"ECRIRE, C'EST AUSSI NE PAS PARLER. C'EST SE TAIRE. C'EST HURLER SANS BRUIT." [Marguerite Duras]


Voici mes pensées : certaines sont de purs fruits de mon imaginaire, tandis que d'autres ont soufflé sur mon vécu.
La frontière est parfois ténue, ... et alors ?

 

Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : Quand l'écriture devient art de vivre
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  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Mardi 14 novembre 2006

Parce que je ne veux plus écouter ces voix qui veulent me garder dans le droit chemin. Parce que dans ma tête, les pensées se bousculent au rythme des envies du monde qui s’effondre.

Parce que je ne sais plus ce que je dois faire pour être fière, pour reste honnête envers moi-même.

 

Pour toutes ces raisons je dois arrêter, stopper cette vie que j’ai construite mais qui n’est pas la mienne. M’éloigner de ces influences détestables et que je déteste, m’enfoncer un peu plus loin dans ma recherche de ce que je suis, ne pas me bloquer des issues pour la simple raison qu’elles ne sont pas celles dont j’ai un jour rêvé. Je ne suis plus cette personne qui rêvait endormie, aujourd’hui je rêve éveillée, et je dois m’en accommoder, en prendre conscience vraiment pour ne pas m’effacer lentement.

 

Je veux crier mon besoin d’exister telle que je me ressens, mais pour cela je dois d’abord trouver les mots pour m’expliquer, et savoir où j’ai envie d’aller. Je sens qu’une cause plus grande m’appelle, qui dépasse ma vie et ce que j’ai commencé à en faire.

 

Je suffoque dans mon corps et dans mon quotidien, j’ai besoin d’oxygène, j’ai épuisé mes réserves, déjà minces. Mais je suis impuissante, je ne sais plus comment changer ma bouteille, peut être ne l’ai-je jamais su ? M’a-t-on seulement appris à vivre, à respirer l’air dont j’avais besoin ? Est-ce que ça s’apprend ? Je n’en sais rien, je ne sais plus rien. On  m’a simplement dit : « Tiens, voici la bouteille qu’il te faut pour vivre, c’est ce dont tu as besoin, c’est ce qui est bon pour toi. Non, ne pose pas de questions, car nous n’avons pas de réponses. Personne ne pose jamais la question. Accepte l’évidence, tu es ce pour quoi tu es née, tu feras ce qu’on attend de toi, tu croiras sans remise en question. Seules les remises en question banales, de façade, sont autorisées sur ce monde. Le reste est parfaitement inutile ».

 

Comme il m’est douloureux aujourd’hui de passer à l’état d’éveil, de conscience, alors que ma vie déjà m’a dépassée, s’est construite sans me demander vraiment mon avis. Le temps s’est enfui et moi je n’ai rien dit. Pourtant désormais c’en est fini, je ne dirai plus oui, je ne dirai plus non, je chercherai la troisième voie, ma troisième voie, sans me préoccuper du poids du passé, si léger à vos yeux mais si pesant sur mes épaules.

 

Des souvenirs me reviennent par bribes. Un rire cristallin qui court dans les branches et se perd dans le printemps, j’ai cinq ans, c’est mon anniversaire aujourd’hui, ils sont tous venus, et je suis si heureuse. Déjà je regarde le monde dans les yeux, mais je ne comprends pas. Je ne prends pas conscience de ce que je ressens réellement : un grand malaise. Je ne le comprends pas parce qu’on m’a dit qu’au contact des autres, je devais me sentir bien, épanouie : on me dit « ressens » et je ressens, je n’ai pas été élevée dans la contestation. Il y a cette femme que je ne connais pas, pourquoi ai-je l’impression de l’avoir déjà vue ? J’ai été bien élevée, dans ma petite robe à fleurs je la gratifie d’un sourire et lui murmure un timide « bonjour madame ». Elle porte un paquet minuscule, elle me le tend. Sur un petit tableau, mon prénom est calligraphié, portant l’inscription « pour tes 5ans ». Ma mère se penche sur mon épaule, son odeur est douce et me rassure. Elle sourit, je le sens et, dans un souffle me dit : « cette femme en face de toi ma chérie, c’est une sage femme, c’est elle qui t’a mise au monde ». La sorte d’émerveillement que je sens poindre dans sa voix se répand en moi également, je suis ce qu’elle ressent. Un sourire béat illumine mon visage sans que je comprenne vraiment pourquoi. Le miracle de la vie ?

