Ils l'ont dit

"Le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté" [Alain Chartier]

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Mardi 13 octobre 2009
Coup de gueule aujourd'hui. 

J'écoutais la matinale de France Info ce matin, spéciale 10 ans du Pacs. L'invitée était Christine Boutin. Et très sérieusement, si j'avais été à la place du journaliste qui l'interviewait jamais je n'aurais pu garder mon calme. Et pourtant... 
Pour restituer le contexte, en début d'interview elle précise que le Pacs est un contrat voulu par une minorité militante homosexuelle.  
Morceaux choisis : 
Christine Boutin : "Il n'y a que 6% de pacsés qui sont homosexuels"
Elle l'a répété un certain nombre de fois, ça semblait vraiment important. Surtout, ne pas confondre les Pacs homos et les Pacs hétéros, sacrilège ! Elle oublie tout de même, au passage, de signaler que l'année de la création du Pacs, 42% de pacsés étaient homos. Pas inutile comme info, mais bon. Passons...
Christine Boutin : "Je suis favorable à l'égalité de droits entre homosexuels et hétérosexuels mais il n'était absolument pas nécessaire de créer un statut pour cela."
Ah, et on fait comment pour avoir une égalité des droits sans statut ? Hum ? Non, juste pour savoir...
 
Christine Boutin : "Les homosexuels je les aime autant que les hétérosexuels"
No comment. Ah si, elle a oublié d'ajouter un truc du genre : d'ailleurs, j'ai un ami qui est homosexuel.  

Christine Boutin, au journaliste qui lui demande si le Pacs est un progrès : "Non car il n'a pas atteint son objectif des militants homosexuels minoritaires puisque ce sont les hétérosexuels qui l'utilisent. Peu de choses différencient le Pacs du mariage aujourd'hui. Il y a l'adoption, qui est toujours une revendication des homosexuels." 
No comment...

Christine Boutin, au journaliste qui la questionne sur le mariage entre personnes du même sexe : "Je crois à la différence. Un enfant a besoin d'un papa et d'une maman et donc l'adoption par les couples homosexuels n'est pas une bonne chose."
Hum... J'ai pas du bien comprendre en quoi consiste "croire en la différence". Croire c'est savoir que ça existe mais sans accepter ?  

Christine Boutin, au journaliste qui lui fait remarquer que nombre de nos voisins européens ont déjà adopté le mariage homosexuel : "Oui mais combien ? 94%, enfin combien vous en faut-il, 94% d'hétéros utilisent le Pacs. Ce n'est pas du tout un produit pour les homosexuels !"
Là, on nage en plein délire... 
 
Relance du journaliste : oui et justement les homos demandent un vrai mariage... 
Christine Boutin : "Oui bien sûr, les homosexuels militants. Mais beaucoup d'homosexuels veulent qu'on leur fiche la paix, ils n'ont pas besoin d'un pacs ni d'un mariage, ils veulent vivre entre eux et c'est très bien, personne n'a à juger cela."
D'ailleurs si ce n'était pas le cas, il faudrait agir et les mettre tous ensemble dans des camps, ils seraient tranquilles et nous aussi. 
Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Lundi 28 septembre 2009




Un TGV, m'a dit
Zoé... 
Let's go. 
J'y suis, dans le TGV. Pour la verveine, on repassera. Roulant à vive allure, ça prend tournure.

J'ai du mal à reprendre le cours, à écrire un peu, pour le plaisir, dans un délire. Je voudrais, j'y pense tout le temps, mais un sentiment indéterminé m'en empêche, m'étreint puis me relâche sans cesse. 

Pourtant quelque chose d'apaisé s'est levé en moi : je commence à bien me connaître. Et plus je me connais, mieux j'arrive à vivre avec mes petites lâchetés et mes grandes qualités. Sans prétention. 


Pendant tout ce temps, tout ce silence, il y a eu tellement de belles choses... Pas seulement bien sûr. Mais aujourd'hui, dans ma vie, je me sens portée par un élan d'optimisme immense. 

Je lâche le mot qui fait peur, j'ose enfin parce que ça dure depuis trop longtemps pour que je continue de l'ignorer  : je suis heureuse. Epanouie, curieuse, amoureuse, comblée, ouverte sur le monde.

A un ami, un très bon ami qui me demanderait comment je vais, je répondrais dans un grand sourire : bien. A toi mon blog, que j'ai délaissé longuement, je te prie de me pardonner : je vais bien.


