux marchés.
Le premier est plutôt motorisé, et, en comparaison avec le deuxième, 18 kilomètres plus loin, il est assez calme ! Le deuxième est juste un enchevêtrement de barques à rames, se tapant doucement les unes aux autres, où il est difficile de faire son chemin. Je prends l'avant du bateau et tâche de faire notre chemin en écartant de ci, de là, les barques devant. Echanges de sourires avec les gens, surpris. Encore une fois, je me répète, mais tant de sourires... Je n'ai jamais vu ça. Et c'est tellement drôle d'être enchevêtrée au milieu de tout ça ! Beaucoup rient de nous voir mitrailler avec nos appareils photos. C'est bon. Je me sens vivre !!
Notre « capitaine » est très drôle, hululant en guise de klaxon et nous mimant une pastèque (il ne parle pas un mot d?anglais). Il nous mimera par la suite plusieurs choses que nous croiserons, toujours en rigolant et en nous interpellant de « You ! »
 
Nous nous promenons parmi les multiples canaux du Mékong, longeant nature et habitations rurales. A chaque passage devant des habitants, enfants ou nous, nous sommes gratifiés de Hellos enjoués. Je ne m'en lasse pas ! Et pourtant en Chine, ça m'agaçait tellement à la fin.
On se perd, même, et dans la bonne humeur notre capitaine demande son chemin à tout va :)
Les paysages sont splendides, les gens magnifiques. Petite pause dans un bar entouré d'arbres fruitiers où nous mangeons des longanes directement sur les arbres. 11h, je prends une bière et un massage. C'est mon anniversaire tout de même ! Je couronne le tout par une petite sieste dans un hamac, pendant que T... va festoyer chez les voisins d'à côté. Deux bières pour lui en quinze minutes, sacrée fête !
Nous rentrons sur Can-Tho, avec au passage une petite bataille d'eau de pluie qui était stockée sur le toit en toile de la barque, bataille que je pense avoir perdue. grrrr.
 
Nous louons pour l'après-midi une moto et partons nous perdre le long du Mékong en prenant routes boueuses entre autres, terminant par une panne d'essence survenant heureusement à notre retour en ville.
Dîner en terrasse d'un resto au cinquième étage. Vin blanc svp !
Nous terminons dans un karaoke où, après avoir chanté à deux dans une salle privée, nous nous incrustons dans une salle de vietnamiens, tous complètement bourrés en train de faire la chenille en tournant autour de gâteaux de riz. Après une première réaction de surprise, ils nous prennent par la main et nous font danser avec eux. On termine par la chanson Boys Boys Boys, T... et moi chantons pour nos nouveaux amis qui dansent au rythme de nos voix ! Quelle belle journée !
 
par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 16 janvier 2008




J'ai fini par prendre une décision : je ne veux pas te perdre. Dans le même temps, je crains de ne pas être assez forte pour te garder si peu ... Mais je vais essayer. C'est dur, très dur. Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point. Je suis affreusement jalouse de X... .
Mais surtout, je crains de voir mes rapports avec toi se banaliser en acceptant une simple amitié. Jamais je ne supporterai de n'être qu'une amie parmi d'autres pour toi, et en acceptant de ne pas sortir de ta vie, j'espère que je serai toujours un peu plus ... Je crois que tu l'as compris, mais je n'en suis pas tout à fait sûre. Ce qui sera le plus difficile à assumer, c'est l'attirance physique complètement démesurée que j'ai pour toi. Je crois que ce sera la barrière la plus difficile à franchir de mon côté : arriver à te voir sans te toucher. Idéalement, dans ma relation avec toi, quelle qu'elle soit, il faudrait que je perde l'espoir d'avoir un jour ce que j'attends. Pourtant je crois que ce n'est pas possible, cet espoir restera encore longtemps, je te l'ai dit, j'y crois encore ...

Voici presque un mois que nous nous sommes quittées, et le manque, à mon grand désarroi, ne faiblit pas. D'un côté, je suis bien consciente qu'en t'écrivant ainsi chaque jour, je ne fais rien pour que ce manque se dissipe. Mais d'un autre côté, cela m'inquiète énormément et me fait d'autant plus appréhender le retour à Paris. J'ai pu penser qu'un mois loin de toi me permettrait de passer à autre chose, de t'oublier un peu. Je me suis trompée, j'ai sous estimé la force de mon amour pour toi, l'importance de notre relation. Plus l'absence se fait suffocante, plus le manque avec elle grandit. Tu me manques ... "Terriblement", comme j'ai pu le dire si souvent, trop souvent. Tu as pu me manquer parce que tu n'étais pas près de moi, mais cette fois-ci c'est terrible, tu me manques et tu ne seras plus jamais près de moi, contre moi.