 

Ce morceau de souvenir, je ne l’oublierai pas. Pourquoi ? Je n’en ai aucune idée. Aujourd’hui, j’aurais tellement de questions à poser à cette femme qui donnait la vie, qui m’a donné la vie. Mais elle s’est donné la mort.

 

Mes rêves et mes souvenirs se confondent en une masse indissociable, je m’en inquiète parfois.

par * Andromède * publié dans : "Seules"
Dimanche 12 novembre 2006
J'ai peur.
C'est en train de m'arriver, je ne veux pas.

Plus qu'une seule envie : me noyer dans la profondeur de tes yeux d'encre, me réveiller à tes côtés et laisser ma main courir sur ton dos dénudé. Mes sens s'affolent, en ton absence le manque déjà se fait sentir.

Je ne veux pas !

D'un air amusé, tu me regardes, mais tu me laisses sombrer dans les affres de l'amour, sans me secourir, pourquoi le ferais-tu ? Je suis prise au piège, j'en ai conscience, mais la sensation est délicieuse.
Une petite voix pourtant me met en garde, m'ordonne méfiance et distance, m'intime d'être raisonnable cette fois.
Comment écouter la raison lorsque tu es devant moi, patiente, séduisante, confiante ? Lorsque tu laisses courir, sans y penser, tes doigts dans mes cheveux, que tu m'attires contre toi, effleurant mes épaules, attisant mon désir, comment te dire non ?
Je doute aujourd'hui, et je douterai toujours, tu le sais. Si peu de temps dans ma vie, et déjà tu sais tout de mes angoisses, de mes aspirations, de mes blessures. Attentionnée, tolérante, tu les apprivoises, alors que j'arme mon coeur pour ne pas être touchée. Mais je n'y parviens pas. J'ai peur de t'aimer, tu comprends ?
Il est trop tard déjà, j'en ai conscience.

Combien de nuits blanches, parenthèses d'émerveillement, enflammées par nos discussions épuisantes, exaltées, qui irrésistiblement me mènent au creux de tes bras ? Tes bras dans lesquels je m'oublie, le temps d'une nuit, le temps d'une vie ... ? Si peu et tant à la fois, et si tu étais celle que j'attendais ? Si je n'avais plus peur de t'aimer ?

"Non, tu le sais bien, l'amour pour toi ça finit toujours mal". Tais toi, stupide petite voix, je ne veux plus t'écouter. Quand bien même je le voudrais, je ne le pourrais plus. Il est trop tard, je te l'ai déjà dit, je suis amoureuse.
par * Andromède * publié dans : Rencontres
Jeudi 9 novembre 2006

Je pensais qu'avec le temps, mes sentiments allaient se clarifier. Je pense trop, je pense mal.

Il y a maintenant un an que je t'ai quitté, et je ne parviens toujours pas à m'en sortir. Tout me ramène à toi, à nos erreurs, à nos projets, à notre échec.
Je me maudis chaque jour car chaque jour je parle de toi. Au détour d'une conversation, "mon ex" faisait ci, "mon ex" pensait ça ... C'est rarement en des termes élogieux. Mais c'est là, alors que j'aimerais autre chose. Pourtant mes amis restent, malgré la même petite rengaine depuis un an, malgré les moments de déprime, où je touche le fond. Je ne peux pas tirer un trait simplement sur ces quatre ans passés ensemble, j'ai été stupide de penser en être capable.

Toi tu es parti. Au début, tu voulais que nous restions amis. Je ne voulais pas, mais j'avais la sensation de te le devoir. Alors nous avons essayé, et échoué. Une fois de plus après tout, qu'importe ?

