Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Mardi 12 septembre 2006



Au hasard d’un trottoir, je prends une photo. Les bateaux-moches filent et les reflets de mon passé défilent sur la Seine. Je me promène, le corps léger mais le cœur en larmes. Quand cesseras-tu de me hanter ?

Une journée magnifique, des Parisiens souriants, un jeune homme charmant : ce n’est pas courant. Mais tout cela, je l’ai obtenu trop facilement. L’être humain est ainsi fait qu’il ne désire ardemment que l’inatteignable. Tu m’as enchaînée, entraînée, dans les illusions d’une passion à laquelle tu ne cèderas pas. Tu aimes plaire, ne sais pas dire non. Mais notre histoire s’arrête là. Rien de plus à espérer, aucune place à usurper dans ton intimité déchaînée. Je ne voulais pas céder à la colère devant toi. J’ai intériorisé, repris mon souffle, fait rattraper à mon cœur les battements qu’il avait sautés.
Inspire. Expire.

Maintenant, je marche, furieuse. J’en veux à la terre entière, je fulmine de ne savoir partager ma peine, de ne comprendre que la tienne. Je t’en veux de m’avoir laissée croire, et te supplie de ne jamais m’enlever l’espoir.
Je ne sais pas ce qui a ramené mes pas jusqu’ici ? Assise sur un parapet, les pieds dans le vide, et un peu plus loin l’eau qui s’enfuit. A mes pieds, les gens qui passent. Dans mon dos, le panneau des bateaux-moches, trop chaud d’avoir passé l’après midi au soleil. Le métal brûle mes omoplates, mais je m’en moque, car mes pensées suffoquent.
Je ferme les yeux, et soudain j’entends tout. Les peines partagées, les envies négligées. Je m’ouvre à cette humanité torturée. J’oublie mes chagrins, anodins face au poids des lamentations de ce monde. Je saisis les pensées, elles s’entremêlent dans ma tête, puis se séparent et reprennent leur chemin.
Une femme anéantie d’avoir perdu son enfant, encore une fois trop tôt. Un homme, soucieux de ne pas perdre l’amour de sa vie pour une stupidité sans lendemain. Un vieillard anxieux, qui s’apprête, sur le seuil de la maison de retraite, à renoncer au lendemain. Un enfant larmoyant sur la tombe de sa maman. Un poète cherchant ses mots, se laissant envahir par la rage de ne plus les trouver. Une gardienne de prison recroquevillée dans la cellule où on l’a tabassée. Une diseuse de bonne aventure terrassée par une fin sordide qu’elle avait vue venir. Un officier de la police judiciaire qui vient de retrouver, découpé, le corps de la jeune femme sur laquelle il enquêtait depuis des mois.

STOP !

Je n’ai pas les épaules assez solides pour porter le malheur du monde. Je ne prétends pas au bonheur, je veux simplement ne plus avoir peur. Peur de m’engager, peur de sombrer, peur d’oublier.
Mais j’ai compris, et je m’en vais le cœur plus léger. Je ne suis pas la plus malheureuse dans ce monde.
Je sors de cette torpeur salvatrice, je m’étire. A trop lézarder au soleil, le bout de mon nez est devenu rouge. Je frotte mon visage, comme pour chasser les dernières images du mirage des ruines de mon âme. Je souris. Je saute sur le trottoir, et affiche une mine ravie à la face de ce monde que j’ai côtoyé l’espace d’un instant. Je croise un regard, séducteur. Mes oreilles sentent mon sourire qui s’élargit. Me voilà repartie.
Par * Andromède * - Publié dans : Rencontres
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Lundi 11 septembre 2006



Alors qu’elle claque la porte, elle sait déjà qu’elle le regrettera … et pourtant ! Quoi de plus éprouvant qu’une relation de combat, de solitude, d’exagérations simultanées, contrôlées et calculées ? Mensonges à soi-même, mensonges à l’autre, et sans le vouloir ils se sont perdus, l’un dans l’autre et l’autre dans l’un, à ne plus savoir comment s’en sortir, à choisir de fuir, pour toujours et à jamais.