Je vais mal, je suis triste, je n'y arrive pas ... Et sans cesse je me demande si tu te rends vraiment compte de tout cela, de ce que j'endure, des questions que ça m'amène à me poser sur moi, sur ma vie, sur tout le reste ...

Aujourd'hui, alors que j'étais au travail, absorbée par mes pensées (pour toi, forcément ...), le jeune Tunisien, qui ramassait avec moi, m'a dit au bout d'un moment : "ne réfléchis pas trop, ça te rend moins belle". Je lui ai souri et lui ai répondu : "que veux-tu, on ne se refait pas !".


03/08/2007 – TRA-ON, CANTHO
 
Nous nous levons tôt pour aller voir le marché flottant de Tra-On. L’heure de pointe est vers 5h, nous arrivons vers 8h, plus grand monde… C’est un peu la déception, mais les gens sont tellement gentils !! Nos sommes les seuls touristes. Les grossistes de fruits tiennent leurs échoppes sur leur bateau, arpentant sur une longue perche les échantillons de leurs biens à vendre. Les gens sont particulièrement gentils, nous interpelant de Hello à tout va, des plus jeunes aux plus âgés. Nous achetons quelques leechis et bien sûr des pastèques, ayant l’air quelque peu ridicules à prendre 2 kilos quand la vente se fait habituellement au gros ! Mais ça permet un contact avec les marchands et rend plus drôle encore cette petite escapade au marché.
Nous continuons par le marché terrestre, où les gens se prêtent avec bonne humeur au jeu des photos. Quand les uns rigolent car je prends en photo une autre, je m’amuse à pointer mon objectif sur eux, et c’est l’éclat de rire général :) J’adore les entendre rire… J’offre un ballon à une vendeuse de banh bao, elle est toute gênée mais si heureuse de ce petit cadeau ! :)
Les gens ici sont particulièrement souriants, il est bon d’être parmi eux, qui voient si rarement des blancs.
Nous terminons notre séjour à Tra-On, chez notre hôte, à préparer des nems que nous dégusterons au déjeuner.

(SUIVANT)
par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mardi 15 janvier 2008


Aujourd'hui, comme d'habitude 8h de travail, mais ensuite en plus 2h de tennis. J'ai battu une joueuse classée 30-2. Mais le match a été long, long ... J'en sors épuisée, et comme c'est certainement ce que je recherche, je me sens un peu mieux. Je ne trouve l'apaisement de l'esprit que dans l'épuisement physique. Pour l'instant ...

Je pense à toi, et je crois qu'une décision se dessine, mais je n'en suis pas tout à fait sûre. Je vais me laisser porter, faire ce que je sens au fond : je ne peux pas te perdre complètement ... Lorsque je travaille, je pense à toi. En permanence, je pense à toi. Parfois, des mots me viennent. Des petits, pas des gros ...

J'ai perdu mon air rieur
Depuis que tu es partie.
Je suis morte à l'intérieur
Dis moi, toi qui es en vie :
Tes envies sont elles toujours les mêmes ?
Je t'aime ...
Les mêmes variations sur le même thème.
Je t'aime ...
Mais toi, réponds tu toujours "idem" ?
Je t'aime ...

Je me rappelais cet après-midi la première nuit passée avec toi, cette nuit où nous nous sommes endormies sur ton canapé, cette nuit où je n'ai qu'à peine fermé l'oeil, parce que je l'ai passée à te regarder, à t'effleurer les mains, le visage, la nuque, pendant que toi tu dormais. Tu ne t'abandonnais pas dans mes bras, tu m'attirais et te refusais à moi en même temps. Je n'avais qu'une envie, te prendre vraiment contre moi, t'enlacer et te serrer tendrement, mais tu semblais si perturbée que je n'osais pas. Comme l'approche a été difficile ... Tu as passé longtemps à te cabrer face à moi, tout en me montrant que tu avais envie de céder ... Oui, cette fois là, tu dormais, et moi je n'arrivais pas à fermer l'oeil, et même quand la fatigue l'a emporté finalement, j'ai lutté encore un instant, parce que je ne voulais rien perdre de ce moment. Cela m'est arrivé plusieurs fois, au début en tous cas, à la fin peut être un peu aussi. J'ai toujours su que le temps avec toi m'était compté, alors je n'ai pas voulu en perdre une miette, et lorsque j'étais avec toi je n'ai pas voulu dormir. Souvent je t'ai laissée t'endormir sous mes caresses et mon regard ... Bon sang comme je t'ai aimée ... Comme je t'aime ! Comment peux tu renoncer à un tel amour ?