Aujourd'hui, en plus de me détester tu m'évites. Tu m'interdis de voir "tes" amis, tu te fous de savoir s'ils étaient devenus les miens ou non, tu me demandes de ne pas leur dire que si je ne les appelle plus c'est parce que tu me l'as demandé. Où s'arrêtera ta tyrannie ?
Je ne respecte pas toujours ces interdits. Oh, bien sûr, cela ne te facilite pas la tâche, il t'est plus difficile de m'éviter. Je sais ce que tu fais, ce que tu deviens, qui tu fréquentes, même si par un accord tacite nos amis n'en parlent pas d'eux-même. Mais il y a toujours cette petite curiosité malsaine qui me tiraille et me pousse à leur demander si tu as quelqu'un ... Pendant presque un an, la réponse a été non. Et puis récemment, les regards se sont faits fuyants lorsque je posais cette question, ... J'ai compris, et ça m'a fait mal.  Jalousie ? Non, simple crise d'amour propre, je ne suis pas irremplaçable, bien sûr je le savais, mais être remplacée c'est autre chose.

J'ai eu d'autres relations, j'ai été très amoureuse de quelqu'un d'autre que toi. Je t'ai oublié l'espace de quelques instants, mais inlassablement je te reviens. Je ne parviens pas à m'extraire de nos souvenirs, à me faire à l'idée que nous n'avons plus d'avenir. Je connais trop bien les raisons qui m'ont poussée à la rupture, elles sont si nombreuses. Alors pourquoi j'ai mal ? Pourquoi cette douleur qui semble ne jamais vouloir finir ? Je ne t'aime plus, j'en suis convaincue, alors dis moi ce qui fait pleurer mon coeur lorsque je pense à tout cela, dis moi pourquoi je cherche l'échec dans mes relations ?

J'ai besoin de t'entendre me dire que tu ne m'as pas détruite.
J'ai besoin que tu me chuchotes que les mauvais souvenirs doivent m'aider à ne pas reproduire.
J'ai besoin que tu m'expliques ton comportement cruel, violent, que tu m'expliques tout le mal que tu m'as fait pourque je puisse te pardonner.

Je n'arrive pas à aller de l'avant parce qu'il y a beaucoup trop de choses que je ne comprends pas, et encore plus que je ne veux pas encore admettre.


Aujourd'hui je me cherche, mais je ne trouve que toi ...


par * Andromède * publié dans : 1) O ... Lui
Mercredi 8 novembre 2006

Dans le métro, les gens sont absents.
Tu parles de visages. Moi, je vois aussi le reste, un ensemble.
Ils sont ici, mais pas tout à fait, ailleurs aussi, dans une sorte de dimension parallèle, de l'instant. Souvent ils luttent et buttent contre leurs démons intérieurs. C'est ce qui te fait mal, non ?
Tu parles de violence, pour moi cette lutte c'est la conscience de la limite humaine.
Pourquoi dire non alors qu'il est si facile de dire oui ? Oui à la vie, oui aux envies. Non à ce et ceux qu'on aime.

La peur qui nous attrape tous, nous tord le ventre un jour ou l'autre, de n'être qu'un parmi tant d'autres, étincelants, en sursis permanent.

Tu te sens seule, et je suis ivre de vivre sans le regretter, ivre de ne pas m'attarder sur un lendemain sans conséquence, ivre de ne pas jouer sur les inconsciences.

Quand face à moi un regard s'illumine, mes doigts sans y penser glissent sur mes lèvres et chatouillent mon imaginaire. Je sais ce qu'est l'angoisse de n'être pas regardée alors que leurs regards transparents me transpercent, lorsque le vide qui est en moi se tord parce qu'il est découvert, lorsqu'à travers le néant que je lis dans leurs regards je ressens la vie qui s'enfouit au hasard.

Comment expliquer ? Que quand je croise des vies au détour d'une rame, le fardeau de l'existence pèse sur mon coeur en flammes. Qu'il n'est rien d'insupportable dans l'approche que j'ai des êtres qui m'entourent, mais que pourtant parfois je les en blâme. Je ne me rends pas toujours compte de la manière dont je m'expose, de la force avec laquelle les choses du quotidien m'atteignent. Mais, exploratrice, je recherche la joie des passions humaines, j'accepte donc le poids conscient de leurs haines. Ma pire souffrance, c'est l'ignorance.

par * Andromède * publié dans : Battements de coeur
Lundi 6 novembre 2006
Voici ce à quoi j'aspire : l'envie de prendre le risque de me brûler les ailes, la sensation de la flamme qui lèche ma peau, le désir d'une aventure plus grande encore, une épopée, une chevauchée qui m'emmène loin de moi et de mon corps, qui me permet ce détachement, ce contentement, cette illusion parfois seulement.

