Là, on nage en plein délire...
D'ailleurs si ce n'était pas le cas, il faudrait agir et les mettre tous ensemble dans des camps, ils seraient tranquilles et nous aussi.
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Pourtant quelque chose d'apaisé s'est levé en moi : je commence à bien me connaître. Et plus je me connais, mieux j'arrive à vivre avec mes petites lâchetés et mes grandes qualités. Sans prétention.
Pendant tout ce temps, tout ce silence, il y a eu tellement de belles choses... Pas seulement bien sûr. Mais aujourd'hui, dans ma vie, je me sens portée par un élan d'optimisme immense.
Je lâche le mot qui fait peur, j'ose enfin parce que ça dure depuis trop longtemps pour que je continue de l'ignorer : je suis heureuse. Epanouie, curieuse, amoureuse, comblée, ouverte sur le monde.
A un ami, un très bon ami qui me demanderait comment je vais, je répondrais dans un grand sourire : bien. A toi mon blog, que j'ai délaissé longuement, je te prie de me pardonner : je vais bien.
Il y a peu j'ai passé du temps avec une amie que je n'avais pas vue depuis six mois. Elle est l'une de ces rares personnes avec lesquelles j'ai noué depuis l'enfance une amitié solide et profonde, une de celles qui font de moi un être humain. Je lui ai demandé comment elle allait et j'ai entendu dans sa réponse en demie teinte qu'elle n'était pas en forme. Nous avons parlé longuement et au détour d'une phrase elle a lâché cette phrase baignée de mélancolie : "je me sens devenir pastel". J'ai repensé à nos cours de dessin lorsque nous étions enfants, j'ai repensé à toutes ces couleurs vives et franches qui meublaient sa vie, ses oeuvres et, indirectement, sa personnalité toute entière. Et je me suis sentie incroyablement affectée par ces quelques mots...
Je suis rentrée du Québec il y a deux semaines. Je m'y suis sentie bien, incroyablement bien. Lorsque j'en suis partie, j'étais déchirée entre deux sentiments : la tristesse de partir, la joie de rentrer dans le pays où j'ai grandi, de retrouver ma famille, mes amis.
Le retour a été difficile. C'est étrange comme on pense parfois que, parce que nous ne sommes pas là, la vie ne continue pas vraiment. Et pourtant, en six mois, qu'on soit là ou pas, les relations évoluent, les gouvernements sont remaniés, la vie ne s'arrête pas.
Je suis rentrée, je suis retournée faire mes courses au supermarché du coin, j'ai retrouvé le creux le plus confortable de mon canapé, j'ai récupéré mes plantes vertes, j'ai redonné vie à mon appartement, en bref : je me suis redéployée dans mon existence ici. Et j'ai failli croire que rien n'était arrivé pendant que j'étais ailleurs.
Mais j'ai vite compris que la seule chose que je savais vraiment sur ce qui avait pu se passer en mon absence, c'est que je n'y avais pas assisté.
J'ai pris conscience, à mon retour, que j'avais une vraie place dans ma vie ici. Que ma présence avait une influence sur certaines choses, un impact sur certaines personnes, une raison d'être.
Ce n'est pas vraiment que j'en doutais avant. Simplement, je ne m'en rendais pas compte.
Je reviens vite...
Nous avons passé quelques semaines de pur bonheur ensemble. Mi-septembre, j'avais décidé de prendre (enfin) des
vacances. Nous avons passé un WE ensemble avant que je parte, un WE désastreux. Je ne me souviens plus précisément des raisons. J'imagine qu'il y avait un mélange de ces incessants
questionnements de ton côté, et de rancoeur du mien. Tu te demandais une fois de plus à quoi bon ? Et je me révoltais que tu ne t'engages pas avec moi. J'en devenais désagréable, susceptible,
jalouse à l'excès, étouffante. Tu remettais d'autant plus en cause notre relation...
Je suis partie en vacances avec ma soeur sans certitude de te retrouver à mon retour. Nous sommes allées une semaine à Marseille, Cassis, La Ciotat, ton pays. Tu étais présente dans chaque rayon
de soleil. Ma soeur était là, et elle m'a apporté un grand souffle de fraîcheur, de joie, malgré tout. Nous avons beaucoup ri, comme toujours. Pourtant j'avais toujours ce pincement au coeur : je
pensais à toi, à nous, à cette partie perdue d'avance mais pour laquelle je me battais depuis plus de 6 mois tout de même. Malgré les peines, les déceptions, les trahisons, j'y croyais encore. Un
filet d'espoir coulait toujours, suffisant pour alimenter le cours de mon amour pour toi. Pourtant tu étais extrêment distante, au téléphone, par tes messages. Un soir tu m'as appelée, et tu m'as
dit que tu ne viendrais pas me chercher au train à mon retour. Que c'était vain, inutile. Que notre histoire n'avait aucun sens. Que tu te sentais étouffée, et que tu avais besoin d'un homme.
J'ai pleuré un peu, je crois. J'ai tâché de te convaincre du contraire, je t'ai dit que je t'aimais, et tu m'as répondu par un long silence. J'aurais voulu voir ton visage, ton regard, mais je
n'entendais que ce silence pesant. Alors j'ai répété :
- Je t'aime
- ...
- Tu ne dis rien ?
- ... Je ne sais plus...
- Tu ne sais plus quoi ?
- Si... Si vraiment on s'aime, pourquoi on se dispute tellement ?
- Parce que tu compliques tout. Parce que je n'ai pas ce que je veux, et que tu n'as pas non plus ce que tu veux.
- Tu vois... Alors à quoi bon ?
- Je n'en peux plus de me battre seule pour nous. Je suis épuisée de cette lutte. J'ai dans ma gorge tous ces mots que je pourrais te dire pour te retenir, mais ils m'étranglent. Pourtant je
t'aime, oh oui tellement. Mais même ça tu n'es plus capable de me le dire.
- ...
- Je suis en colère contre toi. Pourquoi être venue me rechercher ? Pour en arriver là de nouveau un mois plus tard ? Je ne t'ai demandé aucune promesse, mais... Ca fait mal.
- Je suis revenue parce que je t'aime. Je ne peux plus continuer parce que je ne l'assume pas. Vraiment pas.
- ...
- Donne nous un dernier WE ensemble. Je ne veux pas garder ce souvenir de nous. Viens me chercher au train vendredi. Viens, s'il te plaît. Tu m'avais promis... Je t'attendrai.
- Je ne sais pas...
Je n'ai pas réussi à obtenir plus que ce "je ne sais pas", une fois de plus. "Ta" phrase. Je me sentais lasse, triste, fatiguée. J'ai attrapé ma soeur, la bouteille de Rhum et nous sommes
descendues jusqu'à la Plage en riant. Pourtant l'amertume hantait mon corps, et la rancune gagnait mes pensées. J'essayais de te mettre de côté, je ne voulais pas gâcher cette semaine de vacances
avec ma soeur, il y avait si longtemps qu eç ane nous était pas arrivées, et nous étions vraiment heureuses de nous retrouver là toutes les deux. Difficile malgré tout d'oublier temporairement ce
chagrin que tu me causais. Lorsque nous sommes rentrées, vacillantes, nous coucher, ma soeur s'est vite endormie et j'ai cherché le sommeil longtemps encore. Une pensée insistante battait mes
tempes, une aspiration par dessus toute autre : j'espérais que tu serais là, au train, deux jours plus tard. Mais l'incertitude la plus totale accompagnait cet espoir sans lendemain...
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