02/08/2007 – MY THO, TRA-ON, MEKONG DELTA
 
Nous quittons Saigon pour le Delta du Mekong : à la découverte de comment les Vietnamiens se sont habitués à vivre sur ce fleuve qui se divise en des milliers de canaux, envahissant tout coin de terre.
Nous arpentons certains canaux, en bateau à moteur ou à rames. Nous parcourons une île à vélo, mangeons un poisson-éléphant enveloppé dans des galettes de riz. Hmmmm. Il est drôle de voir mes compagnons tenter de rouler leur propre rouleau de printemps ! Première fois pour tous, geste si usuel pour moi. Ils s’essaient même à manger du serpent que je décline : je ne suis pas une aventurière gastronomique !
Des écureuils se retrouvent dans la même cage qu’un cobra : dîner copieux en perspective … c’est particulièrement cruel je trouve, mais je reste fascinée devant ces écureuils transits de peur.
 
On trouve de tout dans le Mékong ! Même des pythons et en voilà un domestique et particulièrement calme. Je me laisse le prendre en tant qu’écharpe. C’est froid, ça fait du bien au vu de la température ambiante, mais… que c’est lourd !!
 
Nous passons la nuit chez une habitante de Tra-On, petit village très pauvre où peu de touristes mettent les pieds. Notre hôte est très accueillante, ne parle pas un mot d’anglais. J’ai l’impression d’être face à ma grand-mère ! D’ailleurs elle me tape les fesses, les joues, me sourit et me prend sous son bras. J’ai l’impression de retrouver ma grand-mère, dans ce pays qui a baigné toute sa vie et la baigne encore dans ses souvenirs.
L’accueil de cette dame est agréable, et nous dégustons des lychees poilus fraîchement cueillis du jardin avant de dîner.
 
Notre guide nous emmène alors pour quelque chose que je n’ai jamais fait de ma vie ! La chasse aux lucioles ! Nous nous badigeonnons d’anti-moustiques (on rigole pas avec la dengue) et nous voilà partis, en pleine nuit, à 8 sur une barque minuscule (on se rappelle les pythons qui aiment le Mékong... brrrr), 2 perches avec un sac plastique au bout, à la recherche de lueurs dans la nuit… Et il y en a ! Soudain, c’est magique : des arbres se mettent à scintiller. On dirait des arbres de noël !! C’est la première fois que je vois des lucioles, et, bon sang, au début c’est pas facile à attraper ! Evaluer la distance dans le noir est loin d’être évident, et nous y allons mollo au début puis terminons en frappant les branches pour les faire décoller. J’arrive même à en attraper un entre mes mains. Ça brille… Une nuit magique, une pause irréelle dans le temps…

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Lundi 14 janvier 2008




Une nouvelle journée s'est écoulée, semblable à toutes les autres, perdue dans mes pensées pour toi. Parfois, je me demande pourquoi je pense encore à toi, tellement il me semble que j'ai fait le tour de mes pensées.

Avant dernière semaine de travail aux fruits, ensuite je rentre à Paris. L'ambiance de travail me déplaît un peu, je suis entourée d'hommes, pour la plupart tunisiens, et maintenant que leur phase d'aphonie est passée, c'est à celui qui attirera le plus mon attention. Je me sens un peu harcelée, je préférais quand ils ne me parlaient pas : maintenant, ils passent leur journée à me draguer. Ce n'est pas sans avantages parfois, mais en fait je m'aperçois que déteste ça. Je n'aime pas cette situation, dans laquelle je me sens comme un objet de convoitise. D'ailleurs, en y réfléchissant, dans la plupart de mes relations amoureuses, c'est presque toujours moi qui ai eu le rôle de l'approche. J'aime avoir l'impression de maîtriser la situation. Je n'aime pas être soumise à ce que fera ou ne fera pas l'autre, alors je prends très souvent les devants. Bref.