Le feu, toujours présent, dans tout et de tout temps, brûle en moi, et dans vos regards. Son reflet dans vos pupilles danse et se balance, je sais que tout cela trouve un sens. La passion qui nous dévore n'est rien comparée à la rigueur d'une retenue plus grande encore.

Lorsque les sentiments qui m'envahissent une fois de plus hantent ton regard mon amour, je ne sais plus écrire, je ne peux plus parler. Je baisse les yeux, rattrapée par mes démons refoulés.

La peur de ne pas être ce que, pour moi, d'autres avaient rêvé. La crainte de ne pas approuver ce que, pour moi, tu as sacrifié. La hantise de ne pas savoir ce que, moi, j'ai toujours négligé.

Tu danses, tu danses et tu te noies, sous mes bâtons enflammés, sous mes bâtons qui s'abattent inlassablement sur notre estime en miettes. Je veux croire encore pourtant, je veux voir en toi ma vie, je veux souffler sans attiser les braises, dis moi que c'est possible, dis moi que s'il le faut nous défierons la science, dis moi que le monde autour de nous n'aura pas d'importance.

Mais dans ce cercle vicieux nous nous enfermons,
Dans un projet ambitieux nous nous oublions,
Sans l'espoir curieux jamais nous ne survivrons.

Je crève de ne plus pouvoir poser mes lèvres sur les tiennes,
Je meurs de ne pas savoir t'aimer pour qu'elles restent miennes.
Je reste impuissante devant le temps qui file et l'amour qui s'enfuit.
Sur la fleur de notre ennui, ma flamme suffoque, finalement voici la nuit.

par * Andromède * publié dans : En vrac
Dimanche 5 novembre 2006
Je la regarde danser comme elle m'écoute penser : avec avidité. Elle se joue de moi, me parle de l'homme qui l'a demandée en mariage et qu'elle va probablement épouser, tout en me frôlant. Elle me rattrappe quand je l'évite, elle m'évite quand je l'admire. Sans aucune concession possible, elle m'explique, de manière détournée, ce que je peux prendre et ce que je dois laisser. Je ne suis pas sûre que cette situation me plaise. Mais je ne peux pas m'enfuir juste comme ça. D'abord parce que je suis prise au piège par ma politesse : par respect par l'ami qui m'a invitée, la bienséance m'invite à rester un peu à cette soirée qui déjà s'annonce intense et étouffante. Mais au-delà de cela, il y a cette attirance presque palpable que je sens entre nous, une sorte de réaction de nos corps, voire même de nos esprits, car indéniablement elle en a. Je tombe dans le piège.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Vendredi 3 novembre 2006

Je n'ai jamais su mentir. Pourtant, j'en ai pris des cours, oh oui. Parce que ça m'aurait bien arrangée parfois de savoir mentir, ou plutôt de vouloir mentir.

Mais je n'ai jamais su.

J'ai vécu pendant plusieurs années avec un menteur invétéré. Parce que forcément, ma franchise, ça les attire les menteurs. Et moi il semble que je les aime. Je les admire, en quelques sortes, de pouvoir, sans remords, tromper tout le monde, jusqu'à eux-mêmes, tricher, truquer, tronquer. Si la découverte du mensonge m'a beaucoup fait souffrir, la vérité parfois fait mal à en mourir.

Moi, poussée par un idéal d'honnêteté, de franchise, de sincérité, entière et naïve, je ne mens jamais.
Sauf quand je mens.
Mais c'est si rare. Et jamais quand je devrais, finalement.

