"ECRIRE, C'EST AUSSI NE PAS PARLER. C'EST SE TAIRE. C'EST HURLER SANS BRUIT." [Marguerite Duras]


Voici mes pensées : certaines sont de purs fruits de mon imaginaire, tandis que d'autres ont soufflé sur mon vécu.
La frontière est parfois ténue, ... et alors ?

 

Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : Quand l'écriture devient art de vivre
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  • : Journal Intime
  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Samedi 16 septembre 2006


Sommeil enchanteur ! Dans les moments de dur labeur, j’en appelle à ta rigueur de triste sire qui toujours sur les hauteurs de ta douceur m’attire.
J’aimerais plonger mes yeux dans ton âme, dans les vagues de la vie mener une barque chahutante, aux souvenirs endoloris, au regard maladroit mais au cœur sincère.
Dans mes songes, je vois en toi la raison d’un lendemain chatoyant. Mais je m’essouffle, je perds mon souffle. Une fois. Deux fois. Trois fois. Et si je m’étouffe ? Mon cœur repart, et je rêve de te l’ouvrir, alors même que
tu n’en veux pas la clé.
Sur le bord, à la lueur d’une torche qui ne s’éteint jamais, quelqu’un nous observe, spectateur dans l’instant, mais je le sais acteur, voire auteur. Je me débats, horrifiée par les mailles du filet qui se resserrent.
Je me réveille.
Le monde de ma nuit lui même n’est plus un refuge. Plus tourmenté que mes journées, tu le hantes, tu y habites, mais toujours m’échappes, inatteignable, insaisissable ou floue. En sueur, presque en pleurs, un sursaut me ramène à la réalité : le rythme effréné des battements de mon cœur remonte dans mes tempes. La nuit, j’ai peur du jour, le jour j’ai peur toujours. D’un non-retour, d’un manque d’amour, de lassitude autour, que revienne mon tour.
par * Andromède * publié dans : En vrac
Samedi 16 septembre 2006


Je tremble d’impatience et frémis d’incertitude. Je veux te retrouver, toi ma plume, et avec toi refaire le monde. Plaquer mes émotions, les prendre en suspens, les amener sur notre papier, les oublier une fois couchées, les revivre chaque fois plus intensément. J’ai besoin de sentiments que je pourrais saisir en équilibre, tendres et fragiles, doux et poétiques.


- « File ma plume au gré de mes pérégrinations. Sois fidèle à ma pensée et ne te laisse pas trop aller. Déçois ceux qui t’ont trahie et encense tes amis. Sur ces mots d’encouragement, je te laisse et te livre à tes envies. Je t’autorise tout ce que tu te permettras, mais me dédouane des pensées les plus osées. Je m’engage à te soutenir quoiqu’il advienne, mais ne prétends pas alors répondre de tous mes actes ».

- « Je laisse filer les mots, comme tu me l’as appris. Je libère ton esprit, en un terrain conquis : celui de ta pensée. Je te parle mais tu n’es déjà plus là. Tu m’as laissée te représenter, je saurai m’en montrer digne, je te le promets ».
par * Andromède * publié dans : En vrac
Mercredi 13 septembre 2006

Toi que j’ai attendue,
Pour oublier mon vécu.
Toi que j’ai désirée,
Pour enfin m’éveiller.
Toi qui m’a mise à nue,
Car tu m’as émue.




Je t’aurais dédié mes poèmes et mes fleurs,
Je t’aurais aimée sans trace de rancœur,
Je t’aurais apporté plus que des pleurs,
Je t’aurais choyée jusqu’à la douleur.

Avec toi, un lendemain n’a aucun sens,
Sans toi, bien malgré moi j’y pense.

Tu m’aurais dédié tes sourires et tes caresses,
Tu m’aurais aimée sans trace de faiblesse,
Tu m’aurais apporté plus que des promesses,
Tu m’aurais choyée jusqu’à la paresse.

L’avenir m’inonde de son grand sourire,
Partir ou souffrir, aujourd’hui il faut choisir.

