"ECRIRE, C'EST AUSSI NE PAS PARLER. C'EST SE TAIRE. C'EST HURLER SANS BRUIT." [Marguerite Duras]


Voici mes pensées : certaines sont de purs fruits de mon imaginaire, tandis que d'autres ont soufflé sur mon vécu.
La frontière est parfois ténue, ... et alors ?

 

Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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  • : Quand l'écriture devient art de vivre
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  • : Journal Intime
  • : L’écriture ? Bien sûr, c’est un art. Qui fait vibrer, pleurer, sourire. Pour moi, c’est surtout un besoin, un miroir, une passion. J’espère piquer votre curiosité, éveiller votre sensibilité, enflammer votre imaginaire. Sans prétention ;)
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Jeudi 24 avril 2008

Je vois ton nom, Liberté, écrit sur tous les pavés. Pourtant, jamais je ne te vois. J’ai appris à prendre et placer, j’ai appris à mes dépens. Aujourd’hui, juste envie de me laisser porter vers des cieux moins cléments. J’ai envie de toucher, de courir et d’atterrir. En douceur, en souplesse, simple délicatesse. Liberté, je te regarde droit dans les yeux, et je te tournerai peut-être le dos. Peut-être. Je me livre à toi pleine et entière, je t’ouvre mon cœur et sur l’autel des envies du monde je te délivre cette question : que faire de ma vie ? J’oscille, vacille et scintille. Je calcule, recule mais finalement bascule.  

Oh et puis, tu sais quoi Liberté ? Finalement je crois que je vais m’asseoir ici, et juste te regarder passer. Fatiguée de ta quête dépassée. J’en ai assez de tes tergiversations, de ton manque d’attention, de tes malversations. J’en ai assez de me lever chaque matin pour t’imposer aux frondes de ce monde. À coups de bombes. Assez de plaider ton abstrait concept pour des hommes privés, amputés de toi Liberté !  

Alors oui, je vais m’asseoir ici, juste dans un coin, et regarder ce que ça donne quand je ne fais rien. Rien de plus et rien de moins… Tu me trouves défaitiste ? Pessimiste ?

Alors explique moi, toi qui sais, explique moi pourquoi le monde sera meilleur lorsque je me serai levée, lorsque j’aurai envoyé valser les faux papiers des sans papiers, pris d’assaut toutes les prisons pour libérer tes amputés, crié au monde que c’est pas bien de séquestrer, tiré sans fronde dans les jardins de l’Elysée.

Explique-moi, parce que je ne comprends plus. J’ai cru que tu étais la voie, j’ai vu qu’il n’y avait que toi. J’ai cru qu’en suivant ton sillon, n’importe qui pouvait prétendre au bonheur. J’ai cru, mais aujourd’hui je vois le mal que j’ai fait, les verres que j’ai brisés, les traces que j’ai laissées, indélébiles dans le cœur d’une femme, d’un homme, d’un enfant. Je vois les morts chaque nuit, je vois les explosions, celles qui devaient reléguer aux oubliettes la vieille société sclérosée, celles qui devaient mettre fin à l’oppression qui n’était peut-être que dans ma tête, ou presque. J’ai tué, et si j’avais pu faire plus, je l’aurais fait, pour toi Liberté, ma liberté, mon amour.  

Mais là, tu vois Liberté, j’ai juste envie de t’insulter. Je ne vais plus t’écouter, plus te regarder,  simplement te laisser filer. Ne te retourne pas Liberté… On se reverra en enfer.

Samedi 5 avril 2008

Un soir, dans Paris... Un soir, dans ma vie.
Des souvenirs qui me reviennent par bribes, avec elle. Ici. Et là. Ce soir-là une phrase m'enlace sans cesse : "Paris te respire mon amour". Je ne supporte plus cette ville et son métro, tous ces lieux arpentés, découverts, redécouverts avec elle. Avant. Mais j'adore cette ville et ses vies qui s'entrecroisent, se bousculent et parfois se sourient.