Il m'a dit aujourd'hui que cette sincérité était le reflet de mon égoïsme. Parce qu'en ne déguisant pas, parce qu'en n'ommettant pas, je fais souffrir inutilement les gens qui m'accompagnent, parce que je me déleste ainsi de tout poids sur ma conscience en oubliant que je ne fais que le transférer sur celle des autres. Il dit que cet idéal que je porte en moi depuis toujours me porte atteinte dans mes relations, amicales, familiales, amoureuses, professionnelles. Il en sait quelque chose, dit-il.

Je ne dis rien, j'encaisse. Je fais mine de laisser glisser. Mais ça m'atteint, je me questionne. Il aura fallu attendre tout ce temps, toute cette haine dépensée, pour qu'enfin il me livre le fond de sa pensée.
Je l'écoute, ne tente pas de l'arrêter. Il parlait si peu d'ordinaire. Tant de conflits larvés, tant de disputes esquivées, tant de mots qui font mal mis de côté, tant d'espoirs malmenés, et moi la gorge nouée, n'osant plus lui demander comment nous en sommes arrivés là ... et tout cela pour quoi, pour qui ? Le refus du dialogue, ce n'est pas comme le mensonge "pieux". Tout est fini aujourd'hui, et je ne regrette rien. Plus maintenant.

J'entends, j'accepte ce qu'il me dit. Il n'est pas le premier, ne sera pas le dernier. Mais je m'aime un peu telle que je suis, malgré tout. Je ne veux pas changer. Même si je le voulais, le pourrais je seulement ?
Il me regarde dans les yeux, séduisant, charmeur, attirant ... Le voici déguisé à nouveau, il joue comme je respire, il manipule comme je souris. Je le connais trop désormais, j'ai été faible plusieurs fois, j'ai pleuré plus d'une fois, aujourd'hui je lui dis plus jamais.

Mentir ou souffrir ?
par * Andromède * publié dans : En vrac
Jeudi 2 novembre 2006

Je n'ai pas envie d'écrire.
Pas envie de te lire.
Pas envie d'en finir.
Pas envie de me fuir.

Alors pourquoi j'ai mal ? Pourquoi je souffre de ne plus pouvoir te regarder ? Pour qui je pense à ne plus me laisser aller ? Par où j'en arrive à le laisser me désirer ?

Quelques mots en passant, quelques mots perdus pourtant, quelques mots que je te laisse mais  qui me blessent, quelques mots que je te donne et qui t'étonnent, que je te dédie et qui me lient.
Toi qui me lis mais ne me comprends pas, toi qui t'ennuies lorsque je te parle tout bas. Mes poèmes ne seront plus pour toi, et tes bras ne seront plus à moi. L'ont-ils jamais été après tout ? Je me plais à penser qu'il en aurait été autrement si tu avais su comment m'écouter, si j'avais compris que tu ne le saurais jamais, si nos murmures s'étaient perdus innocemment dans l'erreur quotidienne de nos nuits blanches.

Alors que mes paupières s'abaissent sur mon petit monde trop visité, les souvenirs qui me hantent refont surface. Je les balaie d'un clignement d'oeil, je n'en veux pas ce soir, je n'en veux pas tout court.
Mes doigts courent songeurs dans le soyeux pelage de mon chaton. Il est joueur, il est farceur, un rien moqueur. Enjôleur à ses heures, il sait se faire doux et câlin lorsque j'en ressens le besoin. J'ai hâte qu'il grandisse et se roule dans mon cou lorsque je m'endors.Il le fait déjà, mais alors je n'ose plus bouger, il est tellement petit, semble si fragile. Je l'aime déjà, il y a longtemps que je n'ai pas été amoureuse. Attentif, patient, il m'écoute toujours, traverse l'appartement en glissades incontrôlées pour parvenir à la porte d'entrée le plus rapidement possible lorsque je rentre et exige un câlin. Un accueil joyeux et constant, ... Il m'offre plus que n'importe qui. Que demander de plus ?

Je ne lui mentirai pas.
Je ne le trahirai pas.
Je ne l'oublierai pas.


par * Andromède * publié dans : En vrac
Jeudi 26 octobre 2006

" Tournez vous vers l'avenir et arrêtez de regarder en arrière, cela vous coupe du monde qui vous entoure. Une rencontre inattendue vous attend aujourd'hui, si seulement vous arrivez à en saisir l'opportunité".