J'en suis toujours au même point : je n'ai absolument aucune idée de ce que je vais faire vis à vis de toi, rester en contact ou non. J'y pense beaucoup, pour ne pas dire tout le temps. Souvent, face à un problème, je vois des solutions, je pèse le pour et le contre de chacune d'entre elles et j'arrive à me décider pour finir. Mais là, je ne dépasse pas le stade de la vision des solutions, et encore ... Ensuite, mon cerveau s'éparpille, et je ressens un grand vide, comme s'il se mettait en grève, refusant de réfléchir à la question qui lui est posée.
Je me demandais tout à l'heure ce que tu me répondrais si je te disais, lorsque tu seras rentrée à Paris, que j'ai envie de passer une soirée avec toi, de te voir. Je me demandais si tu en aurais vraiment envie. Je me demandais ce que tu ressentirais en me voyant, ce que tu ressentirais en passant du temps avec moi, ce que tu ressentiras vis à vis de moi lorsque tu seras avec lui enfin.

Hum ...

J'ai toujours eu la chance d'avoir un sommeil très bon, mises à part des insomnies pendant une courte période de mon enfance. Pourtant depuis cette séparation, mes nuits sont tourmentées, à peu près autant que mes jours, ce qui n'est pas peu dire. Je dors très mal, je me réveille sans cesse. Tiens, cette nuit, je me suis réveillée en sursaut, vers 4h du matin, sans raison. J'ai attrapé mon téléphone, pour regarder l'heure, et au moment où je prenais le téléphone, j'ai reçu un texto de toi, un texto qui disait que tu me sentais devenir distante, que c'était probablement mieux ainsi même si ça te touchait, et que tu ne me retiendrais pas, car ce serait trop égoïste, mais que tu espérais me revoir un jour. Pour finir, tu me disais : "je ne t'oublierai pas".
Est-ce le tourment de tes nuits, de tes jours, qui tourmente les miennes ? Je ne sais pas. Comme j'aimerais te parler, savoir tout ce qu'il y a dans ta tête en ce moment, savoir comment tu vas, savoir ce que tu fais, savoir ce que tu vis. En fait, j'aimerais être avec toi ... Mais je suis là, ailleurs, et je suis si triste sans toi ...



01/08/2007 – SAIGON 2
 
Le réveil est difficile, la soirée de la veille se ressent. Nous partons visiter une pagode, la pagode de Jade. Lorsque nous arrivons, une cérémonie a lieu. Cet endroit, abrité des klaxons saigonais, s’envahit de chants et percussions chaotiques. Nous nous laissons guider par la musique, et assistons à la prière. C’est envoûtant. Incompréhensible et chaotique, mais envoûtant.
Après un petit détour par l’hôpital pour régler mon petit problème auditif, nous partons en cyclo-pousse visiter le quartier chinois de la ville. Mon chauffeur est un ancien général de l’armée sud-vietnamienne. Il me montre un texte écrit en anglais par lui-même expliquant sa vie. Ses 9 années passées en camp de « rééducation », c'est-à-dire en prison. Pas besoin de faire un dessin. Son goût amer de la défaite de 1975. Sa haine des communistes qui ont détruit sa vie. Qu’il aurait voulu tuer. Il ne peut pas se marier. Il ne peut pas trouver un vrai travail. I est exclu du Vietnam, et regrette son ancien pays, le Vietnam du sud. Bon sang que c’est émouvant. Le guerre est si présente ici.
 

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Samedi 12 janvier 2008

Le temps s'étend à n'en plus finir. J'ai l'impression que nous nous sommes quittées il y a des mois. J'ai du mal à me souvenir ton visage, ta voix, tes caresses, tes baisers. Ne reste que la sensation de les avoir connus, et le manque qui accompagne leur absence.
Je ne sais pas quoi faire, je suis complètement perdue, ailleurs, mais où ? Garder contact avec toi, c'est m'infliger de petites souffrances quotidiennes. Couper le contact avec toi c'est m'infliger une grande souffrance aujourd'hui. Je ne sais pas ... Je sens aussi que j'ai envie de rester dans ta vie parce que je veux garder une place. Tu le sais, je ne te souhaite pas heureuse avec X.... Je ne veux même pas t'imaginer heureuse avec lui. Il semble que mon amour pour toi soit un peu égoïste ...
Tu me manques, je m'endors épuisée, blottie dans ton souvenir, le dos tourné à mes espoirs.