Il y a peu j'ai passé du temps avec une amie que je n'avais pas vue depuis six mois. Elle est l'une de ces rares  personnes avec lesquelles j'ai noué depuis l'enfance une amitié solide et profonde, une de celles qui font de moi un être humain. Je lui ai demandé comment elle allait et j'ai entendu dans sa réponse en demie teinte qu'elle n'était pas en forme. Nous avons parlé longuement et au détour d'une phrase elle a lâché cette phrase baignée de mélancolie : "je me sens devenir pastel". J'ai repensé à nos cours de dessin lorsque nous étions enfants, j'ai repensé à toutes ces couleurs vives et franches qui meublaient sa vie, ses oeuvres et, indirectement, sa personnalité toute entière. Et je me suis sentie incroyablement affectée par ces quelques mots...


Je suis rentrée du Québec il y a deux semaines. Je m'y suis sentie bien, incroyablement bien. Lorsque j'en suis partie, j'étais déchirée entre deux sentiments : la tristesse de partir, la joie de rentrer dans le pays où j'ai grandi, de retrouver ma famille, mes amis. 

Le retour a été difficile. C'est étrange comme on pense parfois que, parce que nous ne sommes pas là, la vie ne continue pas vraiment. Et pourtant, en six mois, qu'on soit là ou pas, les relations évoluent, les gouvernements sont remaniés, la vie ne s'arrête pas.

Je suis rentrée, je suis retournée faire mes courses au supermarché du coin, j'ai retrouvé le creux le plus confortable de mon canapé, j'ai récupéré mes plantes vertes, j'ai redonné vie à mon appartement, en bref : je me suis redéployée dans mon existence ici. Et j'ai failli croire que rien n'était arrivé pendant que j'étais ailleurs.

Mais j'ai vite compris que la seule chose que je savais vraiment sur ce qui avait pu se passer en mon absence, c'est que je n'y avais pas assisté. 

J'ai pris conscience, à mon retour, que j'avais une vraie place dans ma vie ici. Que ma présence avait une influence sur certaines choses, un impact sur certaines personnes, une raison d'être. 

Ce n'est pas vraiment que j'en doutais avant. Simplement, je ne m'en rendais pas compte.

Je reviens vite... 


Par * Andromède * - Publié dans : Ecrirelavie / Vie du BLOG
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Lundi 27 avril 2009

Ruth, 

J'ai appris il y a quelques jours la mort de Samuel. 
Je me souviens et me souviendrai de lui comme d'un homme fort, brutal et doux à la fois. Je lui, je te suis reconnaissante pour les très belles choses que vous avec apportées dans ma vie d'enfant. La famille n'est pas forcément dans le sang, vous avez ensemble été le modèle des grands-parents que j'aurais aimé avoir, que j'ai eu en quelques sortes finalement. 
Je me souviens toujours avec émotion de ce cadeau d'anniversaire plein d'attention qu'il m'avait fait : un morceau de musique. Ecrit par lui. Pour moi. Un morceau que je ne saurais vraiment jouer que bien plus tard, mais qu'il voulait déjà que je termine de composer. Un morceau à finir. Je me souviens des heures passées à imaginer cette fin, alors qu'il ne manquait que quelques portées. Je ne voulais pas gâcher la magie, je voulais faire aussi bien. Ce cadeau avait profondément touché mon coeur d'enfant. Ca touche aujourd'hui encore mon coeur d'adulte : lorsque je suis rentrée à Marseille, la dernière fois que je vous ai vus, quand il était si faible, j'ai emporté avec moi mes flûtes et mes partitions. J'ai rejoué. Il y avait des années que ça ne m'était pas arrivé. J'ai joué son morceau écrit pour moi et les jolis souvenirs sont revenus. 
J'ai eu une belle, une très belle enfance. J'ai eu cette chance. Vous y avez contribué, Samuel y a contribué.

C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris qu'il s'était en allé d'une manière qu'il n'avait pas voulue. Avec des tubes partout dans le corps... C'est avec des larmes dans les yeux et la gorge serrée que j'ai pensé que cet homme ne serait plus là que dans nos mémoires.
Mais je souris maintenant. Je souris car les jolis souvenirs restent. Je souris parce que j'ai eu l'honneur de le connaître. Je souris parce que toi, tu es encore là. 
Je pense fort à toi, je t'envoie des pensées de soutien et un grand merci. 

Dans quelques jours, je vais prendre l'avion pour partir à la découverte de l'Asie. La vie continue. Je penserai à vous deux... Je te raconterai. 