Ce soir-là j'ai fait une rencontre. Une rencontre artistique.
J'étais dans le métro, et je partais rejoindre l'une de ces soirées parisiennes sans âme, ni à l'heure ni exagérément en retard, plongée dans un Courrier International. A la station trocadéro, la porte du métro s'est ouverte, laissant s'engouffrer quelques notes d'un saxo. Des notes qui m'ont transportée, en quelques secondes à peine. Je savais que c'était lui, sans l'avoir vu. La question ne s'est même pas posée : avant que les portes ne se referment, je suis descendue sur le quai, et j'ai cherché le musicien. Je l'ai tout de suite reconnu, avec son chapeau, sa barbe bien taillée et son âme au bout des lèvres. Il y a quelques semaines, je ne sais plus quand exactement, un matin en rentrant de chez elle, je l'avais déjà trouvé sur le quai du métro, à Etoile cette fois ci. Dès que je l'avais entendu, je m'étais sentie happée. Le saxo... un instrument aux sonorités touchant mon coeur sans passer par d'autres cases. Jamais aucun saxophoniste ne m'avait touchée comme lui. Il y a quelques semaines donc, pour la première fois de ma vie, je m'étais retrouvée comme hypnotisée sur le quai du métro, j'avais passé près d'1/2h à l'écouter jouer, regardant défiler les rames les unes après les autres sans jamais en prendre aucune. Il m'avait même fait pleurer d'émotion musicale le filou... c'est rare. A la fin, j'étais allée le voir, un grand sourire sur les lèvres et une petite pièce dans la main, et je lui avais juste dit : "vous m'avez touchée comme jamais". Il m'avait souri, avait paru troublé puis m'avait chaleureusement remerciée. Il avait repris un morceau juste pour moi. J'étais repartie, et dans les jours qui avaient suivi j'avais regretté de ne pas avoir pensé à lui demander son nom.
Bref, je l'ai recroisé ce soir-là. Et j'ai été presque surprise qu'il parvienne à me toucher une fois encore, aussi fort... Je m'étais dit que la première fois était certainement liée au moment, à l'instant. Unique. Pourtant... non, c'est cet homme-là et sa manière de jouer qui m'avaient parlé, simplement. Dès la fin de son premier morceau, je suis allée le voir. Il m'a reconnue. et nous avons parlé, alors que de nouveau les rames défilaient. Je lui ai demandé son nom, et il me l'a écrit sur un bout de papier. Je lui ai dit merci pour le sourire qu'il venait d'inscrire sur mes lèvres. Je lui ai demandé ce qu'il faisait de sa musique. Il m'a demandé si je connaissais le Cirque Romanès. Bien sûr... Il m'a dit qu'il travaillait avec eux lorsqu'ils étaient à Paris, comme clarinettiste, qu'il gagnait bien sa vie, mais qu'il n'arrivait pas à trouver un logement, même une petite chambre. Il m'a demandé si je jouais du saxophone. Il m'a dit, il m'a dit, il m'a dit... Avec un fort accent de l'est, je ne saurais pas dire d'où. Il m'a dit, et puis, au moment de se quitter, il m'a dit que je devais recommencer à jouer du saxophone, si je le ressentais aussi fort en l'écoutant. J'ai souri, je lui ai dit que je n'avais plus de saxo, que je n'avais plus l'envie, plus le temps, plus l'argent...  Que si lui jouait, c'était bien assez, alors il a souri et a recommencé à jouer.
Je suis partie, un sourire vissé sur mes lèvres.

Jeudi 3 avril 2008



Tu dors ?
Oui.

J'ai mal, j'ai faim, j'ai froid, j'suis mal. Tu râles, mais moi j'ai mal, j'ai besoin d'toi.
Qu'est ce qui va pas, pourquoi t'as mal, pourquoi t'as froid, pourquoi à moi ?
J'ai mal de me lever l'matin en me disant que j'dois tenir jusqu'à demain. J'ai mal de me coucher le soir sans jamais faire d'histoire. J'en pleure parfois la nuit, de ce monde dont l'ennui nous nuit, j'en pleure et puis... Et puis la vie. La vie s'accroche et je m'arrache à toute cette rage, mais moi j'ai mal, j'ai faim, j'ai froid. Et je m'essouffle, je perds mon souffle, dans un murmure, le dernier râle, ou... Ou un sourire : tu me fais rire, et ce sourire d'ordinaire me faire taire, pas tergiverser. Ce soir c'est l'inverse, ma vie s'renverse ici, face au silence de tes songes sans saveur. Alors maint'nant j'vais t'dire : que désormais, je vais en vivre, en écrire des histoires, qu'j'en peux plus d'avancer sans jamais rien voir. Pourquoi j'ai faim, j'ai froid, pourquoi j'ai mal ? Tu te l'demandes ? J'veux des frissons, mais pas de froid, j'veux  du papier ! Tu m'suffis pas, sans ça t'es rien, t'es triste, t'es vide. Tu comprends pas ? J'ai besoin d'toi, mais dans mon monde. Pas envie d'toi, juste pour tes rimes sur les blondes... Je suffoque, je soliloque, bats la breloque, j'veux du papier ! Laisse de côté tes craintes et dis toi bien que c'est tant pis si t'appréhendes. Parce que moi, jour après jour, j'ai l'impression de moins t'aimer, d'agoniser, d'plus supporter de voir ta gueule me surveiller.
Plus qu'une envie : te détester pour tes attentes de tiraillé.
Te transpercer de tant t'tirades que ça attaque c't'autorité.
Si l'temps t'emporte, si tu t'éreintes et te tues à la tâche,
Si trop t'attises, tu m'traumatises et sans détaxe je lâche l'attache.
Ton charme m'a touchée, alors couchée dans ta chaleur, je te chuchote juste là :
Si tu m'attaches, moi je m'arrache, si tu nous tâches, moi je nous lâche.
J'ai besoin de toi, mais c'est pas tout, car sans papier ma vie n'est rien,
Sans papier, j'aurai toujours : faim, froid et mal...

par * Andromède * publié dans : En vrac
Samedi 23 février 2008

 


L'attente a été de courte durée. À peine rentrée, en réponse à mon mail tu m'as invitée à dîner, "pour discuter" m'as-tu dit. La suite, tu la connais... Nous étions réunies, de nouveau. Tu as vécu les mêmes choses que moi, certainement pas de la même manière. Une pensée m'effleure  : comme j'aimerais connaître ton point de vue.
Je n'étais pas disponible samedi soir, mais discuter avec toi, oh oui, j'en avais envie. Alors nous sommes allées prendre un verre en fin d'après-midi. 