31/07/2007 – SAIGON
 
Arrivée à Saigon. La ville de mon père. Une ville bruyante. Congestionnée de toute part. Rebaptisée HochiMinVille après la fin de la guerre en 1975. Je tente d’imaginer ce qu’a connu mon père. Pas facile.
Cela fait une semaine que je n’entends pas d’une oreille et que je me trouve un peu enfermée dans mon monde. Après une courte visite à l’hôpital, j’entends de nouveau, et quelle agression pour mes oreilles ! Que de bruit, moteurs, klaxons, enfants jouant à cache-cache mais qui, c’est certains, ne restent pas cachés longtemps tellement ils chialent (ça, c’est mon amour paradoxal des enfants :) ) … Je m’achète rapidement des boules-Quiès !
Saigon est une ville très moderne, où se côtoient les nouveaux de ce monde et les soldas sud-vietnamiens de la guerre, déchus.
Nous visitons le palais de l’indépendance, et le musée de la guerre, anciennement nommé Musée des atrocités perpétuées par les US au peuple VN. Sans équivoque.
Le palais est le lieu où prit fin la guerre le 30/04/1975. Le président sud-VN y attendait les Vietcongs qui abattirent avec leurs tanks la grille d’entrée. Le lieu est laissé tel quel, avec le faste des grandes salles où passèrent nombre de représentants US. Les photos sont émouvantes, souvenirs de ce jour particulier. Nous regardons un film retraçant la guerre, où les US sont les Ennemis, les Vietcongs les alliés, en lutte pour la libération du Vietnam contre l’invasion de l’Ennemi. Drôle de vision de l’Histoire. Revue à la sauce du vainqueur. Comme toujours, ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire.
Le musée de la guerre est horrible. Nombre de photos retracent les 10 dernières années de guerre, jonglant entre les 2 camps. Les pires photos sont celles des conséquences de la guerre. Les armes chimiques. Naphtaline. Agent orange. Utilisées par les US, notamment pour supprimer la végétation où se cachaient les Vietcongs. Conséquences désastreuses sur la vie des gens, encore. Tant de morts. Tant de malheur. J’en ai eu envie de vomir. Me suis échappée de la salle juste à temps pour reprendre contenance. Avec ces photos, l’histoire me frappe de plein fouet, et je n’en garde, ne veux en garder qu’une seule morale : n’oublions pas le passé, et servons nous en pour ne pas répéter les mêmes horreurs à l’avenir.

Loin de tout ça, le soir nous sortons dans une espèce de bar-boîte. Have fun in Saigon avec des sud-coréens. Je me sens déphasée. Je pense à toi, papa.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Vendredi 11 janvier 2008

Je suis fatiguée de ressasser toujours les mêmes pensées à ton sujet. Pourtant je continue ... Je n'ai jamais su voir les limites de ma fatigue. Cette rupture est difficile. La période entière est difficile pour moi. Les incertitudes de ma vie sont permanentes, je me sens tel un bout de bois sur la mer, secoué par les vagues, errant à la dérive, ballotté de ci de là sans aucune prise sur les événements. (Y'en a toujours des événements, même de plus en plus des événements. Même que plus ils changent la place, plus il y en a des événements ... Savent plus quoi faire avec les événements !)
J'aimerais m'échouer sur une île déserte pour ne plus penser qu'à ma survie, sans me préoccuper de mon bonheur, de mon avenir, de ma carrière, de mon couple, de mes rêves. J'aimerais m'échouer sur une île d'oubli et ne plus jamais me rappeler les sentiments éprouvés, trop éprouvants. Mais j'aimerais aussi m'échouer sur une île de rêve pour me dire que tout est permis. Par dessus tout j'aimerais m'échouer sur une île où tu serais, toi, où le monde extérieur n'aurait aucune prise sur toi, où les perspectives d'avenir n'auraient pas lieu d'être, une île de mémoire, une île sans avenir, une île de l'instant, sans tourment, une île d'amour sincère. Oui : si, chavirant dans le creux d'une vague, je devais m'échouer quelque part, j'aimerais que ce soit là, dans la douceur de ton étreinte ... Tu le sais.

Ma grand-mère est toujours hospitalisée, elle va de plus en plus mal. Ma mère n'est presque jamais à la maison, elle reste à son chevet. Je l'aide beaucoup, mais comme en plus je travaille la journée, que mon père est en déplacement, que ma soeur n'est pas là, et que mon frère est égoïste, tout ceci est un peu trop lourd pour moi. Je me sens très seule. Encore plus seule ...
Le père d'un ami a été incinéré aujourd'hui. Je suis allée à la cérémonie, j'ai pleuré, plus par solidarité avec mon ami que par réelle tristesse pour la personne disparue je crois. J'ai pensé avec amertume à la vie "après", à la vie "sans", j'ai pensé à la douleur de perdre un être aimé, à jamais ... J'ai posé une main de présence sur l'épaule de mon ami, et j'ai pleuré pour lui.