Andromède 
Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Mardi 10 mars 2009


Je sèche.
Ni au soleil, ni à l'air, juste sur le papier. Je sèche.

Ecrire, oui, mais comment, à qui, à quoi ?
"Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit", dit Marguerite Duras. J'en ai fait la citation emblématique de mon blog. Le problème, c'est que je ne me sens pas encore capable d'écrire le bonheur. Quand j'ai eu besoin de hurler, de pleurer, de frapper... J'ai écrit. J'ai écrit pour ne pas : ne pas rester enfermée dans ma douleur, ne pas faire de mal autour de moi, ne pas rester sans rien faire, impuissante. J'ai écrit pour comprendre : comprendre mes attitudes, comprendre ses réactions, comprendre ce besoin d'écrire pour comprendre. J'ai écrit pour vivre, pour respirer, pour tenir.

Aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps, je suis heureuse. Simplement, entièrement, passionnément. Heureuse. J'ai tout ce que j'ai pu vouloir pour moi, ou du moins la possibilité en devenir de toutes ces choses. Je suis jeune. Tout à construire, tout à espérer et toutes les clés en main pour aller vers quelque chose de magnifique. Je m'épanouis, dans la tendresse et la délicatesse. Le temps s'est comme suspendu un instant, puis il est reparti et toutes ces belles choses sont pourtant restées en place.
Alors il faut comprendre : je murmure et touche les choses du bout des doigts.
Je sens une nécessité de ménager ce bonheur. Un peu comme pour ne pas lui faire peur, ne pas le faire fuir en l'étalant aux yeux de tous, sans pudeur ni retenue. Faire attention, prendre soin de lui, l'enrouler au creux de mon cou, au creux d'un nous, le laisser libre pour qu'il ait envie de rester.

Je suis juste là. Sur la pointe des pieds (-:
Et même la plus mignonne des capricieuses, tapant du pied en exigeant des posts plus fréquents, n'y changera rien ;-)
Par * Andromède * - Publié dans : Battements de coeur
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Mercredi 11 février 2009
que chaque chose a sa place ?
Par * Andromède * - Publié dans : En vrac
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Jeudi 22 janvier 2009

J'aurais voulu terminer cette histoire ici. Raconter, vous dire, communiquer, expier, peu importe. J'aurais voulu, j'ai voulu, je voulais, je ne veux plus. Plus de cette prose sans objet qui me métamorphose sans sujet.

M. était là, objet de mes peines, de mes espoirs mais surtout de mes désespoirs couchés sur le papier. Elle n'est plus là. Plus là comme un désespoir en tous cas. Des incertitudes, il y en a encore, mais plus comme avant. Le besoin de raconter n'est plus là. L'envie a disparu avec une histoire que je lui ai racontée, à elle. Ou peut être même avant.
Ce blog n'a plus lieu d'être. J'ai voulu me dire que je terminerais, comme un engagement envers vous qui me lisez, comme un engagement envers moi-même aussi. Je n'y pense plus. J'ai besoin de ne plus dire, d'intérioriser, de me retrouver dans cette non extériorisation de mots qui ne trouvent plus sens à mes yeux.
Besoin de recul et d'autre chose. D'autre chose que des mots. Des mots j'en ai.

Ma vie a changé, le besoin d'écrire ainsi a disparu et je sais qu'il apparaîtra à nouveau. C'est une constance, cette inconstance.
J'ai déménagé, à Marseille. J'ai changé de monde en quittant celui des juristes pour celui des journalistes. Je suis passée du côté obscur de la force. Du côté des scribouillards qui ne savent pas ce dont ils parlent mais qui en parlent quand même... Soi disant. Il en existe de bons, comme dans tout métier.
Elle est partie, à l'autre bout du monde, pour un an au moins. Depuis quelques semaines, des milliers de kilomètres nous séparent, ne laissant plus de place aux faiblesses, aux incertitudes, aux peut être. Ne reste qu'un grand point d'interrogation, mêlé d'espoir. Elle va réfléchir. Elle me reviendra, peut être. Mais quoiqu'il en soit, j'écoute en moi ce souffle d'accomplissement : j'ai fait tout ce que je pouvais. Je garde cet amour comme une force, à l'intérieur, comme une image belle de la personne que je suis, que je peux être. Qu'elle prenne le temps qu'il faudra, je serai là. Je vis, je dois vivre, je dois m'aimer, aimer les couleurs, les gens et les mots. Mais je ne veux pas les écrire pour l'insant, comme ça, ici. J'ai envie de plus. J'ai passé un cap...