Je ne t'ai pas vue arriver, tu es arrivée par derrière. Tu m'as touché l'épaule, et je me suis sentie électrisée. Je me suis retournée, et je t'ai vue... Plus belle encore que dans mes souvenirs. Le teint halé par ce voyage qui t'avait éloignée de moi de manière si dure, tu me souriais. Je t'ai embrassée, maladroitement, sur les deux joues. Je t'ai fait des remarques sur ta nouvelle coupe de cheveux, sur ton allure, sur ta taille qui me paraissait avoir diminué. Des remarques sans importance par rapport aux vives émotions qui me traversaient. J'étais touchée en plein coeur par ta présence, si proche, si douce, si désirable...

Je m'attendais à une telle réaction lorsque je te reverrais. Pour autant, je me suis tout de même sentie complètement bouleversée. Mais j'ai réussi à sourire, je suis parvenue à reprendre contenance, et j'ai fini par me sentir presque décontractée. Presque oui, tu l'as remarqué je crois, lorsque nous sommes allées nous asseoir en terrasse d'un café, mes mains tremblaient encore, et pendant tout le temps que nous avons passé ensemble attablées, j'ai tenté vainement de les occuper à vaincre ma tension. Nous avons un petit peu parlé de mon séjour en Ardèche, de ma saison de fruits, rapidement, puis nous avons parlé de ton voyage. Le temps passait à vive allure, j'avais des invités pour la soirée et donc une contrainte. Tu m'as offert un tableau ramené du vietnam, un foulard aussi, en soie, et... 3 pièces trouées. C'est ce dernier cadeau seul que tu avais prévu de m'offrir au départ, je l'ai appris ensuite, mais tu n'as pas osé, te disant que je risquais de le prendre mal, car c'est un cadeau qui peut me faire penser à toi en permanence. En effet... C'est pour cela qu'il me touche tellement. Plus tard dans la soirée, j'ai choisi l'une des trois pièces, et je l'ai passée à mon cou, l'enfilant sur cette chaîne que tu m'as toujours vue porter, mais qui est nue depuis plus d'un an, depuis que j'ai enlevé le pendentif qu'O... m'avait offert, après avoir rompu avec lui. Oui, passer cette pièce autour de mon cou a été un symbole lourd de sens, pourtant... C'est le coeur léger que je l'ai fait. J'ai tellement aimé celle que tu portais, presque autant que le grain de beauté adoré qui se glisse au creux de ton cou, celui que j'aime effleurer, caresser du bout des lèvres, dévorer du regard. En ce moment même je porte encore cette pièce. Je crois que, quoiqu'il arrive désormais, je vais la porter longtemps... Je crois oui.

Pour te remercier de ces cadeaux, je t'ai embrassée à nouveau, sur les deux joues, mais cette fois ci de manière plus contrôlée, caressant du bout des doigts ton bras. À contrecoeur, j'ai retiré ma main lorsque je me suis éloignée de ton visage.

J'ai fini par te demander pourquoi tu voulais me voir, de quoi tu voulais me parler. Nous avons parlé de cette dernière discussion par textos, de ce dernier message qui t'avait affectée, de mon amour pour toi, du discours que je te tenais sur la raison, sur les incompatibilités, sur la phrase blessante que je t'avais adressée en te disant : "tu ne m'aimes pas assez". Je ne sais plus exactement ce que nous nous sommes dit à ce moment-là. Tout ce que je sais, c'est que tu m'as dit combien je t'avais manqué pendant ton voyage. Ce que je sais, c'est que j'ai été terriblement troublée par ta main si proche de la mienne sur la table. Ce que je sais, c'est que... Je n'ai pas pu m'empêcher de la saisir, de la prendre dans la mienne pour la caresser. Je ne sais plus quand tu l'as retirée, mais tu l'as fait. Quelques minutes plus tard, c'est toi qui t'es emparée de la mienne. Tu m'as fait rougir. Je ne sais plus vraiment de quoi nous parlions. De nous, c'est certain, mais précisément je ne sais plus. Je ne sais plus, parce que mon attention était entièrement focalisée sur ta main, parce que je n'avais qu'une envie, celle de t'embrasser tendrement, fougueusement, les deux à la fois. Je ne l'ai pas fait, parce qu'il y avait du monde autour, et que je savais que cela te gênerait.