Toi que j’ai attendue,
Pour oublier mon vécu.
Toi que j’ai désirée,
Pour enfin m’éveiller.
Toi que je n’attends plus,
Car tu m’as déçue.
par * Andromède * publié dans : 2) G ... Elle
Mercredi 13 septembre 2006

Je ferme les fenêtres. J’éteins le chauffe-eau. Je coupe l’eau. Je coupe l’électricité. Mes sacs sont dans l’entrée. Prête à partir, à m’envoler pour deux semaines de vacances non méritées. Je me vois déjà sur une plage de sable chaud, sirotant un cocktail aux mille saveurs. Zut, où sont mes clés ? Pas sur la commode dans l’entrée, pas dans ma poche, pas dans mon sac. Je les cherche pendant dix bonnes minutes. Eh oui, avec la guerre de tranchées que je laisse dans l’appartement, pas évident de retrouver des petites clés de rien du tout. Finalement, elles étaient sur la commode de l’entrée, sous un tas de papiers. EDF, GDF, Internet, … Les factures attendront mon retour, il ne sont pas à quinze jours près tout de même !
Bon, cette fois, c’est parti, je visse mes lunettes de soleil sur ma tête, et le sourire niais qui va avec tout ce que cette action représente apparaît. Hop, en vacances ! Je ferme la porte. Je hisse le sac à dos sur mes épaules, attrape mon sac en bandoulière, prends le gros sac de voyage de ma main droite et … Mais ! Pourquoi n’y a-t-il rien dans ma main gauche ? Hum hum, j’ai oublié les poubelles.
Marche arrière, j’ouvre la porte, attrape les poubelles, referme la porte, un sac, deux sacs, trois sacs, et les poubelles. Bon, c’est parti ! Heu … Je titube là, c’est normal ? Mais qu’est-ce que j’ai bien pu mettre dans ces sacs ? Je me persuade une dernière fois que tout m’est in-dis-pen-sa-ble. Allez, je ne vais pas me laisser abattre pour si peu.

En avant pour quatre étages d’escaliers recouverts de moquette glissante. Je manque de peu la chute au deuxième étage, mais me rattrape in extremis à la rambarde. La bandoulière du sac de voyage est rompue, il valse dans l’escalier, et finit au premier. Positivisme avant tout : ce sera toujours un étage de moins pour moi. La voisine du premier, un balai à la main sur son palier, me regarde passer d’un drôle d’œil. Je ramasse mon sac à ses pied. Bonjour madame. Belle journée, n’est-il pas ? Au plaisir. Zou, me voilà en bas de l’immeuble.
Bon, j’ai déjà vérifié trois fois là-haut, mais une de plus ou une de moins, j’ouvre mon sac et fais l’état des lieux des indispensables au départ : billet de train, ok, portefeuille et papiers d’identité, ok, téléphone portable, ok, clés de l’appartement, o… où sont mes clés ? Pas dans la petite poche habituelle de mon sac ! Décidément. Je vide trois fois le sac, alors que je sais pertinemment que je ne les mets JAMAIS ailleurs. Les minutes passent. Tic. Tac. L’angoisse m’étreint. Je lâche tous mes sacs, remonte les marches quatre à quatre jusqu’au quatrième. Elles sont là mes adorées, mes indispensables, mes vénérées clés. Restées sur la porte, dans la serrure. Hem. Bon, je redescends en trombe, pas question de louper mon train !

La rue est hostile, les gens tracent sans s’apercevoir de ma présence, droit devant eux, et tant pis si je ne m’écarte pas. Heure de pointe à Paris. Je me précipite vers ma propre perte et pénètre dans la bouche de métro. À ce stade de l’aventure, je ne suis déjà plus du tout présentable. Les cheveux en bataille, le visage rouge pivoine, dégoulinante de sueur, je dois faire un petit peu peur. D’ailleurs, je m’étonne que personne n’ait encore appelé les pompiers. Enfin, pour une fois, notre société individualiste a du bon, une intervention des pompiers m’aurait probablement fait rater mon train.

Dans le métro, la foule me regarde de manière étrange … À moins que ce ne soit moi qui me sente étrange ? Je fais tout mon possible pour calmer les battements de mon cœur. La chaleur est étouffante, les regards absents. Dans le métro, il y a peu de gens présents. Leur regard est ailleurs. Je me nourris de ces autres, flamboyants ou pitoyables, peu m’importe. Je les sens et le vent m’apporte les odeurs de leurs vies, lointaines ou mortellement proches. Certains me ressemblent, d’autres pas du tout. Oh, oui, j’ai envie de te parler du métro, de ces gens, de tous ces Parisiens que je croise chaque jour et que j’oublie chaque nuit. « Format disk ». Pour repartir chaque matin, l’esprit un peu plus sain. Je ne les oublie que pour mieux les regarder chaque jour. Et j’imagine. A quoi pense-t-il ? Est-elle heureuse ? Pourquoi pleure-t-elle ? Comment peut-il dormir dans un lieu pareil ? Je ne peux pas les regarder sans penser une seule fois à toi. Lequel, laquelle, aurait le plus touché ton imaginaire débordant ? J’imagine, je m’enracine, et, comme à mon habitude je me perds dans mes rêves. Je suis maladroite. Avec les mots, avec les objets, avec les gens. L’hésitation mène à la maladresse.