Malgré tout, c'est à toi que je pense en permanence, et de telles pensées me font me sentir très égoïste.
Echange de textos avec toi aujourd'hui, finalement une fois de plus la question qui se pose est : couper le contact ou non ? Tu me dis : "mais tu dois m'oublier, et je ne veux pas entretenir une lueur d'espoir". Je te réponds que pour moi tout contact est un espoir, et que tu le sais. Je te réponds aussi que je suis perdue. Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas quoi faire. J'oscille d'un extrême à l'autre. Ton dernier texto dit :
"Et pour ma part je ne sais pas quoi faire. J'ai l'impression que te perdre complètement et la seule solution qui se dessine ... Pour moi, tout dépend de toi maintenant. Je t'embrasse, je t'aime."
Pourquoi une fois encore ajouter que tu m'aimes ? Pourquoi, alors que tu ne veux me laisser aucun espoir ? N'as tu pas compris que ce que j'espère de ces échanges avec toi, ce sont justement de tels mots qui montrent que tu ne m'oublies pas ? Que ce sont ces mêmes mots qui me font espérer alors que tout espoir devrait être mort ? Je ne peux pas croire que tu ne m'aies pas tout à fait comprise depuis tout ce temps. Moi, cette manière de conclure me révolte, elle me montre que tu n'assumes pas complètement tes choix. Et j'aime ça ... Quelque part. Si tu assumais de manière forte, si tu voulais ne me donner aucun espoir, tu ne me dirais plus que tu m'aimes, même si tu le ressentais d'une manière intense. Dans un sens je te le reproche, et pourtant en même temps j'aime que tu me le dises. J'aime que tu me dises "je t'aime" ou "je t'embrasse". Je t'aime ...
Quoiqu'il en soit, le résultat est le même, je ne sais pas quoi faire. J'appréhende notre retour à Paris.

Et la pensée qui tourne le plus dans ma tête c'est : quel gâchis, mais quel gâchis ...
Je dois t'oublier, et tu ne m'y aides pas, parce que tu ne parviens pas à faire quelque chose contre mon gré, et contre le tien : couper le contact. Je t'en voudrais énormément, mais ce serait probablement la meilleure chose à faire pour moi. A moins que tu ne veuilles en fait me laisser un peu d'espoir ...
Oui, je t'en voudrais, terriblement, et tu ne supportes pas cette idée, parce que tu m'aimes, et c'est aussi pour cela que je t'aime.

J'arrête là mes constatations et réflexions sans grand intérêt, je me dis simplement que je me relirai dans quelques mois, années, et que j'arriverai peut être à sourire de tout cela. Peut être, ... M
ais pour le moment, rien de tel.
Je dors toujours avec la peluche-taureau que tu m'as ramenée d'Espagne. Pitoyable, n'est ce pas ?
Bon sang, comme tu me manques ... !


26/07/2007 - 27/07/2007 - 28/07/2007 - 29/07/2007 - 30/07/2007 - 31/07/2007 -  HOI AN
 
Qu'il fait bon de vivre à Hoi an !
Plage tous les jours, piscine à l'hotel, shopping sur mesure. A tel point que l'on y reste 5 jours ! L'avantage d'avoir aucun planning... La vie est dure, entre farniente et shopping :)
Tout le monde est ici très gentil. Les dames à la plage vendant fruits, bracelets, crème solaire et autres sont un exemple de patience et d'amabilité, et leur sourire est splendide. Elles arpentent la plage vêtues des pieds à la tête : « I'm hot, but if my skin is white, I'm happy ! »
Il fait dans les 40°...
Les « Taylors » travaillent tous les jours de 8h à 22h. De longues journées, difficile d'avoir une vie à côté de ça me confie l'une d'entre elles. Son rêve est d'ailleurs de vivre en France. Très fatiguée, elle se réfugie avec moi dans la cabine d'essayage, le temps pour elle d'un break et de papoter un peu. Oublions la pudeur après tout, si je peux lui offrir ça... Elles aiment le fait que mon prénom, apparent sur ma carte de crédit, soit vietnamien. J'aime qu'elles aiment. Beaucoup de curiosité exprimée vis-à-vis de ce vietnamien, mon père, qui a pu quitter le Vietnam avec toute sa famille. Beaucoup de moments partagés avec ces jeunes filles qui côtoient tant le monde occidental à travers nos discussions ensemble, et qui sont ouvertes au point de nous partager un peu du leur. Elles me touchent tant. Je me souviendrai d'elles, et si ma mémoire peut se faire défaillante, je suis sûre que ma carte de crédit se souviendra à coup sûr de ces quelques jours à Hoi An ! :) mais je repars le sac plein de tailleurs, robes sur mesure, robe de soirée, etc...
 