Pour finir, je t'ai demandé pour la troisième fois si tu voulais te joindre à nous pour la soirée. Pour finir, tu as accepté. Pour finir, je t'ai embrassée dans la cage d'escalier menant à mon appartement. J'ai cru te découvrir en te retrouvant, j'ai reconnu ta douceur en décelant ta force. J'ai savouré cet instant de pur plaisir, celui où je t'embrassais, t'enlaçais, alors que 100 fois j'avais cru ne plus jamais poser mes lèvres sur les tiennes, alors que 100 fois j'en avais pleuré de manque, de douleur et d'absence. L'absence... Je t'ai embrassée, et ensuite... Ensuite, tout est allé vite, trop vite. Nous avons passé les deux jours qui ont suivi ensemble. Je suis venue chez toi. J'ai retrouvé ce lieu auquel j'avais dit adieu en même temps qu'à toi.

Nous voilà ici désormais. Ces derniers jours ont été merveilleux, magiques, mais... hors du temps, en quelque sorte, comme une parenthèse. Que trouverons nous lorsque cette parenthèse sera fermée ? La même histoire dans une longue phrase ? Ou bien... J'attends ta décision, tu dois faire, à nouveau, ce même choix que tu as déjà  fait par entre X... et moi.

Il passe d'abord, et j'en suis désespérée. Mais c'est ainsi, à prendre ou à laisser, et je prends. Je t'aime. Et puis, ce matin, dans le mot que tu m'as laissé, tu m'as appelée "mon amour". Ca m'a touchée... J'ai gardé le petit bout de papier sur lequel tu avais inscrit, à la va vite, ces quelques mots, avant de partir pour l'aéroport : "bonne journée mon amour, je t'aime".

 

J'attends... Je t'ai demandé de me donner des nouvelles dans la journée. Il est 23h, je n'en ai toujours pas. Ce n'est pas encore ton heure, alors j'espère. Mais, je crois que tu le comprendras, si tu ne m'appelles pas, si tu ne m'envoies pas de message, je ne ferai rien pour t'y inciter.


(SUIVANT)

 

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Vendredi 22 février 2008

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Un jour parmi tant d'autres. Mais ce jour est celui de ton départ, de ton retour. En ce moment tu dois être dans l'avion. Penses tu à moi ?
Hier soir je t'ai finalement envoyé un texto, pour te demander la raison de ton silence. Tu m'as répondu que mon dernier message t'avait affectée et que tu ne savais pas comment te positionner par rapport à tout ce que je te disais... je ne trouve rien à répondre.
Après ces dernières semaines à communiquer sur des choses importantes (du moins je l'estime), mais de manière très contraignante (des textos), je n'ai qu'une envie : parler vraiment avec toi. De quoi ? Je ne sais pas vraiment, mais parler, avoir un réel échange, un retour, un ressenti sur la manière dont tu réagis par exemple. J'espère que nous ne serons pas amenées à nous revoir perdues au milieu d'une multitude d'autres personnes. Je sais que c'est ce qui a le plus de chances d'arriver, mais j'espère qu'avant cela, nous nous serons revues seules à seules.
Pourtant, je vais essayer de ne pas te contacter. Tout en croisant les doigts pour que tu le fasses. Que tu m'appelles. Que tu me proposes de dîner avec toi, un soir...
Je viens de t'envoyer un mail. Ca ne compte pas, hein,  ça ne compte pas ?

"Nous y voici donc : tu es de retour.
Le temps s'envole, l'amour reste.
Voilà, un court message, juste de l'ordre de : je suis là, j'existe encore ... et pourtant.
Un message pour te dire à quel point je ne me suis toujours pas retrouvée sans toi.
Comment te le crier sans utiliser des mots maintes fois répétés ?

Je t'aime, mais ça ne te suffit pas. Je t'aime, et ça ne me suffit pas non plus, car sans toi cet amour fait trop mal.
J'aurais aimé te réitérer ma déclaration d'amour. J'aurais utilisé le langage du feu, celui des sens, celui du toucher pour te dire combien ton contact physique me manque. J'aurais utilisé les termes de ma solitude pour mettre en évidence ta présence dans ma vie. Avant. J'aurais utilisé toutes ces images chères à l'amour. Mais il n'est plus temps, tu n'as plus le temps pour ces enfantillages. Je me sens amère, tu te sens attaquée et acculée par moi. Tu ne sais pas comment réagir. Alors tu ne réagis pas. Une réaction comme je les aime, tu sais... Mais peu importe.
J'ai espéré, je t'ai aimée, je t'ai arraché ton amour. Je t'aime, de tout mon souffle, de toute la vie qui afflue dans mon sang. J'aurais pu user de ces mots beaucoup mieux, certainement. Les faire chanter, les faire danser, les laisser vivre indépendamment de moi en les chargeant de te charmer. J'aurais pu, et ça n'aurait servi à rien.
Je t'attends encore un peu pourtant...

Je t'embrasse."