Une voix grésillante dans les haut-parleurs me tire de ma rêverie « Nation … Nation ». Quoi ? Comment ça, Nation ? Ah mais non, non, et non ! Je ne suis pas du tout d’accord là ! Ohhh … Zut de zut, j’ai loupé ma station. Po-si-ti-ver. De toutes manières, quand on est en avance, l’attente est insupportable dans les gares. Descente, changement de quai, demi-tour, et voilà « Gare de Lyon … Gare de Lyon ». Tout rentre dans l’ordre ; un coup d’œil à ma montre. Horreur et stupéfaction, il ne reste que quatre minutes avant le départ de mon train. Ah, mais je proteste, ça ne va pas se passer comme ça !

Aux grands maux, les grands remèdes : j’attrape tous mes sacs et je cours. J’arrive sur le quai, le train est encore là. Je saute dans la première voiture qui apparaît, et les portes se ferment sur moi. Ouf. Mes poumons sont en feu, mon corps en flaque, mon dos frissonne de tant de mauvais traitements, et moi, je suis heureuse.
Je suis en vacances, tralalalala.
par * Andromède * publié dans : En vrac
Mardi 12 septembre 2006



Au hasard d’un trottoir, je prends une photo. Les bateaux-moches filent et les reflets de mon passé défilent sur la Seine. Je me promène, le corps léger mais le cœur en larmes. Quand cesseras-tu de me hanter ?

Une journée magnifique, des Parisiens souriants, un jeune homme charmant : ce n’est pas courant. Mais tout cela, je l’ai obtenu trop facilement. L’être humain est ainsi fait qu’il ne désire ardemment que l’inatteignable. Tu m’as enchaînée, entraînée, dans les illusions d’une passion à laquelle tu ne cèderas pas. Tu aimes plaire, ne sais pas dire non. Mais notre histoire s’arrête là. Rien de plus à espérer, aucune place à usurper dans ton intimité déchaînée. Je ne voulais pas céder à la colère devant toi. J’ai intériorisé, repris mon souffle, fait rattraper à mon cœur les battements qu’il avait sautés.
Inspire. Expire.

Maintenant, je marche, furieuse. J’en veux à la terre entière, je fulmine de ne savoir partager ma peine, de ne comprendre que la tienne. Je t’en veux de m’avoir laissée croire, et te supplie de ne jamais m’enlever l’espoir.
Je ne sais pas ce qui a ramené mes pas jusqu’ici ? Assise sur un parapet, les pieds dans le vide, et un peu plus loin l’eau qui s’enfuit. A mes pieds, les gens qui passent. Dans mon dos, le panneau des bateaux-moches, trop chaud d’avoir passé l’après midi au soleil. Le métal brûle mes omoplates, mais je m’en moque, car mes pensées suffoquent.
Je ferme les yeux, et soudain j’entends tout. Les peines partagées, les envies négligées. Je m’ouvre à cette humanité torturée. J’oublie mes chagrins, anodins face au poids des lamentations de ce monde. Je saisis les pensées, elles s’entremêlent dans ma tête, puis se séparent et reprennent leur chemin.
Une femme anéantie d’avoir perdu son enfant, encore une fois trop tôt. Un homme, soucieux de ne pas perdre l’amour de sa vie pour une stupidité sans lendemain. Un vieillard anxieux, qui s’apprête, sur le seuil de la maison de retraite, à renoncer au lendemain. Un enfant larmoyant sur la tombe de sa maman. Un poète cherchant ses mots, se laissant envahir par la rage de ne plus les trouver. Une gardienne de prison recroquevillée dans la cellule où on l’a tabassée. Une diseuse de bonne aventure terrassée par une fin sordide qu’elle avait vue venir. Un officier de la police judiciaire qui vient de retrouver, découpé, le corps de la jeune femme sur laquelle il enquêtait depuis des mois.

STOP !