Merci à tous et toutes pour ce bout de chemin, pour cette tranche d'humanité derrière des claviers, quoiqu'on en dise.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 11 août 2008

Ce qu'il s'est passé ensuite, je ne le rapporterai pas dans le détail. Je manque de courage pour ça, je ne veux pas trop remuer ces souvenirs-là. Simplement les survoler, ce sera suffisant.

Nous avons rompu donc, c'est ce dont nous avions convenu: juste un dernier week-end. En fait, tu as rompu, et la situation n'était pas si claire. Tu l'as fait par téléphone, me disant que tu n'en étais pas capable les yeux dans les yeux. Je me répétais en boucle ces mots dans ma tête: aller de l'avant, lentement, pas trop vite, pour ne pas me faire mal. Revenir à la vie, la vie sans toi. Mais je n'étais pas prête (le serai-je jamais?), et j'allais encore me battre, un peu...
Je n'étais pas vraiment en colère contre toi, juste triste. Et toi, comme toujours, tu m'as demandé mon amitié. J'ai voulu te la donner. Sincèrement. Mais il y a eu ta soirée d'anniversaire, nous avions passé la journée ensemble, à la fête des vendanges à Montmartre. Une belle journée, encore. Nous étions rentrées chez toi, et je t'avais aidée à préparer la soirée. J'avais craqué, je t'avais embrassée. Tu avais résisté, juste un peu. Le soir, quand tout le monde était parti, il n'était resté que moi et un ami à toi que tu hébergeais. Il avait dormi sur le canapé, et nous dans ton lit. Nous avions fait l'amour,suffoquant dnas un silence de circonstance. Le lendemain j'étais partie tôt, j'avais un match de hand, mais je t'avais retrouvée le soir pour un dîner en tête à tête... Et un peu plus. Une situation floue, l'incapacité à s'en tenir à un contact amical, les doutes qui tourbillonnaient dans ma tête, et ma lutte de tous les instants pour n'en rien laisser paraître, pour ne rien dire, ne rien demander, ne rien reprocher, chuuuttttt. Laisser filer le temps ensemble, en profiter, ne rien casser. Et dans cette situation, je réussis à m'autoconvaincre que j'avais pris du recul, que cette situation n'était pas émotionnellement dangereuse pour moi. Je me disais que je me détachais, que tu ne pourrais plus me rendre triste, peu importe ce que tu ferais. Je profitais, simplement.

Je me trompais...


Lorsque tu m'annonças la nouvelle au téléphone, je sentis mon coeur se serrer jusqu'à suffoquer. Mes mains se mirent à trembler et ma voix se cassa, dans un silence oppressant que je ne pus contenir: je raccrochai sans un mot.

(SUIVANT)
Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Lundi 4 août 2008

Evidemment, tu m’attendais sur le quai. Pouvait-il en être autrement ? Avec le recul, je me dis que non. Toujours tu te retournerais, toujours je te rattraperais, toujours tu m’assènerais tes «jamais je ne pourrai assumer» à grands coups de «toujours je t’aimerai». Nous nous sommes retrouvées, et c'était bon. Nous avons passé le WE ensemble, très beau après le dernier si moche. Tu as voulu m’inviter à Disneyland, et je t’ai suivie bien volontiers, heureuse de te voir heureuse. La journée a été magnifique, notre entente et notre complicité parfaites, le temps idéalement ensoleillé. Une belle journée de septembre. La chance aussi était de notre côté, car lorsque nous sommes arrivées devant le parc, deux femmes nous ont accostées pour nous proposer deux entrées… Gratuites. Elles devaient venir avec leurs maris, mais ils n’avaient pas pu venir et les entrées expiraient le jour même. Souriantes, nous les avons chaleureusement remerciées et avons continué notre chemin avec le sentiment agréable d’un encouragement à cette belle journée ensemble.