Aux environs de Hoi An se trouve My Son, vestiges de l'empire Cham du IVème au XVème siècle. Nous décidons d'y aller à moto, et bien sûr, nous nous perdons ! Après 1h30 de route, nous arrivons dans une grande ville. Nous y demandons comment se rendre à My Son, et la réponse ne se fait pas attendre : « Allez jusqu'à Hoi An et tournez à droite ». Mais on vient de Hoi An !!! Argh. Après divers détours par ci par là pour éviter de retourner au point de départ, nous arrivons sur une route qui mène tout droit vers... le fleuve ! Pas de pont? rien. Heureusement surgit une barque venue de nulle part, qu'il est possible d'emprunter avec notre moto pour traverser le fleuve. Jusqu'à 4 motos prennent cette navette « suprise » ! Mouais. Visiblement tout de même, nous avons raté le pont.
Les vestiges Cham sont impressionnants, et encore une fois, notre autonomie nous permet de visiter le site très touristique ... seuls !!! personne pour nous ennuyer, nous passons même près d'une demie heure à essayer de faire une photo à l'effigie de Shiva.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Jeudi 10 janvier 2008

J'ai passé une journée très agréable avec F... Les deux autres sont partis ce matin. Nous sommes montées à cheval ensemble,
c'était la première fois pour elle et j'ai pris beaucoup de plaisir à l'accompagner dans ces premiers pas pleins d'appréhension. 
Ca m'a fait beaucoup de bien qu'elle soit là ces derniers jours, sa présence m'apporte toujours du recul sur les choses que je vis, parce que je sais que c'est une personne "sage". J'ai senti ces derniers mois notre lien amical se renforcer, jusqu'à sentir sa présence aujourd'hui comme un réconfort et un bienfait. L'amitié est précieuse ...

La nuit dernière a été très mauvaise, hantée de cauchemars aux contours incertains, aux significations obscures. Ne m'en restait au réveil qu'un vague souvenir. Quoiqu'il en soit, je sais que certains tournaient autour de toi, même si je ne m'en souviens plus très bien. Je le sais, parce que je me suis réveillée au milieu de la nuit, trempée de sueur, des larmes inondant mon visage, avec au creux du ventre un manque immense, et dans la tête une seule pensée : toi.
Je suis triste mon amour... Je me répète, je sais, mais je suis tellement triste. Ca ne passe pas. Une pointe de résignation perce, mais la tristesse, elle, reste.

J'ai encore des réflexes qui ne devraient plus être les miens. Je vois, j'entends, je sens, je goûte quelque chose, et je me dis que ça te plairait. Ou non. Je me dis que tu connais, ou que tu ne connais pas, je me dis que j'aurais aimé le partager avec toi, ou te le faire découvrir, selon ... Je pense à des choses que je pourrais faire avec toi, je pense à cette multitude de petites choses insignifiantes que j'aimais partager avec toi, et aux plus importantes aussi. Je pense à ce que je ne ferai plus jamais avec toi, et à ce que j'ai voulu faire sans en trouver le temps, l'enthousiasme ou le dynamisme. Je pense à ce que je n'ai pas osé. Je pense à ce que tu n'aurais pas accepté.
Je pense sans cesse à ces baisers, ces baisers que j'aimais tant. J'ai toujours accordé énormément d'importance au baiser, et j'ai aimé embrassé certaines personnes, vraiment, mais jamais je n'ai pris autant de plaisir à embrasser quelqu'un que toi. Jamais je n'ai senti autant de douceur et de désir dans un baiser ... Mon royaume pour un baiser de toi ! Je n'ai pas de royaume me dis-tu ? Voyons, il est intérieur mon royaume ... Et il t'est entièrement dédié, alors te le céder n'y changerait pas grand chose.