(SUIVANT)
par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 13 février 2008
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Je me demande ce que tu auras retenu de toutes les choses que j'ai pu te dire. Je me demande ce que tu auras retenu de moi, ce que tu auras retenu de nous, ce que tu auras retenu de tout cela. De mon côté je crois que persistera toujours une pointe d'amertume, saupoudrant l'amour immense que je t'ai porté, que je te porte.
Mais peu importe...

La chose la plus difficile dans la vie, c'est de ne pas trop se retourner sur son passé, tout en ne l'oubliant pas. Avancer fort d'une expérience acquise, mais sans le poids du passé sur les épaules. C'est difficile, très difficile. J'ai souvent pensé, en pensant à toi et à nos discussions, que tu te retournais sans cesse sur sur les décisions de ta vie. Comme il est difficile de construire dans les regrets. Par certains aspects je suis comme toi, je crois... Je ne sais pas. Je me sens tellement fatiguée ces derniers temps. Cette course de fond pour t'oublier m'épuise et est parfaitement inefficace.

Toujours pas de nouvelles de toi. Jour après jour je vois se profiler cette décision de ta part que je crains plus que tout : une prise de distance totale de ta part lorsque tu seras rentrée à Paris. Tu vas rentrer, et tu vas retrouver X... J'en doute, mais peut-être parviendras tu à construire avec lui. Tu cherches le bonheur. T'ai je déjà dit que plus on le cherche, moins on le trouve ? Que sa quête incessante nous empêche parfois de voir qu'il est là, juste sous nos yeux ? T'ai je déjà dit à quel point l'humain est prétentieux lorsqu'il fait de sa vie une quête du bonheur ?
Peut être pas...
J'aimerais tellement te voir heureuse dans mes bras.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 13 février 2008


Pas de nouvelles de toi depuis presque deux jours... Tu me manques, ne pas avoir de tes nouvelles me manque. Essaies tu de mettre des distances entre nous avant ton retour à Paris ?

Est ce que je me rappelle vraiment comment étaient nos baisers ? Il me semble, dans un sentiment désagréable, que leur souvenir sensoriel s'efface peu à peu. Me retrouves tu encore dans tes rêves ? Tu as déserté les miens depuis que je suis rentrée à Paris. Je fais des rêves très étranges, que j'oublie quelques heures après le réveil si je ne les note pas tout de suite. Mais tu n'y es pas, je le sais.

M
a main est presque redevenue normale. Je passe ma journée à jouer aux Legos avec les filles.

J'ai reçu un texto d'O... ce matin, qui disait :
"Bientôt dans le Vercors. De retour après quelques années. Que de souvenirs ... On va repartir, pour Sisteron cette fois-ci. Je te raconterai :-)".
Il est parti avec sa copine en randonnée à VTT dans les Alpes, terminer cette grande traversée que nous n'avons jamais terminée ensemble. Il y a eu la rupture... C'est étrange ce sentiment de le savoir avec une autre, de le savoir reparti sur des sentiers défrichés avec moi, de le savoir dormir sous la même tente qu'elle, cette tente précisément que nous avions achetée tous les deux ensemble. C'est étrange oui, je me demande si il compare...

Ma chérie, sais tu qu'aujourd'hui encore, si je pense trop à toi, si je pense que je ne te serrerai plus dans mes bras, que nos lèvres ne s'aimeront plus, sais tu que ma vue se brouille et que mon coeur s'emballe ? Sais tu que ma gorge se noue, que mes poings se ferment, que ma mâchoire se serre ?
Tu le sais oui ... Et moi, je ne sais plus quoi faire pour t'oublier. Je n'accepte pas. Je me vois, je me sens, je me sais tourner en rond.

15/08/2007 - HANOI - RETOUR A PARIS

 

 

A l'image de l'évolution en Asie, c'est à vélo que nous avons découvert la première fois Hanoi, c'est en moto cette fois que nous arpentons la capitale. Au final, T... n'aura pas la rage.

 
 

Je ne veux pas garder comme souvenir du Vietnam ce que j'ai vu à Sapa. Je regrette que beaucoup de gens parlent de Sapa comme leur plus belle expérience au Vietnam.

 

Je veux garder comme souvenir ces journées passées dans le coeur du Vietnam pour moi, dans le delta du Mekong, auprès de la population, à partager avec rires jusqu'aux larmes et moments exceptionnels pour nous. Pour eux pas grand-chose, mais tellement pour nous.

 

Je voudrais que tout le monde puisse vivre ce que nous avons vécu là, mais restons réalistes, et égoïstes aussi. Ce que nous avons vécu là, nous l'avons vécu justement parce que ces endroits sont encore préservés de la folie touristique qui s'empare de l'Asie. Parce que la plupart des touristes du monde s'entassent dans les mêmes endroits, sur un même coin de plage ou de montagne. Nous avons partagé autant avec les gens parce que nous les avons rencontrés le sourire de notre bonheur d'être là dessiné sur notre visage, l'ouverture pour leur vie peinte dans nos regards, le respect pour eux dans le moindre de nos gestes.