Qu'est ce qu'on peut lire (et écrire) comme bêtises quand même !

...


Et si, pour une fois, j'accordais une importance à ces prédictions futiles ? Imaginons un instant que j'agisse simplement comme si tout cela allait immanquablement se produire. Est ce que le simple fait d'y croire ne suffit pas parfois à provoquer certains évènements ?

Voici le cours de mes pensées lorsque je pousse la porte du bureau de poste. Je suis ailleurs encore, quelque part perdue dans mes pensées, je tends distraitement le recommandé au guichetier qui part chercher le colis. Je me donne une contenance dans l'attente, je regarde droit devant moi, je joue avec mes mains, je lis ce qui est devant mes yeux, je regarde l'heure ... Les secondes, les minutes s'en vont, je reste plantée là, j'attends mais il ne revient pas. Pas encore, il me laisse le temps sûrement.
Le temps suffisant pour que mon regard dévie vers le guichet d'à côté et qu'enfin je la voie. Voilà, je l'ai vue et je ne peux plus la quitter des yeux. Pourtant il faudra bien si je ne veux pas que cela devienne gênant.

En fait, je ne sais même plus dire comment elle était ... C'est étrange, comme si les sensations qu'elle a imprimées en moi avaient du même coup effacé la vision. Elle est là, simplement, comme si
à aucun moment il n'eut été question qu'elle soit ailleurs. Elle parle, je crois, mais je n'entends rien, il y a trop de bruit. Puis elle doit attendre, elle aussi. C'est à ce moment qu'elle lève les yeux vers moi. Elle me regarde comme si elle lisait en moi, et peut être est-ce le cas. Elle est très belle, elle a un côté fragile et déterminé en même temps. Tout simplement touchante ... en tous cas elle me touche, en plein coeur. Je rougis, sans rien pouvoir y faire, elle le voit c'est sûr, mais elle laisse ses yeux ancrés dans les miens, et j'aime qu'elle reste ainsi. Elle esquisse un sourire timide, une moitié de sourire, comme pour s'excuser de m'avoir fait rougir et de n'avoir pas baissé les yeux.

Le guichetier revient; il ne sait pas où est mon colis, ils vont faire lancer une recherche et m'appelleront quand ils l'auront retrouvé.

Je m'en vais, j'ai des courses à faire. Je rentre dans le magasin, je remplis mon panier. Alors que je suis occupée par la recherche d'un produit que je ne trouve pas, je sens un regard par dessus mon épaule. Je me retourne et elle est là, juste derrière moi, elle détourne le regard mais je suis presque sûre qu'elle m'observait. Je m'absorbe dans la contemplation intense des prix auxquels bien sûr je ne comprends rien. Je me compose une attitude, celle qui dit "je fais mes courses et c'est tout, je suis décontractée et ça se voit, non ?" ... Je crois que je donne assez mal le change dans ce genre de situation.

Elle s'approche de moi, juste à côté, hésite, semble chercher ses mots, finalement me demande, tâtonnante, bafouillante :
"Excusez moi, je ... enfin, vous savez si ... est ce qu'ils ont des ... (elle cherche du regard quelque chose dans le rayon, voit les stylos bille juste devant nous), des ... oui c'est ça, des recharges pour les stylos billes ?".

Des dizaines de pensées me traversent l'esprit. Oui ? Non ? Non, mais j'en ai chez moi ... ? Est-ce que je sais ? Pourquoi me demande-t-elle ça, là, maintenant, avec ce regard insistant, comme si j'étais censée comprendre autre chose ? Que suis je supposée faire ? Quelle doit être ma réaction ? Vite, trouver quelque chose de brillant à dire, la faire rire, la faire pleurer, tant pis, la faire réagir. Non, je n'y arrive pas, pourtant je dois dire quelque chose, elle attend. Alors je parle, ou plutôt je m'emmêle, comme mes pensées.
"
Je ... je n'en sais rien. En fait, ...". Puis un temps de réflexion long, long, long, ... pendant lequel je me maudis de n'avoir rien su dire d'autre, pendant lequel elle est suspendue à mes lèvres parce que je semble vouloir dire autre chose ... Je finis par "En fait ... non ... enfin, je veux dire ... vraiment aucune idée. Je ... je suis désolée".