Je ne saurais pas dire quel moment j'ai préféré dans cette journée... Nos deux nez enfouis dans nos barbes à papa, ton visage éclatant de rire, les baisers volés au détour d'une allée, ta main qui serre la mienne dans la maison hantée, nos lèvres qui s'effleurent dans la pénombre, l'expression de joie enfantine qui se peignait sur ton visage durant la balade autour du monde de "Fantasyland"... ?
C'était un magnifique week end, et nous étions censées nous dire au revoir lorsqu'il serait terminé. Une journée, une relation sur les montagnes russes...
Bien sûr, je n'avais pas envie de te dire au revoir; bien sûr les choses étaient loin d'être claires. Mais je ne savais plus quoi faire pour ne pas te rendre malheureuse, pour ne pas me rendre malheureuse. Déjà pourtant, je savais combien je t'aimais, je savais que je tenais à toi, et je savais que j'aurais voulu de toi encore, toujours, de nouveau, toujours.

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 26 juin 2008

                                                           

                                                             (PRECEDENT)


Nous avons passé quelques semaines de pur bonheur ensemble. Mi-septembre, j'avais décidé de prendre (enfin) des vacances. Nous avons passé un WE ensemble avant que je parte, un WE désastreux. Je ne me souviens plus précisément des raisons. J'imagine qu'il y avait un mélange de ces incessants questionnements de ton côté, et de rancoeur du mien. Tu te demandais une fois de plus à quoi bon ? Et je me révoltais que tu ne t'engages pas avec moi. J'en devenais désagréable, susceptible, jalouse à l'excès, étouffante. Tu remettais d'autant plus en cause notre relation...
Je suis partie en vacances avec ma soeur sans certitude de te retrouver à mon retour. Nous sommes allées une semaine à Marseille, Cassis, La Ciotat, ton pays. Tu étais présente dans chaque rayon de soleil. Ma soeur était là, et elle m'a apporté un grand souffle de fraîcheur, de joie, malgré tout. Nous avons beaucoup ri, comme toujours. Pourtant j'avais toujours ce pincement au coeur : je pensais à toi, à nous, à cette partie perdue d'avance mais pour laquelle je me battais depuis plus de 6 mois tout de même. Malgré les peines, les déceptions, les trahisons, j'y croyais encore. Un filet d'espoir coulait toujours, suffisant pour alimenter le cours de mon amour pour toi. Pourtant tu étais extrêment distante, au téléphone, par tes messages. Un soir tu m'as appelée, et tu m'as dit que tu ne viendrais pas me chercher au train à mon retour. Que c'était vain, inutile. Que notre histoire n'avait aucun sens. Que tu te sentais étouffée, et que tu avais besoin d'un homme. J'ai pleuré un peu, je crois. J'ai tâché de te convaincre du contraire, je t'ai dit que je t'aimais, et tu m'as répondu par un long silence. J'aurais voulu voir ton visage, ton regard, mais je n'entendais que ce silence pesant. Alors j'ai répété :

- Je t'aime
- ...
- Tu ne dis rien ?
- ... Je ne sais plus...
- Tu ne sais plus quoi ?
- Si... Si vraiment on s'aime, pourquoi on se dispute tellement ?
- Parce que tu compliques tout. Parce que je n'ai pas ce que je veux, et que tu n'as pas non plus ce que tu veux.
- Tu vois... Alors à quoi bon ?
- Je n'en peux plus de me battre seule pour nous. Je suis épuisée de cette lutte. J'ai dans ma gorge tous ces mots que je pourrais te dire pour te retenir, mais ils m'étranglent. Pourtant je t'aime, oh oui tellement. Mais même ça tu n'es plus capable de me le dire.
- ...
- Je suis en colère contre toi. Pourquoi être venue me rechercher ? Pour en arriver là de nouveau un mois plus tard ? Je ne t'ai demandé aucune promesse, mais... Ca fait mal.
- Je suis revenue parce que je t'aime. Je ne peux plus continuer parce que je ne l'assume pas. Vraiment pas.
- ...
- Donne nous un dernier WE ensemble. Je ne veux pas garder ce souvenir de nous. Viens me chercher au train vendredi. Viens, s'il te plaît. Tu m'avais promis... Je t'attendrai.
- Je ne sais pas...

Je n'ai pas réussi à obtenir plus que ce "je ne sais pas", une fois de plus. "Ta" phrase. Je me sentais lasse, triste, fatiguée. J'ai attrapé ma soeur, la bouteille de Rhum et nous sommes descendues jusqu'à la Plage en riant. Pourtant l'amertume hantait mon corps, et la rancune gagnait mes pensées. J'essayais de te mettre de côté, je ne voulais pas gâcher cette semaine de vacances avec ma soeur, il y avait si longtemps qu eç ane nous était pas arrivées, et nous étions vraiment heureuses de nous retrouver là toutes les deux. Difficile malgré tout d'oublier temporairement ce chagrin que tu me causais. Lorsque nous sommes rentrées, vacillantes, nous coucher, ma soeur s'est vite endormie et j'ai cherché le sommeil longtemps encore. Une pensée insistante battait mes tempes, une aspiration par dessus toute autre : j'espérais que tu serais là, au train, deux jours plus tard. Mais l'incertitude la plus totale accompagnait cet espoir sans lendemain...