 

Je veux garder en moi le bonheur des premiers pas dans ce pays qui est à moitié le mien, la joie d'être reconnue par certains comme telle, la fierté d'arborer mon premier prénom auprès d'eux, la timidité de tenter de le prononcer car au final, j'en suis bien incapable.

 

De la culture vietnamienne, je n'en ai que peu. Cependant, elle est ancrée en moi, que je le veuille ou pas. Et après ce mois vécu ici, c'est sûr : j'en veux, et j'en suis fière.

 

Je reviendrai.


(SUIVANT)

 
par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mercredi 13 février 2008


La date de ton retour approche.
Je me demande ce que tu feras lorsque tu rentreras. Vas tu m'appeler ? Me contacter de quelque manière que ce soit ? J'essaierai de n'en rien faire de mon côté, et pourtant j'espère que toi, tu le feras. Je ne sais pas vraiment ce que je veux. C'est certainement toi qui décideras.
Je suis fatiguée, fatiguée... Comme si la fatigue de ce mois de travail physique s'amassait d'un coup. Je vais dormir.
Je t'embrasse. Tendrement, j'aimerais bien.



12/08/2007 – 13/08/2007 – 14/08/2007 - SAPA
 
Quelle ville touristique. Sapas se trouve dans la partie montagneuse du Vietnam, connue pour les nombreuses différentes ethnies qui y habitent. Costumes traditionnels, artisanat traditionnel, culture traditionnelle.
Hélas, ces peuples s’orientent beaucoup vers le tourisme, forts du succès touristique de leur région. Il est vrai que les paysages ici sont si beaux : montagnes, rizières, cascades…
Il n’empêche que le succès touristique de la région s’en ressent sur la relation que l’on a avec les gens. J’ai l’impression d’être un portefeuille sur pattes. Cette image d’autant plus réaliste quand nous faisons une rando de 15 kilomètres suivis par 4 Hmongs dans le seul but à la fin de nous vendre des choses plus moches les unes que les autres. « I followed you, so you buy me something »... --> Did I ever ask you to or even make you think that I wanted you to follow me? 

Cependant certains touristes se plaisent dans cet élément. Ils se sentent proches des Vietnamiens ici. Moi je me crois à Eurodisney, mais il manque Mickey.
Pas une image terrible pour moi donc, Sapa. De belles randos certes, de magnifiques paysages, déjà vus pour ma part en Chine les années précédentes.
T... se fait mordre par un chien, il craint d’avoir la rage, nous rentrons à Hanoi.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Mardi 12 février 2008


J'ai envie de te dire beaucoup de choses, mais je suis très fatiguée, et surtout, de plus en plus je me dis que vraiment, ce "journal" ne rime à rien.

Ce matin au réveil, j'avais un texto de toi qui me disait, concernant ton amour pour moi, que quelqu'un que tu aimais plus que tout au monde t'avait dit un jour que l'amour ne suffisait pas, qu'il y avait aussi la compatibilité, et qu'elle primait sur l'amour, aussi fort soit-il. Tu me dis qu'à l'époque tu n'étais pas d'accord. Cela sous entend qu'aujourd'hui tu l'es. Pourquoi ?
Je t'ai répondu que tu ne m'aimais pas assez. Je t'ai répondu que lorsque la raison parvient à l'emporter sur l'amour c'est que cet amour n'est pas, ou plus, assez fort. Pour celui que tu me portes, je pense simplement qu'il n'est pas assez fort. Il ne l'a jamais été, le temps n'est pas un problème pour nous, notre amour n'a pas eu le temps de s'effriter.
J'ai dit à O... en le quittant que oui je l'aimais, mais que l'amour ne suffisait pas, parce que nous n'étions pas faits pour vivre ensemble, parce que nous n'y arrivions pas, parce que ça nous a menés à des extrêmes qu'on ne doit pas tolérer dans un couple. Je lui ai même peut être parlé d'incompatibilité. Mais le quitter, tant que mon amour pour lui a été très fort, je n'y suis jamais parvenue. Je n'y suis arrivée que le jour où cet amour avait faibli, par les 4 années passées ensemble, par le mal que nous nous étions fait, par tout un tas de choses qui faisaient que je ne l'aimais plus autant qu'aux premiers jours. Pourtant, la raison aurait du m'amener à rompre définitivement bien avant. Mais "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point" disait Pascal ...
Ce qui m'amène, oui, à te dire que tu ne m'aimes pas assez. Tu me dis que je suis sévère vis à vis de toi, et envers moi-même aussi. Possible. Probable.
N'est ce pas, par certains côtés, plus facile de simplement me dire que tu ne m'aimes pas assez ? Au moins cela me donne une bonne raison de ne plus m'accrocher, de te laisser filer... C'est plus facile. Plus lâche aussi sûrement de ma part.