Elle laisse son panier là, par terre, et elle part, elle sort du magasin, elle s'en va, ne reviendra pas, pas aujourd'hui.
Pourtant ... Pourtant j'avais lu mon horoscope ...


"Je suis désolée". Oui, désolée de n'avoir rien trouvé de mieux, désolée d'être timide, désolée d'être incapable d'assumer cette sensibilité qui m'a permis de t'entendre par un simple regard, désolée de ne pas avoir su te parler quand j'aurais eu tant de choses à te dire, désolée de rester sur la défensive face à l'inconnue, désolée de craindre pour mon coeur en morceaux, désolée de ne pas avoir essayé de te rattraper. Désolée d'espérer ce soir que je te recroiserai.

Si tu savais, toi qui me comprends presque mais ne me connais pas, combien je rêve des instants comme celui-ci ... Mais tu le sens, je le sais.
Dans un espace oublié de mes illusions, je vois des femmes comme toi parvenir à me toucher par-delà les faux semblants d'une vie, d'une ville d'inconnus. Vivre ou rêver sa vie, faut-il vraiment choisir ?




par * Andromède * publié dans : Rencontres
Mardi 24 octobre 2006


Nous voilà donc chez lui. Un bref instant d'hésitation, un ange passe. Accrochée au mur, une photo de lui sur un chameau, avec une femme, charmante, qui lui enlace la taille. Une photo de bonheur. Je lui demande qui elle est. Il me répond naturellement que c'est son ex. Je suis troublée par cette réponse, troublée par les sentiments contradictoires qui m'animent.
Il manque le détonateur à ce qui devrait être une explosion de sensations en moi. Je plante mon regard dans le sien, à la recherche d'une étincelle. Rien. Je ne sais pas ce que je veux, ce que je cherche.

Mais lui sait. Il s'approche, doucement, et, dans un soyeux baiser, effleure mes lèvres finalement offertes. Il est doux, tellement doux, je n'ai pas l'habitude. Pour moi, un homme c'est violent. Apparemment pas forcément. Je n'ai pas touché un homme depuis si longtemps ... Je me sens bien, en sécurité, il m'enlace de ses bras protecteurs. Ses doigts me frôlent, ses yeux me dévorent déjà. Pourtant oui, il y a quelque chose, un petit je ne sais quoi au fond de moi qui me dit que quelque chose ne va pas, mais je ne parviens pas à déterminer ce que c'est. Il sent bon, il sent le désir qui s'exprime, la sensualité épanouie, la tendresse incarnée.

Le trouble grandit en moi, des idées bizarres m'envahissent. Je pense trop, ne parviens pas à me laisser aller. Que se passe-t-il ?

D'instants troublés en instants recherchés, il me déshabille, je le déshabille, presque mécaniquement. Il est beau, et il glisse au creux de mon oreille, avec son drôle d'accent, des mots d'amour d'un soir, des mots d"espoir. Je ferme les yeux pour mieux sentir sa main, je m'agrippe à lui, j'ai trop peur de me noyer ... Je ne sais toujours pas pourquoi, mais je le laisse faire, je fais même semblant d'être bien. J'y croirais presque ...

Il s'est endormi, et je fixe le plafond, sa tête posée sur mon épaule, et mon bras qui commence à s'engourdir. Je sais ce qui clochait : à aucun moment je ne l'ai désiré vraiment. Je crois que j'avais besoin, ce soir, de me prouver que j'étais capable de coucher avec un homme, oui. À quoi bon ? Alors je sais, j'en suis capable, mais le désirer est autre chose.

Il y a ceux que je ne désire pas mais avec lesquels je peux coucher.
Il y a ceux que je désire mais avec lesquels je ne veux pas coucher.

Et puis il y a celles. J'ai faim, faim de vous toutes qui me regardez quand je vous souris, faim de celles qui se font sensuelles juste pour jouer, faim de celles que je dévore d'un simple regard mais ne veux pas toucher, faim de celles qui font naître en moi un désir sans fin ...


par * Andromède * publié dans : "Seules"
 
 
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