Ce soir elle se couche seule, consciente dans sa chair de cette solitude, insouciante des tracas oubliés et oublieuse des instants dépassés. Un grand sentiment de lassitude l’envahit, à quoi bon ? Corps et esprit ne font qu’un, déchirés par une souffrance sans nom et sans consistance. Du vent dans les branches de sa mémoire lacérée.
Elle ne sait plus qui elle est, ni ce qu’elle veut, elle n’a plus d’idées et plus d’envies, elle se sent creuse ; un hurlement intérieur gronde pour qu’enfin on lui donne matière à remplir ce vide immense. Alors même qu’elle aspire à devenir ce qu’elle est, elle tente d’ignorer l’appel du désespoir, sourde à ce qui tente de la détruire, forte dans ses faiblesses car consciente de ses limites.

En Lui, elle avait mis toute sa confiance, elle s’était livrée pleine et entière, ignorante des vices de la vertu. Elle l’aimait comme on peut aimer quand on a la vie devant soi et peu à abandonner derrière : sans retenue ni faux semblants.
Elle avait décidé d’elle même de ne pas aller au devant de ce qui les attendait, d’ignorer ce qui les séparait et ceux qui voulaient lui faire croire qu’elle prenait des risques à s’exposer ainsi. Et devant les assauts trop nombreux, elle avait édifié ses remparts pour se protéger, elle se croyait hors d’atteinte et la chute n’en fut que plus douloureuse.
Machinalement, brutalement, inconsidéremment, comment savoir ? Elle ne se rappelle pas ce qui les a conduits ici, pourquoi elle ne sait plus se poser les bonnes questions, comment elle a pu abandonner ainsi ce qu’elle pensait être sa seule voie tracée, pensée, sensée.

Apaisement éphémère, des idées plein la tête et aucune motivation pour les mettre en œuvre, une vie sans objet, un corps sans désir et des mots maladroits. La voix rauque, les yeux humides, elle n’y peut rien, ils la regardent comme quelqu’un d’autre. Qu’y a-t-il de si différent aujourd’hui ? Elle est seule.
Il n’était plus rien, aucune importance, elle ne le portait plus dans son quotidien, dans son inconscient, alors pourquoi est ce qu’elle se sent mal ? Elle se sent sale de ne rien ressentir ; elle ne supporte pas les pleurs. Il la supplie et elle ne peut rien changer désormais à cette situation qui lui échappe. Peu importe, elle est insensible, immunisée, elle a appris à endurcir son cœur. Et après ? Elle est seule, et malgré tout le reste c’est tout ce qu’elle parvient à garder constamment à l’esprit.
Par * Andromède * - Publié dans : "Seules"
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Lundi 11 septembre 2006


Montagne, lorsque je te regarde j’oublie la fureur qui gronde en moi, je m’oublie en toi. A l’ombre de nous même, je partage l’issue d’une histoire sans lendemain. Dans l’obscurité d’un horizon lointain, je tente vainement de discerner la lueur d’espoir, celle-là même qui hier encore te faisait défaut.
Dans la brume de mes songes engourdis, soudain l’innocence tente une incursion : j’ai peur. Peur qu’elle n’éclate, ballotée par la mer tourmentée, contre les récifs de ton inconscient submergé. Besoin d’oublier, désir d’ignorer, je cours toujours.

Des visages m’entourent. Je veux les voir pour mieux les dessiner, mais ils se confondent tous dans un rideau de pluie : insouciance d’une jeunesse épurée, chatoyance d’un amour désiré, impatience d’une attente maîtrisée. Je lis dans leurs yeux les attentes, les envies, les oublis d’une humanité désenchantée. Et tout se confond : le nain de jardin avec le jeune à jeun, le vieil homme impatient qui hume les senteurs de son passé desséché, la femme en mal d’amour qui feint la faim d’une histoire sans fin …

Je me détourne et, au dessus de la cheminée, je distingue une croix de bois. Que fait-elle ici ? Et si, oubliée par un être venu d’une autre planète, elle n’était finalement que le reflet miséreux d’une civilisation en déclin ? Peu m’importent les préoccupations de ce peuple au devenir improbable, au passé ponctué de pics et de promesses mal tenues. Mon cœur en flammes s’en détourne, attiré par la route.
Un enfant court, il se jette sous la voiture qui roule à tombeau ouvert. Couleur de pneu ? Tourne, retourne et tourne encore. Elle a changé. Rouge sang. Rouge vie. Rouge de rires et de déceptions. Rouge de passion. J’oublie ce petit corps sans vie comme j’oublierai tout le reste au réveil, quand le monde de ma nuit, peuplé de souvenirs improbables et sans pitié, retirera son voile de mes yeux horrifiés ou émerveillés, selon.