J'ai gardé les petites aujourd'hui, de même que je les garderai pendant les 3 semaines à venir. C'était très agréable, rien à voir avec l'ambiance aux pêches, ni avec la fatigue. Je n'ai plus mal au dos. Et les deux filles étaient ravies de me voir.
Je me souviens de l'époque où j'avais cherché du travail ici pour fin août. Je me souviens que ma démarche était motivée par toi, par nous. J'espérais que nous serions encore ensemble à ce moment-là, et j'imaginais déjà que les 5 semaines de ton voyage où je n'allais pas te voir allaient être peuplées d'un manque immense (je n'imaginais alors pas à quel point), et je voulais donc être là lorsque tu rentrerais.

Bref... Ma main est toujours très enflée, même si ça va un peu mieux, et ça me démange terriblement.
Rien de très intéressant. Bon sang, je m'endors, et je me prends encore à t'imaginer t'assoupissant dans mes bras. Je t'aime tellement ...

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
Dimanche 10 février 2008

Me voilà dans le train, je rentre à Paris et je n'en ai aucune envie. Une sourde angoisse m'étreint : que vais-je faire lorsque, toi aussi, tu seras rentrée ? Je n'aurai alors qu'une envie, je le sais : t'appeler, te voir, t'embrasser, te serrer fort contre moi. Mais même si tu me laissais faire tout cela, même si tu cédais parce que je te manque trop, parce que tu m'aimes, parce que tu en as terriblement envie toi aussi, finalement ... à quoi bon ? Ces quelques mots que tu m'as si souvent répétés "à quoi bon". Je veux que tu m'aimes, et que tu veuilles plus que quelques jours, quelques semaines, quelques mois avec moi. Je veux que tu m'aimes et que tu ne penses plus aux hommes avec lesquels tu n'es pas lorsque c'est avec moi que tu es. Alors raisonnablement, je ne devrais même pas penser à te revoir, parce que j'en souffrirai, d'une manière ou d'une autre, dans un moment immédiat ou un peu plus lointain. Et pourtant ... La même folie qui revient sans cesse : peu m'importe, du moment que tu es dans mes bras. Est ce que je peux souffrir à l'infini juste pour te sentir contre moi, pour me réveiller à tes côtés, pour m'endormir après t'avoir écoutée me dire n'importe quoi parce que toi, tu dormais déjà ? Je ne sais pas.

J'ai pensé à O... aujourd'hui. J'étais allée prendre un verre avec des amis avant mon départ. La chanson "unintended" de Muse est passée, "notre" chanson. Je lui ai envoyé un texto "Rien à faire, je m'envole toujours vers nos souvenirs quand j'entends Muse chanter Unintended". J'ai repensé à toutes ces choses que j'avais vécues avec lui, bonnes ou moins bonnes, et j'en ai ressenti une grande nostalgie. J'ai pensé à la manière dont il m'aimait : passionnément. J'ai pensé qu'il était prêt à tout pour moi, qu'il m'aimait inconditionnellement, déraisonnablement, durablement, qu'il voulait passer sa vie avec moi. J'ai pensé, comme dans un souvenir très lointain, à la sensation que cela procurait de se sentir aimée en sachant que la personne sera encore là le lendemain. J'ai pensé combien je l'avais aimé, et j'ai pensé à tout ce mal aussi. Pourtant il me manque parfois. Mais notre histoire est usée, nous avons raté notre chance. Il était trop tôt, et maintenant il est trop tard, la vie nous a séparés durablement.
Il m'a simplement répondu : "oui, je connais cette sensation ... content de voir que j'ai quand même laissé une petite trace dans ta mémoire".

Je suis allée voir ma grand-mère à l'hôpital aujourd'hui, avant de prendre le train. Je ne l'avais pas vue depuis son hospitalisation, les visites la fatiguent et fière comme elle est, elle ne voulait pas que je la voie dans son état. Mais je partais, et je ne savais pas quand je la reverrais. Alors j'y suis allée. Ma mère me décrivait son état jour après jour, me disant les progrès, les améliorations... Pourtant, aujourd'hui en la voyant j'ai eu un choc. Je me suis sentie très mal à l'aise, pas à ma place. Et pourtant. Elle était très contente de me voir. Mais ses mots ont été rares, elle semblait épuisée, elle a perdu 10kgs en 2 semaines. Plus que l'ombre d'elle-même. C'est une femme très forte, avec un caractère impossible, très dynamique, qui supporte très mal d'avoir tort et qui n'admet pas que son corps puisse avoir des limites. Elle que j'ai toujours vue si pleine de vitalité, j'ai eu aujourd'hui l'impression qu'elle était en train de lâcher prise et de se laisser aller. Elle parle sans cesse de mon grand-père qui n'est plus là. Elle dit que depuis sa mort, sa vie ce n'est qu'un vide qu'elle essaie de remplir. Elle pleure. Ca a été très difficile de la voir ainsi. Vraiment. Si fragile...