                                                                
(SUIVANT)

Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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Jeudi 19 juin 2008

Voici la suite de notre histoire mon amour. Oui, forcément il y a une suite. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il y a une suite, à l'image de notre amour, belle, passionnée et impossible.
Tu as fini par m'appeler. Tu avais revu X..., pour la première fois depuis ton retour du Vietnam, parce que j'avais insisté pour que tu le fasses, même si tu n'en avais pas envie. Je voulais que tu sois tout à fait claire vis-à-vis de tes sentiments pour lui. Tu l'as revu, et ton sentiment général s'est confirmé : tu ne sentais pas quelque chose de possible entre vous. Je n'étais pas censée influencer ce choix, ce sentiment. Je ne voulais pas que ce soit le cas. J'aurais voulu que tu renonces à lui simplement parce qu'il ne te convenait pas. J'ai bien conscience que ce n'est pas tout à fait ainsi que ça s'est passé. Les dés étaient forcément faussés, puisque nous venions de passer quelques jours merveilleux ensemble, juste toi et moi.
Mais à ce moment-là, peu m'importait, tout ce qui comptait pour moi, c'était de retrouver la chaleur de tes bras, la douceur de tes étreintes, l'amour dans ton regard au réveil. J'ai retrouvé tout cela. Nous sommes reparties, ensemble. Je t'ai demandé un engagement, une fidélité, un investissement dans notre relation. Tu as accepté. Je ne t'ai pas demandé de construire, je ne t'ai pas demandé d'assumer. Un pas après l'autre... Je te sentais présente, heureuse, et ça me semblait suffisant pour commencer. Que tu me tiennes la main dans la rue ou m'embrasses devant des amis, tout cela n'avait pas vraiment d'importance alors, et je sentais que ça pourrait venir. Je ne devais pas te brusquer.
Quant à la construction, au projet de couple, même à ce stade de notre relation tu ne l'envisageais pas. Tu ne l'avais jamais envisagé. Jamais. Et pourtant, j'ai toujours espéré. Toujours...
C'est sur ces bases certes frêles mais plus solides que jamais que nous avons repris le cours de notre vie ensemble. J'étais heureuse. Le mois d'août s'est terminé, tranquillement, et septembre a pointé le bout de son nez.
Il y a eu une soirée importante pour moi. Ma soeur était à Paris. Tu l'avais déjà rencontrée une fois, et vous vous étiez bien entendues. Depuis longtemps déjà je lui avais parlé de mon amour pour toi. Je savais que, pour elle, c'était quelque chose d'abstrait. Elle ne nous avait jamais vues ensemble, mais elle avait beaucoup entendu parler de toi. J'ai voulu que nous passions une soirée toutes les trois, et tu as accepté. Tu appréhendais cette soirée, parce que tu ne savais pas comment te comporter, ce que j'attendais de toi. Je n'attendais rien de spécial. Je voulais simplement que tu rencontres, dans un cadre plus intime qu'une soirée avec des dizaines de personnes, la personne qui compte le plus pour moi, ma soeur. Lorsque nous sommes arrivées chez toi, tu as fait la bise à ma soeur, et tu m'as simplement déposé un baiser sur la joue. Un peu plus qu'un baiser sûrement... Quelque chose qui aurait pu dire : je ne suis pas tout à fait à l'aise dans cette situation, mais je t'aime.
Puis la soirée s'est drapée dans le naturel et les rires ont ponctué les discussions. Ma soeur avait perdu sa chienne la veille, mais elle a mis en suspens sa tristesse pour rire de nos bêtises. La tension de début de soirée a fini par disparaître. Tu nous as donné le droit d'être un couple face à quelqu'un, et ce quelqu'un était ma soeur. C'était important, très important. Nous sommes restées dormir chez toi. Ma soeur a dormi sur le canapé, dans le salon. J'ai dormi contre toi dans ton lit, dans notre lit. Nous avons fait l'amour, dans une longue étreinte, espérant la discrétion, étouffant les soupirs dans un sourire.

 
Par * Andromède * - Publié dans : 3) M ... Elle
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