Je vis la vie d’un songe, endormie, je prends ce qu’il me donne, je me défends contre ses griffes acérées ou j’accepte ses témoignages éphémères de tendresse. Tout va trop vite. Le monde entier s’évite, se
détourne, baisse les yeux, oublie bien vite qu’ici l’engagement est anodin, les promesses toujours sans lendemain.
Devant mes yeux ébahis, le mirage d’une vie sans virage me montre son visage. Depuis mon petit nuage, j’envisage un saut en parachute jusqu’à cette terre dont j’ai rêvé tant d’images. Appréhension du saut sans filet …
Un …
Deux …
Trois !
Le vent fouette mon visage. Sensation étrange d’un univers à jamais perdu, d’une vie nouvelle pleine de promesses mais dissolue. J’oublie, j’espère, j’envie, et enfin j’atterris. Et tout me paraît plus beau, plus grand. C’en est fini de ma vie mini, de ce monde pourri !

Sur la ligne de cet horizon nouveau, un point aux allures étranges se dessine. Une peu comme une lune : pâle … mais unique ! Je la fixe obstinément, et elle m’ouvre les yeux. Je reviens à moi.
Traîtrise du réveil après la sieste !
Par * Andromède * - Publié dans : En vrac
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Lundi 11 septembre 2006

Elle ouvre les yeux, engourdis par une lutte nocturne incessante, voilés par un jour naissant mais hostile. Un combat quotidien éternellement recommencé. Et les habituelles pensées, toujours plus noires car trop ressassées, l’aggripent.
Qu’a-t-elle donné hier de plus qu’un sourire hypocrite et gratuit ? Que fait-elle maintenant pour se construire ? Pourquoi refuse-t-elle ce lendemain qui lui tend les bras ?
Son corps, engourdi d’avoir trop espéré l’harmonie, cherche l’éveil et elle l’en empêche ; elle passe la main dans ses cheveux, frustrés eux aussi par la tension ambiante. La bouche pâteuse, le corps en manque, les idées en rade, et la vie en vrac.

Vie de partage …
Partage de l’ivresse …
Ivresse du savoir …
Savoir en folie …
Folie d’une rencontre …
Rencontre de l’illusion …
Illusion de l’amour …
Amour falsifié, amour déguisé, amour perverti par le vertige …
Vertige d’une ultime danse, alors que la lune, pâle et triste, s’éteint à tout jamais sur cet horizon, obscurci par des années passées à contempler le monde qui s’effondre.

Raisonnement d’une jeune femme usée avant l’âge, usée d’avoir tellement rêvé : rêvé à s’en décrocher les paupières, pour les accrocher sur la dernière branche de l’étoile la mieux fixée du décor en carton pâte de ses rêves éveillés. Elle ne veut plus revenir dans le monde des illuminés de la réalité, à ne plus savoir comment parler pour qu’on l’écoute, à ne plus pouvoir entendre, voir, sentir, toucher, goûter, mourir, sans fermer les yeux.
Trop d’espoir en lambeaux, trop d’histoires en morceaux, elle n’en veut plus, elle n’en peut plus, lassée pour toujours ou au moins jusqu’à demain de cette valse de faux semblants. Elle veut simplement boire pour oublier, emportée par la folie d’une vie rêvée ou d’un rêve vivant.
Par * Andromède * - Publié dans : "Seules"
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Lundi 11 septembre 2006

Quelques mots de présentation pour ce blog naissant : à un passant, à une passante, je dédie ce que je veux partager, ma plume surtout, mais aussi quelques-unes de mes photos et, misant sur l’ouverture, un petit peu de tout le reste peut-être.

L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. Et me frotter à l’opinion de l’Autre, c’est le seul moyen que je connaisse pour donner le meilleur de moi-même

J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
Par *** Andromède *** - Publié dans : Ecrirelavie / Vie du BLOG
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