Pour finir, j'ai dit au revoir à mes parents, tristes de me voir partir, comme toujours... Je n'aime pas dire au revoir à ma mère lorsque je pars, parce que je la sens trop triste. Anormalement triste.
Je vais essayer de revenir très bientôt, parce que je n'ai pas eu le temps de voir mon frère aîné. Enfant,
je voyais mes parents qui ne voyaient pas leurs frères et soeurs très souvent, et je ne comprenais pas comment c'était possible, alors qu'ils avaient habité ensemble si longtemps... Je me souviens d'une fois, lorsque nous habitions encore tous chez mes parents, j'avais dit à mon frère, alors que je devais avoir 8 ou 9 ans : "Dis, ça ne nous arrivera jamais de nous voir qu'une fois par an quand on sera grands, on s'aime trop, hein ? Parce que moi, si on se voit pas plus souvent tu me manqueras quand on n'habitera plus ensemble. Et comme on peut pas habiter toute sa vie avec ses frères et soeurs ...". Il m'avait pris dans ses bras et il m'avait dit que je pourrais venir chez lui quand je voudrais.
Je n'ai pas vu mon frère depuis Noël... 8 mois !

Aujourd'hui tu m'as envoyé un texto disant : "Hmm. 2 ou 3 jours sans nouvelle de ta part. C'est rare. Bon retour à Paris.". Je t'ai répondu par un long texto, que je n'allais pas très bien, que ce retour à Paris m'angoissait, que je n'étais pas prête, etc... 
Je ne veux pas rentrer à Paris ... Vraiment pas.

J'ai, comme d'habitude, rêvé de toi cette nuit. Nous étions dans une sorte de camping, il pleuvait beaucoup, et je cherchais ma soeur parce que nous avions été expulsées de notre emplacement dans le camping, mais je ne savais pas dans quelle tente elle était. Je ne me rappelle plus très bien de cette partie du rêve. Je sais qu'ensuite, nous nous retrouvions dans un autre endroit, il y avait ton frère et une autre personne, mais je ne sais pas si c'était un homme ou une femme. En tous cas, il pleuvait toujours, nous étions devant une buvette qui servait des frites et des pizzas, dans une sorte de centre de vacances, et nous attendions pour manger, tout en discutant. Je sais que nous n'étions pas ensemble, mais ce n'était pas très clair pour moi en tous cas. Nous parlions de tout et de rien, et tu me lançais sans cesse de petites piques désagréables, sous forme de blagues. A chaque fois, ton frère me regardait, comme si il attendait une réaction de ma part. Petit à petit, cette situation m'énervait de plus en plus. Finalement, après une énième pique, je réagissais, et je disais que si tu ne voulais pas me voir et si ma présence ici n'était pas souhaitée, ce n'était pas la peine de me proposer de venir. Je concluais en jetant mon sac par terre et en disant que de toutes manières je n'avais plus envie d'être là, que tu étais trop désagréable, et que je m'en allais. Je partais, mais je voyais autour de moi des choses étranges, comme annonciatrices d'un danger. Je croisais un personne masquée avec un poignard très long dans la main. Cette personne s'approchait de toi. Elle te voulait du mal, du moins c'est ce que je ressentais. Et toi, tu la provoquais, tu l'insultais. Elle levait son poignard vers toi, et tu ne réagissais pas. Alors je lui sautais dessus et je lui prenais son poignard, je la menaçais, mon poignard dans sa nuque, et toi tu t'approchais de moi, dans mon cou, tu me murmurais à l'oreille de tuer cette personne. Tu me demandais de le faire pour toi, pour te venger. J'hésitais, ma main tremblait. D'un côté, je sentais que je devais le faire. D'un autre côté, je n'étais pas vraiment moi même, et je savais que tu te trompais. Je ressentais une pression énorme, et une angoisse oppressante. Finalement, je lâchais le couteau, la personne se retournait et te souriait, et moi je te disais, mais enfin, je ne vais pas la tuer, c'est une blague, elle ne te menaçait pas vraiment. Tu ne disais rien, je ne te voyais pas, tu étais derrière moi, il pleuvait toujours beaucoup, nous étions trempées, et je ne voyais plus grand chose, mais je sentais tes mains qui remontaient le long de mon corps alors je me retournais, tu me souriais, et tu me caressais tout le corps, je te touchais aussi, puis tu m'embrassais, longuement, c'était très doux, et tendre. Ton frère était toujours là, il nous regardait, sans surprise. C'est là que je me suis réveillée.

Mon train entre en gare, me voici à Paris. Quelle tristesse...
Rien ni personne ne parvient à me changer les idées assez pour que je ne pense plus à toi. Je me couche, et je pense à toi. Je suis dans mon lit, et je revois des tas d'instants ici qui me ramènent à toi. Des nuits sans toi, mais durant lesquelles je savais que je te retrouverais. Des heures au téléphone avec toi. Des heures de vide, de creux, à attendre un texto de toi.

La boucle est boucléee, me voici de retour et je n'ai pas avancé d'un pouce durant ce séjour sur lequel je misais pour prendre mes distances, pour passer à autre chose. Mais je n'ai rien fait pour... Je t'attends.

par * Andromède * publié dans : 3) M ... Elle
 
 
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