Je n’ai pas les épaules assez solides pour porter le malheur du monde. Je ne prétends pas au bonheur, je veux simplement ne plus avoir peur. Peur de m’engager, peur de sombrer, peur d’oublier.
Mais j’ai compris, et je m’en vais le cœur plus léger. Je ne suis pas la plus malheureuse dans ce monde.
Je sors de cette torpeur salvatrice, je m’étire. A trop lézarder au soleil, le bout de mon nez est devenu rouge. Je frotte mon visage, comme pour chasser les dernières images du mirage des ruines de mon âme. Je souris. Je saute sur le trottoir, et affiche une mine ravie à la face de ce monde que j’ai côtoyé l’espace d’un instant. Je croise un regard, séducteur. Mes oreilles sentent mon sourire qui s’élargit. Me voilà repartie.
par * Andromède * publié dans : Rencontres
Lundi 11 septembre 2006



Alors qu’elle claque la porte, elle sait déjà qu’elle le regrettera … et pourtant ! Quoi de plus éprouvant qu’une relation de combat, de solitude, d’exagérations simultanées, contrôlées et calculées ? Mensonges à soi-même, mensonges à l’autre, et sans le vouloir ils se sont perdus, l’un dans l’autre et l’autre dans l’un, à ne plus savoir comment s’en sortir, à choisir de fuir, pour toujours et à jamais.

Ce soir elle se couche seule, consciente dans sa chair de cette solitude, insouciante des tracas oubliés et oublieuse des instants dépassés. Un grand sentiment de lassitude l’envahit, à quoi bon ? Corps et esprit ne font qu’un, déchirés par une souffrance sans nom et sans consistance. Du vent dans les branches de sa mémoire lacérée.
Elle ne sait plus qui elle est, ni ce qu’elle veut, elle n’a plus d’idées et plus d’envies, elle se sent creuse ; un hurlement intérieur gronde pour qu’enfin on lui donne matière à remplir ce vide immense. Alors même qu’elle aspire à devenir ce qu’elle est, elle tente d’ignorer l’appel du désespoir, sourde à ce qui tente de la détruire, forte dans ses faiblesses car consciente de ses limites.

En Lui, elle avait mis toute sa confiance, elle s’était livrée pleine et entière, ignorante des vices de la vertu. Elle l’aimait comme on peut aimer quand on a la vie devant soi et peu à abandonner derrière : sans retenue ni faux semblants.
Elle avait décidé d’elle même de ne pas aller au devant de ce qui les attendait, d’ignorer ce qui les séparait et ceux qui voulaient lui faire croire qu’elle prenait des risques à s’exposer ainsi. Et devant les assauts trop nombreux, elle avait édifié ses remparts pour se protéger, elle se croyait hors d’atteinte et la chute n’en fut que plus douloureuse.
Machinalement, brutalement, inconsidéremment, comment savoir ? Elle ne se rappelle pas ce qui les a conduits ici, pourquoi elle ne sait plus se poser les bonnes questions, comment elle a pu abandonner ainsi ce qu’elle pensait être sa seule voie tracée, pensée, sensée.

Apaisement éphémère, des idées plein la tête et aucune motivation pour les mettre en œuvre, une vie sans objet, un corps sans désir et des mots maladroits. La voix rauque, les yeux humides, elle n’y peut rien, ils la regardent comme quelqu’un d’autre. Qu’y a-t-il de si différent aujourd’hui ? Elle est seule.
Il n’était plus rien, aucune importance, elle ne le portait plus dans son quotidien, dans son inconscient, alors pourquoi est ce qu’elle se sent mal ? Elle se sent sale de ne rien ressentir ; elle ne supporte pas les pleurs. Il la supplie et elle ne peut rien changer désormais à cette situation qui lui échappe. Peu importe, elle est insensible, immunisée, elle a appris à endurcir son cœur. Et après ? Elle est seule, et malgré tout le reste c’est tout ce qu’elle parvient à garder constamment à l’esprit.
par * Andromède * publié dans : "Seules"
Lundi 11 septembre 2006


Montagne, lorsque je te regarde j’oublie la fureur qui gronde en moi, je m’oublie en toi. A l’ombre de nous même, je partage l’issue d’une histoire sans lendemain. Dans l’obscurité d’un horizon lointain, je tente vainement de discerner la lueur d’espoir, celle-là même qui hier encore te faisait défaut.
Dans la brume de mes songes engourdis, soudain l’innocence tente une incursion : j’ai peur. Peur qu’elle n’éclate, ballotée par la mer tourmentée, contre les récifs de ton inconscient submergé. Besoin d’oublier, désir d’ignorer, je cours toujours.