Je ne veux plus de tous ces réflexes qui inlassablement me ramènent à toi.
De ces envies, de ces ennuis, de ces jalousies. Je cherche l'oubli, mais il ne me connaît pas. J'appelle mon amie l'insouciance, mais elle répond absente. Mon père et ma mère, générosité et joie de vivre, se sont arrêtés en chemin pour cueillir les bouquets de fleurs poussant dans les contrées gorgées de soleil, alors qu'ici s'étend la nuit. Je n'ai plus d'endroit où donner refuge à mes sentiments, je suis à nu et ne me suis jamais sentie aussi seule. Je me trouve actuellement dans un état d'équilibre précaire, dans lequel le basculement est permis à tout instant. J'ai peur ... Peur de l'état dans lequel je suis.

Je t'aime, je t'aime, je t'aime !

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 9 janvier 2008
 


(PRÉCÉDENT)


Voici une journée sans travail qui s'achève. J'avais oublié comme c'est bon ... J'en ai profité pour passer du temps avec les amies venues me rendre visite. Nous sommes allées flâner au marché ce matin, attrapant à la gare un ami à elles venu nous rejoindre pour le week-end. Puis, sacs sur le dos et appareils photos en bandoulière, nous sommes partis pour une promenade. J'ai emprunté, à pied pour la première fois depuis longtemps, ces mêmes chemins que je parcours habituellement à cheval. Le point de vue n'est pas le même. J'ai, nous avons, pris le temps. Sans précipitation et sans contrainte, nous avons cheminé, les pieds dans l'herbe, la terre ou même l'eau, la tête dans le soleil. Un soleil de plomb qui nous a permis d'apprécier avec volupté la baignade offerte par un coin de rivière. Puis, lasse, je suis sortie de l'eau et me suis allongée au soleil, m'emplissant des éclaboussements de rire et des éclats de joie des autres. Je me suis sentie vivre par procuration à travers eux, et c'était bon. Alors qu'ils réchauffaient mon coeur, le soleil s'occupait de ma peau. Je me suis assoupie, quelques minutes à peine, juste pour pouvoir me réveiller et sourire à la vie. J'ai essayé ....


Nous sommes rentrés et, réunis autour d'un apéritif estival, nous avons parlé, de tout et de rien, mais surtout de tout, jusqu'au milieu de la nuit. Nous avons oublié de manger, je crois ...


J'ai beaucoup pensé à toi. Je suis sans nouvelle de toi, et c'est sans doute normal. Mais si difficile aussi, ... comme prévu. Je me demande en permanence ce que tu fais, ce que tu vis, ce que tu penses. Je me demande si par cette absence et ce manque de contact je suis en train de sortir de ton esprit, si tu m'oublies un peu, ou si tu penses à moi. Je te pense seule de ton côté, et moi seule du mien, chacune dans notre isolement, chacune luttant pour ne pas contacter l'autre, j'ai le sentiment que cette fois-ci nous serons efficaces ...

Je suis triste.

J'ai eu une discussion à ton sujet avec F... ce soir. Elle m'a bien sûr conseillé de ne plus du tout te contacter, de quelque manière que ce soit, d'éviter absolument de te revoir pour le moment, d'éviter les lieux où je pourrais te croiser. Elle dit qu'elle me connaît un peu. Depuis quelques mois, je lui parle de toi, de nous. Elle m'a écoutée, et elle a compris, je crois. Elle me dit que te voir remettrait tout en question et qu'il ne faut pas, parce que reproduire indéfiniment les mêmes schémas, c'est très néfaste, que je dois penser à moi maintenant. Elle me dit que je ne dois plus me confronter à des situations qui me font souffrir.  

Cette discussion ne change rien, je prends toujours mes décisions seule, mais ... Je prends peu à peu conscience de cette nécessité impérieuse de reprendre mon souffle, de me concentrer sur autre chose, voire sur quelqu'un d'autre.  

Pourtant, mon seul désir, c'est de te retrouver à terme.

Il faut que je t'écrive comme cela, abstraitement, dans quelque chose que tu ne liras jamais, mais je me sens un peu moins seule, comme si je te parlais vraiment, et ça me permet de tenir, de ne rien faire pour me rappeler à toi, de ne pas agir. Parfois c'est étrange, je ne sais plus différencier ce que je t'ai réellement dit / écrit  de ce que je t'ai glissé ici.  

Je me sens douloureusement seule sans toi.

Tu me manques.

Quand ces mots ne trouveront-ils plus aucun sens, aucune résonance ? Est ce que d'une certaine manière tu hanteras toute ma vie ?

  Je t'aime ...

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
 
 
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