Des visages m’entourent. Je veux les voir pour mieux les dessiner, mais ils se confondent tous dans un rideau de pluie : insouciance d’une jeunesse épurée, chatoyance d’un amour désiré, impatience d’une attente maîtrisée. Je lis dans leurs yeux les attentes, les envies, les oublis d’une humanité désenchantée. Et tout se confond : le nain de jardin avec le jeune à jeun, le vieil homme impatient qui hume les senteurs de son passé desséché, la femme en mal d’amour qui feint la faim d’une histoire sans fin …

Je me détourne et, au dessus de la cheminée, je distingue une croix de bois. Que fait-elle ici ? Et si, oubliée par un être venu d’une autre planète, elle n’était finalement que le reflet miséreux d’une civilisation en déclin ? Peu m’importent les préoccupations de ce peuple au devenir improbable, au passé ponctué de pics et de promesses mal tenues. Mon cœur en flammes s’en détourne, attiré par la route.
Un enfant court, il se jette sous la voiture qui roule à tombeau ouvert. Couleur de pneu ? Tourne, retourne et tourne encore. Elle a changé. Rouge sang. Rouge vie. Rouge de rires et de déceptions. Rouge de passion. J’oublie ce petit corps sans vie comme j’oublierai tout le reste au réveil, quand le monde de ma nuit, peuplé de souvenirs improbables et sans pitié, retirera son voile de mes yeux horrifiés ou émerveillés, selon.

Je vis la vie d’un songe, endormie, je prends ce qu’il me donne, je me défends contre ses griffes acérées ou j’accepte ses témoignages éphémères de tendresse. Tout va trop vite. Le monde entier s’évite, se
détourne, baisse les yeux, oublie bien vite qu’ici l’engagement est anodin, les promesses toujours sans lendemain.
Devant mes yeux ébahis, le mirage d’une vie sans virage me montre son visage. Depuis mon petit nuage, j’envisage un saut en parachute jusqu’à cette terre dont j’ai rêvé tant d’images. Appréhension du saut sans filet …
Un …
Deux …
Trois !
Le vent fouette mon visage. Sensation étrange d’un univers à jamais perdu, d’une vie nouvelle pleine de promesses mais dissolue. J’oublie, j’espère, j’envie, et enfin j’atterris. Et tout me paraît plus beau, plus grand. C’en est fini de ma vie mini, de ce monde pourri !

Sur la ligne de cet horizon nouveau, un point aux allures étranges se dessine. Une peu comme une lune : pâle … mais unique ! Je la fixe obstinément, et elle m’ouvre les yeux. Je reviens à moi.
Traîtrise du réveil après la sieste !
par * Andromède * publié dans : En vrac
Lundi 11 septembre 2006

Elle ouvre les yeux, engourdis par une lutte nocturne incessante, voilés par un jour naissant mais hostile. Un combat quotidien éternellement recommencé. Et les habituelles pensées, toujours plus noires car trop ressassées, l’aggripent.
Qu’a-t-elle donné hier de plus qu’un sourire hypocrite et gratuit ? Que fait-elle maintenant pour se construire ? Pourquoi refuse-t-elle ce lendemain qui lui tend les bras ?
Son corps, engourdi d’avoir trop espéré l’harmonie, cherche l’éveil et elle l’en empêche ; elle passe la main dans ses cheveux, frustrés eux aussi par la tension ambiante. La bouche pâteuse, le corps en manque, les idées en rade, et la vie en vrac.

Vie de partage …
Partage de l’ivresse …
Ivresse du savoir …
Savoir en folie …
Folie d’une rencontre …
Rencontre de l’illusion …
Illusion de l’amour …
Amour falsifié, amour déguisé, amour perverti par le vertige …
Vertige d’une ultime danse, alors que la lune, pâle et triste, s’éteint à tout jamais sur cet horizon, obscurci par des années passées à contempler le monde qui s’effondre.

Raisonnement d’une jeune femme usée avant l’âge, usée d’avoir tellement rêvé : rêvé à s’en décrocher les paupières, pour les accrocher sur la dernière branche de l’étoile la mieux fixée du décor en carton pâte de ses rêves éveillés. Elle ne veut plus revenir dans le monde des illuminés de la réalité, à ne plus savoir comment parler pour qu’on l’écoute, à ne plus pouvoir entendre, voir, sentir, toucher, goûter, mourir, sans fermer les yeux.
Trop d’espoir en lambeaux, trop d’histoires en morceaux, elle n’en veut plus, elle n’en peut plus, lassée pour toujours ou au moins jusqu’à demain de cette valse de faux semblants. Elle veut simplement boire pour oublier, emportée par la folie d’une vie rêvée ou d’un rêve vivant.
par * Andromède * publié dans : "Seules"
Lundi 11 septembre 2006

Quelques mots de présentation pour ce blog naissant : à un passant, à une passante, je dédie ce que je veux partager, ma plume surtout, mais aussi quelques-unes de mes photos et, misant sur l’ouverture, un petit peu de tout le reste peut-être.

L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. Et me frotter à l’opinion de l’Autre, c’est le seul moyen que je connaisse pour donner le meilleur de moi-même

J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
par *** Andromède *** publié dans : Ecrirelavie / Vie du BLOG
 
 
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